Ce qu’a réellement dit Daniel Weinstock !

Chers ami(e)s,

Dans la controverse qui oppose Richard Martineau à Daniel Weinstock, je vous invite à écouter les deux conférences auxquelles a participé Daniel Weinstock, celle de Berkeley où il est question d’excision symbolique et celle de Montréal, où je l’interpelle sur cette question. Ces vidéos sauront vous donner l’heure juste quant à ce que Daniel Weinstock a réellement dit. 

Quel modèle de laïcité pour le Québec?

Voici l’enregistrement intégral du panel organisé par la Coalition Laïcité Québec, le 26 avril 2012, au Centre St-Pierre à Montréal. Participants: Caroline Beauchamp, juriste, Prof. Henri Peña-Ruiz, philosophe, Institut d’étude politique de Paris, Prof. Daniel Weinstock, philosophe, Université de Montréal. Cet enregistrement est publié par l’Association Humaniste du Québec.

http://www.youtube.com/watch?v=eeT-xrJErR0&list=UU9y6fctk3uOsyWtk_1GJ8fQ&index=1&feature=plcp

Point fort de ce panel: est-ce qu’une société laïque « ouverte » aux accommodements religieux diffère d’une société laïque « sans adjectif » lorsqu’il faut faire face à la pratique de l’excision du clitoris chez les fillettes?

Ceci a donné lieu à un échange assez vif à la période de questions entre Louise Mailloux (à 1h50 mn) et Henri-Peña-Ruiz (à 2h02 mn18s.), d’une part et Daniel Weinstock d’autre part (à1h56 mn 29s). Comme la question de Louise Mailloux référait à des paroles prononcées par Daniel Weinstock lors d’une conférence aux États-Unis, nous avons crû bon de fournir ci-dessous les liens sur les documents de référence.

Voici les principaux extraits de la conférence que Daniel Weinstock a prononcé à l’Université de Berkeley (Californie) le 8 mai 2009. Il y plaide en faveur des tribunaux de la charia et donne comme exemple d’accommodement l’excision symbolique. ‪http://www.youtube.com/watch?v=oeFSAQ8no6g&feature=youtu.be

Pour voir la conférence de Daniel Weinstock à Berkeley dans son intégralité, voici le lien: ‪http://www.youtube.com/watch?v=-Xl72fwbHt0&feature=player_embedded#
   (De la 4e minute à la 31e minute). L’extrait sur l’excision se trouve à la 26e minute. Celui sur le rapport Boyd et la charia se trouve aux minutes 30-31.

En consultant ces extraits vous pourrez constater que les propos de Daniel Weinstock corroborent ce qui a été rapporté lors du débat organisé par la Coalition Laïcité Québec le 26 avril 2012 au Centre St-Pierre à Montréal.

Concernant la question des mutilations génitales féminines dans l’islam, le lecteur peut consulter l’excellent dossier de Point de Bascule.

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Allocution de réception du Grand Prix de la Laïcité du Rassemblement pour un pays Souverain

Chers amis,

Lorsque Benoît Roy m’a téléphoné pour m’annoncer que j’étais récipiendaire du Grand Prix de la Laïcité, nous étions le 23 décembre. Je ne pouvais recevoir un plus beau cadeau de Noël que celui-ci. Ce prix est une distinction qui me touche profondément parce qu’il signifie la reconnaissance de celles et ceux qui partagent avec moi les mêmes aspirations, les mêmes espoirs, ceux de vivre dans un Québec laïque et indépendant, la reconnaissance de celles et ceux qui m’ont toujours soutenue dans la défense de ces idéaux et dont votre présence témoigne ici ce soir. Merci à chacun d’être là.

Je tiens à remercier Benoît Roy et ses collègues du RPS d’avoir créé ce Grand prix de la Laïcité qui saura mettre en valeur l’importance de ce combat pour le Québec et pensé à moi comme première récipiendaire. Tout un honneur ! Merci aussi de nous avoir réunis ici ce soir autour d’une table et avec beaucoup plus que « quatre bouteilles de vin ! », pour célébrer ce moment unique.

Merci également à Djemila pour cet hommage, l’amie avec qui je partage le même combat, une grande complicité et une profonde amitié. Vous êtes nombreux à me demander des nouvelles d’elle. Elle va très bien. Très bien. Beaucoup de boulot. Les Frères musulmans et les curés de la bien-pensance la tiennent passablement occupée !

Mes remerciements seraient incomplets si j’oubliais ma compagne Lorraine, avec qui je partage ma vie depuis 25 ans. Celle qui est la première lectrice de mes textes et depuis toujours la meilleure et la plus impitoyable critique. Celle qui m’a toujours encouragée à écrire et qui soutient mon combat. Merci Lorraine.

Vous connaissez tous mes convictions et mon engagement pour la laïcité, mon attachement au Québec et mon désir d’en faire un pays. De toutes les causes qui me tiennent à cœur, celle de la défense de la laïcité est celle que je porte le plus fidèlement depuis de nombreuses années.

Comment suis-je devenue ce que je suis aujourd’hui ? Laïque et indépendantiste. C’est la faute à qui ? Mes parents assurément, à qui je dois beaucoup. C’est d’abord à eux que je dois mon amour pour le Québec et la volonté d’en faire un pays. J’ai souvenir de ces assemblées de cuisine à la maison réunissant le premier candidat du Parti québécois dans le comté de Témiscouata, c’était le directeur de la polyvalente que je fréquentais, et son équipe, des professeurs dont certains m’enseignaient, assis aux côtés de mes parents à préparer la première campagne électorale.

On m’avait intégrée à l’équipe. Quand on se déplaçait dans les villages avec un char et des haut-parleurs su l’top, pour annoncer une assemblée du PQ, je faisais la musique. Chante Louise! Eh oui, je chantais Bozo-les culottes de Raymond Lévesque, les gens sortaient sur leur galerie les uns après les autres, se demandant ce qui se passe, et là, bingo, on les invitait à une assemblée du Parti québécois. Oubliez les rouges, oubliez les bleus. On vote pour nous. On vote PQ.

C’est comme ça que je suis devenue indépendantiste. Avec le cœur d’abord, nourri par les chansonniers qui ont baigné mon adolescence, les Vigneault, Leclerc, Léveillée, Leyrac et Pauline Julien qui chantaient notre pays et l’admiration face à mes parents ouvriers qui refusaient d’être colonisés par les Anglais !

Une fois au cégep, la lecture de Nègres blancs d’Amérique de Pierre Vallières viendra mettre des mots sur ce que mon cœur avait déjà compris. C’est là que je suis devenue indépendantiste et de gauche.

De mes études en philosophie, j’ai retenu que les idées doivent servir à quelque chose. Ces idées m’ont d’ailleurs servi pour vider des salles de cours et emmener ma gang manifester au centre-ville, rue Sherbrooke, devant l’université McGill en scandant à plein poumons « Mc Gill français ! »

Puis vint l’enseignement au collégial alors qu’un jour, demandant à des étudiantes algériennes pour quelles raisons elles avaient quitté leur pays pour venir s’installer au Québec, elles m’ont raconté les atrocités qu’elles avaient vécu durant les années noires d’Algérie. Je me disais, peut-être qu’elles exagèrent. Se peut-il qu’une religion fasse cela encore aujourd’hui ?

