Merci Djemila !

Voici une entrevue que j’ai faite avec Djemila Benhabib en janvier 2011 suite à la publication de son livre Ma vie à contre-coran

Ce livre essentiel a été un coup de tonnerre dans les débats sur les accommodements qui ont suivi la commission Bouchard-Taylor et la belle unanimité de la bienpensance. Il nous a fait connaître l’existence de l’islam politique, ses objectifs, ses rouages, ses stratégies et les monstrueux ravages qu’il a causés en Algérie dans les années 90.

Djemila Benhabib nous aura appris cela et surtout que l’islamisme qui sévit dans les pays musulmans est aussi présent en Europe et ici même au Québec. Elle aura fait beaucoup pour nous mettre en garde, inspirant ses compatriotes musulmans et laïques en leur donnant une voix lucide et courageuse tout en donnant une direction nouvelle au combat des Québécois pour la laïcité.

Nous tenons à la remercier de tout cœur et lui souhaiter le meilleur des succès dans ses nouveaux projets et les défis futurs qui l’attendent en Belgique.

Cher(es) ami(e)s, je vous invite à relire cette entrevue qui n’a pas pris une ride et nous fait connaître l’essentiel de la pensée de Djemila Benhabib. C’est ma façon à moi de lui rendre hommage et de lui témoigner au nom de tous les Québécois laïques toute notre estime et notre reconnaissance.

À contre-coran avec Djemila Benhabib

Algérienne d’origine, exilée en France avec sa famille pour échapper à la mort, elle vit au Québec depuis 1997. Djemila Benhabib vient de publier son premier essai Ma vie à contre-Coran. Une femme témoigne sur les islamistes dans lequel elle raconte la terreur  qu’elle a vécu avec la montée de l’intégrisme religieux et met à nu les différentes stratégies des islamistes pour imposer leur dictature. L’auteure nous met aussi en garde contre notre trop grande tolérance vis-à-vis ceux qui cherchent patiemment à saper les bases de notre démocratie pour imposer leur vision fasciste et obscurantiste de l’islam.

Citoyenne du monde, féministe et laïque, Djemila Benhabib est tissée de la même étoffe que les Taslima Nasreen, Wafa Sultan, Chadortt Djavann et Ayaan Hirsi Ali. Ces femmes, toutes de culture musulmane, reprennent le flambeau des Lumières, et au nom de la défense des droits humains, osent avec une farouche détermination, s’attaquer à l’intégrisme islamique. Et cela, au péril de leur vie.

Nouvelles dissidentes de l’Histoire, elles mériteraient toutes de pouvoir jouir ici en Occident de la même sécurité, du même soutien, de la même admiration, du même respect et de la même attention médiatique auxquels les Sakharov et Soljenitsyne ont eu droit, à une époque pas si lointaine.

Ce livre de Benhabib, nous l’attendions depuis longtemps. Tous les « Tremblay » du Québec l’attendaient. Puisse-t-il ouvrir une brèche dans la pensée unique de nos bien-pensants qui étouffent invariablement toute critique de l’islamisme.

« J’ai écrit ce livre pour que les gens sachent ce qu’est l’islam politique, une idéologie de mort qu’on veut nous imposer. »

En Algérie, vous avez risqué votre vie en refusant de porter le voile, alors qu’ici on le présente comme un choix personnel?

« Le voile n’est pas qu’un simple vêtement,  il fait partie d’un « package »,  d’un système de valeurs qui est rétrograde, archaïque et barbare à l’égard des femmes parce que le voile, c’est aussi la répudiation, la polygamie, le mariage forcé et arrangé, l’excision, la non mixité, les châtiments corporels comme la flagellation, la lapidation. Or on  nous le présente comme indépendant de tout cela. Mais c’est faux. Le voile, c’est l’emblème de l’intégrisme. »

Il y a des gens qui pensent qu’il faut tolérer le voile parce qu’il fait partie de votre culture?

« Moi le voile, cela ne fait pas partie de ma culture, ni de la tradition. Ma grand-mère ne se voilait pas, enfin oui,  elle se voilait parce que ce sont des sociétés encore fortement patriarcales, mais elle ne portait pas le voile islamique tel que le font aujourd’hui les militantes islamistes. On a vu l’apparition de ce voile dans les années 80 avec Khomeini. C’est lui qui a imposé le port du voile islamique tel qu’on le voit aujourd’hui. Donc il n’est pas du tout ancré dans notre culture, bien au contraire, le voile islamique est venu chasser du décor visuel ce que nos femmes portaient comme un truc traditionnel. Il n’est donc pas une spécificité culturelle mais bien un geste politique d’adhésion à l’islamisme politique. C’est tout. »

Et que répondre à Amir Khadir, affirmant que les femmes iraniennes ont porté le voile comme un étendard politique pour s’opposer au Shah?

« C’est bizarre,  parce que moi,  toutes les iraniennes que j’ai rencontrées, sont des femmes qui ont dû s’exiler parce que leur vie était en danger et qu’elles ne cadraient pas avec le régime islamiste. Alors c’est bien étrange que M. Khadir n’en parle pas. Est-ce à dire qu’il n’est pas au courant de la situation? Je ne le pense pas.  Saviez-vous que la législation iranienne prescrit l’emprisonnement jusqu’à 12 mois, des amendes et la flagellation pour des infractions relatives au code vestimentaire?

Mais vous savez, en politique, il y a des choix à faire. Et si M. Khadir a choisi de parler des femmes voilées, c’est peut-être parce qu’il les soutient? Pourquoi ne parle-t-il pas des femmes opprimées, laïques et féministes? Il y en a beaucoup. Ne les a-t-il pas rencontrées? »

Devrait-on, comme le veut Françoise David, accepter le port du voile dans les institutions publiques pour empêcher l’exclusion sociale et économique de ces femmes musulmanes?

« Écoutez, le Québec ce n’est pas un bazar. Le Québec est une société qui s’est donnée démocratiquement des institutions laïque et égalitaire, et par conséquent, lorsqu’on pose des gestes, on doit constamment les inscrire dans ce cadre-là. On doit respecter les choix de la collectivité et le bien commun. Cela doit primer sur tous les autres choix que l’on fait. On a un contrat social à respecter. Et ceux qui disent qu’on peut accepter le port du voile dans les institutions publiques violent le consensus social. La laïcité, c’est notre ciment, et tant et aussi longtemps que les Québécois décideront de faire du Québec un État laïque, alors il va rester laïque, et tous les citoyens doivent respecter cette laïcité-là. »

Et la laïcité ouverte, cela signifie quoi pour vous?

« Moi, dès qu’on ajoute un adjectif à la laïcité, cela me dérange. Pour moi, il n’y a que la laïcité, et c’est un concept qui est très clair. C’est l’égalité entre les croyants, les agnostiques et les athées. Et l’État doit veiller à cela. Sur la place publique, on est égaux. C’est tout,  et je ne vois pas pourquoi on lui associe le terme de fermée ou d’ouverte. »

On va dire de cela que c’est de l’intégrisme laïc, non?

