Entrevue sur la laïcité à l’émission de Nathalie Di Palma

http://archives.ckut.ca/128/20150216.19.00-20.00.mp3

 

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URGENCE LAÏCITÉ? Conférence de Louise Mailloux

Photo de Annie Andrée Chouinard.

URGENCE LAÏCITÉ? Conférence de Louise Mailloux

6 mars, à 19:00

Pour les gens de Québec et les environs!

Tel que promis Louise Mailloux se déplace à Québec pour vous. Une conférence à ne pas manquer suivie d’une période de questions avec Mme Mailloux! Une soirée dynamique où le sujet de la laïcité et des événements d’actualités entourant ce dossier seront au menu et plus encore! Une soirée qui promet! Faites-vite les places sont limitées. Prix du billet: 15$ + frais d’admission.

Pour l’achat de votre billet en ligne cliquez ici:

http://www.eventbrite.ca/e/billets-urgence-laicite-de-la-laicite-a-lactualite-conference-de-louise-mailloux-15587392310

Urgence Laïcité? De la laïcité à l’actualité!

La laïcité, c’est quoi au juste? Y a-t-il deux sortes de laïcité, l’une ouverte et l’autre fermée? Et les Chartes, à quoi et à qui servent-elles? Quel lien avec le multiculturalisme? Le rapport Bouchard-Taylor et la Charte des valeurs; des orientations et des enjeux opposés.

La présence de l’islam au Québec, ça change quoi? Et pourquoi le voile islamique est-il devenu un sujet incontournable? Les laïques sont-ils devenus xénophobes ou islamophobes? Le Québec est-il différent du reste de l’Occident? L’intégrisme au Québec, réalité ou paranoïa? Pourquoi les militants laïques qui critiquent l’intégrisme se retrouvent-ils devant les tribunaux? Est-ce une atteinte à la liberté d’expression? Peut-on alors parler de djihad juridique?

Pourquoi vouloir vivre dans un Québec laïque? Est-ce urgent d’agir aujourd’hui et que pouvons-nous faire concrètement pour la laïcité?

Cette conférence couvre tous les aspects de la laïcité et vous permettra de poser toutes vos questions. De la laïcité à l’actualité!!!

Une conférence organisée par Vigilance Laïque

https://www.facebook.com/events/837844542944811/?fref=ts

YWCA Québec 
855, avenue Holland 
Québec (Québec) G1S 3S5 

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Défense et demande reconventionnelle de Louise Mailloux

Faisant suite à la poursuite intentée contre moi par Dalila Awada, voici le document relatif à ma défense que mon avocat,  Me Patrick Ouellet du cabinet Woods, a signifié aujourd’hui à ses procureurs.

Defense et demande reconventionnelle de Louise Mailloux

Considérant que Dalila Awada a choisi d’intenter une poursuite abusive contre moi, afin de me discréditer dans l’opinion publique dans le but de me bâillonner

Je demande à la Cour :

– De rejeter la poursuite intentée par Dalila Awada

– Et de condamner celle-ci à me payer au total $68,000.00 pour atteinte à ma réputation

Pour ceux et celles qui souhaitent m’aider à financer ma défense, vous pouvez faire une contribution en cliquant ici

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Charlie Hebdo, on continue!

Nous avons assisté ce soir à une grande démonstration de solidarité envers l’équipe de Charlie Hebdo parce que nous sommes tous révoltés par l’assassinat sauvage de leurs collègues et que nous avons choisi nous aussi de nous lever pour défendre la liberté d’expression et la laïcité.

Depuis ces évènements tragiques, on a l’impression que les démocraties occidentales prennent soudainement conscience de leur vulnérabilité et de leur difficulté à défendre la liberté et la laïcité lorsqu’il s’agit de l’islam.

C’est Michel Houellebecq qui disait que les gens de Charlie Hebdo étaient des soixante-huitards qui avaient l’habitude de bouffer du curé mais qu’ils n’avaient pas compris que le combat pour la laïcité avait changé de nature.

L’islam pose aujourd’hui de nouveaux défis au combat pour la laïcité et constitue le fer de lance de l’offensive anti laïque en Occident.

D’abord parce qu’il est soutenu par la puissante idéologie du multiculturalisme où il incarne l’exemple-type de l’Autre et réclame au nom de l’ouverture à cet autre, l’ouverture au voile et à l’islam et qu’il rallie partout en Occident une bonne partie de l’élite intellectuelle qui se porte à sa défense.

Ainsi l’islam jouit d’une protection dont aucune autre religion ne peut se réclamer et fait que sa critique nous prive de la zone de confort habituel parce qu’il bénéficie d’un statut privilégié; celui de faire passer les militants laïques pour des racistes, des islamophobes ou des identitaires d’extrême-droite. Aucune autre religion n’a le pouvoir de produire un tel effet réfrigérant.

Pourquoi croyez-vous que le combat laïque face aux catholiques faisait l’unanimité dans les syndicats, la gauche, les féministes et tous les progressistes alors qu’aujourd’hui ce même combat, au nom des mêmes principes nous divise et devient face à l’islam, du racisme et de l’islamophobie?

L’islam renforce aussi la solidarité entre toutes les religions parce qu’il incarne pour celles-ci le plus grand espoir de faire reculer la laïcité en ramenant le religieux dans nos institutions publiques.

Mais plus encore, il pose de nouveaux défis à la défense de la liberté d’expression, imposant la rectitude politique qui rend frileux les politiciens et les journalistes. Frileux dans le débat et la critique comme dans le travail d’enquête sur les réseaux islamistes. Frileux aussi dans le soutien nécessaire aux militants laïques et aux musulmans laïques.