C’est la lecture de Ma vie à contre Coran de Djemila qui a mis des mots sur les horreurs que mes étudiantes m’avaient raconté. Par la suite ma rencontre avec Djemila fut déterminante. C’est ainsi que je suis devenue une militante laïque.

Au fil des années, mon enseignement est devenu plus engagé. J’avais 15 semaines pour défaire 10 années de cours d’ECR. Un jour j’ai dit à Lorraine, ma salle de cours est trop petite. Je veux écrire et prendre la parole.

Voilà, vous connaissez la suite qui fait que je me retrouve ici devant vous ce soir à recevoir cet honneur et que j’aimerais en profiter pour vous parler de la loi 21.

Je suis convaincue que la laïcité n’est pas une question parmi d’autres, que ce n’est pas une question que l’on peut additionner à d’autres comme l’écologie ou l’économie ou que sais-je encore. Je ne suis pas en train de vous dire que l’écologie ou l’économie ne sont pas importantes, loin de là, mais je suis persuadée que nous allons vers un affrontement en Cour suprême, que le gouvernement Trudeau va intervenir pour contester la loi 21 parce que les enjeux sont trop importants et que c’est sur le terrain de la laïcité que les choses vont se jouer. C’est là que nous allons confronter le régime fédéral et tester les limites du système.

On a tort de penser que la loi 21 ne concerne que le Québec et qu’elle n’aura aucun impact sur les autres provinces canadiennes. Cette lecture est incomplète. La loi 21 représente à l’échelle canadienne un enjeu national primordial puisqu’elle soulève une question constitutionnelle majeure qui est celle pour une province de pouvoir ou non légiférer dans le but d’interdire le port de signes religieux à certaines catégories d’employés de l’État.

Dans l’hypothèse où la loi 21 serait déclarée constitutionnelle, cela autoriserait toutes les provinces canadiennes à légiférer de la même façon que le Québec. Quand on sait que plus de 40 % de canadiens donnent leur appui à la loi 21, on comprend que l’enjeu soit énorme pour les lobbys religieux qui font pression sur les élus à travers tout le Canada pour qu’ils condamnent cette loi.

À l’inverse, si la loi 21 était déclarée inconstitutionnelle, nos adversaires auraient gagné non seulement le droit constitutionnel d’invalider la loi 21 au Québec mais également celui d’empêcher toutes les autres provinces canadiennes à pouvoir légiférer dans le même sens.

Voilà pourquoi le Manitoba de Brian Pallister et les autres provinces se mêlent de nos affaires et que le gouvernement Trudeau va intervenir en Cour suprême.

La loi 21 a acquis dans l’esprit des gens une immense portée symbolique, qui va bien au-delà des principes qu’elle met en œuvre, bien au-delà de la protection de la liberté de conscience. La laïcité et, à travers elle, la défense de la loi 21 sont devenues une cause politique de premier plan, une sérieuse menace au multiculturalisme canadien en même temps qu’un incroyable geste d’affirmation identitaire qui redonne de la fierté aux Québécois.

Certains indépendantistes pensent à tort que la laïcité est une question secondaire et qu’elle devrait le demeurer. Loin d’être une distraction qui va nous éloigner de l’indépendance, bien au contraire, la laïcité nous en rapproche au point où c’est à travers cette question que nous sommes en train de poser à nouveau celle de la souveraineté de notre État et de repolitiser la question nationale.

Il n’est pas normal pour un peuple normal que ce soit neuf juges de la Cour suprême qui décident de nos lois. Et il n’est pas normal pour un peuple normal que son gouvernement vote démocratiquement une loi et qu’il soit obligé par la suite de la défendre devant les tribunaux.

Cette loi 21 constitue un formidable tremplin vers l’indépendance. Parce que c’est à travers elle que va se poser la question de notre aliénation dans le régime fédéral. Nous tous réunis ici aujourd’hui, nous savons que rien ne sera définitivement réglé tant et aussi longtemps que nous n’aurons pas un pays.

La bataille ne fait que commencer mes amis et elle va se jouer sur deux fronts, l’un juridique, l’autre politique. En tant que citoyens, en tant que nationalistes, en tant qu’indépendantistes, nous avons un rôle à jouer dans ce combat et nous nous devons de poser des actions concrètes afin de soutenir ceux qui défendent la loi 21, que ce soit sur le terrain juridique comme sur le terrain politique. Cette bataille est celle de notre nation et nous devons la gagner !

On dit souvent que l’argent, c’est le nerf de la guerre. Je ne vous cacherai pas qu’une contribution financière au Mouvement laïque québécois qui va défendre la loi 21 devant les tribunaux de même qu’une contribution financière à la campagne de Frédéric Bastien, qui est le seul candidat dans la course à la chefferie du PQ à avoir posé des gestes concrets, des gestes forts pour défendre la loi 21, serait chers amis, une excellente façon de vous impliquer.

Allez, on continue et on lâche pas !

Montréal, 15 février 2020

 

 

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Mon choix est clair, pour moi c’est Frédéric Bastien !

Allocution lors du lancement de la campagne de Frédéric Bastien dans la course à la chefferie du Parti québécois le 9 février 2020

 

 

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Grand Prix de la Laïcité : invitation au Souper du 15 février

Chers ami(e)s,

J’aurai l’immense honneur de recevoir Le Grand Prix de la Laïcité 2020 lors du Souper du 15 février prochain, organisé par le Rassemblement pour un Pays Souverain.

Je vous invite à acheter vos billets pour participer à ce souper. Ce sera l’occasion de célébrer ensemble et d’échanger avec vous. Au plaisir de vous y rencontrer !

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Loi sur la laïcité : le pouvoir judiciaire joue aussi un rôle politique

Les nombreuses plaintes pour manquement à l’impartialité dans le dossier de la loi sur la laïcité de l’État qui ont été déposées contre le plus haut magistrat du Québec, la juge Nicole Duval Hesler, non seulement ébranlent la confiance du public dans l’institution judiciaire, mais soulèvent également de sérieux doutes quant à la prétention des tribunaux de pouvoir garantir une meilleure démocratie que celle de n’importe quel gouvernement.

L’idée voulant que les juges, parce qu’ils sont à l’abri des pressions populaires et de l’électorat, soient mieux placés que les politiciens pour rendre des décisions objectives, dénuées d’intérêts et de toute partisanerie politique est une véritable mystification. Toutes les révélations qui ont été faites récemment concernant la juge Duval Hesler en sont d’ailleurs une preuve éclatante.

C’est pourtant cette fausse prémisse qui a servi en 1982 d’argument central au gouvernement de Pierre-Elliott Trudeau, pour justifier que l’on confie aux juges plutôt qu’aux politiciens la protection des droits fondamentaux de chaque citoyen. Bref, plus on est loin du peuple, meilleure sera la démocratie !