« Écoutez, moi  j’ai vécu les prémisses d’un État intégriste. Je n’en ai vécu que les prémisses et je peux vous dire que de vivre dans un tel état de peur permanente, c’est un cauchemar. Ma réflexion, elle se nourrit d’un vécu, et j’en suis arrivée à penser que nous ne pouvons vivre librement que sous un État laïque. Parce que j’ai déjà vécu sous des régimes oppressifs où il m’était interdit de dire que je n’étais pas croyante. Je ne pouvais pas le dire parce que je risquais ma vie. Cette violence-là, je l’ai vécue. »

Des femmes voilées se disent féministes à la « manière musulmane » et prétendent que nous n’avons pas à leur imposer « notre » féminisme qui n’est somme toute qu’une invention de l’Occident. Les féministes du Québec sont divisées sur cette question. D’après vous, peut-il y avoir plusieurs féminismes?

« Pour moi le féminisme, c’est s’insurger contre les injustices à l’égard des femmes, et vouloir les réparer. Et ici, je ne me pose pas la question de savoir si cette femme est afghane ou péruvienne. Je dis que lorsqu’il y a une injustice, il faut mettre fin à celle-ci.

Aujourd’hui, dans les pays musulmans et arabes, la plupart des femmes vivent dans l’injustice. Et cela, il faut le dire. Ce sont dans ces pays-là où, par exemple, les crimes d’honneur sont les plus élevés. Ce sont dans ces pays-là, où les femmes se font fouetter et lapider, dans ces pays-là, où elles se font répudier et maltraiter. Alors on n’invente rien. On part de la réalité. Maintenant, qu’est-ce qu’on fait avec cette réalité? On se ferme les yeux, en disant que l’Afghanistan, cela ne nous regarde pas? Ce n’est pas la voie que j’ai choisie. Pour ma part, à chaque fois que je voie une injustice, je la dénonce parce que c’est mon devoir de citoyenne du monde de le faire. Mon combat, c’est un combat universel pour les droits humains. »

Que pensez-vous de l’attitude de la gauche et des féministes vis-à-vis l’intégrisme musulman?

« Je pense que Québec solidaire, en particulier, a des positions extrêmement dangereuses et inquiétantes par rapport à l’islamisme politique. Moi je suis très inquiète quand Mme David, qui est une des grandes féministes du Québec, cède devant les islamistes et prend position en faveur du port du voile. Mais Mme David lorsqu’elle a organisé la Marche mondiale des femmes, elle ne l’a pas organisée toute seule avec le Québec, mais avec toutes les femmes du monde. C’est dire que toutes les femmes du monde ont le droit à une vie décente. Et donc, on ne peut pas être féministe au Québec et ne pas l’être ailleurs dans le monde. C’est une contradiction. Et c’est en cela que la position de Mme David est problématique, parce qu’elle nous dit : quand l’intégrisme est catholique, je vais le dénoncer mais quand il devient musulman, là on peut s’accommoder.

Non merci! On n’en veut pas de ces accommodements. C’en est assez de «  folkloriser » les femmes musulmanes. L’argument culturel et identitaire relève du pur mépris. Pourquoi des traditions injustes, façonnées dans des sociétés patriarcales, que des hommes et des femmes ont combattues partout dans le monde, seraient-elles acceptables pour des musulmanes? Parce que ces accommodements-là, ce n’est pas Mme David qui va les subir, mais les femmes musulmanes. Et moi, je ne veux pas subir ce que j’ai fui. Si j’ai fui l’intégrisme musulman, ce n’est pas pour le retrouver ici au Québec. Ici, je veux vivre comme toutes les femmes du Québec. Je demande l’égalité, c’est tout. »

Dans votre livre, vous exposez les différentes stratégies utilisées par les islamistes, aussi bien en Orient qu’en Occident. Parlez-nous de celles utilisées ici même au Québec.

« D’une manière générale, ils profitent de toutes les défaillances de l’État. Lorsqu’un immigrant arrive dans un nouveau pays, il est confronté à des difficultés et si nous, en tant que société, n’y répondons pas, alors d’autres vont le faire. Et ce sont des groupes islamistes extrêmement bien organisés et financés par des États étrangers comme l’Iran ou l’Arabie Saoudite qui vont prendre en charge socialement et économiquement les nouveaux arrivants. Donc, ils les dépannent. »

Et cela se fait ici au Québec?

« Bien évidemment! Il y a des réseaux très bien structurés qui les aident à se trouver un logement ou un emploi, qui payent les loyers de certains immigrants, qui payent même parfois l’Université, qui donnent des cours d’informatique, de langues, des cours de n’importe quoi, qui organisent des conférences sur différents sujets comme par exemple, les médias et l’islam. J’ai même déjà reçu une invitation de « Présence Musulmane » pour un conférence sur, tenez-vous bien, l’environnement et l’islam! N’importe quoi! Et il y a aussi la propagande dans certaines mosquées et écoles islamiques.

Ils ont un agenda politique qu’ils ne nous montrent pas parce qu’ils ont compris que cette stratégie n’était pas gagnante. Par contre ce qui est gagnant, c’est de passer par la liberté religieuse, les demandes d’accommodements, parce que cela titille des valeurs qui sont fondamentales pour l’Occident. Donc, c’est sur le terrain de la liberté religieuse qu’ils mènent leur combat. Et c’est sur ce même terrain qu’ils crient au racisme et à l’islamophobie pour museler la liberté d’expression et faire taire les critiques. »

En Algérie, les islamistes ont liquidé l’élite intellectuelle mais ici, ils la courtisent…

« Vous savez les intégristes ne sont pas des idiots. Ils ont compris, par exemple, qu’en instrumentalisant les femmes, qu’en envoyant les femmes voilées aux médias, les plus pimpantes, les plus éduquées qui s’affichent comme des modèles d’intégration et présentent le voile comme un choix personnel, ils savent que cela déstabilise les gens.

Mais moi, cela ne me déstabilise pas du tout parce que ces femmes-là ne sont pas des femmes opprimées et soumises. Ce sont des militantes politiques et il faut les considérer comme telles, c’est-à-dire des adversaires politiques qu’il faut combattre. On n’a pas à faire du copinage ou du charme avec elles. Ce sont des militantes qui sont engagées dans une voie différente de la nôtre et il faut les combattre. C’est tout. »

Il y a des intellectuels musulmans qui souhaitent réformer l’islam, tels l’Algérien Malek Chebel qui nous a donné plusieurs propositions pour réformer l’islam ou encore la Canadienne d’origine pakistanaise Irshad Manji. Peut-on réformer l’islam, et pourrait-il enfin connaître son siècle des Lumières?

« Je le souhaite. De toute façon, en islam, il y a déjà des Voltaire. Il y a déjà des gens libres qui ont dénoncé un certain nombre de choses et qui ont remis en cause l’islam. Par contre, moi je ne veux pas m’inscrire dans la religion pour me libérer. Mon émancipation  trouve sa place dans l’universel et la religion ne peut pas constituer l’universel. Donc pour moi, s’émanciper, c’est lutter à l’extérieur de la religion.

Je ne me situe pas dans un courant réformiste de l’islam. Il y a mille et une interprétations possibles de l’islam.  Et aujourd’hui la tendance la plus lourde qui est largement répandue dans le monde, c’est l’interprétation la plus rétrograde. Il aurait pu y avoir une interprétation moderne, mais malheureusement, elle n’est pas là. Donc moi, je ne vais pas attendre quatorze siècles encore pour réformer cette religion-là. Moi je veux vivre en femme libre, maintenant, et je veux m’inscrire dans mon temps. »

Avez-vous le sentiment d’avoir le Québec derrière vous?