En 2015, au coeur de l’Europe, on a utilisé des kalachnikovs pour éliminer des journalistes et des dessinateurs qui ont osé caricaturer le prophète de l’islam. Pour des raisons de sécurité, des spectacles sont annulés, des écrivains et des blogueurs se censurent, des journalistes et des militants laïques sont sous protection policière. En France et ailleurs en Europe, les mosquées et les synagogues sont surveillées. Est-ce normal qu’on assassine des gens parce qu’ils ont caricaturé un prophète? Sommes-nous toujours dans un pays laïque ou dans un pays qui de plus en plus se soumet à la charia?

Le message des terroristes est clair. On ne critique pas l’islam et son prophète. Ce message est le même quant l’Organisation de la coopération islamique, regroupant 57 pays musulmans, fait pression sur les pays membres de l’ONU pour qu’ils rétablissent le blasphème afin d’empêcher toute critique de l’islam.

Au Québec nous sommes en train de judiciariser le débat public sur la laïcité en intentant des poursuites pour diffamation à des journalistes et des militants laïques afin d’en faire des exemples et de les écarter de l’arène publique. Récemment la Commission des droits de la personne a demandé au gouvernement l’ajout d’une disposition à la Charte québécoise des droits et libertés interdisant l’incitation publique à la haine pour un motif interdit de discrimination, telle la religion.

On veut ici limiter la liberté d’expression et s’en prendre à ceux qui critiquent des idées, une religion, en particulier l’islam.

Avec courage et lucidité, il est important de regarder ce à quoi nous faisons face alors que les politiciens sont toujours dans le déni et le calcul politique. Il est grand temps de se ressaisir, et rapidement, si nous souhaitons préserver les valeurs qui nous sont chères, arrêter de tourner autour du pot, de tergiverser et légiférer sur la laïcité.

Pour envoyer un message clair aux islamistes que la religion doit être séparée de la politique, qu’elle doit être privée et s’en tenir au ciel, que nous avons le droit de la critiquer, le droit de blasphémer et que la charia n’a pas sa place au Québec.

C’est le plus bel hommage que nous puissions rendre à ceux qui, pour avoir défendus ces valeurs, sont morts debout.

Soirée Charlie Hebdo

Montréal 26 janvier 2015

 

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Allocution présentée à la remise du prix Condorcet-Dessaulles

Je suis très honorée de recevoir ce prix Condorcet-Dessaulles et je tiens à remercier bien sincèrement le Mouvement Laïque Québécois d’avoir pensé à moi pour cette distinction si prestigieuse.

Lorsqu’ils ont appris la nouvelle, plusieurs m’ont dit: «Louise, ce prix ne pouvait pas mieux tomber!». En effet, avec tout ce qui m’est tombé dessus depuis les dernières élections, je peux dire que cette reconnaissance par mes pairs est la seule chose qui tombe en montant et c’est avec une grande fierté que j’accepte ce prix qui est en quelque sorte la «coupe Stanley» des militants laïques québécois.

Cette exigence laïque, issue des Lumières, réside au coeur de notre histoire, depuis les Patriotes qui déjà réclamaient la séparation de l’Église et de l’État, en passant par les intellectuels libéraux de l’Institut canadien dont Louis-Antoine Dessaulles fut une figure de proue par sa résistance face au clergé et sa lutte contre la censure. Trois siècles plus tard, nous en sommes toujours à nous battre pour la laïcité comme quoi les religions n’acceptent pas et n’accepteront jamais d’être écartées du pouvoir politique pour lequel elles semblent avoir une attirance toute naturelle.

Malgré le fait que nous ayons complété, il y a à peine neuf ans, la laïcisation de nos écoles publiques, un des bastions les plus inébranlables de la présence du religieux dans l’État et que nous pensions alors que le plus difficile des combats étaient derrière nous, nous constatons aujourd’hui que le Québec subit des assauts et des reculs inquiétants en matière de laïcité alors que nous assistons à une offensive anti-laïque sans précédent, avec des acteurs nouveaux, provenant souvent de l’immigration, des acteurs pour lesquels ils se créent des solidarités inattendues qui redéfinissent les enjeux et posent de nouveaux défis pour la défense de la laïcité. Si on veut que notre combat ait un sens et un maximum d’efficacité, il importe de bien analyser le rôle de l’islam ici même au Québec pour comprendre comment celui-ci contribue à modifier le paysage politique.

Je vous propose donc de revenir sur un sujet que bien des gens préfèrent ne plus aborder; la fameuse Charte des valeurs du PQ. Bien que la laïcité ne peut se résumer à ce projet, il n’en demeure pas moins que ce dernier contenait politiquement deux éléments majeurs que je qualifierais de «dynamite» et qui en a fait d’ailleurs exploser plusieurs.

Le premier élément est que par ce projet de loi, le gouvernement affirmait sa légitimité politique en matière de laïcité au lieu de demeurer à la remorque des chartes et des juges et qu’il a osé défier ce que l’on appelle la judiciarisation du politique qui vise l’affaiblissement d’un gouvernement national. Premier péché mortel.

Deuxième élément; le voile islamique. À part le projet de loi 94 portant sur le niqab et mort au feuilleton, de toute notre histoire laïque, c’était la première fois qu’une proposition pour la laïcité s’adressait à une religion qui n’était pas la nôtre, une religion minoritaire et pas n’importe laquelle; l’islam pour qui la laïcité est une hérésie.