C’est sur cette odieuse méprise, digne des plus grandes aristocraties, que repose aujourd’hui l’autorité de juges qui ne représentent qu’eux-mêmes et à qui on accorde un pouvoir politique sans précédent, leur permettant même de défaire des lois qui ont été votées en toute légitimité par un Parlement, élu au suffrage universel.

Cette prétendue supériorité des tribunaux repose sur un argument majeur, rarement évoqué, voulant que la majorité soit, par définition, tyrannique à l’égard des minorités. C’est l’argument central permettant de mettre en échec la souveraineté parlementaire parce qu’il suppose que les décisions prises par les élus ne sont pas neutres, puisqu’elles sont celles de la majorité et qu’il faut donc s’en remettre à l’impartialité des juges et des tribunaux pour faire respecter les droits de tous.

En clair, cela signifie que la démocratie est suspecte, qu’il faut se méfier de l’État et que les tribunaux ont pour rôle d’en limiter les prérogatives afin de nous préserver du despotisme de la majorité. Cela n’est pas sans rappeler les considérations de l’aristocrate Tocqueville sur la démocratie américaine.

Populisme douteux

Lorsque François Legault nous rappelle que le projet de loi 21 reçoit l’appui de plus de 70 % des Québécois, certains disent qu’il verse dans le populisme. Un populisme douteux, à la conscience encombrée de préjugés, surtout si cette conscience vit en région. Parce que le peuple, c’est l’opinion du vulgaire, le grégarisme, et qu’une majorité d’opinions ne fait pas la vérité. Que nos politiciens campent du côté de l’opinion et des intérêts alors que nos juges à la conscience éclairée baignent dans la lumière de la vérité platonicienne. On reconnaît ici tout le mépris de Socrate pour la démocratie.

La partisannerie et le militantisme de la juge constituent un scandale pour l’institution judiciaire, non seulement parce qu’elle a largement manqué à son devoir de réserve en faisant preuve de partialité, mais aussi parce que ses propos ont été largement médiatisés et étalés sur la place publique, écorchant ainsi l’image magnifiée que le public se fait du monde judiciaire. Ces révélations ont fissuré la forteresse derrière laquelle se réfugie habituellement cette institution ; un univers clos, kafkaïen et surprotégé qui échappe à la médiatisation, à la critique et au regard public. Combien de fois n’avons-nous pas entendu cet appel à la prudence de la part des politiciens : « La chose étant devant les tribunaux, je préfère ne pas commenter. »

Néanmoins les propos de la juge ont eu le mérite de nous faire comprendre ce qu’est la politique judiciarisée, qu’il y a de la politique dans le juridique et que l’immense pouvoir des juges n’est finalement qu’une autre façon de faire de la politique. Comme quoi il n’y a pas que la majorité qui ne soit pas neutre !

D’ailleurs la nomination des juges a toujours été un enjeu politique important pour les gouvernements provinciaux. L’Accord du lac Meech, qui n’a jamais abouti, contenait une disposition pour que les provinces aient leur mot à dire dans la nomination des juges à la Cour suprême. Malgré cela, les juges continuent d’être désignés par Ottawa. Faut croire que l’impartialité de ceux-ci n’impressionnent guère les politiciens …

N’allons pas croire que le cas de la juge Duval Hesler est un cas isolé. Ce serait ici occulter la nature politique du juridique et ignorer les nombreux exemples de notre histoire qui témoignent de l’importance décisive du rôle politique de l’institution judiciaire dans le maintien de la situation coloniale du Québec à l’intérieur du Canada. C’est dans cette dynamique et ces rapports de force qu’il faut interpréter l’actuelle bataille politique qui se joue devant les tribunaux à propos de la loi 21.

 

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Merci Djemila !

Voici une entrevue que j’ai faite avec Djemila Benhabib en janvier 2011 suite à la publication de son livre Ma vie à contre-coran

Ce livre essentiel a été un coup de tonnerre dans les débats sur les accommodements qui ont suivi la commission Bouchard-Taylor et la belle unanimité de la bienpensance. Il nous a fait connaître l’existence de l’islam politique, ses objectifs, ses rouages, ses stratégies et les monstrueux ravages qu’il a causés en Algérie dans les années 90.

Djemila Benhabib nous aura appris cela et surtout que l’islamisme qui sévit dans les pays musulmans est aussi présent en Europe et ici même au Québec. Elle aura fait beaucoup pour nous mettre en garde, inspirant ses compatriotes musulmans et laïques en leur donnant une voix lucide et courageuse tout en donnant une direction nouvelle au combat des Québécois pour la laïcité.

Nous tenons à la remercier de tout cœur et lui souhaiter le meilleur des succès dans ses nouveaux projets et les défis futurs qui l’attendent en Belgique.

Cher(es) ami(e)s, je vous invite à relire cette entrevue qui n’a pas pris une ride et nous fait connaître l’essentiel de la pensée de Djemila Benhabib. C’est ma façon à moi de lui rendre hommage et de lui témoigner au nom de tous les Québécois laïques toute notre estime et notre reconnaissance.

À contre-coran avec Djemila Benhabib

Algérienne d’origine, exilée en France avec sa famille pour échapper à la mort, elle vit au Québec depuis 1997. Djemila Benhabib vient de publier son premier essai Ma vie à contre-Coran. Une femme témoigne sur les islamistes dans lequel elle raconte la terreur  qu’elle a vécu avec la montée de l’intégrisme religieux et met à nu les différentes stratégies des islamistes pour imposer leur dictature. L’auteure nous met aussi en garde contre notre trop grande tolérance vis-à-vis ceux qui cherchent patiemment à saper les bases de notre démocratie pour imposer leur vision fasciste et obscurantiste de l’islam.

Citoyenne du monde, féministe et laïque, Djemila Benhabib est tissée de la même étoffe que les Taslima Nasreen, Wafa Sultan, Chadortt Djavann et Ayaan Hirsi Ali. Ces femmes, toutes de culture musulmane, reprennent le flambeau des Lumières, et au nom de la défense des droits humains, osent avec une farouche détermination, s’attaquer à l’intégrisme islamique. Et cela, au péril de leur vie.

Nouvelles dissidentes de l’Histoire, elles mériteraient toutes de pouvoir jouir ici en Occident de la même sécurité, du même soutien, de la même admiration, du même respect et de la même attention médiatique auxquels les Sakharov et Soljenitsyne ont eu droit, à une époque pas si lointaine.

Ce livre de Benhabib, nous l’attendions depuis longtemps. Tous les « Tremblay » du Québec l’attendaient. Puisse-t-il ouvrir une brèche dans la pensée unique de nos bien-pensants qui étouffent invariablement toute critique de l’islamisme.

« J’ai écrit ce livre pour que les gens sachent ce qu’est l’islam politique, une idéologie de mort qu’on veut nous imposer. »

En Algérie, vous avez risqué votre vie en refusant de porter le voile, alors qu’ici on le présente comme un choix personnel?