« Vous savez, ce qui m’a motivée à écrire ce livre, ce sont les gens qui ont témoigné à la commission Bouchard-Taylor. Quand j’ai vu leur attachement à la laïcité et à l’égalité des sexes et les leçons que leur ont données les deux commissaires qui les ont finalement traités avec mépris et dédain, cela m’a propulsée dans l’écriture et j’avais envie de dire aux gens qu’ils sont sur la bonne voie et qu’ils ont raison de se tenir debout pour défendre la laïcité et l’égalité. Je n’invente rien, je n’ai fait qu’ajouter ma voix à celle des autres. »

Et pourtant, durant la commission, nombreux ont été les médias qui ont présenté les Québécois, ceux des régions en particulier, comme une bande d’attardés. Les conclusions de la commission les accusaient même d’étroitesse d’esprit et de crispation identitaire ?

« Vous savez quand je suis arrivée au Québec, je voulais connaître le pays et je me suis donc baladée un peu partout. Je me suis même rendue en Abitibi en autobus en plein mois de février pour donner une conférence sur la situation des femmes musulmanes dans le cadre de la Marche mondiale des femmes, et j’ai découvert un Québec généreux et ouvert. Et la façon dont on a dépeint le Québec, notamment durant la commission Bouchard-Taylor, m’a déplu parce qu’elle ne correspondait absolument pas à ma réalité.

Les commissaires ont essayé de ridiculiser des gens, de minimiser la portée de leur message en faisant taire des voix laïques et féministes. On les a dénigrés, Gérard Bouchard les a même catalogués parce qu’ils lisaient tel journal ou écoutaient telle télévision, et moi je trouve que c’est déplorable parce que les commissaires se devaient d’être à l’écoute de tout le monde. Ce que cela m’a prouvé, c’est qu’ils  sont déconnectés du peuple, et je peux dire que le peuple est beaucoup plus en avance qu’eux, sur bien des questions, notamment celle de la laïcité et celle du droit des femmes. »

Et Hérouxville?

« Vous savez, ces gens-là ne font pas peur. Par contre, avec les islamistes, je risque ma peau, à chaque minute, pour chaque mot. »

Il vous reste des souvenirs douloureux?

«  Oui… bien sûr. Ce professeur, dans la cinquantaine, qui venait à la maison et qui me saluait toujours en disant « Bonjour la Jeunesse ». Il raccompagnait sa fille au lycée, lorsqu’un jeune gars est apparu de nulle part, a pointé un fusil sur sa tempe, puis il a tiré. Sa tête a éclaté, on pouvait voir son cerveau là, sur le trottoir. C’était en plein jour, en plein soleil. À l’entrée du lycée. Le gars a ensuite pointé son arme sur la tempe de sa fille de dix-sept ans, et il lui a dit : « Ça, c’est pour pas que t’oublies ». Puis, il est parti. Ce gars-là, j’ai joué aux billes avec lui lorsque j’étais toute petite.

Sur la rue, des volets se sont refermés, et j’ai compris que la lâcheté est humaine, mais vous savez, le courage aussi, c’est humain. »

MA VIE À CONTRE-CORAN

Une femme témoigne sur les islamistes

Djemila Benhabib

Vlb éditeur  Montréal,  2009, 268 pages

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Procès 2.0

Hier soir dans le cadre de l’émission Doc-humanité, a été présenté, à la télé de Radio-Canada, un film de Nadia Zouaoui s’intitulant Le Procès 2.0. Ce film présentait Dalila Awada dans le rôle principal (!), comme étant une victime de l’islamophobie qui sévit au Québec avec pour postulat que le voile islamique n’est qu’une façon comme une autre de s’habiller et que de s’opposer à celui-ci (on ne dit pas où!) relève du racisme et de la xénophobie la plus élémentaire. L’ouverture à la diversité étant représentée par la récurrence d’images de gens qui dansent et participent aux Tam-Tam sur le Mont-Royal. On cherche le lien avec la laïcité!

Par ailleurs l’animateur radio-canadien et anthropologue Serge Bouchard, que Zouaoui présente dans son film comme un grand sage, comparera la plume sur la tête d’un autochtone au voile islamique des musulmanes pour dire que «pas plus qu’on n’enlèverait la plume sur sa tête, on ne devrait enlever le voile islamique». C’est selon lui une question de respect de la différence. Quand on sait à quel point les signes et les symboles font l’objet d’un questionnement et d’une analyse conceptuelle rigoureuse et approfondie chez les anthropologues, on peut se questionner sur le sérieux d’une telle affirmation de la part de Serge Bouchard.

La nullité conceptuelle quant au contenu de ce film culmine dans les larmes d’Anne-France Goldwater plaidant en faveur de la liberté tout court et donc de celle de s’habiller comme on veut. Ce film mentionne bien évidemment la poursuite en diffamation intentée par Dalila Awada contre Philippe Magnan et moi-même (sans mentionner que le site Vigile était aussi visé par cette poursuite). Zouaoui omet également de mentionner qu’à mon tour, j’ai intenté une poursuite contre Dalila Awada (une demande reconventionnelle en diffamation) pour atteinte à ma réputation. Le film se termine finalement sur cette phrase écrite à l’écran disant que Dalila Awada a gagné son procès pour diffamation, sans préciser contre qui était ce procès(Philippe Magnan et lui seul), laissant ainsi croire qu’il y a eu un procès contre moi et que j’ai été condamnée pour diffamation alors qu’en octobre 2017, Dalila Awada a retiré sa plainte contre moi et qu’en contrepartie, j’ai retiré la mienne et qu’une entente a été signée hors-cour pour convenir d’un désistement sans frais de part et d’autre.

Cette absence de rigueur et de déformation des faits par la rétention de certains éléments, est une petite «vacherie» signée Nadia Zouaoui! Un film d’une rare insignifiance, pour quatorze ans et moins, et qui m’a rappelé mes cours de catéchèse alors que j’étais adolescente et dans lesquels on nous répétait constamment qu’il faut s’aimer même si on est différent.

Dites, vous vous souvenez de cette chanson Le Blues D’la Métropole de Beau Dommage ? «En soixante-sept tout était beau. C’était l’année d’l’amour, c’était l’année de l’Expo. Chacun son beau passeport avec une belle photo. J’avais des fleurs d’in cheveux, fallait-tu être niaiseux !»

https://louisemailloux.wordpress.com/2018/04/10/quelques-mots-au-sujet-de-la-poursuite-en-diffamation-que-ma-intentee-dalila-awada/

 

 

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Réflexion sur la liberté de conscience

La liberté de conscience est issue du protestantisme et elle constitue une réponse philosophique à des conditions historiques bien particulières. C’est en effet dans une Europe dévastée par les conflits religieux entre les catholiques et les protestants, où ces derniers sont persécutés, pourchassés et massacrés en tant qu’hérétiques, que le respect de la liberté de conscience est apparu comme la solution pouvant mettre fin à ces rivalités religieuses.

En 1598 la promulgation de l’édit de Nantes par Henri IV, protestant converti au catholicisme afin d’accéder au trône de France, va reconnaître la liberté de culte aux protestants et mettre un terme aux guerres religieuses. Un siècle plus tard, en 1685, Louis XIV, fort de son pouvoir et voulant unifier son royaume, va révoquer l’édit de Nantes par celui de Fontainebleau, forçant à nouveau les protestants aux persécutions et à l’exil.