Bien sûr on dira que la proposition voulant interdire le port de signes religieux ostentatoires s’adressait à toutes les religions mais n’eût été que des crucifix pendus au cou, nous savons très bien que cette proposition n’aurait jamais vue le jour. Deuxième péché mortel.

L’importance du voile islamique a, dès le départ, occulté toutes les autres propositions de la Charte et c’est principalement autour de celui-ci que toute la controverse et tous les enjeux se sont cristallisés. Pourquoi?

Parce que le voile est un signe politique qui opère comme un procédé de marketing en rendant l’islam visible et présent dans tous les lieux publics et que porté par les employées de l’État, il sert aussi à contester la laïcité de nos institutions publiques et à remettre en question leur culture laïque.

La critique de l’islam n’est pas chose facile parce qu’il nous prive de la zone habituel de confort que nous avons lorsqu’il s’agit de critiquer les chrétiens par exemple et qu’il jouit d’une protection que ces derniers n’auront jamais au Québec. Celle d’incarner «l’Autre», l’altérité et de réclamer au nom de l’ouverture à l’autre, l’ouverture au voile et à l’islam.

Pourquoi croyez-vous que le combat laïque face aux catholiques faisait l’unanimité dans les syndicats, la gauche, les féministes et tous les progressistes alors que ce même combat, au nom des mêmes principes devient soudainement face à l’islam du racisme et de la xénophobie?

L’islam est porté par la puissante idéologie du multiculturalisme et il sert même de cheval de bataille à tous les fédéralistes du Québec qui instrumentalisent cette religion (c’est la seule qu’ils défendent d’ailleurs) pour nous imposer le multiculturalisme et son corollaire, la neutralisation d’une culture nationale.

Aujourd’hui au Québec, l’islam constitue le fer de lance de l’offensive anti-laïque. C’est pourquoi toutes les autres religions se rangent derrière elle parce que cet islam dispose d’un alibi d’une redoutable efficacité dont sont privées les autres religions et c’est celui de faire passer les militants laïques pour des racistes, des islamophobes ou des identitaires d’extrême-droite. Aucune autre religion au Québec n’a le pouvoir de produire un tel effet réfrigérant.

Ce qui donne à l’islam un statut privilégié et fait qu’il jouit d’une immunité à toute épreuve. Pour toutes les autres religions, l’islam représente le maillot jaune en tête de peloton du Tour de France parce qu’il incarne le plus grand espoir de pouvoir faire reculer la laïcité au Québec en ramenant le religieux dans nos institutions publiques.

C’est pourquoi les catholiques de gauche que nous retrouvons dans les départements de sciences religieuses de nos universités, à Québec Solidaire, à la Fédération des Femmes du Québec et à la Ligue des droits et libertés défendent tous l’islam et sa pub sexiste, le voile. C’est aussi pourquoi dans ce grand débat autour de la Charte des valeurs, toutes les religions ont mis de côté leur rivalité congénitale pour se liguer derrière le voile islamique et déferler dans les rues de Montréal pour manifester contre la Charte raciste des péquistes.

L’islam pose de nouveaux défis à la laïcité au Québec et le plus difficile est sans contredit celui d’empêcher les islamistes d’imposer la charia. Quand on voit comme on l’a vu cette semaine des musulmans, assis aux côtés du Premier Ministre, prétendant représenter la communauté musulmane, alors qu’ils ont tous milité activement contre la Charte des valeurs et que certains d’entre eux fréquentent des gens qui militent pour imposer la charia au Québec, il y a de quoi être inquiète pour l’avenir de la laïcité au Québec.

Un autre aspect inédit et inquiétant dans le combat pour la laïcité est la judiciarisation des débats publics où des musulmans bien appuyés par certains avocats fédéralistes amènent abusivement devant les tribunaux des militants laïques en les accusant de diffamation, dans le but de les faire taire, d’en faire des exemples et de faire taire tous les autres.

Je pense à Djemila Benhabib dont le combat contre l’intégrisme est connu de tous et qui est poursuivie par une école musulmane, je pense aussi à Philippe Magnan, le blogueur de Poste de veille qui cartographie les réseaux islamistes, également poursuivi. Permettez-moi de saluer leur courage, leur droiture et leur ténacité.

L’islam a redessiné le paysage politique et fait prendre au combat laïque une autre dimension. Il devient plus complexe, plus sensible et déconcerte par ses nouveaux opposants. Une certaine gauche, bon nombre de féministes, de syndicalistes et de progressistes s’opposent maintenant à la laïcité. Sans compter la rectitude politique qui empoisonne et étouffe la critique de la classe médiatique et rend frileux l’ensemble de nos politiciens. Tout ceci ne peut que profiter aux intégristes pour faire avancer leur agenda politique.

Si nous poursuivons ainsi, nous allons tout droit vers la catastrophe. Et ce sera d’abord les femmes qui écoperont et surtout les femmes musulmanes. Puis en regardant les choses à plus long terme, c’est carrément l’avenir du Québec qui est en jeu.

Contrairement à ce que certains politiciens prétendent, la laïcité est toujours d’actualité. Elle n’est pas derrière nous mais devant nous et sa défense est plus que nécessaire. Faire autrement serait faire preuve d’une grave inconscience.

Nous les laïques nous devons redoubler d’ardeur, nous consulter, nous solidariser et nous appuyer mutuellement. Nous devons également continuer d’éduquer la société civile.

Chers amis, je tiens à vous remercier bien chaleureusement d’être venus ici aujourd’hui pour me témoigner votre appui. Et soyez assurés que je ferai l’impossible pour être à la hauteur des idéaux de Condorcet et de Dessaulles qui ont consacré leur vie à la défense de la laïcité.

