L’envahissement de l’islam politique n’est pas une psychose

Dans l’article de Nicolas Bérubé « Comment le 11-Septembre a changé le Québec », paru dans La Presse le 7 septembre, le journaliste invite Michel Seymour à exposer son point de vue sur cette question. 

Seymour dira que depuis les attaques terroristes du 11-Septembre, « il y a eu une montée internationale de l’islamophobie et que chez certains intellectuels français et québécois, on a commencé à sentir une sorte de psychose de l’envahissement de l’islam politique, qui curieusement n’arrive pas. » 

Il ajoutera que c’est dans ce contexte que le projet de Charte des valeurs et la loi 21 sont apparues. Non pas que ceux-ci soient islamophobes, précise Seymour, mais que l’argumentaire développé par Djemila Benhabib disant que l’islam politique allait s’installer au Québec et par Fatima Houda-Pepin, qui soutenait que toutes les mosquées du Québec étaient subventionnées par l’Arabie saoudite et qu’on y enseignait le salafisme, avait une teneur islamophobe et contribuait à l’apparition de groupuscules d’extrême-droite au Québec. Bref, Michel Seymour laisse entendre que cette peur de l’islam politique n’est pas fondée et que ceux qui l’alimentent sont islamophobes. 

Alors que vient de s’ouvrir en France le procès des attentats de Paris de novembre 2015, qui ont fait plus d’une centaine de victimes, où le témoin principal, Salah Abdeslam, s’est présenté comme un combattant de l’État islamique et alors que nous venons de commémorer les vingt ans des attaques du 11-Septembre perpétrées par 19 djihadistes d’Al-Qaïda et qui ont fait presque 3000 victimes, ces propos de Seymour ont de quoi faire bondir. 

L’islam politique en France 

Dans la foulée de la commission Stasi (2003), Jean-Pierre Obin, alors inspecteur général à l’Éducation nationale, s’est vu chargé d’une mission ayant pour but de dresser un état des lieux sur l’islamisation à l’école. Son équipe a visité 61 collèges et lycées publics, rencontrant la direction, des enseignants ainsi que des responsables de la vie scolaire. Elle constate qu’une montée en puissance du phénomène religieux dans les quartiers, notamment chez les jeunes, a un réel impact sur l’école, citant les tenues vestimentaires exprimant une identité religieuse, l’exigence de viande halal à la cantine, le prosélytisme en période de ramadan, le refus de la mixité et la contestation de certains enseignements. 

En 2020, dans son livre Comment on a laissé l’islamisme pénétrer l’école, Obin reviendra sur le sujet, notant une progression depuis 2004, alors qu’à travers les parents, même l’école primaire est maintenant touchée par de multiples atteintes à la laïcité.

En 2015, Gilles Kepel, spécialiste de l’islam et du monde arabe contemporain, publie Terreur dans l’Hexagonedans lequel il fait la genèse du djihad français de 2005 à 2015. Il y dénonce la radicalisation islamique et affirme que « l’exacerbation identitaire de la norme salafiste importée d’Arabie saoudite et exprimée dans le comportement et la consommation, constitue un modèle de rupture d’avec les valeurs de la société mécréante. » Pour Kepel, cette rupture salafiste est en arrière-plan des actes de terrorisme.

En 2019, les journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot publient Qatar Papers ou comment l’émirat finance l’islam de France et d’Europe, un livre qui documente minutieusement le prosélytisme religieux du Qatar en dehors de ses frontières. Des révélations chocs, à la suite d’une masse importante de documents coulés par un lanceur d’alerte et qui montrent comment, à travers l’ONG Qatar Charity, le Qatar finance de nombreuses associations proches des Frères musulmans. 

Les pays européens les plus ciblés par ces investissements religieux sont : l’Italie (47 projets), la France (22), l’Espagne et la Grande-Bretagne (11 chacune), l’Allemagne, la Pologne et l’Ukraine (6 chacune), la Suisse (5), la Belgique (3) et les Pays-Bas (2). Et le Canada n’est pas en reste avec 8 centres islamiques construits par Qatar Charity. 

En 2020, paraît le livre Les territoires conquis de l’islamisme sous la direction de Bernard Rougier, universitaire et directeur du Centre des études arabes et orientales, dans lequel on y décrit tout l’écosystème des réseaux islamiques au sein des quartiers populaires en montrant « comment se fait le maillage des lieux de culte à ceux de loisir et d’activités professionnelles pour en arriver à la constitution de territoires de l’islam en rupture d’avec la société française. »

L’islam politique au Canada 

En 2007 paraissait le livre Montréalistan – Enquête sur la mouvance islamiste du journaliste Fabrice de Pierrebourg. On y apprenait que depuis le 11-Septembre 2001, le Canada, et Montréal en particulier, s’est retrouvé au centre de plusieurs enquêtes internationales sur le terrorisme. On y retrouve également les noms de plusieurs imams salafistes ou fréristes qui ont fait les manchettes à cette époque et qui prêchaient en faveur de la charia dans des mosquées qui ont pignon sur rue à Montréal. Pensons à Salam Elmenyawi qui souhaitait instaurer un Conseil de la charia au Québec alors qu’en Ontario, en 2004, on a tenté d’instaurer des tribunaux islamiques.

En 2015 est publié Djihad.ca de Fabrice de Pierrebourg avec Vincent Larouche. Se basant sur de nombreux témoignages ainsi que des documents d’enquête de la GRC, ces journalistes exposent des individus qui, par leur propagande et leur action, constituent une menace pour notre démocratie et notre sécurité nationale. 

On y apprend, par exemple, que le gouvernement canadien avait la preuve qu’entre 2005 et 2009, l’IRFAN, organisation basée à Mississauga, en Ontario, a transféré 14,6 millions de dollars à des organisations associées avec le groupe terroriste Hamas.

Qui a peur de l’islam politique ?

Le peuple ? L’extrême-droite ? Détrompez-vous, ce sont les universitaires qui préfèrent ne pas enquêter sur ce sujet. Doit-on s’étonner que dans ce pays où l’on brûle les livres, les travaux d’intellectuels et d’universitaires sur l’islam politique soient inexistants. La montée en puissance de l’islam politique est un phénomène mondial qui n’épargne ni le Québec ni le Canada. Soutenir le contraire, comme le fait Michel Seymour, revient à faire preuve d’aveuglement et d’irresponsabilité. 