Un an plus tard, en 1686, le philosophe anglais John Locke, lui-même protestant, publiera sa fameuse Lettre sur la tolérance dans laquelle il défendra la séparation de l’Église et de l’État comme garantie de la liberté de conscience et formulera les principes fondateurs de la laïcité qu’il présente comme la solution politique définitive pouvant évincer l’arbitraire royal et venir à bout des rivalités religieuses. Un siècle plus tard, la proposition de Locke trouvera son expression politique dans la Déclaration des droits de l’homme de 1789.

À l’origine, la tolérance lockéenne excluait les catholiques et les athées, la liberté de conscience ayant d’abord été l’argument des protestants pour qu’ils puissent retrouver leur liberté religieuse. Elle visait à les protéger de l’autoritarisme de l’Église catholique et de son bras armé, l’Inquisition.

Non seulement l’idée de la liberté de conscience tire son origine du protestantisme mais elle se fonde tout comme lui sur une conception libérale qui conteste les prérogatives de l’État et fait de l’individu le seul dépositaire du souverain bien. La liberté individuelle étant au centre de tout, il n’est donc pas étonnant que l’invitation kantienne à «penser par soi-même» puisse encore aujourd’hui déboucher sur le «croire» ou sur le «ne pas croire» et que le rationalisme cohabite dans un tranquille relativisme aux côtés de l’irrationalisme, tout cela au nom du respect de la liberté de conscience.

On insiste beaucoup sur le fait que cette liberté de conscience s’appuie sur l’autonomie de la raison mais on se méprend en pensant que ceci suffira à faire reculer la superstition. Une raison libre n’est pas forcément une raison éclairée, c’est une raison qui choisit librement de croire ou de ne pas croire. Dans l’idée d’une liberté de conscience, il y a la conscience bien sûr, mais il y a aussi la liberté que l’on aurait tort de sous-estimer.

Ce préjugé encore trop bien ancré voulant que la liberté de conscience nous affranchisse de l’aliénation religieuse s’appuie sur une temporalité linéaire de l’histoire, qui nous vient des penseurs des Lumières, tel Hegel et qui sera reprise par Marx au siècle suivant, une conception de l’histoire qui va du mythe vers la rationalité et où le progrès va finalement triompher de l’obscurantisme.

En protégeant la liberté de croire, la liberté de conscience rompt avec cette conception de l’histoire et cet optimisme des Lumières en ce qu’elle pose une limite à la rationalité et garantit du même coup l’ouverture sur l’irrationalité.

Bien qu’issue des Lumières, la liberté de conscience est aussi porteuse des anti-Lumières et il semble bien que c’est le prix à payer pour demeurer libre. Comment en effet expliquer cette persistance du sacré et cet entêtement de certains à vouloir Dieu malgré le développement des connaissances et l’accès de plus en plus grand au savoir ? L’incapacité de l’homme d’assumer sa propre mort constitue peut-être le fondement existentiel le plus sûr et le plus tenace à cette liberté de croire ou de ne pas croire.

 

 

 

 

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MAILLOUX IS BACK !

Les faits 

Le 7 mai dernier, suite à mon passage en commission parlementaire sur le projet de loi n°21, le réseau CTV et le journal The Gazette ont publié chacun un article dans lesquels ils tronquent et déforment deux de mes écrits, datant de 2011 et de 2012, dans le but exprès de salir ma réputation et de me discréditer auprès de leur lectorat.

Voici textuellement ce qu’ils ont publié en date du 8 mai 2019 à mon sujet :

CTV :

« Mailloux has said that baptism is a form of rape and apologized after repeatedly stating the falsehood that kosher food is used to fund religious wars. »

https://montreal.ctvnews.ca/bill-21-hearings-mnas-say-ban-on-religious-symbols-is-needed-1.4412014

Et voici ce qu’a écrit le journaliste Martin Patriquin du journal The Gazette :

« Louise Mailloux, whose rather noxious pro-secular pensées include equating circumcision with rape and the professed belief that unnamed rabbis use the proceeds from the sale of kosher food to wage religious wars. »

https://montrealgazette.com/opinion/columnists/martin-patriquin-legault-seems-to-need-a-bill-21-echo-chamber

Voici maintenant deux extraits de ce que j’ai réellement écrit à cette époque concernant ces sujets :

Commençons par le premier sujet, le baptême et la circoncision comme étant un viol.

Quelques mots d’abord sur le contexte dans lequel mon article a été écrit :

Il y a quelques années, des représentants des cultes rendaient visite aux enfants dans les garderies publiques. C’est alors que la ministre libérale de la Famille de l’époque, Yolande James, a fait adopter un règlement pour interdire ces visites.

Suite à cela, j’ai écrit un article en juin 2011 dénonçant la présence de représentants des cultes dans les garderies publiques parce que je considère que cela va à l’encontre du respect de LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE des enfants. C’est en ce sens que j’ai parlé du baptême et de la circoncision comme un viol non pas physique mais un viol DE LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE des enfants.

Voici l’extrait, tiré de mon article Le Commerce des petites âmes, publié dans mon livre La laïcité, ça s’impose ( 2011 ) :

« Les croyants sont exemplaires lorsqu’il s’agit de liberté religieuse, mais ils font semblant d’oublier qu’il est une liberté encore plus fondamentale que la liberté religieuse, ET C’EST LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE. UNE LIBERTÉ QUI EST CELLE D’AVOIR OU NON UNE RELIGION, D’EN CHANGER OU D’Y RENONCER. C’EST LA LIBERTÉ PRÉALABLE, CELLE QUI REND POSSIBLE TOUTES LES AUTRES CAR, AVANT DE RÉCLAMER LA LIBERTÉ RELIGIEUSE, IL FAUT POUVOIR CHOISIR SI ON VEUT OU NON UNE RELIGION ET, SI OUI, LAQUELLE ?

Alors dites-moi ce que font les religions dans les garderies avec des enfants encore trop jeunes pour la maternelle ?…… Mais des petits catholiques, juifs et musulmans qui portent encore la couche, cela existe dans nos garderies. Baptisez-les tous ! Circoncisez-les tous ! Pour que Dieu les reconnaisse. On appelle cela du viol.

Les religions, sauf quelques exceptions chez certaines dénominations protestantes, ont toujours bafoué LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE, une stratégie trop risquée pour le marketing des âmes. Pie IX avait compris cela lorsqu’il promulgua en 1864 par un Syllabus des erreurs modernesl’anathème contre LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE …… »

https://louisemailloux.wordpress.com/2011/06/13/le-commerce-des-petites-ames/

Voilà ce que j’ai réellement écrit.

Vous aurez compris que je parle de LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE DES ENFANTS et donc, lorsque je parle du baptême et de la circoncision comme étant un viol, il s’agit bien évidemment d’un VIOL DE LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE DES ENFANTS ET NON D’UN VIOL PHYSIQUE, comme veulent le faire croire ces deux médias anglophones. Imposer une religion, que ce soit par le baptême ou la circoncision, SANS LE CONSENTEMENT DE L’INDIVIDU EST EFFECTIVEMENT UN VIOL DE LA CONSCIENCE.

Certains diront que l’emploi du mot « viol » est peut-être exagéré, trop fort, trop radical, voire inapproprié pour parler du baptême et de la circoncision chez les enfants.