« Le voile n’est pas qu’un simple vêtement,  il fait partie d’un « package »,  d’un système de valeurs qui est rétrograde, archaïque et barbare à l’égard des femmes parce que le voile, c’est aussi la répudiation, la polygamie, le mariage forcé et arrangé, l’excision, la non mixité, les châtiments corporels comme la flagellation, la lapidation. Or on  nous le présente comme indépendant de tout cela. Mais c’est faux. Le voile, c’est l’emblème de l’intégrisme. »

Il y a des gens qui pensent qu’il faut tolérer le voile parce qu’il fait partie de votre culture?

« Moi le voile, cela ne fait pas partie de ma culture, ni de la tradition. Ma grand-mère ne se voilait pas, enfin oui,  elle se voilait parce que ce sont des sociétés encore fortement patriarcales, mais elle ne portait pas le voile islamique tel que le font aujourd’hui les militantes islamistes. On a vu l’apparition de ce voile dans les années 80 avec Khomeini. C’est lui qui a imposé le port du voile islamique tel qu’on le voit aujourd’hui. Donc il n’est pas du tout ancré dans notre culture, bien au contraire, le voile islamique est venu chasser du décor visuel ce que nos femmes portaient comme un truc traditionnel. Il n’est donc pas une spécificité culturelle mais bien un geste politique d’adhésion à l’islamisme politique. C’est tout. »

Et que répondre à Amir Khadir, affirmant que les femmes iraniennes ont porté le voile comme un étendard politique pour s’opposer au Shah?

« C’est bizarre,  parce que moi,  toutes les iraniennes que j’ai rencontrées, sont des femmes qui ont dû s’exiler parce que leur vie était en danger et qu’elles ne cadraient pas avec le régime islamiste. Alors c’est bien étrange que M. Khadir n’en parle pas. Est-ce à dire qu’il n’est pas au courant de la situation? Je ne le pense pas.  Saviez-vous que la législation iranienne prescrit l’emprisonnement jusqu’à 12 mois, des amendes et la flagellation pour des infractions relatives au code vestimentaire?

Mais vous savez, en politique, il y a des choix à faire. Et si M. Khadir a choisi de parler des femmes voilées, c’est peut-être parce qu’il les soutient? Pourquoi ne parle-t-il pas des femmes opprimées, laïques et féministes? Il y en a beaucoup. Ne les a-t-il pas rencontrées? »

Devrait-on, comme le veut Françoise David, accepter le port du voile dans les institutions publiques pour empêcher l’exclusion sociale et économique de ces femmes musulmanes?

« Écoutez, le Québec ce n’est pas un bazar. Le Québec est une société qui s’est donnée démocratiquement des institutions laïque et égalitaire, et par conséquent, lorsqu’on pose des gestes, on doit constamment les inscrire dans ce cadre-là. On doit respecter les choix de la collectivité et le bien commun. Cela doit primer sur tous les autres choix que l’on fait. On a un contrat social à respecter. Et ceux qui disent qu’on peut accepter le port du voile dans les institutions publiques violent le consensus social. La laïcité, c’est notre ciment, et tant et aussi longtemps que les Québécois décideront de faire du Québec un État laïque, alors il va rester laïque, et tous les citoyens doivent respecter cette laïcité-là. »

Et la laïcité ouverte, cela signifie quoi pour vous?

« Moi, dès qu’on ajoute un adjectif à la laïcité, cela me dérange. Pour moi, il n’y a que la laïcité, et c’est un concept qui est très clair. C’est l’égalité entre les croyants, les agnostiques et les athées. Et l’État doit veiller à cela. Sur la place publique, on est égaux. C’est tout,  et je ne vois pas pourquoi on lui associe le terme de fermée ou d’ouverte. »

On va dire de cela que c’est de l’intégrisme laïc, non?

« Écoutez, moi  j’ai vécu les prémisses d’un État intégriste. Je n’en ai vécu que les prémisses et je peux vous dire que de vivre dans un tel état de peur permanente, c’est un cauchemar. Ma réflexion, elle se nourrit d’un vécu, et j’en suis arrivée à penser que nous ne pouvons vivre librement que sous un État laïque. Parce que j’ai déjà vécu sous des régimes oppressifs où il m’était interdit de dire que je n’étais pas croyante. Je ne pouvais pas le dire parce que je risquais ma vie. Cette violence-là, je l’ai vécue. »

Des femmes voilées se disent féministes à la « manière musulmane » et prétendent que nous n’avons pas à leur imposer « notre » féminisme qui n’est somme toute qu’une invention de l’Occident. Les féministes du Québec sont divisées sur cette question. D’après vous, peut-il y avoir plusieurs féminismes?

« Pour moi le féminisme, c’est s’insurger contre les injustices à l’égard des femmes, et vouloir les réparer. Et ici, je ne me pose pas la question de savoir si cette femme est afghane ou péruvienne. Je dis que lorsqu’il y a une injustice, il faut mettre fin à celle-ci.

Aujourd’hui, dans les pays musulmans et arabes, la plupart des femmes vivent dans l’injustice. Et cela, il faut le dire. Ce sont dans ces pays-là où, par exemple, les crimes d’honneur sont les plus élevés. Ce sont dans ces pays-là, où les femmes se font fouetter et lapider, dans ces pays-là, où elles se font répudier et maltraiter. Alors on n’invente rien. On part de la réalité. Maintenant, qu’est-ce qu’on fait avec cette réalité? On se ferme les yeux, en disant que l’Afghanistan, cela ne nous regarde pas? Ce n’est pas la voie que j’ai choisie. Pour ma part, à chaque fois que je voie une injustice, je la dénonce parce que c’est mon devoir de citoyenne du monde de le faire. Mon combat, c’est un combat universel pour les droits humains. »

Que pensez-vous de l’attitude de la gauche et des féministes vis-à-vis l’intégrisme musulman?

« Je pense que Québec solidaire, en particulier, a des positions extrêmement dangereuses et inquiétantes par rapport à l’islamisme politique. Moi je suis très inquiète quand Mme David, qui est une des grandes féministes du Québec, cède devant les islamistes et prend position en faveur du port du voile. Mais Mme David lorsqu’elle a organisé la Marche mondiale des femmes, elle ne l’a pas organisée toute seule avec le Québec, mais avec toutes les femmes du monde. C’est dire que toutes les femmes du monde ont le droit à une vie décente. Et donc, on ne peut pas être féministe au Québec et ne pas l’être ailleurs dans le monde. C’est une contradiction. Et c’est en cela que la position de Mme David est problématique, parce qu’elle nous dit : quand l’intégrisme est catholique, je vais le dénoncer mais quand il devient musulman, là on peut s’accommoder.