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Bilinguisme des juges : Je porte plainte contre la juge Rondeau

J’ai déposé une plainte au Conseil de la magistrature du Québec contre la juge en chef de la Cour du Québec, Lucie Rondeau qui, la semaine dernière, a divulgué et commenté dans les médias des échanges privés entre elle et le ministre de la Justice, à propos du bilinguisme des juges, allant même jusqu’à accuser le ministre, d’intrusion dans son pouvoir exclusif et d’atteinte au principe de l’indépendance judiciaire.

Par cette sortie publique inhabituelle et pour le moins déplacée, la juge Rondeau a manqué à son devoir de réserve en plus de mettre en danger l’indépendance judiciaire, violant ainsi plusieurs articles du code de déontologie de la magistrature. Sachant que les critères d’embauche des juges relèvent de la responsabilité du gouvernement, on peut se questionner sur les raisons d’une telle sortie.

Alors que nous attendons de la part du ministre Jolin-Barrette l’annonce de nouvelles mesures visant à renforcer la protection du français au Québec, cette sortie intempestive de la juge Rondeau sur le bilinguisme des juges constitue non seulement un manquement à l’indépendance judiciaire mais révèle également le rôle politique, partisan et militant de certains représentants de la justice. Quand on sait en plus que cette juge a fait une vidéo promotionnelle pour la Lord Reading ( https://vimeo.com/297252858 ), une association anti-loi 101 et anti-loi 21, et qu’elle tarde à respecter cette loi 21, on est en droit de demander une enquête.

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L’université, lieu de pouvoir et de contre-pouvoir

Les événements récents faisant état de cas censure à l’université ont soulevé, avec raison, la colère et l’indignation de bien des gens, nous rappelant l’importance de protéger la liberté d’enseignement au sein d’une institution vouée à la recherche de la vérité, à la production du savoir et à la transmission des connaissances. 

Cette vision quelque peu idyllique de l’université, qui semble encore largement partagée, correspond de moins en moins à ce que devient cette institution, qui est depuis nombre d’années travaillée et minée dans ses fondements par l’irruption des études postcoloniales et dont la pratique de la censure n’est que le symptôme le plus apparent.

Le problème va bien au-delà d’une minorité d’étudiants radicaux et il est bien plus profond qu’on ne le croit puisqu’il correspond à un changement radical de paradigme sur lequel repose l’enseignement universitaire.

La vérité n’existe pas

C’est l’un des principaux postulats de la pensée moderne qui caractérise les études postcoloniales. Il n’y a plus de vérité, rien que des interprétations. La recherche de la vérité suppose que chaque chose possède une essence, une nature propre que l’on va découvrir progressivement et que ces vérités seront universelles et intemporelles, c’est-à-dire qu’elles seront vraies partout et en tout temps. 

Or, cette conception de la vérité, qui nous a été donnée par la science classique et qui fut reprise par les penseurs des Lumières, est aujourd’hui mise à mal par le courant postcolonial pour lequel il n’y a plus de vérité, plus de savoir neutre, objectif et universel, plus de normes communes neutres ou naturelles, mais rien que des interprétations qui s’affrontent et pour lesquelles chaque énoncé devient un exercice politique.

Ainsi, le savoir se transforme en pouvoir et la raison est supplantée par la volonté de dominer. Vous aurez compris qu’ici nous avons quitté le champ de la connaissance et de l’épistémologie pour celui de la politique et de l’idéologie.

La pensée postcoloniale, qui nous vient des universités américaines, puise ses racines intellectuelles chez les penseurs de la French Theory, tel Michel Foucault dont l’influence est immense. Réfutant toute ontologie, ce dernier avance qu’il n’y a rien qui soit pourvu d’une essence ou d’une nature quelconque qui existerait en dehors de l’histoire et que le normal et l’anormal s’expliquerait par des mécanismes de domination à une époque donnée. Ainsi la normalité serait fabriquée dans l’intérêt des structures de pouvoir.

Voilà pourquoi, dans la pensée postcoloniale, le savoir universel devient un savoir particulier, un savoir qui se fait passer pour neutre alors qu’il est le reflet d’une culture hégémonique majoritaire. Un savoir dominant, blanc, mâle, hétérosexuel qui, par le regard qu’il porte sur l’autre, le constitue en dominé. Voilà pourquoi le recteur Frémont disait que « les membres des groupes dominants n’ont pas la légitimité pour décider de ce qui constitue une micro-agression ». 

Et voilà pourquoi on interdit aux Blancs de jouer des rôles d’Autochtones comme dans Kanata. Parce que le dominant projette une image du dominé et que, comme le disaient Franz Fanon et Albert Memmi, le colonisateur renvoie aux colonisés le portrait du colonisé. Justin Trudeau appelle cela les préjugés inconscients du racisme systémique.

Ce courant postcolonial va donc faire de l’identité le surdéterminant dans l’analyse d’une question et déboucher nécessairement sur une politique des identités.

Décoloniser le savoir dominant 

La pensée postcoloniale a un objectif bien précis qui n’a rien à voir avec la connaissance ou la recherche de la vérité. Il ne s’agit plus de connaître le monde mais bien de le transformer. Ce qui importe ici ce n’est pas de débattre ni d’argumenter pour convaincre, mais plutôt d’imposer son point de vue pour reformater les esprits. Neutraliser et mettre en échec le savoir dominant, voilà l’objectif politique inavoué. 

De quelle façon ? En exigeant la censure de certains mots ou titre de livres prononcés dans un cadre scolaire. En demandant le retrait de certaines œuvres à l’étude. En demandant le renvoie des professeurs qui refusent de se censurer. En remettant en question le corpus académique classique. En déboulonnant des statues. En pratiquant la cancel culture qui force l’expulsion du débat public de ceux que l’on veut faire taire. En refusant aux Blancs toute légitimité pour parler des minorités. En accusant des artistes d’appropriation culturelle. En pratiquant le lynchage en meute sur les réseaux sociaux, insultant et accusant de racisme quiconque ne souscrit pas au credo de la pensée postcoloniale. 