Permettez-moi de vous soumettre un extraitd’une Lettre pastorale sur la liberté de conscience et de religion, publiée en avril 2012, par le Conseil permanent de la conférence des évêques catholiques du Canada (Les majuscules sont de moi) :

http://www.cccb.ca/site/images/stories/pdf/Liberte_de_conscience_et_de_religion.pdf

Proposer, ne rien imposer
6. L’Église catholique revendique le droit à la liberté religieuse afin de remplir sa mission spécifique. Soucieuse d’obéir au commandement du Christ (cf. Mt 28, 19-20), elle pro- pose l’Évangile au monde entier, comme c’est son devoir de le faire étant donné que Jésus Christ est « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14,6). Toute évangélisation est une proposition pour amener la liberté religieuse de l’auditeur à désirer et à embrasser la vérité salvifique de l’Évangile (cf. Mc 16, 15-16).

Nous ne devons jamais imposer aux autres nos convictions religieuses, il faut respecter les personnes et les cultures en s’arrêtant devant l’autel de la conscience15. La dignité de la personne humaine exige le respect de la conscience, « le centre le plus secret de la per- sonne, le sanctuaire où elle est seule avec Dieu et où Sa voix se fait entendre. »

C’EST VIOLER LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE QUE D’ESSAYER D’IMPOSER À AUTRUI SA CONCEPTION DE LA VÉRITÉ. Il faut constamment défendre et revendiquer le droit de professer la vérité, mais jamais sans le moindre mépris pour ceux et celles qui pensent autrement. « NIER À UNE PERSONNE LA PLEINE LIBERTÉ DE CONSCIENCE, ET NOTAMMENT LA LIBERTÉ DE CHERCHER LA VÉRITÉ, OU TENTER DE LUI IMPOSER UNE FAÇON PARTICULIÈRE DE COMPRENDRE LA VÉRITÉ, CELA VA CONTRE SON DROIT LE PLUS INTIME. »

NUL INDIVIDU, NULLE COLLECTIVITÉ ET NUL ÉTAT NE SAURAIENT OUBLIER QUE LA VÉRITÉ NE S’IM- POSE JAMAIS PAR LA VIOLENCE, MAIS SEULEMENT « PAR LA FORCE DE LA VÉRITÉ ELLE-MÊME. » PAR CONSÉQUENT, AUCUNE RELIGION NE PEUT ÊTRE IMPOSÉE DE L’EXTÉRIEUR; ELLE DOIT ÊTRE ADOPTÉE PAR LA PERSONNE « UNIQUEMENT À TRAVERS LE PROCESSUS DE LA CONVICTION. »

Si le Conseil des évêques de la conférence catholique du Canada peut parler DE VIOL DE LA CONSCIENCE, en s’appuyant sur les écrits de certains papes, sans que cela n’attire la hargne et pas même l’attention de CTV et de Martin Patriquin de The Gazette, pourquoi Mailloux ne pourrait-elle pas reprendre la même expression ? Et surtout pourquoi Mailloux, quant elle en fait usage, devient-elle l’objet de pareilles calomnies ?

Vous en voulez une autre, chers médias anglophones ?

Allons voir maintenant ce qui est écrit à l’entrée du mot VIOL dans Le Petit Robert :

« 1. Acte de violence par lequel un homme (violeur) impose des relations sexuelles avec pénétration à une autre personne contre sa volonté…… 2. FIG. Viol de conscience : non-respect des opinions, convictions et croyances d’autrui. »

Alors si un dictionnaire français tout aussi respectable que Le Petit Robert parle de viol de consciencecomme étant la définition d’un viol au sens figuré sans que cela n’attire la hargne et pas même l’attention de CTV et de Martin Patriquin de The Gazette, pourquoi Mailloux ne pourrait-elle pas reprendre la même expression ? Et surtout pourquoi Mailloux, quand elle en fait usage, devient-elle pour ces médias anglophones l’objet des pires bassesses ?

Ou ces journalistes sont d’incroyables incultes qui ne savent pas distinguer un viol physique d’un viol de conscience ou ce sont des individus sans aucun scrupule, qui n’hésitent pas à tronquer et à déformer mes propos dans le but de salir ma réputation et de me disqualifier du débat public sur la laïcité. Dans un cas comme dans l’autre, ces pratiques douteuses et malhonnêtes sont déloyales et n’honorent sûrement pas leur profession journalistique.

J’en arrive maintenant au second sujet, à savoir que j’aurais AFFIRMÉ que des rabbins utilisent l’argent de la vente des produits casher pour financer des guerres religieuses. CELA EST FAUX! Je n’ai pas dit cela !

Voici l’extrait, tiré de mon article Le poulet sacré,publié dans mon livre Une Charte pour la nation ( 2013 ) dans lequel j’aborde ce sujet :

« L’on se trompe en pensant que ce marché du casher et de l’halal n’est qu’une simple activité commerciale. Parce que contrairement aux autres produits, ceux-ci contiennent une « plus-value » à forte teneur politique, si bien que la question importante à se poser est : Où va l’argent remis aux imams et aux rabbins en échange de leur certification divine ? Et à quoi sert-il précisément ? Pour les Juifs à financer la colonisation d’Israël en territoires palestiniens ? Et pour les musulmans, à financer les Frères musulmans, ces islamistes qui veulent imposer l’Islam partout dans le monde ? »

https://louisemailloux.wordpress.com/2012/03/19/le-poulet-sacre/

Voilà ce que j’ai réellement écrit.

Que penser alors de journalistes qui ne savent pas distinguer entre une question et une affirmation ? Et que penser surtout de journalistes qui transforment les questions en affirmations afin de changer le sens de ce qui est écrit ? Est-ce cela la rigueur

intellectuelle à laquelle nous sommes en droit de nous attendre de la part de ces journalistes ?

Pourquoi de telles attaques aussi perfides et déloyales vis-à-vis mes écrits ? Serait-ce que ces questions autour du casher et du halal ( parce que je parlais aussi du halal ) ne seraient pas les bienvenues au Québec ? Serait-ce que de suggérer une quelconque piste de réflexion ou d’enquête sur ces sujets tabous serait interdit en démocratie ? Ah bon ? Ou veut-on envoyer le message que quiconque s’engage sur ce terrain risque l’exécution publique?

Des excuses ?

La première journalistem’ayant attaquée sur ces questions de baptême, de circoncision et de casher a été Lise Ravary, durant la campagne électorale d’avril 2014, alors que je me portais candidate pour le Parti québécois dans la circonscription de Gouin. Quatre articles en rafale de Ravary en trois semaines sur son blogue du Journal de Montréal et de Québec, dont le premier paraissait comme par hasard au lendemain de l’annonce de ma candidature. Un matraquage en règle alors qu’elle avait une tribune de choix pour faire la sale job.

Personne au Parti québécois ne s’est porté à ma défense pour rétablir les faits, préciser que l’on avait déformé mes écrits en les décontextualisant. Personne. Pauline Marois se contentant de dire que maintenant, j’étais au Parti québécois et que je suis d’accord avec la charte des valeurs. Personne également dans le milieu journalistique. Aucun journaliste, ni aucun chroniqueur ne s’est porté à ma défense. Silence radio.

J’ai alors voulu rétablir les faits moi-même pour défendre ma réputation et expliquer que l’on avait déformé mes propos mais le Parti québécois a refusé que je m’adresse aux médias, préférant plutôt m’éloigner de ceux-ci et me confiner à une campagne, dorénavant «locale». La direction du Parti m’a alors proposé de présenter des excuses publiques pour calmer le jeu. Ce que j’ai accepté, bien à contre-cœur.