Montréal, 23 novembre 2014

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Le Mouvement laïque québécois décerne le prix Condorcet-Dessaulles 2014 à Louise Mailloux

Le Mouvement laïque québécois décerne
le prix Condorcet-Dessaulles 2014 à
Louise Mailloux.

Professeure de philosophie, auteure et polémiste, Louise Mailloux a contribué de façon importante à la promotion de la laïcité notamment par ses dernières publications, interventions et chroniques lors du débat qui a eu cours ces derniers mois.

La remise du prix aura lieu le dimanche 23 novembre 2014, à 13 heures
au Centre humaniste de Montréal
1225, boul. St-Joseph est, à Montréal (métro Laurier).
Tous les membres et amis du MLQ sont bienvenus.

 

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Indépendance et laïcité : même combat !

Une entrevue de Pierre Cloutier avec Louise Mailloux

Tribune libre de Vigile
lundi 22 septembre

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Louise Mailloux est professeure de philosophie au Cégep du Vieux-Montréal. Militante laïque, elle a publié « La Laïcité ça s’impose », Les Éditions du Renouveau Québécois, Montréal, 2012 et « Une Charte pour la nation », ERQ, Montréal, 2013. Elle a été candidate du Parti Québécois dans la circonscription électorale de Gouin lors de l’élection du 7 avril 2014. Elle répond ici à nos questions.

Q- Louise Mailloux, vous êtes professeure de philosophie au cégep du Vieux-Montréal et militante laïque. Qu’est-ce qui vous a motivée à quitter vos chers étudiantes et étudiants pour vous lancer dans ce sport extrême qu’est la politique partisane professionnelle en vous portant candidate pour le Parti Québécois lors des dernières élections ?

C’est le projet de Charte proposée par le PQ qui m’a décidée à entrer en politique. Au Québec, depuis plusieurs années, la laïcité subit régulièrement des assauts et connaît des reculs inquiétants et j’espérais qu’un parti politique ait le courage de légiférer sur cette question.

Le Parti Québécois a toujours été le parti de la laïcisation, celui qui a entamé les plus grands chantiers et Pauline Marois a été sans contredit l’une des politiciennes les plus résolues et les plus combatives sur cette question. C’était donc pour moi une chance et un honneur de me retrouver au sein d’un tel parti.

Et il y a aussi cet immense désir d’avoir un pays, d’être indépendant et maître chez nous qui m’habite depuis longtemps et pour lequel le Parti Québécois demeure la seule alternative.

Bref, je suis entrée en politique pour me donner les moyens de mes idées et de mes convictions les plus profondes, espérant faire avancer les choses sur ces questions si cruciales de laïcité et d’indépendance.

Q- Sur le plan émotif et personnel, comment en êtes vous sortie de cette « fosse aux lions » et quel bilan en faites-vous ?

J’en suis sortie moins naïve et plus combative que jamais.

Je savais que l’opposition à ce projet de Charte mobilisait les forces fédéralistes et les intellectuels multiculturalistes regroupés dans Québec inclusif, tous les groupes religieux, juifs, musulmans, sikhs, catholiques sans exception et aussi les islamistes, où on a vu la confrérie des Frères musulmans s’allier avec les khomeinistes pour faire barrage à cette Charte mais je n’avais jamais pensé qu’en me présentant comme candidate pour le PQ, je deviendrais la cible principale de tous ces anti-laïques. Une cible de choix dont on se servirait pour attaquer le PQ et le couper de ses assises francophones où il trouvait ses plus forts appuis à la Charte.

Il ne faut pas oublier qu’au moment de déclencher les élections le PQ était majoritaire dans les intentions de vote et que bien évidemment le projet de Charte y était pour quelque chose. Il fallait donc trouver une stratégie qui torpillerait ces appuis. Il fallait faire peur aux francophones, à tout le moins faire diversion afin d’empêcher le PQ d’imposer son agenda sur la charte. Les anti-chartes ont donc ciblé deux points sur lesquels les Québécois sont frileux ; la critique des religions et la tenue d’un prochain référendum.

Q- Lors de cette campagne, certains médias – la Presse entre autres – se sont acharnés sur vous en vous reprochant d’avoir écrit dans votre premier livre que le baptême et la circoncision peuvent être assimilés à un viol (psychologique pour l’un et physique pour l’autre). Vous attendiez-vous à ce genre d’attaques et comment avez-vous réagi émotivement ?

Quand on se présente en politique, vaut mieux n’avoir rien écrit ! Je savais que l’on scruterait mes écrits et tout le reste mais j’ai eu la naïveté de croire qu’on le ferait honnêtement ! Or, on a déformé mes propos intentionnellement voulant me créer une réputation de radicale, en espérant me rendre « toxique » au point où il deviendrait gênant pour le PQ de me compter parmi ses candidats.

J’ai effectivement dit que le baptême et la circoncision, c’est un viol mais un VIOL DE LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE. Allez sur mon blogue et lisez l’article d’où est tirée cette citation, « Le commerce des petites âmes », et vous comprendrez que je parle bien évidemment d’un viol de la liberté de conscience. Cet article, que personne n’a évidemment cité, a été écrit au moment où, en 2010, la ministre de la Famille, Yolande James, a émis une directive interdisant l’enseignement religieux dans les garderies privées. Parce que des curés, des rabbins et des imams visitaient les garderies, figurez-vous.