Ces stratégies d’intimidation sont d’une violence inouïe et portent un ambitieux projet de réingénierie sociale qui n’épargne aucun domaine ; l’histoire, la littérature, les arts, la philosophie, la sociologie, la science politique, les études féministes et l’anthropologie étant les disciplines les plus contaminées. Et c’est sans compter les médias, les partis politiques, les syndicats, le milieu féministe, le milieu culturel et même juridique.

Cette tendance est lourde et déjà bien installée dans des lieux de pouvoir. Elle ne disparaîtra pas et ira en s’accentuant. On peut s’attendre à ce que l’université qui forme l’élite de demain devienne un champ de bataille où l’ensemble des savoirs, même les sciences dures, n’échapperont pas à ce courant de décolonisation. Vous en doutez ?

Il existe à l’Université Concordia un projet de recherche « Decolonizing Light » qui étudie la reproduction du colonialisme dans et à travers la physique contemporaine et dans l’enseignement supérieur de la physique. Allez-y voir !

24 février 2021

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Voici l’entrevue que j’ai donnée ce matin à l’émission de Richard Martineau sur QUB Radio

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Loi 21 : l’éléphant dans la pièce

Le procès contre la loi sur la laïcité de l’État tire à sa fin et certains avocats défendant les opposants à la loi ne se sont pas gênés pour déverser leur ignoble mépris sur les Québécois francophones. À ce chapitre, les avocats de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Me Rémi Bourget et Me Frédéric Bérard, se sont particulièrement illustrés, parlant de diktat de la majorité canadienne-française, d’instinct identitaire, d’islamophobie, de gouvernement populiste et de montée du populisme en Occident, auquel le Québec n’échappe pas, et qui seraient, selon eux, à l’origine de la loi 21. 

Nous retrouvons ici le même discours démagogique que ces deux avocats tenaient en 2013, contre les partisans de la Charte des valeurs, alors qu’ils étaient les principaux signataires du Manifeste pour un Québec inclusif. Sept ans plus tard, ils nous rabâchent la même rengaine, faisant pleuvoir les mêmes insultes et tentant désespérément de nous convaincre de la petitesse du petit peuple qui rêve de casser du sucre sur le dos des musulmans. Populisme, ils n’ont que ce mot à la bouche. Ils sont extras ces avocats. C’est, paraît-il, notre élite, convaincus qu’ils sont de faire l’histoire. Une histoire sans peuple, leur histoire, celle où le peuple ne doit d’aucune façon devenir un acteur politique. Que le peuple se contente de magasiner chez Walmart. On veut bien être démocrate mais tant que c’est nous, les avocats, qui décidons.

Nazisme

Ce refrain-là nous a aussi été servi à l’époque de la Charte des valeurs. Les croix gammées sur les pancartes, vous vous rappelez ? Nazisme, l’insulte suprême, la machine à faire peur au monde. Pire que la COVID-19. Il est pour le moins ironique que Me Azim Hussain ait comparé la loi 21 aux lois de Nuremberg promulguées par les nazis pour discriminer les Juifs alors que celles-ci incluaient notamment l’interdiction de mariage entre des Juifs et des citoyens de sang allemand et que dans l’islam, il soit interdit à une femme musulmane d’épouser un non-musulman sans compter l’interdiction pour un homme musulman d’épouser un polythéiste ou un athée. Se pourrait-il que Me Hussain, qui fait aussi partie de l’élite, puisse ignorer de telles prescriptions coraniques ?  

Ouvrir les vannes

M. le juge, disait l’avocat Hussain, « les lois de Nuremberg ont jeté les bases pour ce qui s’est passé plus tard. » Mais que pourrait-il bien se passer exactement ? 

M. le juge, disait l’avocat Bourget, « si on laisse passer ici, les vannes vont être ouvertes. N’importe quel autre gouvernement un peu populiste pourra aller plus loin. » Mais aller où, dites-moi ?

M. le juge, plaidait à son tour l’avocat Bérard, « deux options s’offrent à la Cour, soit valider la clause dérogatoire et ouvrir les vannes. » Mais ouvrir les vannes de quoi au juste ? « Mais dans dix ans, disait-il ? ». Mais dans dix ans, quoi ? Cela fait sept ans que vous nous répétez la même chose, sept ans que vous nous inondez d’insultes, alors on peut bien vous endurer encore dix ans ! Nous avons la vie devant nous et le soleil brille toujours. 

Quel message ces avocats ont-ils voulu envoyer au juge Blanchard ? Que le ciel va nous tomber sur la tête comme dans Astérix ? Par Toutatis ! Que le Québec est bien près de sombrer dans le nazisme ? Que les musulmans sont menacés d’extermination? Que le populisme gangrène le Québec au point de le faire basculer dans le fascisme ? 

Allons soyons sérieux, arrêtons de délirer et de faire peur au monde avec toutes ces bêtises. Parlons plutôt du vrai message, de celui que les opposants à la loi 21 n’ont jamais nommer et auquel ils pensent sans arrêt. Y penser toujours mais n’en parler jamais ! Voilà leur obsession. Celle pour laquelle ils ont interpelé le juge Blanchard avec tant d’insistance.

Le message 

Il est tout simple. Dans l’hypothèse où la loi 21 serait déclarée constitutionnelle, cela autoriserait également toutes les autres provinces canadiennes à légiférer de la même manière dans leur province respective. Et dans l’hypothèse contraire, où la loi 21 serait déclarée inconstitutionnelle en vertu de certains articles pour lesquels la clause dérogatoire ne s’applique pas, alors aucune autre province canadienne, pas plus que le Québec, n’aurait le droit de légiférer en ce sens. 

On a tort de penser que la loi 21 ne concerne que le Québec car l’enjeu est tel qu’il dépasse largement les frontières du Québec. L’enjeu est pancanadien et le Québec y joue un rôle de leadership. Il ne faut pas perdre de vue que, bien que l’élite politique, médiatique et académique, dans le reste du Canada, s’opposent à la loi 21, le peuple canadien, pour sa part, appuie la loi 21 dans une proportion de 46 % au Canada, incluant les Québécois. C’est à n’en pas douter ce genre de vannes que l’on craint de voir ouvrir. Que l’incendie se propage à travers tout le Canada et tout cela dans la plus parfaite légalité. 