Lors de mon passage en commission parlementaire le 7 mai dernier, j’ai défendu l’adoption du projet de loi n° 21 en insistant sur l’importance de la laïcité scolaire et celle d’interdire aux enseignants le port de signes religieux. Et ces journalistes des médias anglophones, au lieu de faire leur travail et d’informer leurs lecteurs sur les idées et les arguments que j’ai avancés sur cette question en commission parlementaire, ont délibérément choisi de ramener les vieilles calomnies pour me discréditer une fois de plus, Martin Patriquin allant même jusqu’à dire que je suis une militante laïque aux idées «infectes». Une perle d’objectivité journalistique ! Une honte pour la profession.

En terminant, j’aimerais dire à ces journalistes des médias anglophones qui se servent sans vergogne de leur tribune pour détruire ma réputation, que ça suffit le salissage à mon endroit et que vous n’avez pas fini de me lire et de m’entendre à propos de la laïcité, because MAILLOUX IS BACK !

Mai 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le CCIEL en commission parlementaire

Voici le lien vers la présentation faite par Djemila Benhabib et moi-même au nom du Collectif citoyen pour l’égalité et la laïcité, le 7 mai en commission parlementaire sur le projet de loi 21

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La clause dérogatoire, un geste d’affirmation politique

En invoquant la clause dérogatoire à titre préventif, le gouvernement a agi de façon fort avisée, permettant ainsi au projet de loi 21 de demeurer dans le périmètre du politique, plutôt que de prendre, comme à l’habitude, le chemin des tribunaux. Protéger la souveraineté parlementaire au lieu d’abandonner son pouvoir à la Cour suprême pour décider du cadre laïque au Québec, voilà une attitude courageuse et responsable que nous devons saluer.

La judiciarisation du politique

Consacrant la primauté du droit individuel sur la démocratie parlementaire et la suprématie du juridique sur le politique, la Charte canadienne qui, faut-il le rappeler, n’a jamais été entérinée par aucun gouvernement, a ainsi fait barrage à l’autonomie de l’État québécois dans sa volonté de définir son cadre laïque. Pensons, par exemple, aux nombreuses contestations devant les tribunaux dont les questions religieuses ont fait l’objet ces dernières années et pour lesquelles la Cour suprême a toujours eu le dernier mot.

En 1985, la Cour suprême a reconnu la notion d’accommodement raisonnable. Ce concept, qui est une invention du monde juridique, s’est par la suite progressivement imposé dans la sphère politique sans jamais y avoir été discuté.

En 2004, au sujet de l’installation des souccahs juives sur des balcons de condos, la Cour suprême a rejeté le témoignage d’experts et fait de la sincérité de la croyance un critère suffisant pour être protégé par la charte. En 2006, la Cour suprême autorise le port du kirpan pour un élève sikh dans une école publique de Montréal.

En 2012, une décision de la Cour suprême confirme le caractère obligatoire du cours d’ECR, alors que des parents en demandait l’exemption pour leurs enfants. Également en 2012, la Cour suprême n’interdit pas de témoigner en Cour avec un niqab dans le cas de causes criminelles.

En 2015, la Cour suprême dit non à la prière au conseil municipal de Saguenay. Toujours en 2015, la Cour d’appel fédérale autorise le port du niqab lors des cérémonies d’assermentation de citoyenneté.

En 2017, trois semaines seulement après l’adoption de la loi 62, une demande visant à faire suspendre l’article 10 de la loi qui prévoit que les services publics doivent être donnés et reçus à visage découvert, a été déposée devant la Cour supérieure du Québec. Le 1erdécembre, la Cour supérieure ordonne de suspendre l’article 10 alors qu’un jugement subséquent maintiendra la suspension de celui-ci.

Voilà comment depuis 1982, avec l’enchâssement de la charte des droits et libertés dans la constitution canadienne, la démocratie parlementaire a été constamment mise en tutelle et inféodée aux décisions des tribunaux en matière de religion, donnant ainsi à la Cour suprême du Canada un pouvoir politique sans précédent. C’est ce que l’on appelle la judiciarisation du politique.

Ce qu’il faut retenir de tous ces jugements, c’est que la définition du cadre politique et juridique des rapports entre l’État et les religions a toujours échappé à nos élus et qu’ils ne peuvent retrouver cette prérogative qu’en invoquant la clause dérogatoire leur permettant de se soustraire à l’omnipotence des tribunaux.

L’autonomie politique : un droit fondamental

S’il est un droit qui soit fondamental entre tous, c’est bien le droit pour un État de pouvoir assumer tous les pouvoirs nécessaires permettant de garantir l’avenir de la nation et de protéger les droits de tous les citoyens, y compris ceux en matière de laïcité.

Le recours à la clause dérogatoire dans le cadre du projet de loi 21 n’est pas une admission de la part du gouvernement que ce projet de loi viole les chartes mais bien le geste politique réfléchi d’un gouvernement qui assume ses responsabilités plutôt que de s’en remettre aux chartes et aux tribunaux comme l’ont toujours fait les libéraux depuis quinze ans.

S’il est une chose à laquelle s’attaque ce projet de loi, ce ne sont pas les droits fondamentaux inscrits dans les chartes mais bien au pouvoir extraordinaire et démesuré des tribunaux et de la Cour suprême pour définir le cadre laïque au Québec.

Pour le dire très simplement, cette clause dérogatoire fait en sorte que la question laïque, celle de l’indispensable séparation de l’État et des religions, ne soit pas confisquée par les avocats et les juges de la Cour suprême mais bien débattue et tranchée par les députés, ceux que nous avons démocratiquement élus à l’Assemblée nationale le 1eroctobre dernier.

 

 

 

 

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Le droit acquis, un question de principe

Le gouvernement va-t-il devoir congédier les enseignants qui refuseront de se soumettre à la loi interdisant le port de signes religieux ou leur accordera-t-il un droit acquis comme le souhaite le Parti québécois? Voilà la question à mille piastres que François Legault devra trancher prochainement, lui qui affirme qu’il faut demeurer ferme sur les principes tout en étant souple sur les modalités d’application. Or le droit acquis est beaucoup plus qu’un simple mode opératoire parce qu’il renie des principes qui sont fondamentaux et dont on ne peut faire l’économie.

Le droit acquis contredit le principe de séparation de l’État et de l’Église

Dans sa Lettre sur la tolérance, le philosophe John Locke a posé les premiers jalons de la laïcité en distinguant l’État de l’Église, quant à leur nature, leurs moyens et leur finalité, insistant sur la nécessité de bien délimiter chaque juridiction afin d’éviter que l’une ne vienne s’immiscer dans l’autre. D’où découle le fameux principe de séparation entre l’État et les religions.

Or on entend souvent dire que l’État doit être neutre face aux religions et qu’en conséquence, il ne peut donc interdire le port de signes religieux puisque ce serait alors s’ingérer dans le religieux. Cette interprétation est erronée. Dans les institutions publiques, l’État est chez lui, comme disait Hugo. Dans les écoles publiques, l’État est chez lui et le voile des enseignantes, c’est le religieux qui s’impose dans l’État et non l’inverse. Pourquoi croyez-vous que l’on ait déconfessionnalisé nos écoles publiques ? Parce que la religion était dans l’État.