J’ai dénoncé cela comme étant une atteinte à la liberté de conscience des enfants parce que tout comme avec le baptême et la circoncision, on impose ici aux enfants une religion sans leur consentement alors que la liberté de conscience se définit comme le droit de pouvoir choisir ou non une religion, d’en changer ou de l’abandonner. Ce qu’un enfant ne peut faire à l’âge de 3 ou 4 ans. Peut-on dire cela au Québec en 2014 sans passer pour une radicale ? Je n’en suis pas certaine.

C’est Richard Dawkins lui-même qui disait dans son livre Pour en finir avec Dieu que de la même façon qu’il ne peut y avoir des enfants qui sont libéraux, péquistes, caquistes ou solidaires, il ne peut y avoir d’enfant qui soit catholiques, juifs ou musulmans parce qu’ils n’ont pas à 3 ou 4 ans suffisamment de maturité et d’autonomie pour faire un choix personnel et éclairé.

Vous savez si Dawkins venait au Québec, il serait invité sur toutes les tribunes et dans les médias les plus en vues, présenté comme une sommité internationale et une icône de l’athéisme. Mais une Québécoise qui dit cela, une femme, simple professeure de cégep de surcroît et là, c’est l’odieux, la honte, le blasphème et le salissage en règle de la part de nos universitaires et de nos journalistes. Nous sommes probablement plus colonisés que l’on pense.

Vous savez, la philosophie, la liberté de conscience que garantit la laïcité, cela n’intéresse pas ceux qui m’ont attaquée. Pour dire vrai, ils s’en balancent. Ce qui les intéresse, ce sont plutôt les ravages que peut faire un pareil « spin » dans l’opinion publique.

Des membres influents de Québec inclusif ont d’ailleurs joué un rôle de premier plan pour ternir ma réputation et miner ma candidature durant la campagne électorale.

Voici en preuve, un échange qui a eu lieu sur Facebook, le 16 mars dernier entre Daniel Weinstock, professeur à la faculté de droit de l’Université McGill, Mathieu Marion, professeur de philosophie à l’UQAM, Siegfried L. Mathelet, post-doctorant en philosophie à l’UQAM et porte-parole du Collectif québécois contre l’islamophobie dont le coordonnateur est Adil Charkaoui, Line Merrette Vincent, étudiante en sciences des religions à l’UQAM et quelques autres. On y discute de la meilleure stratégie à adopter pour torpiller ma candidature dans Gouin. Leur trouvaille ? Continuer d’enfoncer le clou sur Mailloux avec l’idée du « baptême comme viol » qui a été soulevée la première fois, le 7 mars, dans un article de la grande journaliste Lise Ravary.






Voilà, en plus de me nuire, ce que cherchaient ces grandes âmes, c’était d’éloigner le PQ de sa base nationaliste catholique et de miner leur appui à la Charte. Rien à voir avec le baptême et la liberté de conscience. De la politique, tout simplement, dans tout ce qu’elle a de plus vil et de plus sale.

Q- À la suite de cette attaque, vous avez senti le besoin de vous excuser partiellement en déclarant que votre intention n’était pas de blesser. Avez-vous subi des pressions de la part du Parti Québécois ou de votre garde rapprochée et amis pour le faire ou avez-vous jugé que c’était la chose qu’il fallait faire pour continuer à être dans la lutte électorale ? Avez-vous trouvé cela difficile à vivre et quelle leçon en tirez-vous ?

Je n’ai subi aucune pression. La direction du PQ m’a simplement proposé un communiqué que j’ai immédiatement accepté de signer parce que j’ai jugé qu’à ce moment-là c’était la meilleure chose à faire puisqu’ultimement ceux qui m’attaquaient, sur le baptême et aussi sur le cachère, souhaitaient que le PQ me largue. Et je ne voulais surtout pas leur offrir cette victoire !

Je suis une militante laïque connue et respectée par bon nombre de Québécois de toutes origines. J’ai une bonne connaissance du dossier de la laïcité au Québec, de celui de l’intégrisme et je me suis exprimée publiquement sur bien des sujets touchant cette question et mes positions républicaines ont toujours été claires, cohérentes et conséquentes. Alors vous vous doutez bien qu’avec une telle expertise, tout le front anti-charte ne souhaitait pas me voir députée à l’Assemblée nationale alors que j’aurais joui de l’immunité parlementaire.

Quelle leçon j’en tire ? Une mise au point rapide sur le fait que mes propos ont été déformés et cités hors contexte aurait été bien plus efficace que ces excuses mais la direction du PQ n’a pas compris que nous étions en guerre et qu’il fallait donc réagir avec davantage de fermeté et d’agressivité.

Q- Pensez-vous que cette prise de position concernant le baptême ou la circoncision a pu vous nuire pour le reste de la campagne électorale ?

Bien sûr, à travers moi, on a attaqué le PQ, espérant ainsi le couper de sa base nationaliste catholique favorable à la Charte mais on a aussi épargné à Françoise David d’avoir à débattre avec moi de ces questions sensibles puisque d’autres « s’occupaient » de moi. Je pense notamment à Lise Ravary du journal de Mtl, des membres de Québec inclusif, le Centre des relations juives et israéliennes, sans oublier le Collectif québécois contre l’islamophobie. Ça fait pas mal de monde à la messe !

Ainsi on a libéré la voie à Françoise David, ce qui lui a permis de pouvoir amener le débat sur PKP et la souveraineté.

Q – Comment expliquez-vous le comportement hostile voire hystérique d’une certaine gauche québécoise, notamment Québec solidaire, à l’endroit de l’interdiction du port des signes religieux ostentatoires dans les institutions publiques contenue dans le projet de charte déposé par le Parti Québécois ?