Voilà pourquoi les Québécois en prennent plein la gueule parce qu’ils sont les premiers à se présenter au bâton. Voilà pourquoi on exagère les invectives à leur endroit parce que l’on veut tuer dans l’œuf toute velléité de légiférer dans le même sens au Canada anglais. Voilà pourquoi on a dépêché autant d’avocats de cabinets réputés, du Québec et de l’Ontario, pour combattre cette loi et que l’Association canadienne des libertés civiles intervient dans cette cause pour contester la loi 21, elle qui est un organisme qui a l’habitude de s’impliquer dans les causes types qui vont modifier de façon significative et substantielle la jurisprudence canadienne. Voilà de quoi il est question quand ces avocats disent que l’on va ouvrir les vannes. Oublier le nazisme et le populisme. C’est de cela dont ils parlent.

L’éléphant, c’est l’islam

M. le juge a raison et Me Bérard a aussi raison, l’éléphant dans la pièce, c’est l’islam. Sauf que ce n’est pas parce que les Québécois sont islamophobes, comme le prétend Me Bérard, mais bien parce que certains musulmans refusent la laïcité. Ne rien laisser sans islam et grâce au voilement des femmes, donner à cette religion le maximum de visibilité en se positionnant avantageusement dans les institutions publiques pour en contester le caractère laïque. Il est là le gros éléphant !

Ainsi comme le soulignait si pertinemment dans sa plaidoirie, Me Luc Alarie, l’avocat du Mouvement laïque québécois, le problème pour les femmes voilées, ce n’est pas la loi 21 mais plutôt leur religion. La loi 21, disait-il, n’est pas un obstacle à leur engagement comme enseignante puisqu’elle ne définit que les conditions d’exercice de la profession, c’est-à-dire de ne pas porter de signes religieux au travail.

Dans ce procès, nous avons affaire à un islam militant et anti-laïque qui se pointe devant les tribunaux à la moindre interdiction. Rappelez-vous en 2017, suite à l’adoption de la loi 62 sur la neutralité de l’État, le Conseil national des musulmans canadiens avait aussitôt demandé la suspension de l’article 10 de la loi qui exigeait que les services publics soient donnés et reçus à visage découvert. C’est ce même lobby musulman qui conteste aujourd’hui la loi 21. Est-il besoin de préciser que cette démarche ne relève pas de la foi, que nous sommes bien loin de la religion mais plutôt dans la chaude marmite du politique.

Ajoutez à cela que l’islam est la seule religion qui se présente comme une race, ce qui est bien évidemment une aberration, et qu’elle en tire un avantage politique indéniable, celui de transformer les musulmans en victimes, de culpabiliser la majorité francophone et de faire passer la défense de la laïcité pour du racisme. Nous ne jouerons pas dans ce film-là.

La laïcité, seule solution

La laïcité n’est pas parfaite mais, comme le disait Churchill de la démocratie, c’est ce que nous avons trouvé de mieux jusqu’à maintenant. Cela demeure encore la meilleure solution pour protéger les institutions publiques de l’intrusion du religieux et affirmer la neutralité de l’État parce que, comme le faisait remarquer si justement le Président Macron, dans les institutions publiques, c’est la loi des hommes qui doit primer et non celle de Dieu.

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Intimidation et sexisme s’invitent au procès contre la loi 21

Lundi matin, les audiences concernant la contestation de la loi 21 ont pris une tournure inattendue et inquiétante lorsque Me Christiane Pelchat, l’avocate du groupe Pour les droits des femmes du Québec (PDF-Québec), a révélé avoir reçu une mise en demeure de la part de Me Rémi Bourget, avocat de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), et de Me Azim Hussain, l’avocat d’Ichrak Nourel Hak, lui demandant de s’excuser pour des attaques personnelles présumées dont ils disent avoir été victimes de la part de Me Pelchat, lors du témoignage de l’experte de PDF-Québec Yolande Geadah. 

Des mâles dominants portant la toge

Me Pelchat a rétorqué qu’elle n’a pas à s’excuser d’avoir défendu son experte à qui Me Hussain reprochait des réponses trop longues, qui feraient augmenter le coût de la transcription ! Alors qu’à eux deux seulement, ils ont présenté cinq experts ayant témoigné sur plusieurs jours, Me Pelchat leur a répliqué que PDF, pour sa part, n’a qu’une seule experte et que c’est la première fois dans tout ce procès que l’on invoque des frais de transcription. L’avocate s’est dite outrée par un tel sexisme et un pareil manque de respect envers son témoin. On peut, ajoute-t-elle, ne pas aimer le propos de Madame Geadah mais on ne peut invoquer la transcription pour la faire taire! 

Pourquoi faire taire Yolande Geadah ?

Parce qu’il s’agit bien de cela, faire taire Yolande Geadah. On veut bien entendre parler d’histoire du Québec, du degré de religiosité des Québécois, de sondages, de clause dérogatoire, de souveraineté parlementaire, de philosophie de la laïcité et de liberté de conscience mais on veut faire taire Yolande Geadah ? Pourquoi ? 

Parce que Madame Geadah, qui détient une scolarité de doctorat en sciences politiques, est une spécialiste de la situation des femmes dans la culture arabo-musulmane, qu’elle est une experte des effets des normes religieuses islamiques sur les femmes, particulièrement celles concernant les enjeux sociopolitiques autour du voile islamique sur lequel elle a rédigé un essai, parce qu’elle est la seule parmi tous les experts entendus à avoir une connaissance du terrain, alors que son champ d’expertise est basé sur 40 ans de vie, ponctués par des séjours de travail auprès des femmes et des jeunes en Égypte, d’où elle est originaire. Parce qu’elle parle arabe, ce qui lui donne accès aux prêches des imams et à des sites très consultés par des musulmans sur internet, parce qu’elle a une solide expérience de collaboration auprès des organismes internationaux œuvrant à la protection des droits des femmes, qu’elle a rédigé trois avis pour le Conseil du statut de la femme, l’un sur la polygamie et les deux autres sur la prostitution et les crimes d’honneur, et parce qu’elle est membre associée à l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF) de l’UQAM. Le curriculum parfait pour effrayer ceux qui contestent la loi 21.