Bien évidemment, l’État n’a pas à commander aux Églises mais dans les institutions publiques, l’État est chez lui et il est donc parfaitement en droit de légiférer face à la religion. Accorder un droit acquis aux enseignants serait reconnaître la légitimité du religieux dans l’État tout en contredisant le principe de séparation en vertu duquel on s’apprête à interdire le port de signes religieux.

Le droit acquis, une entorse à l’universalité de la loi

Locke souligne aussi qu’il est de la compétence de l’État d’établir des lois qui sont contraignantes pour tous et qui obligent tous les citoyens, indépendamment de leur religion, distinguant ainsi le caractère universel de la loi civile du caractère particulier de la loi religieuse qui ne concerne que les croyants.

D’accorder un droit acquis à certains enseignants serait leur accorder des droits différenciés et contredire l’universalité de la loi et son caractère contraignant, ruinant du même coup le fondement même de l’existence de l’État et de sa légitimité. Il suppose également qu’un individu peut se soustraire à la loi civile en vertu de sa religion et ainsi réduire à néant toute possibilité de faire société.

Or, en aucun cas, la liberté religieuse ne devrait annuler l’obéissance à la loi civile. Ce serait alors accepter que dans les institutions publiques, la loi religieuse puisse primer sur la loi civile et garantir quelques privilèges aux croyants mais surtout, ce serait renoncer à une prérogative essentielle de l’État, celle voulant que l’État fasse la loi dans l’État.

Et le crucifix à l’Assemblée nationale ?

Comme un caillou dans la chaussure, ce crucifix revient nous hanter à chaque fois que l’on parle de laïcité et pour cause. Oui il est historique, oui il est patrimonial mais son lieu et son environnement sont éminemment politiques et c’est envoyer un bien mauvais message de dire que la séparation du religieux d’avec le politique ne vaut que pour les autres religions mais pas pour les catholiques. Cela en est même gênant.

Il est temps de se comporter avec maturité, en citoyens plutôt qu’en croyants et de comprendre que la laïcité, c’est pour tout le monde. C’est une grave erreur de ne voir ce crucifix qu’à travers la seule lorgnette du passé. Il faut avoir une vision plus large qui englobe aussi le futur parce que ce qui nous pend au bout du nez, c’est la possibilité de se retrouver d’ici quelques années avec des députés qui portent des signes religieux à l’Assemblée nationale. N’oublions pas que Québec solidaire a présenté une candidate voilée aux dernières élections et qu’elle a terminé bonne deuxième dans la circonscription de Mont-Royal-Outremont.

Voulons-nous que le crucifix de l’Assemblée nationale serve d’argument et de porte d’entrée à tout ce qui est religieux? Il est plus que temps de regarder vers l’avenir, de retirer ce crucifix du Salon bleu et de modifier la loi sur l’Assemblée nationale pour s’assurer que dorénavant, l’enceinte de celle-ci soit exempte de tout symbole religieux, incluant les signes religieux que pourraient porter certains élus. Ce serait alors un test des valeurs pour tout le monde!

Quant à accorder le droit acquis aux enseignants, c’est bien davantage une question de principe qu’une question pragmatique et il est à espérer que le Parti québécois ne fasse pas baisser la mise, lui, qui dans sa charte des valeurs n’accordait pas de droit acquis, mais qu’il appuie plutôt le gouvernement dans son intention de ne pas céder sur cette épineuse question.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Une autre montée de lait sur la laïcité

« M. Drainville, quelles sont les études sur lesquelles vous vous appuyez ? Vous prétendez légiférer sur un terrain que vous ne connaissez pas. Vous vous êtes lancés dans cette opération dans une ignorance de la situation. »

C’était le 23 septembre 2013, à l’émission Tout le monde en parle, où on a pu assister à une confrontation sur la charte des valeurs entre le ministre Bernard Drainville et Gérard Bouchard, alors que ce dernier se faisait particulièrement insistant sur la question des études, voulant par-là embarrasser le ministre et montrer que sa démarche n’était aucunement fondée.

Et voilà maintenant que le gouvernement a provoqué une commotion en demandant à trois commissions scolaires s’ils avaient des statistiques concernant les employés qui portent des signes religieux. Si le gouvernement n’a aucune donnée, on va le lui reprocher et s’il cherche à obtenir des données, les libéraux l’accuse de profilage racial et la présidente de la CSDM de faire une chasse aux sorcières. Faudrait peut-être savoir ce que l’on veut!

Dans le fond, ce que l’on veut, c’est donner du fil à retordre au gouvernement pour l’empêcher de légiférer. Et si le gouvernement n’a rien appris sur le nombre d’employés portant des signes religieux, il aura néanmoins beaucoup appris sur l’opposition qui l’attend concernant son futur projet de loi sur la laïcité.

Les adversaires seront nombreux et ne lui feront pas de cadeau. À commencer par la CSDM et la Fédération des commissions scolaires que la CAQ se propose d’abolir. Les syndicats d’enseignants ; FNEEQ, CSN, FAE, Alliance des professeurs, partageant sans surprise la même position que Québec solidaire, voulant que ce soit l’État qui doit être neutre, non pas les individus, et que de toute façon, il y a bien d’autres priorités dans l’éducation que celle de vouloir interdire le port de signes religieux aux enseignants.

Bref, ces syndicats sont en faveur de la laïcité uniquement lorsqu’il s’agit des catholiques et des évangéliques alors qu’au nom de l’anti-impérialisme et de l’Occident colonialiste, ils se sont trouvé un nouveau prolétariat à défendre et à sauver chez les musulmans.

Partisanerie politique

Les réactions mesquines des partis d’opposition, par suite de la demande de statistiques, révèlent qu’aucun parti n’a l’intention d’appuyer le gouvernement dans sa volonté de légiférer sur l’interdiction des signes religieux. Bien au contraire, ils semblent décidés à jouer la carte de la partisannerie politique en faisant de l’obstruction systématique sur la moindre virgule du futur projet de loi. L’absence d’appui et les réserves pointilleuses du Parti québécois sont particulièrement déplorables et lamentables, lui qui, il n’y a pas si longtemps, avait présenté un ambitieux projet pour garantir la laïcité au Québec.

Nous ignorons pour l’instant si le gouvernement va ou non céder sur le droit acquis ou s’il va congédier les enseignants qui refuseront d’enlever leurs signes religieux, mais on croit comprendre qu’il jongle avec l’idée de réaffecter les récalcitrants dans des tâches à l’extérieur de la salle de cours. Cette solution est intéressante et vaut la peine d’être examinée sérieusement.

D’abord parce qu’en matière de principes, elle est cohérente avec les fondements de la laïcité, à savoir de garantir avant tout la liberté de conscience des élèves. Ce qui doit être l’un des devoirs primordiaux d’une école véritablement laïque. La laïcité scolaire n’est pas faite pour garantir les emplois des enseignants, mais bien pour protéger la liberté de conscience des élèves.

Également parce que d’assurer que tous les enseignants ne portent pas de signes religieux en classe, c’est reconnaître le caractère prosélyte du signe. Non pas l’incompétence de l’enseignant dans sa matière, comme certains voudraient nous le faire croire, mais de reconnaître que le signe religieux, d’un point de vue sémiologique est, comme l’affirmait Roland Barthes, un fait de communication. D’ailleurs, si les journalistes ont parlé pendant trois semaines des Doc Martens de la députée Dorion qu’elle exhibe si fièrement, c’est justement parce que cela signifie quelque chose. Alors ne venez pas me dire que le voile islamique est insignifiant!