Québec solidaire ne défend pas la laïcité puisqu’il partage comme ses amis libéraux et néo-démocrates l’idéologie multiculturaliste voulant que les normes et les valeurs de la majorité ne soient pas neutres mais bien plutôt discriminatoires à l’égard des minorités.

Pour eux, cette majorité, pourtant au fondement de toute démocratie, est considérée comme dominante et illégitime. Dès lors, il faut donc s’en remettre aux chartes plutôt qu’aux représentants de la nation pour défendre ce qu’ils appellent les droits fondamentaux.

C’est exactement ce que souhaitait Pierre-Elliot Trudeau lorsqu’en 1971 le Canada a adopté une politique officielle sur le multiculturalisme ; ce qui a eu pour effet de nier la nation québécoise en tant que peuple fondateur et majorité francophone au Canada et de nous placer sur le même pied que toutes les autres minorités.

Ainsi toutes les cultures doivent être valorisées et aucune ne doit être privilégiée et encore moins s’affirmer comme culture nationale. Interdire le port de signe religieux ostentatoire est donc pour Québec solidaire faire preuve de racisme, de xénophobie et d’islamophobie à l’égard des musulmans. Ne perdons jamais de vue que le multiculturalisme a été inventé non pas pour reconnaître la diversité mais pour neutraliser l’affirmation nationale.

Ce relativisme issu de l’idéologie multiculturaliste est largement partagé par la gauche et les bien-pensants qui se disent progressistes que ce soit au Québec ou ailleurs. Ainsi, le voile islamique, je parle du voile parce que c’est ce signe et non la croix, la kippa ou le turban que défend Québec solidaire, puisqu’il est pour eux une façon de valoriser toutes les cultures.

Et puis il y a aussi des visées électoralistes qui motivent une telle prise de position. On l’a vu par exemple en France où le vote musulman a été important dans l’élection de François Hollande et on le voit également au Québec où, à chaque élection, les lobbys musulmans invitent les gens de leur communauté à voter pour le Parti libéral ou Québec solidaire.

Q- Qu’est-ce qui a fait défaut, selon vous, dans la gestion de ce projet de loi déposé par le ministre Drainville ? Est-on allé « trop loin » comme l’a mentionné Jacques Parizeau ou, au contraire, pas assez, en n’interdisant pas le port du voile par les élèves dans les institutions d’enseignement, ni le port du voile intégral dans l’espace public et en mettant fin au financement des écoles privées, notamment celles qui dispensent de l’enseignement religieux ?

Nous ne sommes pas allés assez loin. Lorsque je me suis présentée devant la commission parlementaire sur le projet de loi 60 accompagnée de Marc Laviolette et de Pierre Dubuc, respectivement président et secrétaire du SPQ Libre, c’est justement ce que nous avons souligné. Nous avons appuyé le projet de Charte mais en faisant valoir qu’il était nécessaire d’y inclure d’autres recommandations qui sont celles que vous venez d’énumérer.

Évidemment ceux qui m’accusent de défendre une catho-laïcité, d’être raciste et islamophobe se gardent bien de parler de ceci.

Q- L’avenir de la laïcité est-il menacé au Québec et quelle stratégie doivent utiliser ses défenseurs ?

Oui assurément. Menacé parce que ceux qui l’ont défendue semblent maintenant vouloir éviter le sujet et aussi parce qu’on ne peut sûrement pas compter sur le Parti libéral pour défendre la laïcité. Bien au contraire, ils font tout pour s’y opposer, espérant ainsi conserver le vote de la communauté juive et gagner celui de la communauté musulmane.

La stratégie à adopter dans le contexte actuel ? L’éducation. Il faut éduquer les gens sur ce qu’est la laïcité. Vous savez au Québec nous n’avons jamais eu d’éducation laïque alors il n’est pas étonnant que bien des gens ne comprennent pas ce que c’est et qu’ils associent à tort la laïcité à de l’athéisme. Certains pensent même que les laïques veulent supprimer les religions.

Devant pareille ignorance, ceux qui sont contre la laïcité en profitent pour alimenter la confusion et faire peur au monde. Je vais vous donner un exemple. L’automne dernier, j’étais invitée au Cégep de St-Jérôme pour débattre de la charte avec Jean Dorion. Il a été le premier à s’adresser aux étudiants et il a commencé en leur disant qu’avec la charte, le Cégep s’appellerait Cégep Jérôme au lieu de St-Jérôme. Cette affirmation est d’une mauvaise foi sans bornes ; elle fait aux laïques une réputation de talibans et n’aide en rien à éduquer les gens sur ce qu’est la laïcité. Nommez-moi un pays laïque où l’on a changé la toponymie des lieux ? Affirmer cela, c’est vraiment manquer d’honnêteté vis-à-vis les jeunes et profiter de leur ignorance au lieu de mieux les éduquer.

Il faut aussi dénoncer la laïcité dite inclusive qui se présente comme un nouveau modèle de laïcité alors que ce n’est qu’une ruse pour permettre l’intrusion du religieux dans nos institutions publiques sur la base des droits individuels.

Q- Quelle crédibilité accordez-vous au gouvernement Couillard lorsqu’il prétend vouloir faire la lutte à l’intégrisme religieux ?

Aucune. Il y avait une personne au Parti Libéral qui avait une solide expertise sur le sujet, c’est Fatima Houda-Pepin et ils l’ont virée. Parce qu’elle était sur ce sujet la bonne conscience des libéraux, celle qui refusait toute concession devant le lobby des intégristes et qui faisait passer ses convictions avant ses ambitions politiques. On ne peut malheureusement pas en dire autant de certains députés libéraux dont les circonscriptions englobent une bonne proportion de musulmans et qui prônent l’inclusion à n’importe quoi pour courtiser sa clientèle électorale.

