Journée nationale contre l’islamophobie; de la tragédie à la stratégie

Un an après la tragédie de la Grande Mosquée de Québec, alors que rien jusqu’à maintenant n’a filtré de cet horrible drame, que les moindres faits demeurent inconnus et que nous ignorons toujours tout des motivations d’Alexandre Bissonnette, on assiste à une incroyable mise en scène; celle d’une mise en accusation de tout un peuple, supposément coupable de haine et d’islamophobie, habilement orchestrée par des lobbys musulmans et secondée par la classe médiatique et politique.

Je ne parle évidemment pas de la commémoration légitime de ce triste événement pour rappeler à notre mémoire les victimes et exprimer notre solidarité avec les familles et les amis endeuillés mais bien de son instrumentalisation par certains groupes de musulmans qui profitent de ce drame pour faire avancer leur agenda politique.

Imposer le mot «islamophobie»

La requête formulée par le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC) et cosignée par quelques 70 organisations musulmanes demandant au gouvernement Trudeau d’instaurer une Journée nationale du souvenir et d’action contre l’islamophobie constitue une mesure phare d’une stratégie plus vaste et plus ambitieuse visant à mettre en place des programmes et une législation qui vont neutraliser toute critique de l’islam et permettre des avancées significatives d’un islam politique dans toutes les sphères de la société canadienne.

Et pour parvenir à un tel objectif, il faut d’abord faire un travail de propagande dans le but d’imposer le mot «islamophobie», de l’extirper de sa marginalité pour l’inscrire dans la norme, dans le langage quotidien de tout un chacun, et par la répétition, d’en faire un référent incontournable du discours social. Bref, il s’agit de mettre le terme «islamophobie» à l’agenda des journalistes et des politiciens. Rien de tel pour forger l’opinion publique.

Ainsi une Journée nationale contre l’islamophobie servirait de rappel constant à l’existence de ce phénomène, de justification à la mise en place de programmes en plus de fournir un moment privilégié dans l’année pour fédérer les organisations musulmanes canadiennes, leur donner de la visibilité et se constituer en lobby auprès des politiciens.

Recenser pour que le mot «islamophobie» devienne un fait

Mais il ne suffit pas que le mot fasse partie du vocabulaire, encore faut-il qu’il corresponde à quelque chose. C’est pourquoi certaines organisations musulmanes s’activent depuis quelques années au recensement des crimes et des incidents haineux envers les musulmans en offrant aux victimes un support cinq étoiles. Ainsi la prise en charge d’une victime peut se résumer en trois étapes; avocat, police, média.

D’abord fournir à la victime les services d’un avocat, l’amener ensuite à déposer une plainte à la police et finalement organiser avec elle une conférence de presse. En plus de donner une vitrine à l’islam, ces démarches vont contribuer à victimiser tous les musulmans et faire de l’islamophobie un fait social incontestable. Ce qui permettra de présenter celle-ci comme étant alors un phénomène répandu, profond et systémique.

Exiger des programmes pour contrer l’islamophobie

En entrevue récente avec les médias, le président du Centre culturel islamique de Québec a beaucoup insisté sur l’importance des programmes et la responsabilisation des acteurs politiques.

On peut facilement deviner que tout ce militantisme politico-religieux vise à obtenir une reconnaissance officielle de la classe politique face à l’islamophobie dans le but d’obtenir la mise en place de programmes luttant contre l’islamophobie dans des secteurs névralgiques, tel par exemple, celui de l’éducation, en donnant des formations appropriées aux éducateurs dans les écoles, les cégeps et les universités.

Ainsi en 2016, suite à l’arrivée de milliers d’étudiants syriens, le Conseil national des musulmans canadiens, ceux qui aujourd’hui réclament une Journée nationale contre l’islamophobie, en collaboration avec l’Association des services sociaux islamiques et la Commission canadienne des droits de la personne ont élaboré un guide pour les éducateurs servant à aborder l’islamophobie. Et c’est sans compter les présentations destinées aux étudiants qui ont lieu dans certains cégeps et universités, où des femmes voilées présentent l’opposition au voile comme étant un signe de racisme et d’islamophobie.

Évidemment les services sociaux, les services policiers et les milieux de travail ne seront pas en reste et auront également droit à des programmes de formation à la lutte contre l’islamophobie pour leurs employés, si ce n’est pas déjà fait. Cela s’appelle préparer le futur.

Exiger une législation fédérale

Mais ces militants politico-religieux considèrent que les programmes à eux seuls ne suffisent pas. Encore faut-il des moyens plus musclés, plus dissuasifs et plus répressifs pour contrer l’islamophobie. Une première tentative d’obtenir une législation allant dans ce sens a eu lieu en mars 2016 avec l’adoption par le Parlement canadien d’une motion condamnant toute forme d’islamophobie (M-103). C’est une percée politique appréciable mais une motion n’a pas le caractère contraignant d’une loi.

C’est pourquoi, on peut s’attendre dans l’avenir à d’autres efforts de la part d’organisations musulmanes pour obtenir du gouvernement Trudeau une loi contre l’islamophobie qui aurait du mordant. On ne peut s’empêcher ici de penser au défunt projet de loi 59 de la ministre Vallée qui pourrait renaître de ses cendres et inspirer le gouvernement Trudeau si conciliant avec les minorités religieuses.

Une réponse de Justin Trudeau le 29 janvier?

La requête du Conseil national des musulmans canadiens concernant une Journée nationale contre l’islamophobie n’a toujours pas obtenu de réponse de la part du gouvernement Trudeau. Or nous savons que Justin Trudeau sera présent aux commémorations de l’attentat à la Grande Mosquée de Québec le 29 janvier prochain. Alors que les caméras seront braquées sur les dignitaires, le premier ministre en profitera-t-il pour faire une annonce et donner suite à cette requête?

Quoi qu’il en soit, cette requête constitue une mesure centrale dans une stratégie plus globale visant à culpabiliser les gens et à mettre en échec toute tentative de s’opposer à des avancées d’un islam politique au Canada.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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