Une qualification fortement contestée

Rien d’étonnant à ce que sa qualification l’autorisant à témoigner à titre d’experte soit contestée par Ichrak Nourel Hak. Alors que celles aussi contestées de Benoît Pelletier et de Jacques Beauchemin se sont réglées en moins de cinq minutes, il aura fallu, dans ce cas-ci, une heure et demie de tirs groupés des avocats des opposants à la loi qui tentaient de miner sa compétence. Me Pelchat a défendu son experte, faisant valoir qu’il serait pertinent de l’entendre parce que jusqu’ici, personne n’a parlé de la dimension politique du voile, ce qui pourrait éclairer le juge et le tribunal, ce que le juge Marc-André Blanchard a reconnu.

Un témoignage exceptionnel 

Affirmant que ce sont certaines croyances qui sont discriminatoires à l’égard des femmes et non la loi 21, madame Geadah souligne que toutes les religions sont issues d’un système patriarcal et que seule l’interdiction du port de signes religieux saurait garantir l’égalité des sexes. 

Abordant l’aspect politique du voile, Yolande Geadah insiste pour dire qu’il n’est pas anodin et que l’enjeu principal est la reconfessionnalisation de l’espace public. Que ce retour du religieux correspond à une interprétation rigide s’inspirant du mouvement salafiste et qu’en ne l’interdisant pas, on favoriserait l’intégrisme au lieu de protéger les femmes musulmanes qui ne le portent pas.

Elle ajoutera que le voile est lié à la pudeur, à la honte et à l’honneur, et qu’il vise le contrôle de la sexualité des femmes. Que le voile, ici au Québec, est le même que celui de pays musulmans où les femmes subissent les pires violences si elles refusent de le porter, que ce mouvement est mondial et dominant et que le discours sur le voile est le même ici qu’ailleurs, soulignant pertinemment que celles qui le portent en raison des pressions n’iront pas vers les médias et les chercheurs, de peur d’être ostracisées par leur communauté et que de dénoncer un préjudice est parfois pire que de le subir. 

En contre-interrogatoire, on a tenté de discréditer son rapport, lui reprochant à maintes reprises de ne pas s’appuyer sur des études, insinuant par-là que son propos relève de l’opinion et n’a donc rien de véridique, ce à quoi madame Geadah a répondu que les études sont souvent limitées et orientées parce qu’elles ne tiennent compte que de celles qui disent porter le voile par choix, que la réalité est beaucoup plus complexe et qu’après 20 ans de travail auprès d’elles sa connaissance du terrain n’est pas une affaire d’opinion, mais de constat. 

De l’intimidation à outrance

Yolande Geadah a parlé et son témoignage constitue un tournant décisif dans ce procès parce qu’il va au cœur des enjeux politiques. Les avocats des opposants à la loi ont échoué à la faire taire. Leur dernière trouvaille ? Une mise en demeure à son avocate, Me Pelchat, une procédure inhabituelle entre collègues, alors que le procès est toujours en cours, une procédure visant à l’intimider, espérant la déconcentrer et la déstabiliser avant le début des plaidoiries. Odieux, n’est-ce pas ? 

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L’école publique, sanctuaire de la laïcité

C’est la semaine dernière qu’ont témoigné pour le Mouvement laïque québécois des parents de culture musulmane qui sont en faveur de la Loi sur la laïcité de l’État. Ils ont tous affirmé que le port du voile islamique par les enseignantes porte atteinte à la liberté de conscience de leurs enfants et ils demandent donc que la Loi 21 soit appliquée et que les enseignantes voilées respectent la loi et leur devoir de neutralité pour que l’école publique demeure un service laïque. 

De son côté, le juge Marc-André Blanchard, a insisté auprès de chacun, leur demandant d’expliquer en quoi le voile porte-t-il atteinte à la liberté de conscience de leurs enfants?

L’école publique, une institution pas comme les autres

Parce que c’est l’école avec ses enseignants qui prend le relai des parents et de la famille et qu’elle assume donc un rôle capital dans le processus de socialisation de l’enfant. Il faut comprendre que l’école ne fait pas que transmettre des connaissances mais qu’elle joue aussi un rôle idéologique de premier plan dans la transmission des valeurs, contribuant à former l’esprit critique des enfants à un âge où ils sont naïfs et perméables à toutes les influences.    

Elle est aussi la seule institution dont la fréquentation est obligatoire et s’échelonne sur plusieurs années et pour laquelle les enfants sont une clientèle captive. On peut, sa vie durant, éviter l’hôpital, les tribunaux, la prison mais tout le monde passe par l’école. D’où l’importance d’accorder à la liberté de conscience des élèves une protection toute particulière en interdisant toute forme de prosélytisme religieux comme, par exemple, celui du voile islamique par les enseignantes. Préserver la liberté de conscience, telle est la mission fondamentale d’une école laïque que l’État a la responsabilité d’assumer.

La liberté de conscience, un droit fondamental

Il existe une liberté encore plus fondamentale que la liberté religieuse et c’est la liberté de conscience. Elle se définit comme le droit de croire ou de ne pas croire, de changer de religion ou de l’abandonner. Cette liberté est antérieure à la liberté religieuse. Elle en est même sa condition radicale. Il a fallu attendre Vatican II pour que l’Église catholique reconnaisse la liberté de conscience alors que ce droit n’existe toujours pas dans l’islam et qu’un verset du Coran appelle même au meurtre des apostats.

Le parcours historique du Québec témoigne justement de ses efforts pour faire respecter la liberté de conscience des élèves. C’est la raison pour laquelle le gouvernement a mis fin en 2005 à l’enseignement confessionnel catholique et protestant dans ses écoles publiques puisque celui-ci se trouvait en contravention de l’article 2 de la charte canadienne des droits et libertés protégeant la liberté de conscience. 

Dorénavant cette neutralité confessionnelle garantissait donc à chaque élève, qu’il ait ou non une religion, la liberté de conscience pour lui-même comme pour ses parents et permettait à l’école publique de s’ouvrir à la diversité religieuse en provenance de l’immigration. 