Non merci! On n’en veut pas de ces accommodements. C’en est assez de «  folkloriser » les femmes musulmanes. L’argument culturel et identitaire relève du pur mépris. Pourquoi des traditions injustes, façonnées dans des sociétés patriarcales, que des hommes et des femmes ont combattues partout dans le monde, seraient-elles acceptables pour des musulmanes? Parce que ces accommodements-là, ce n’est pas Mme David qui va les subir, mais les femmes musulmanes. Et moi, je ne veux pas subir ce que j’ai fui. Si j’ai fui l’intégrisme musulman, ce n’est pas pour le retrouver ici au Québec. Ici, je veux vivre comme toutes les femmes du Québec. Je demande l’égalité, c’est tout. »

Dans votre livre, vous exposez les différentes stratégies utilisées par les islamistes, aussi bien en Orient qu’en Occident. Parlez-nous de celles utilisées ici même au Québec.

« D’une manière générale, ils profitent de toutes les défaillances de l’État. Lorsqu’un immigrant arrive dans un nouveau pays, il est confronté à des difficultés et si nous, en tant que société, n’y répondons pas, alors d’autres vont le faire. Et ce sont des groupes islamistes extrêmement bien organisés et financés par des États étrangers comme l’Iran ou l’Arabie Saoudite qui vont prendre en charge socialement et économiquement les nouveaux arrivants. Donc, ils les dépannent. »

Et cela se fait ici au Québec?

« Bien évidemment! Il y a des réseaux très bien structurés qui les aident à se trouver un logement ou un emploi, qui payent les loyers de certains immigrants, qui payent même parfois l’Université, qui donnent des cours d’informatique, de langues, des cours de n’importe quoi, qui organisent des conférences sur différents sujets comme par exemple, les médias et l’islam. J’ai même déjà reçu une invitation de « Présence Musulmane » pour un conférence sur, tenez-vous bien, l’environnement et l’islam! N’importe quoi! Et il y a aussi la propagande dans certaines mosquées et écoles islamiques.

Ils ont un agenda politique qu’ils ne nous montrent pas parce qu’ils ont compris que cette stratégie n’était pas gagnante. Par contre ce qui est gagnant, c’est de passer par la liberté religieuse, les demandes d’accommodements, parce que cela titille des valeurs qui sont fondamentales pour l’Occident. Donc, c’est sur le terrain de la liberté religieuse qu’ils mènent leur combat. Et c’est sur ce même terrain qu’ils crient au racisme et à l’islamophobie pour museler la liberté d’expression et faire taire les critiques. »

En Algérie, les islamistes ont liquidé l’élite intellectuelle mais ici, ils la courtisent…

« Vous savez les intégristes ne sont pas des idiots. Ils ont compris, par exemple, qu’en instrumentalisant les femmes, qu’en envoyant les femmes voilées aux médias, les plus pimpantes, les plus éduquées qui s’affichent comme des modèles d’intégration et présentent le voile comme un choix personnel, ils savent que cela déstabilise les gens.

Mais moi, cela ne me déstabilise pas du tout parce que ces femmes-là ne sont pas des femmes opprimées et soumises. Ce sont des militantes politiques et il faut les considérer comme telles, c’est-à-dire des adversaires politiques qu’il faut combattre. On n’a pas à faire du copinage ou du charme avec elles. Ce sont des militantes qui sont engagées dans une voie différente de la nôtre et il faut les combattre. C’est tout. »

Il y a des intellectuels musulmans qui souhaitent réformer l’islam, tels l’Algérien Malek Chebel qui nous a donné plusieurs propositions pour réformer l’islam ou encore la Canadienne d’origine pakistanaise Irshad Manji. Peut-on réformer l’islam, et pourrait-il enfin connaître son siècle des Lumières?

« Je le souhaite. De toute façon, en islam, il y a déjà des Voltaire. Il y a déjà des gens libres qui ont dénoncé un certain nombre de choses et qui ont remis en cause l’islam. Par contre, moi je ne veux pas m’inscrire dans la religion pour me libérer. Mon émancipation  trouve sa place dans l’universel et la religion ne peut pas constituer l’universel. Donc pour moi, s’émanciper, c’est lutter à l’extérieur de la religion.

Je ne me situe pas dans un courant réformiste de l’islam. Il y a mille et une interprétations possibles de l’islam.  Et aujourd’hui la tendance la plus lourde qui est largement répandue dans le monde, c’est l’interprétation la plus rétrograde. Il aurait pu y avoir une interprétation moderne, mais malheureusement, elle n’est pas là. Donc moi, je ne vais pas attendre quatorze siècles encore pour réformer cette religion-là. Moi je veux vivre en femme libre, maintenant, et je veux m’inscrire dans mon temps. »

Avez-vous le sentiment d’avoir le Québec derrière vous?

« Vous savez, ce qui m’a motivée à écrire ce livre, ce sont les gens qui ont témoigné à la commission Bouchard-Taylor. Quand j’ai vu leur attachement à la laïcité et à l’égalité des sexes et les leçons que leur ont données les deux commissaires qui les ont finalement traités avec mépris et dédain, cela m’a propulsée dans l’écriture et j’avais envie de dire aux gens qu’ils sont sur la bonne voie et qu’ils ont raison de se tenir debout pour défendre la laïcité et l’égalité. Je n’invente rien, je n’ai fait qu’ajouter ma voix à celle des autres. »

Et pourtant, durant la commission, nombreux ont été les médias qui ont présenté les Québécois, ceux des régions en particulier, comme une bande d’attardés. Les conclusions de la commission les accusaient même d’étroitesse d’esprit et de crispation identitaire ?

« Vous savez quand je suis arrivée au Québec, je voulais connaître le pays et je me suis donc baladée un peu partout. Je me suis même rendue en Abitibi en autobus en plein mois de février pour donner une conférence sur la situation des femmes musulmanes dans le cadre de la Marche mondiale des femmes, et j’ai découvert un Québec généreux et ouvert. Et la façon dont on a dépeint le Québec, notamment durant la commission Bouchard-Taylor, m’a déplu parce qu’elle ne correspondait absolument pas à ma réalité.

Les commissaires ont essayé de ridiculiser des gens, de minimiser la portée de leur message en faisant taire des voix laïques et féministes. On les a dénigrés, Gérard Bouchard les a même catalogués parce qu’ils lisaient tel journal ou écoutaient telle télévision, et moi je trouve que c’est déplorable parce que les commissaires se devaient d’être à l’écoute de tout le monde. Ce que cela m’a prouvé, c’est qu’ils  sont déconnectés du peuple, et je peux dire que le peuple est beaucoup plus en avance qu’eux, sur bien des questions, notamment celle de la laïcité et celle du droit des femmes. »

Et Hérouxville?

« Vous savez, ces gens-là ne font pas peur. Par contre, avec les islamistes, je risque ma peau, à chaque minute, pour chaque mot. »

Il vous reste des souvenirs douloureux?