Q- Avez-vous été surprise de voir l’étendue de l’hostilité virulente des médias québécois au projet de charte sur la laïcité du Parti Québécois et comment expliquez-vous cette hostilité alors que le projet de loi faisait l’objet d’un consensus de la part des parlementaires sur 90% de son contenu ?

Absolument pas. En septembre dernier, alors que les hostilités allaient bon train et que l’on tirait à boulets rouges sur le PQ et le ministre Drainville, j’ai prononcé une conférence au colloque de Génération nationale, s’intitulant Une Charte pour la nation, dans laquelle j’expliquais pourquoi ce projet de charte suscite autant d’insultes et de haine. Je me permets de citer un extrait de cette conférence : 
« En voulant légiférer sur la laïcité, le PQ a réveillé d’autres démons et doit maintenant faire face à un feu nourri, digne d’une période référendaire. Parce que ce que l’on craint le plus à Ottawa et chez les fédéralistes du Québec, ce n’est pas la laïcité, ce n’est pas non plus l’interdiction des signes religieux. Ce que l’on craint le plus, c’est qu’un peuple se redécouvre une identité, qu’un peuple se redécouvre une fierté, que la nation se réveille, qu’elle se lève et qu’elle se remette à vouloir un pays.
Voilà de quoi ils ont peur. Voilà pourquoi ils paniquent et s’excitent, nous menacent et nous insultent. Dans la population francophone, l’appui au projet de loi est majoritaire, c’est pourquoi l’industrie du multiculturalisme s’est mise en mode « action »………. Ne perdons pas de vue que cette charge politique est menée à l’endroit d’un parti souverainiste qui, avec ce projet de loi, ravive la flamme identitaire au point où cette Charte des valeurs québécoises est en train de devenir, bien malgré elle, le projet d’une Charte pour la nation ». Voilà pourquoi la charge a été si virulente.

Q- Comme vous n’étiez pas membre du conseil des ministres, vous n’avez pas participé aux discussions concernant la gestion de ce projet de loi. Mais vous-a-t-on consultée ? Et aurait-il été possible, selon vous, de faire adopter en priorité les modifications à la charte québécoise des droits et libertés quitte à reporter à plus tard, dans une simple loi, comme celle sur la fonction publique, ou par décret, l’interdiction du port des signes religieux ostentatoires ?

Le ministre Drainville a consulté plusieurs groupes et rencontré bien des personnes qui ont pris part au débat sur la laïcité. À ce titre, j’ai effectivement rencontré le ministre.

Bien sûr qu’il aurait été possible de reporter à plus tard l’interdiction du port de signes religieux qui était la proposition controversée de ce projet de loi mais la question à poser ici est plutôt : est-ce que cela aurait été souhaitable ?

Je ne le crois pas. Le voile islamique est de plus en plus présent dans nos institutions publiques. Par exemple, il y a de plus en plus d’éducatrices en garderies qui le portent, défiant ainsi la laïcité de nos institutions publiques. Et on peut supposer qu’avec l’immigration en provenance du Maghreb, ce voile sera de plus en plus présent au Québec. Vous croyez vraiment qu’il sera plus facile de légiférer dans quelques années ?

Quand on veut préserver l’égalité entre les femmes et les hommes, la question du port du voile islamique dans nos institutions publiques se pose avec acuité. Ce voile est sexiste et que des femmes musulmanes disent le porter par choix n’y change rien. L’État québécois n’a pas à cautionner un pareil sexisme, encore moins s’il se présente avec le label religieux. Nous avons une histoire qui témoigne des batailles que nous avons menées pour faire avancer les droits des femmes et la laïcité. Et il n’est pas question de retourner en arrière.

En politique, il faut savoir prendre des décisions et ce n’est pas toujours facile. Rappelez-vous lorsqu’on a légiféré sur la langue, les péquistes se sont aussi fait traiter de xénophobes. N’empêche qu’aujourd’hui, nous sommes contents de l’avoir fait.

Q- Vous connaissez sans doute l’oeuvre et l’engagement social du philosophe français Michel Onfray, particulièrement son université populaire de Caen. Que pensez-vous de cette initiative et croyez-vous qu’elle pourrait être reprise avec succès au Québec ?

Je pense que c’est une excellente initiative. Éduquer les gens sera toujours quelque chose de noble et démocratiser cette éducation, comme le fait Onfray, pour que davantage de gens aient accès au savoir et à la culture ne peut que contribuer à améliorer une société à bien des égards.

Il existe déjà au Québec, du moins à Montréal, une université populaire qui offre gratuitement aux gens de tous âges des cours ou des conférences sur une grande variété de sujets. D’ailleurs, ceux qui y enseignent sont souvent d’anciens professeurs maintenant à la retraite. Cette initiative s’inspire probablement de celle d’Onfray et mériterait bien évidemment d’être appuyée financièrement et reproduite un peu partout au Québec.

Comme lui, croyez-vous que « Dieu n’est pas mort » mais qu’il revient en force et que la seule réponse est non seulement la laïcité républicaine mais également l’athéisme « argumenté, construit, solide et militant » ? Est-il difficile d’être athée au Québec et de l’affirmer publiquement et y-a-t-il un prix à payer pour le faire ?