Le voile islamique est une atteinte à la liberté de conscience des élèves

L’un des parents a affirmé devant le juge que le voile est un gyrophare. Cette image saisissante résume fort bien le caractère prosélyte du voile qui clignote sur la tête des enseignantes, ISLAM-ISLAM-ISLAM, LAISSEZ PASSER l’ISLAM ! dans les corridors et dans les salles de classe et qui permet d’inscrire le fait religieux islamique dans l’espace scolaire. Ce qui est contraire à la laïcité de l’État. 

Alors que les enseignantes sont des modèles pour les enfants, ce marquage vestimentaire contribue à imposer une identité islamique aux jeunes musulmans et musulmanes, une identité religieuse en rupture d’avec celle de la citoyenneté québécoise et pour laquelle la loi islamique prime sur les règles civiles. Manger religieux, boire religieux, s’habiller religieux, jeûner religieux, etc … font partie d’une dynamique en spirale dont le voile est le prélude.

Et c’est ainsi que les jeunes filles musulmanes sont prises en otage par ce symbole sexiste qui s’affiche sur la tête de leur enseignante et donne un argument de plus aux parents musulmans qui souhaitent que leur fille porte le voile. Tout ceci ayant pour conséquence de mettre de la pression sur les jeunes filles, ne leur laissant guère le choix de désobéir à Dieu et à leurs parents. 

Ajouter à cela, l’effet boule de neige et vous comprendrez que plus il y aura d’enseignantes qui porteront le voile à l’école, plus il y aura de jeunes filles qui le porteront et plus grande sera la pression sur celles qui refusent de le porter. C’est de cette façon qu’en permettant le voile des enseignantes, on fait progressivement le lit du communautarisme, à l’école comme à l’extérieur de celle-ci, tout en privant les jeunes filles musulmanes d’arguments et de moyens pour s’opposer à ces pressions communautaristes. Voilà comment on enferme petit à petit ces jeunes filles dans une identité religieuse et que l’on porte ainsi atteinte à leur liberté de conscience. 

C’est d’ailleurs ce qu’expliquait cette mère algérienne témoignant pour le groupe féministe Pour les droits des femmes et qui disait : « que le voile n’est pas un choix, qu’il n’est jamais un choix et que les choses se font progressivement. Je sais comment se font les pressions, dit-elle. La femme doit obéir. Je le sais parce que j’ai beaucoup de vécu ». 

D’interpréter le voile comme n’étant qu’un simple choix individuel nous empêche de comprendre la dynamique d’ensemble à laquelle il participe et dont il est le présage. C’est une grave méprise dont les enfants et les parents musulmans laïques seront les premières victimes et c’est surtout mal comprendre les enjeux politiques de cet entrisme qui sème la graine du communautarisme et constitue une redoutable offensive anti-laïque qui ruine les acquis du Québec en matière de laïcité scolaire.  

L’école républicaine doit demeurer un rempart contre les particularismes religieux et bannir tous les signes d’appartenance religieuse afin de protéger la liberté de conscience des élèves. Il en va de l’avenir de la laïcité au Québec. 

Et comme plusieurs parents l’ont souligné lors de leur témoignage, l’école n’est pas faite pour les enseignants mais bien pour les élèves et leurs parents. Dans la Convention relative aux droits de l’enfant adopté par l’ONU et ratifié par le Canada, on y énonce l’intérêt supérieur de l’enfant, disant qu’il a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion et que les parents ont le droit et le devoir de guider celui-ci. En espérant que les tribunaux en prennent bonne note.

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Procès contre la Loi 21

Jour 2 : Paul Eid, un expert … en islamophobie québécoise

Professeur de sociologie à l’UQAM, spécialiste des questions de discrimination raciale, religieuse et ethnique, Paul Eid témoignait à titre d’expert pour la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Andréa Lauzon ainsi que la English Montreal School Board (EMSB) qui contestent la Loi 21.

L’ensemble de son témoignage présentait les Québécois comme étant plus «hostiles» aux minorités religieuses que les Canadiens. Que cette hostilité des Québécois n’est pas vis-à-vis la religion en général mais bien vis-à-vis les minorités religieuses, particulièrement celle de la communauté musulmane.

Que c’est au Québec où l’opposition aux lieux de culte musulman et au hidjab est la plus forte et qu’il y aurait donc davantage d’islamophobie au Québec que dans tout le reste du Canada (ROC). Citant la Charte des valeurs comme ayant été un facteur d’aggravation de l’islamophobie et rappelant la fusillade à la mosquée de Québec, Paul Eid affirme que c’est aussi au Québec, où les musulmans sont les plus ciblés par les crimes haineux comparés à la majorité canadienne.

En contre-interrogatoire, l’un des avocats du gouvernement, Me Éric Cantin, a miné le fondement de ses affirmations en demandant à Paul Eid si le mot «hostilité» qui est revenu à maintes reprises dans son témoignage se trouvait quelque part dans la littérature qu’il a consulté ? M. Eid avoue que l’on parle plutôt de «sentiment négatif», mais moi, ajoute-t-il, je dis «hostilité». Voilà un expert qui fait preuve de subjectivité et beurre épais en utilisant un terme abusif dans le but exprès de stigmatiser et de noircir les Québécois. Et ce monsieur fait cela sans aucune gêne.

À la question lui demandant quel est le taux d’islamophobie dans le ROC, notre expert répond qu’il n’a pas fait d’étude pour le Canada !!! Mais comment fait-il alors pour dire que les Québécois sont plus islamophobes que les Canadiens ? Sur quoi se base-t-il ?

Seriez-vous d’accord pour dire que concernant l’islamophobie la situation internationale joue également, demande Me Cantin? Réponse : La Charte des valeurs a été un tournant décisif, mais oui c’est une tendance générale au Canada, aux États-Unis, en Europe. Tout pointe dans la même direction. 

Donc ce n’est pas exclusif au Québec, rétorque Me Cantin ? Réponse : Tout à fait. VOUS AVEZ RAISON !

Me Cantin : Vous avez parlé de l’impact négatif de la loi de 2004 en France sur la réussite scolaire et l’insertion sociale des jeunes musulmanes, êtes-vous d’accord pour dire que cette loi portait sur le port de signes religieux chez les élèves et non pas chez les enseignants comme dans la Loi 21? Oui. Imaginez, le professeur Eid a intentionnellement comparé des patates avec des oranges, utilisé les conclusions des patates pour les appliquer aux oranges dans le but exprès de servir son propos. Ce n’est pas une erreur de sa part, mais bien de la malhonnêteté intellectuelle. Et ce monsieur fait cela sans aucune gêne, évidemment.