«  Oui… bien sûr. Ce professeur, dans la cinquantaine, qui venait à la maison et qui me saluait toujours en disant « Bonjour la Jeunesse ». Il raccompagnait sa fille au lycée, lorsqu’un jeune gars est apparu de nulle part, a pointé un fusil sur sa tempe, puis il a tiré. Sa tête a éclaté, on pouvait voir son cerveau là, sur le trottoir. C’était en plein jour, en plein soleil. À l’entrée du lycée. Le gars a ensuite pointé son arme sur la tempe de sa fille de dix-sept ans, et il lui a dit : « Ça, c’est pour pas que t’oublies ». Puis, il est parti. Ce gars-là, j’ai joué aux billes avec lui lorsque j’étais toute petite.

Sur la rue, des volets se sont refermés, et j’ai compris que la lâcheté est humaine, mais vous savez, le courage aussi, c’est humain. »

MA VIE À CONTRE-CORAN

Une femme témoigne sur les islamistes

Djemila Benhabib

Vlb éditeur  Montréal,  2009, 268 pages

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Procès 2.0

Hier soir dans le cadre de l’émission Doc-humanité, a été présenté, à la télé de Radio-Canada, un film de Nadia Zouaoui s’intitulant Le Procès 2.0. Ce film présentait Dalila Awada dans le rôle principal (!), comme étant une victime de l’islamophobie qui sévit au Québec avec pour postulat que le voile islamique n’est qu’une façon comme une autre de s’habiller et que de s’opposer à celui-ci (on ne dit pas où!) relève du racisme et de la xénophobie la plus élémentaire. L’ouverture à la diversité étant représentée par la récurrence d’images de gens qui dansent et participent aux Tam-Tam sur le Mont-Royal. On cherche le lien avec la laïcité!

Par ailleurs l’animateur radio-canadien et anthropologue Serge Bouchard, que Zouaoui présente dans son film comme un grand sage, comparera la plume sur la tête d’un autochtone au voile islamique des musulmanes pour dire que «pas plus qu’on n’enlèverait la plume sur sa tête, on ne devrait enlever le voile islamique». C’est selon lui une question de respect de la différence. Quand on sait à quel point les signes et les symboles font l’objet d’un questionnement et d’une analyse conceptuelle rigoureuse et approfondie chez les anthropologues, on peut se questionner sur le sérieux d’une telle affirmation de la part de Serge Bouchard.

La nullité conceptuelle quant au contenu de ce film culmine dans les larmes d’Anne-France Goldwater plaidant en faveur de la liberté tout court et donc de celle de s’habiller comme on veut. Ce film mentionne bien évidemment la poursuite en diffamation intentée par Dalila Awada contre Philippe Magnan et moi-même (sans mentionner que le site Vigile était aussi visé par cette poursuite). Zouaoui omet également de mentionner qu’à mon tour, j’ai intenté une poursuite contre Dalila Awada (une demande reconventionnelle en diffamation) pour atteinte à ma réputation. Le film se termine finalement sur cette phrase écrite à l’écran disant que Dalila Awada a gagné son procès pour diffamation, sans préciser contre qui était ce procès(Philippe Magnan et lui seul), laissant ainsi croire qu’il y a eu un procès contre moi et que j’ai été condamnée pour diffamation alors qu’en octobre 2017, Dalila Awada a retiré sa plainte contre moi et qu’en contrepartie, j’ai retiré la mienne et qu’une entente a été signée hors-cour pour convenir d’un désistement sans frais de part et d’autre.

Cette absence de rigueur et de déformation des faits par la rétention de certains éléments, est une petite «vacherie» signée Nadia Zouaoui! Un film d’une rare insignifiance, pour quatorze ans et moins, et qui m’a rappelé mes cours de catéchèse alors que j’étais adolescente et dans lesquels on nous répétait constamment qu’il faut s’aimer même si on est différent.

Dites, vous vous souvenez de cette chanson Le Blues D’la Métropole de Beau Dommage ? «En soixante-sept tout était beau. C’était l’année d’l’amour, c’était l’année de l’Expo. Chacun son beau passeport avec une belle photo. J’avais des fleurs d’in cheveux, fallait-tu être niaiseux !»

https://louisemailloux.wordpress.com/2018/04/10/quelques-mots-au-sujet-de-la-poursuite-en-diffamation-que-ma-intentee-dalila-awada/

 

 

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Réflexion sur la liberté de conscience

La liberté de conscience est issue du protestantisme et elle constitue une réponse philosophique à des conditions historiques bien particulières. C’est en effet dans une Europe dévastée par les conflits religieux entre les catholiques et les protestants, où ces derniers sont persécutés, pourchassés et massacrés en tant qu’hérétiques, que le respect de la liberté de conscience est apparu comme la solution pouvant mettre fin à ces rivalités religieuses.

En 1598 la promulgation de l’édit de Nantes par Henri IV, protestant converti au catholicisme afin d’accéder au trône de France, va reconnaître la liberté de culte aux protestants et mettre un terme aux guerres religieuses. Un siècle plus tard, en 1685, Louis XIV, fort de son pouvoir et voulant unifier son royaume, va révoquer l’édit de Nantes par celui de Fontainebleau, forçant à nouveau les protestants aux persécutions et à l’exil.

Un an plus tard, en 1686, le philosophe anglais John Locke, lui-même protestant, publiera sa fameuse Lettre sur la tolérance dans laquelle il défendra la séparation de l’Église et de l’État comme garantie de la liberté de conscience et formulera les principes fondateurs de la laïcité qu’il présente comme la solution politique définitive pouvant évincer l’arbitraire royal et venir à bout des rivalités religieuses. Un siècle plus tard, la proposition de Locke trouvera son expression politique dans la Déclaration des droits de l’homme de 1789.

À l’origine, la tolérance lockéenne excluait les catholiques et les athées, la liberté de conscience ayant d’abord été l’argument des protestants pour qu’ils puissent retrouver leur liberté religieuse. Elle visait à les protéger de l’autoritarisme de l’Église catholique et de son bras armé, l’Inquisition.

Non seulement l’idée de la liberté de conscience tire son origine du protestantisme mais elle se fonde tout comme lui sur une conception libérale qui conteste les prérogatives de l’État et fait de l’individu le seul dépositaire du souverain bien. La liberté individuelle étant au centre de tout, il n’est donc pas étonnant que l’invitation kantienne à «penser par soi-même» puisse encore aujourd’hui déboucher sur le «croire» ou sur le «ne pas croire» et que le rationalisme cohabite dans un tranquille relativisme aux côtés de l’irrationalisme, tout cela au nom du respect de la liberté de conscience.

On insiste beaucoup sur le fait que cette liberté de conscience s’appuie sur l’autonomie de la raison mais on se méprend en pensant que ceci suffira à faire reculer la superstition. Une raison libre n’est pas forcément une raison éclairée, c’est une raison qui choisit librement de croire ou de ne pas croire. Dans l’idée d’une liberté de conscience, il y a la conscience bien sûr, mais il y a aussi la liberté que l’on aurait tort de sous-estimer.

Ce préjugé encore trop bien ancré voulant que la liberté de conscience nous affranchisse de l’aliénation religieuse s’appuie sur une temporalité linéaire de l’histoire, qui nous vient des penseurs des Lumières, tel Hegel et qui sera reprise par Marx au siècle suivant, une conception de l’histoire qui va du mythe vers la rationalité et où le progrès va finalement triompher de l’obscurantisme.