Il n’y en aura pas de faciles, mais le gouvernement semble bien déterminé à aller de l’avant dans ce dossier. Il en a les moyens et la population est derrière lui. Malgré toute l’opposition qu’il rencontrera, jamais la conjoncture n’aura été aussi favorable pour sortir le Québec de l’impuissance institutionnelle qui le paralyse depuis de nombreuses années face à l’interdiction des signes religieux, particulièrement le voile islamique.

Qu’il demeure ferme sur ses convictions et confiant, et qu’il se rappelle ce proverbe arabe : « Les chiens aboient et la caravane passe.»

 

 

 

 

 

 

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Voici mon entrevue d’hier à l’émission de Richard Martineau

https://omny.fm/shows/politiquement-incorrect/les-ouvrages-de-louise-mailloux-sur-la-la-cit#description 

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L’État québécois, raciste vous dites?

Le texte suivant est une réplique à celui d’Amel Zaazaa que Le Devoir a choisi de ne pas publier.

Dans une lettre ouverte au premier ministre du Québec, publiée dans Le Devoir du 28 décembre dernier, Amel Zaazaa, d’origine tunisienne, ayant choisi d’émigrer au Québec il y a cinq ans, accuse l’État québécois de ne pas être neutre et de pratiquer un racisme systémique à l’égard des minorités. Selon elle, ce racisme serait à ce point ancré dans les rouages de l’État québécois que l’on peut tout naturellement en conclure à un racisme d’État. Sa conclusion? Une loi sur la laïcité qui interdirait le port de signes religieux stigmatiserait les femmes voilées et ne ferait qu’ajouter à ce racisme d’État. Rien de moins!

Il y a racisme d’État lorsqu’une inégalité est inscrite dans la loi, n’accordant pas à tous les mêmes droits et les mêmes devoirs, sur la base de l’origine ethnique ou encore de l’appartenance religieuse, pour ne nommer que ceux-là. Aucune législation québécoise ne consacre de telles inégalités, mais peut-on en dire autant concernant les législations en Tunisie, au Maroc et en Algérie ?

Dans la Constitution de chacun de ces pays, on proclame que «l’Islam est la religion de l’État ». Tunisie (art. 1), Algérie (art.2), Maroc (art.3). Tout le contraire de la neutralité. Imaginez un peu si on proclamait qu’au Québec, le catholicisme est la religion de l’État.

Il s’ensuit que le chef de l’État doit obligatoirement être de confession musulmane. L’article 74 de la Constitution tunisienne le stipule clairement de même que l’article 73 de la Constitution algérienne. Le Maroc étant une monarchie, le pouvoir se transmet de manière héréditaire, le chef de l’État est donc forcément musulman. Imaginez si au Québec, nous disions que le premier ministre doit être de confession catholique.

Concernant le droit familial, en Algérie et au Maroc, une femme musulmane ne peut épouser un non-musulman alors qu’en Tunisie, cela est permis depuis la nouvelle Constitution de 2014. En Algérie, l’article 30 du Code de la famille interdit le mariage d’une musulmane avec un non-musulman. Même interdiction au Maroc (l’article 39 du Code de la famille) en plus d’interdire le mariage d’un musulman avec une non-musulmane, sauf si elle appartient aux gens du Livre (juive ou chrétienne), à l’exclusion des païennes (polythéistes et athées). Imaginez si on disait qu’au Québec une femme catholique ne peut épouser un non-catholique. Ils seraient nombreux à crier et hurler au racisme et à la discrimination religieuse. Avec raison d’ailleurs! Mais poursuivons…

Au chapitre de la liberté religieuse, afin de contrer le zèle des chrétiens évangéliques, particulièrement actifs en Kabylie, le Parlement algérien a adopté en 2006 une loi (l’ordonnance n° 06-03) qui prévoit des dispositions pénales qui criminalisent le prosélytisme religieux. L’article 11 indique qu’est puni d’un emprisonnement de deux à cinq ans quiconque incite, contraint ou utilise des moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion ou qui utilise des moyens qui visent à ébranler la foi d’un musulman. Vous avez bien lu, on parle ici d’emprisonnement.

L’article 14 de cette même loi ajoute qu’une fois la peine purgée, les autorités peuvent expulser le contrevenant de manière définitive de l’Algérie. Quant au Maroc, convertir un marocain est aussi considéré dans le Code pénal (article 220) comme un délit puni de six mois à trois ans d’emprisonnement.

On comprend mieux pourquoi le gouvernement canadien informe les voyageurs à destination du Maroc « qu’il est illégal d’importer sans autorisation des bibles ou d’autre matériel religieux non islamique, sauf pour usage personnel. Le prosélytisme est également interdit ». Et pour la Tunisie, on précise aussi que « le prosélytisme religieux y est interdit ».

Alors madame Zaazaa, raciste l’État québécois? Raciste parce qu’il veut interdire le voile islamique pour certaines catégories d’employés de l’État? Vous n’êtes pourtant pas sans savoir que le voile islamique a été interdit dans les écoles en Tunisie par le Président Bourguiba dès 1957 et que cette interdiction s’est vue réactivée de 1981 à 1991 et même élargie jusque dans l’administration publique, les écoles et les universités mais aussi les espaces publics. Diriez-vous que la Tunisie est un État raciste parce qu’il interdit le voile? Bien sûr que non mais alors pourquoi le dire du gouvernement du Québec qui veut l’interdire pour certaines catégories d’employés, incluant les enseignants des écoles publiques?

La vérité, c’est que ce n’est pas la lutte contre le racisme qui vous motive mais bien d’imposer aux Québécois une logique anticolonialiste dans laquelle il vous faut mettre en échec la majorité blanche supposément dominatrice et raciste à l’endroit des minorités. Mettre en échec le féminisme parce qu’il est blanc, occidental, particulier, impérialiste et que son universalisme n’est pour vous que du colonialisme déguisé. Mettre en échec l’État national parce qu’il est blanc, occidental, particulier, impérialiste et que son universalisme n’est que du colonialisme déguisé. Par la défense du voile et les accusations de racisme que vous y liées, mettre en échec la séparation des Églises et de l’État, au fondement même de la laïcité, parce que cette laïcité est blanche, occidentale, particulière, impérialiste et que son universalisme n’est pour vous que du colonialisme déguisé.

Comme le dit l’adage populaire, quand on se compare, on se console. En termes de liberté religieuse, le Québec est un modèle et nous devons le dire haut et fort et en être fiers. Justement parce que nous avons fait le choix de vivre dans un Québec laïque où il n’y a pas de religion d’État avec toutes les discriminations qui en découlent. La laïcité, c’est l’égalité de tous les citoyens, quel que soit leur religion. Ceux qui ont choisi de venir vivre avec nous sont des privilégiés et non des victimes. Et nous ne devons plus nous laisser intimider et insulter par des accusations de racisme.

Les Québécois veulent poursuivre leur avancée vers davantage de laïcité. Consacrer par la loi ce qui l’est déjà par notre histoire. Le Québec est grand, le Québec est blanc, majoritairement blanc et on aura compris ici que je ne parle pas de l’hiver! Nous n’avons surtout pas à rougir de cela!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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