Me Cantin : Et la Loi 21, sur quelle étude vous basez-vous pour dire qu’il y a un impact ? Réponse : Au Québec, près de 50 % des femmes musulmanes portent le voile.

Me Cantin : L’avez-vous mesuré ? Réponse : Non. On ne peut pas savoir à l’avance. L’expert dit ici qu’il y a un impact alors qu’il avoue en même temps que rien ne lui permet d’affirmer cela. Encore une fois le jupon de M. Eid dépasse.

Et concernant la tendance à la hausse des crimes haineux, vos chiffres datent de 2017-2018. C’était avant l’adoption de la Loi 21 en 2019 …

Diriez-vous que la perception négative des signes religieux peut être du racisme, demande l’avocat ? Oui, répond l’expert.

Et comment expliquez-vous l’appui des Québécois à cette loi d’après les sondages ? Réponse : C’est du racisme anti-musulman et c’est cela qui donne un appui à la laïcité. Paul Eid dit ici que les Québécois sont islamophobes et que c’est pour cela qu’ils soutiennent la laïcité et la Loi 21. Notre histoire, notre culture, nos acquis en termes de laïcité depuis la révolution tranquille, il faut croire que cela ne fait pas partie de son champ d’expertise !

Le contre-interrogatoire du procureur du gouvernement a montré fort habilement que Paul Eid n’est pas un expert scientifique tel qu’on l’a présenté devant le juge, un sociologue travaillant avec rigueur et objectivité mais bien un idéologue militant de cette gauche islamophile qui sévit dans le milieu universitaire et que la seule et unique chose pour laquelle il est un expert patenté, c’est celle de faire passer les Québécois pour des racistes et des islamophobes.

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Procès contre la loi 21 : Jour 2

Une deuxième pleureuse

La seconde journée d’audience a commencé avec le témoignage de Bouchera Chelbi, d’origine algérienne, arrivée au Québec en 2002. Madame Chelbi porte le hidjab et elle est enseignante en enseignement de l’anglais langue seconde à l’école primaire. 

Pour son témoignage, son avocat a cité sous forme de questions à sa cliente plusieurs passages des rapports des deux experts du Mouvement laïque québécois (MLQ), Georges-A Legault et Jacques Beauchemin, en demandant à madame Chelbi de réagir aux affirmations qu’on y retrouve.

À la question demandant s’il est difficile pour elle de concilier le port de signe religieux avec l’exigence de neutralité de l’État, Bouchera Chelbi répond que la formation qu’elle a reçue est neutre et que son hidjab n’engendre pas de méfiance avec les élèves et leurs parents. Qu’en 12 ans d’enseignement, la seule fois où il y a eu méfiance, c’est avec un couple lesbien, mais qu’après les avoir rencontrées, l’une d’elle s’est déclarée satisfaite. 

Madame Chelbi pratique l’intersectionnalité

Et d’ajouter que l’origine, la religion ou l’orientation sexuelle des élèves lui importe peu. Et avec les athées, demande son avocat ? L’école est le reflet de la société et il n’y a pas de conflit. Et les apostats de l’islam ? Deux de mes collègues ont abandonné l’islam et il n’y a pas de conflit non plus. J’ai des rapports cordiaux avec les collègues, les parents et les élèves qu’ils soient lesbiens, athées, transsexuels ou coptes (chrétiens d’Égypte). 

Parfaite en tous points, on imagine fort bien madame Chelbi expliquant à des parents que l’identité de genre de leur fils n’est pas conforme à son sexe biologique et que le petit garçon devrait porter des vêtements de fille. 

Puis madame Chelbi mentionne qu’elle a le droit d’enseigner mais qu’elle est limitée dans ses aspirations à cause de la loi 21. Donnant l’exemple d’un poste de conseillère pédagogique qui s’est ouvert et pour lequel elle n’a pu postuler et obtenir une promotion, elle s’arrête soudainement, fait silence, puis verse quelques larmes pour monsieur le juge. Un témoignage chargé d’émotion, dirait Radio-Canada …

Porter le hidjab comme des talons hauts

« Le hidjab m’a permis de m’affirmer. Ma mère me disait : Je peux manger ce que je veux mais tu dois t’habiller comme les autres le veulent ». Pourquoi portez-vous le foulard, demande alors son avocat ? « Je porte le foulard pour me réapproprier mon corps. On chiale toujours sur l’habillement des femmes. Je me fiche de l’opinion des autres ». Dans une société libérale, nul ne peut imposer ses croyances ? « Une femme qui porte des talons hauts n’impose pas les talons hauts. Je n’impose pas, je choisis ! ». Mais, ajoute son avocat, on ne peut exprimer sa conviction sans créer de tensions sociales ? 

Les bonnes fraises du Québec

À l’époque du code de vie d’Hérouxville, j’étais dans le métro avec ma fille et je parlais arabe. Quelqu’un m’a dit que je parlais une langue de marde (sic). Je me suis sentie insultée et ma fille a eu peur. Puis à l’époque de la Charte des valeurs, alors que j’étais à l’épicerie, quelqu’un m’a dit : Retourne parler à ta communauté ! Mais j’étais dans ma communauté et je parlais français. J’expliquais même à ma fille qu’il faut acheter les fraises du Québec parce que ce sont les meilleures et que ça vient du Québec. 

Cette référence à Hérouxville et à la Charte des valeurs fait écho à celle de Messaouda Dridj et suggère qu’à chaque fois qu’un gouvernement veut légiférer sur la laïcité, les femmes voilées en paient le prix. Encore et toujours victime !

En contre-interrogatoire, Me Pelchat a demandé quelle est la symbolique du hidjab ? Madame Chelbi a répondu que c’était pour elle une façon de se réapproprier son corps. On croirait entendre la Fédération des femmes du Québec.

Une enseignante en talons hauts 

Que penser de ce témoignage ? Contrairement à Ichrak Nourel Hak qui affirmait que le port du hidjab est une obligation dans l’islam, Bouchera Chelbi le banalise au point de le vider de son contenu sexuel, sexiste et politique pour n’en faire qu’un simple vêtement que l’on peut choisir de porter par goût tout comme certaines femmes choisissent de porter des talons hauts. Un choix personnel qui n’a rien de religieux et qui échappe donc aux exigences de la laïcité. 