En protégeant la liberté de croire, la liberté de conscience rompt avec cette conception de l’histoire et cet optimisme des Lumières en ce qu’elle pose une limite à la rationalité et garantit du même coup l’ouverture sur l’irrationalité.

Bien qu’issue des Lumières, la liberté de conscience est aussi porteuse des anti-Lumières et il semble bien que c’est le prix à payer pour demeurer libre. Comment en effet expliquer cette persistance du sacré et cet entêtement de certains à vouloir Dieu malgré le développement des connaissances et l’accès de plus en plus grand au savoir ? L’incapacité de l’homme d’assumer sa propre mort constitue peut-être le fondement existentiel le plus sûr et le plus tenace à cette liberté de croire ou de ne pas croire.

 

 

 

 

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MAILLOUX IS BACK !

Les faits 

Le 7 mai dernier, suite à mon passage en commission parlementaire sur le projet de loi n°21, le réseau CTV et le journal The Gazette ont publié chacun un article dans lesquels ils tronquent et déforment deux de mes écrits, datant de 2011 et de 2012, dans le but exprès de salir ma réputation et de me discréditer auprès de leur lectorat.

Voici textuellement ce qu’ils ont publié en date du 8 mai 2019 à mon sujet :

CTV :

« Mailloux has said that baptism is a form of rape and apologized after repeatedly stating the falsehood that kosher food is used to fund religious wars. »

https://montreal.ctvnews.ca/bill-21-hearings-mnas-say-ban-on-religious-symbols-is-needed-1.4412014

Et voici ce qu’a écrit le journaliste Martin Patriquin du journal The Gazette :

« Louise Mailloux, whose rather noxious pro-secular pensées include equating circumcision with rape and the professed belief that unnamed rabbis use the proceeds from the sale of kosher food to wage religious wars. »

https://montrealgazette.com/opinion/columnists/martin-patriquin-legault-seems-to-need-a-bill-21-echo-chamber

Voici maintenant deux extraits de ce que j’ai réellement écrit à cette époque concernant ces sujets :

Commençons par le premier sujet, le baptême et la circoncision comme étant un viol.

Quelques mots d’abord sur le contexte dans lequel mon article a été écrit :

Il y a quelques années, des représentants des cultes rendaient visite aux enfants dans les garderies publiques. C’est alors que la ministre libérale de la Famille de l’époque, Yolande James, a fait adopter un règlement pour interdire ces visites.

Suite à cela, j’ai écrit un article en juin 2011 dénonçant la présence de représentants des cultes dans les garderies publiques parce que je considère que cela va à l’encontre du respect de LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE des enfants. C’est en ce sens que j’ai parlé du baptême et de la circoncision comme un viol non pas physique mais un viol DE LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE des enfants.

Voici l’extrait, tiré de mon article Le Commerce des petites âmes, publié dans mon livre La laïcité, ça s’impose ( 2011 ) :

« Les croyants sont exemplaires lorsqu’il s’agit de liberté religieuse, mais ils font semblant d’oublier qu’il est une liberté encore plus fondamentale que la liberté religieuse, ET C’EST LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE. UNE LIBERTÉ QUI EST CELLE D’AVOIR OU NON UNE RELIGION, D’EN CHANGER OU D’Y RENONCER. C’EST LA LIBERTÉ PRÉALABLE, CELLE QUI REND POSSIBLE TOUTES LES AUTRES CAR, AVANT DE RÉCLAMER LA LIBERTÉ RELIGIEUSE, IL FAUT POUVOIR CHOISIR SI ON VEUT OU NON UNE RELIGION ET, SI OUI, LAQUELLE ?

Alors dites-moi ce que font les religions dans les garderies avec des enfants encore trop jeunes pour la maternelle ?…… Mais des petits catholiques, juifs et musulmans qui portent encore la couche, cela existe dans nos garderies. Baptisez-les tous ! Circoncisez-les tous ! Pour que Dieu les reconnaisse. On appelle cela du viol.

Les religions, sauf quelques exceptions chez certaines dénominations protestantes, ont toujours bafoué LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE, une stratégie trop risquée pour le marketing des âmes. Pie IX avait compris cela lorsqu’il promulgua en 1864 par un Syllabus des erreurs modernesl’anathème contre LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE …… »

https://louisemailloux.wordpress.com/2011/06/13/le-commerce-des-petites-ames/

Voilà ce que j’ai réellement écrit.

Vous aurez compris que je parle de LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE DES ENFANTS et donc, lorsque je parle du baptême et de la circoncision comme étant un viol, il s’agit bien évidemment d’un VIOL DE LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE DES ENFANTS ET NON D’UN VIOL PHYSIQUE, comme veulent le faire croire ces deux médias anglophones. Imposer une religion, que ce soit par le baptême ou la circoncision, SANS LE CONSENTEMENT DE L’INDIVIDU EST EFFECTIVEMENT UN VIOL DE LA CONSCIENCE.

Certains diront que l’emploi du mot « viol » est peut-être exagéré, trop fort, trop radical, voire inapproprié pour parler du baptême et de la circoncision chez les enfants.

Permettez-moi de vous soumettre un extraitd’une Lettre pastorale sur la liberté de conscience et de religion, publiée en avril 2012, par le Conseil permanent de la conférence des évêques catholiques du Canada (Les majuscules sont de moi) :

http://www.cccb.ca/site/images/stories/pdf/Liberte_de_conscience_et_de_religion.pdf

Proposer, ne rien imposer
6. L’Église catholique revendique le droit à la liberté religieuse afin de remplir sa mission spécifique. Soucieuse d’obéir au commandement du Christ (cf. Mt 28, 19-20), elle pro- pose l’Évangile au monde entier, comme c’est son devoir de le faire étant donné que Jésus Christ est « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14,6). Toute évangélisation est une proposition pour amener la liberté religieuse de l’auditeur à désirer et à embrasser la vérité salvifique de l’Évangile (cf. Mc 16, 15-16).

Nous ne devons jamais imposer aux autres nos convictions religieuses, il faut respecter les personnes et les cultures en s’arrêtant devant l’autel de la conscience15. La dignité de la personne humaine exige le respect de la conscience, « le centre le plus secret de la per- sonne, le sanctuaire où elle est seule avec Dieu et où Sa voix se fait entendre. »

C’EST VIOLER LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE QUE D’ESSAYER D’IMPOSER À AUTRUI SA CONCEPTION DE LA VÉRITÉ. Il faut constamment défendre et revendiquer le droit de professer la vérité, mais jamais sans le moindre mépris pour ceux et celles qui pensent autrement. « NIER À UNE PERSONNE LA PLEINE LIBERTÉ DE CONSCIENCE, ET NOTAMMENT LA LIBERTÉ DE CHERCHER LA VÉRITÉ, OU TENTER DE LUI IMPOSER UNE FAÇON PARTICULIÈRE DE COMPRENDRE LA VÉRITÉ, CELA VA CONTRE SON DROIT LE PLUS INTIME. »

NUL INDIVIDU, NULLE COLLECTIVITÉ ET NUL ÉTAT NE SAURAIENT OUBLIER QUE LA VÉRITÉ NE S’IM- POSE JAMAIS PAR LA VIOLENCE, MAIS SEULEMENT « PAR LA FORCE DE LA VÉRITÉ ELLE-MÊME. » PAR CONSÉQUENT, AUCUNE RELIGION NE PEUT ÊTRE IMPOSÉE DE L’EXTÉRIEUR; ELLE DOIT ÊTRE ADOPTÉE PAR LA PERSONNE « UNIQUEMENT À TRAVERS LE PROCESSUS DE LA CONVICTION. »

Si le Conseil des évêques de la conférence catholique du Canada peut parler DE VIOL DE LA CONSCIENCE, en s’appuyant sur les écrits de certains papes, sans que cela n’attire la hargne et pas même l’attention de CTV et de Martin Patriquin de The Gazette, pourquoi Mailloux ne pourrait-elle pas reprendre la même expression ? Et surtout pourquoi Mailloux, quant elle en fait usage, devient-elle l’objet de pareilles calomnies ?

Vous en voulez une autre, chers médias anglophones ?

Allons voir maintenant ce qui est écrit à l’entrée du mot VIOL dans Le Petit Robert :

« 1. Acte de violence par lequel un homme (violeur) impose des relations sexuelles avec pénétration à une autre personne contre sa volonté…… 2. FIG. Viol de conscience : non-respect des opinions, convictions et croyances d’autrui. »

Alors si un dictionnaire français tout aussi respectable que Le Petit Robert parle de viol de consciencecomme étant la définition d’un viol au sens figuré sans que cela n’attire la hargne et pas même l’attention de CTV et de Martin Patriquin de The Gazette, pourquoi Mailloux ne pourrait-elle pas reprendre la même expression ? Et surtout pourquoi Mailloux, quand elle en fait usage, devient-elle pour ces médias anglophones l’objet des pires bassesses ?

Ou ces journalistes sont d’incroyables incultes qui ne savent pas distinguer un viol physique d’un viol de conscience ou ce sont des individus sans aucun scrupule, qui n’hésitent pas à tronquer et à déformer mes propos dans le but de salir ma réputation et de me disqualifier du débat public sur la laïcité. Dans un cas comme dans l’autre, ces pratiques douteuses et malhonnêtes sont déloyales et n’honorent sûrement pas leur profession journalistique.

J’en arrive maintenant au second sujet, à savoir que j’aurais AFFIRMÉ que des rabbins utilisent l’argent de la vente des produits casher pour financer des guerres religieuses. CELA EST FAUX! Je n’ai pas dit cela !

Voici l’extrait, tiré de mon article Le poulet sacré,publié dans mon livre Une Charte pour la nation ( 2013 ) dans lequel j’aborde ce sujet :

« L’on se trompe en pensant que ce marché du casher et de l’halal n’est qu’une simple activité commerciale. Parce que contrairement aux autres produits, ceux-ci contiennent une « plus-value » à forte teneur politique, si bien que la question importante à se poser est : Où va l’argent remis aux imams et aux rabbins en échange de leur certification divine ? Et à quoi sert-il précisément ? Pour les Juifs à financer la colonisation d’Israël en territoires palestiniens ? Et pour les musulmans, à financer les Frères musulmans, ces islamistes qui veulent imposer l’Islam partout dans le monde ? »

https://louisemailloux.wordpress.com/2012/03/19/le-poulet-sacre/

Voilà ce que j’ai réellement écrit.

Que penser alors de journalistes qui ne savent pas distinguer entre une question et une affirmation ? Et que penser surtout de journalistes qui transforment les questions en affirmations afin de changer le sens de ce qui est écrit ? Est-ce cela la rigueur

intellectuelle à laquelle nous sommes en droit de nous attendre de la part de ces journalistes ?

Pourquoi de telles attaques aussi perfides et déloyales vis-à-vis mes écrits ? Serait-ce que ces questions autour du casher et du halal ( parce que je parlais aussi du halal ) ne seraient pas les bienvenues au Québec ? Serait-ce que de suggérer une quelconque piste de réflexion ou d’enquête sur ces sujets tabous serait interdit en démocratie ? Ah bon ? Ou veut-on envoyer le message que quiconque s’engage sur ce terrain risque l’exécution publique?

Des excuses ?

La première journalistem’ayant attaquée sur ces questions de baptême, de circoncision et de casher a été Lise Ravary, durant la campagne électorale d’avril 2014, alors que je me portais candidate pour le Parti québécois dans la circonscription de Gouin. Quatre articles en rafale de Ravary en trois semaines sur son blogue du Journal de Montréal et de Québec, dont le premier paraissait comme par hasard au lendemain de l’annonce de ma candidature. Un matraquage en règle alors qu’elle avait une tribune de choix pour faire la sale job.

Personne au Parti québécois ne s’est porté à ma défense pour rétablir les faits, préciser que l’on avait déformé mes écrits en les décontextualisant. Personne. Pauline Marois se contentant de dire que maintenant, j’étais au Parti québécois et que je suis d’accord avec la charte des valeurs. Personne également dans le milieu journalistique. Aucun journaliste, ni aucun chroniqueur ne s’est porté à ma défense. Silence radio.

J’ai alors voulu rétablir les faits moi-même pour défendre ma réputation et expliquer que l’on avait déformé mes propos mais le Parti québécois a refusé que je m’adresse aux médias, préférant plutôt m’éloigner de ceux-ci et me confiner à une campagne, dorénavant «locale». La direction du Parti m’a alors proposé de présenter des excuses publiques pour calmer le jeu. Ce que j’ai accepté, bien à contre-cœur.

Lors de mon passage en commission parlementaire le 7 mai dernier, j’ai défendu l’adoption du projet de loi n° 21 en insistant sur l’importance de la laïcité scolaire et celle d’interdire aux enseignants le port de signes religieux. Et ces journalistes des médias anglophones, au lieu de faire leur travail et d’informer leurs lecteurs sur les idées et les arguments que j’ai avancés sur cette question en commission parlementaire, ont délibérément choisi de ramener les vieilles calomnies pour me discréditer une fois de plus, Martin Patriquin allant même jusqu’à dire que je suis une militante laïque aux idées «infectes». Une perle d’objectivité journalistique ! Une honte pour la profession.

En terminant, j’aimerais dire à ces journalistes des médias anglophones qui se servent sans vergogne de leur tribune pour détruire ma réputation, que ça suffit le salissage à mon endroit et que vous n’avez pas fini de me lire et de m’entendre à propos de la laïcité, because MAILLOUX IS BACK !

Mai 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le CCIEL en commission parlementaire

Voici le lien vers la présentation faite par Djemila Benhabib et moi-même au nom du Collectif citoyen pour l’égalité et la laïcité, le 7 mai en commission parlementaire sur le projet de loi 21

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