Dans certains pays musulmans, on viole, on emprisonne, on torture et même assassine des femmes parce qu’elles refusent de porter le hidjab. On sait aussi que le hijab est le drapeau d’un l’islam politique qui s’oppose et combat farouchement la laïcité. Mais ici au Québec, Bouchera Chelbi nous le présente comme un vêtement de mode, un objet de coquetterie. 

Je vais vous dire le fond de ma pensée, le jour où l’on verra débarquer dans un Palais de Justice une armée d’avocats et d’experts comme c’est le cas actuellement dans le cadre de la contestation de la Loi 21, pour défendre le port des talons hauts, on pourra peut-être croire madame Chelbi qui affirme que le hidjab équivaut à des talons hauts, mais en attendant, je continue de penser que son voile n’est pas une paire de chaussures, qu’il n’est pas banal, pas plus qu’insignifiant mais qu’il est, bien au contraire, le signe tout désigné d’un islam radical et d’un apartheid sexuel éhonté et que madame Chelbi prend les Québécois pour des valises !

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Procès contre la loi 21 : Jour 1

Les pleureuses

C’est lundi matin qu’a débuté en Cour supérieure du Québec le procès contre la Loi sur la laïcité de l’État (loi 21). Les audiences ont commencé par le témoignage d’une enseignante musulmane portant le hidjab, Ichrak Nourel Hak qui, avec le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC), l’un des lobbies musulmans les plus influents au Canada, et l’Association canadienne des libertés civiles, avait déposé une plainte devant les tribunaux au lendemain de l’adoption de la Loi 21 en juin 2019.

Dans son témoignage, madame Hak dit qu’elle a commencé à porter le voile à l’âge de 21 ans, au moment où fouillant les sources principales de l’islam, le Coran et les Hadiths, elle découvre que le port du hidjab est une obligation dans l’islam, que c’est pour elle une manière de pratiquer sa religion, précisant également que c’est son choix parce qu’elle veut donner l’image positive qu’une femme peut être voilée et épanouie.

Ayant obtenu son diplôme de baccalauréat en enseignement du français langue seconde après l’adoption de la Loi 21, elle affirme ne pouvoir travailler dans des écoles publiques et n’avoir d’autres options que celle d’enseigner dans des écoles privées car pour elle, le hidjab fait partie de sa religion et qu’il n’est donc pas imaginable de l’enlever.

Le témoignage d’Ichrak Nourel Hak s’appuie sur l’idée que le port du hidjab est une obligation dans l’islam tout en soutenant que c’est son choix ! Allez donc savoir ! Et s’il y en a qui peuvent mâcher de la gomme tout en marchant, eh bien madame Hak affirme ici sans broncher qu’elle peut avancer et reculer en même temps. Je suis obligée mais c’est mon choix ! Alors que la logique la plus élémentaire écarte la contradiction, madame Hak soutient cette contradiction sans jamais expliquer comment elle glisse de l’obligation au choix.

Elle oublie également de préciser que l’obligation du voile islamique est une question controversée et toujours en discussion dans le monde musulman, si bien que des musulmanes ne portant pas le voile n’en sont pas moins musulmanes pour autant.

Quant à la symbolique du hidjab sur laquelle Me Christiane Pelchat, l’avocate de Pour les droits des femmes (PDF-Québec) l’a questionnée, Hak a répondu que « ce n’est pas un symbole qui dégage un message haineux ». Vous demandez à quelqu’un ce que signifie une table et il vous répond que ce n’est pas un cheval. Décidément la logique n’est pas le point fort de madame Hak. Mais ne soyons pas dupe, c’était ici une façon d’éluder la question du symbolisme du voile islamique, de ne pas reconnaître son caractère sexuel, sexiste et politique.

Première pleureuse 

Le second témoignage a été celui de Messaouda Dridj pour la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) dont les avocats sont Me Rémi Bourget qui, à l’époque de la Charte des valeurs, présidait l’organisme Québec inclusif qui s’est opposé au projet de Charte. Il est assisté de Me Frédéric Bérard ainsi que de Me Nour Farhat qui étaient également membres de Québec inclusif. Comme quoi on retrouve la famille ! 

Madame Dridj était déjà enseignante dans une école publique de Montréal au moment de l’adoption de la loi 21. Elle bénéficie donc de la clause des droits acquis et conserve son emploi. Elle a fait valoir qu’elle a le DROIT de porter le voile (on ne sait pas où ce droit est énoncé mais enfin …) et que les contraintes géographiques et hiérarchiques imposées par la loi 21 affectent ses ambitions professionnelles et lui causent des inconvénients comme ceux de ne pouvoir obtenir un autre poste, ni d’acheter une maison en périphérie de Montréal. 

Messaouda Dridj est arrivée au Québec en 2004. Elle n’a pas manqué de souligner qu’en 2013, avec la Charte des valeurs de Madame Marois, le climat social face aux femmes voilées s’est détérioré. Qu’on les interpelle dans les centres commerciaux, les insulte et qu’une violence verbale s’exerce à leur endroit. Que tout cela s’est calmé par la suite, pour reprendre l’année dernière, insinuant qu’à chaque fois que le gouvernement veut légiférer sur la laïcité, les femmes voilées en font les frais. Encore et toujours cette sempiternelle victimisation pour culpabiliser les Québécois.

C’est alors que sous le regard de Me Bourget qui surveillait attentivement la réaction du juge, madame Dridj nous a servi son petit cinéma, s’élançant soudainement dans un élan de colère mêlée de pleurs, pour dire que le ministre Roberge qui a commandé un sondage sur les enseignants portant des signes religieux, les a injustement ciblés. Victime encore et toujours. 

Bref, après cette première journée d’audition sur la contestation de la Loi sur la laïcité de l’État, a-t-on parler de laïcité ? Absolument pas ! De devoir se conformer aux prescriptions du Coran dans les écoles publiques du Québec, pas plus que de pouvoir s’acheter une maison en périphérie de Montréal n’a franchement rien à voir avec la laïcité.

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