Effectivement Dieu n’est pas mort, même qu’il se porte assez bien. Il est partout. Ce début de 21ième siècle marque un regain de ferveur religieuse. On le voit dans l’offensive qui est menée contre la laïcité en Occident mais aussi dans les conflits religieux qui font rage partout dans le monde. L’État Islamique (l’EI) en est l’exemple le plus horrible. Est-ce que la laïcité et l’athéisme sont la seule réponse à tout cela ? Je dirais que c’est la réponse que nous avons toujours donné parce que jusqu’à maintenant nous n’en connaissons pas de meilleure.

Oui c’est toujours difficile d’être athée au Québec et si beaucoup de gens ont délaissé la pratique religieuse, cela ne fait pas d’eux des athées pour autant. L’athée est encore vu comme un radical, un être immoral alors que beaucoup de gens ont un grand respect pour tout ce qui est religieux.

Dans le fond, les gens sont encore profondément religieux parce qu’ils sont incapables d’assumer leur propre mort. N’importe quoi plutôt que d’avoir à mourir comme son chien. Et c’est sur cette incapacité à assumer le tragique de la vie que repose le fait religieux parce que les religions nous disent exactement ce que l’on veut entendre « Tu ne mourras pas », alors que l’athéisme nous rappelle que si. Quoi de plus détestable !

Q- Michel Onfray affirme aussi qu’il faut se débarrasser de la laïcité « à l’eau bénite » imprégnée de 2000 ans de judéo-christanisme, que mettre sur un même pied d’égalité la fiction et la raison, le rabbin, le prêtre, l’imam et le philosophe est une aberration et il prône une laïcité post-chrétienne, militante, athée et radicalement opposée à tout choix de société entre le judéo-christianisme occidentale et l’islam qui le combat. Partagez-vous son point de vue ?

Je ne vois pas comment une laïcité pourrait être post-chrétienne puisque la laïcité c’est la tolérance à l’égard de toutes les options, qu’elles soient religieuses ou philosophiques. C’est une position d’ouverture maximale qui garantit la liberté de conscience et permet donc d’être chrétien comme n’importe quoi d’autre.

La laïcité place l’athéisme sur le même pied que les religions, faisant de celui-ci une croyance parmi d’autres alors que l’athéisme est une attitude rationnelle face à la vie qui n’a rien à voir avec les croyances. C’est effectivement une aberration qui affaiblit l’athéisme en mettant à égalité la foi et la raison. J’ai d’ailleurs développé cette idée lors d’une conférence que j’ai donnée au Congrès nord-américain de l’Alliance athée internationale et Humaniste athée à Montréal en 2010 et qui s’intitulait « La laïcité a-t-elle tué l’athéisme ? »

Comme Onfray, je crois qu’il faut faire la promotion de l’athéisme, une promotion énergique dans le but de valoriser le savoir rationnel et les sciences, d’écarter la superstition et de limiter le plus possible la soumission des esprits aux dogmes religieux mais le phénomène religieux n’est pas que superstition.

Il répond aussi à un besoin de sécurité et de grégarité, celui d’être rassuré, d’avoir un père qui est aux cieux et sur la terre d’appartenir à une communauté qui partage les mêmes règles et pratique les mêmes rites. La religion, en proposant des prescriptions et des interdits, renforce le conformisme, cimente la vie sociale et dispense l’individu d’avoir à prendre par lui-même des décisions sur des choses aussi banales que « devrais-je ou non manger du jambon ou boire une bière ? » Il y a des gens qui ont besoin de l’encadrement que leur fournit la religion au quotidien. Ils ont besoin du ciel et de l’enfer à chaque instant de leur vie. Cela les rassure, donne un sens à leur vie et les persuade qu’ils sont dans le droit chemin. Contre cela, l’athéisme ne peut pas grand-chose.

Et c’est sans compter tous ceux qui ne veulent pas mourir et aller au ciel !

Il y aura toujours des croyants et du point de vue de l’athéisme la laïcité sera toujours une solution de compromis.

Q- En France, la laïcité républicaine existe depuis 1905 et jamais l’islamisme n’a été aussi menaçant. Sans tomber dans la xénophobie du Front national et du frisson identitaire, comment contrer cette menace sans penser resserrer nos critères d’immigration et comment le faire sans l’indépendance ? N’a-t-on pas alors l’obligation de lier laïcité et indépendance comme un seul projet ?

L’indépendance d’un peuple, c’est le commencement de tout le reste. À nous de se tenir debout !

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MLQ : La bataille du jugement dernier

Allocution présentée à la soirée de financement du Mouvement Laïque Québécois (MLQ)

Nous sommes rassemblés ici ce soir parce que nous avons en commun une chose qui nous tient à coeur; la laïcité. Certains d’entre nous sont croyants, d’autres agnostiques ou athées mais tous, nous tenons à vivre dans une société laïque, une société qui en séparant le religieux du politique, garantit la neutralité de l’État, protégeant ainsi la liberté de conscience qui est l’une des libertés les plus fondamentales de toute démocratie.

La récitation de la prière du très catholique maire Tremblay n’a pas sa place en début de séance d’un conseil municipal puisqu’elle viole la neutralité de l’État. Je tiens à préciser ici, au cas où il y aurait des journalistes dans la salle, que le mot «viol» ne vient pas de moi mais qu’il est tiré du mémoire du Mouvement Laïque Québécois!

Ce choix de la laïcité, d’autres l’ont fait avant nous, depuis les Patriotes de 1837 qui déjà réclamaient la séparation de l’Église et de l’État, en passant par les intellectuels libéraux de l’Institut canadien jusqu’aux signataires du Refus Global, ces artistes et ces intellectuels qui rêvaient d’un Québec libéré des craintes de l’enfer, un Québec moderne où l’éducation et la culture s’ouvriraient sur le monde plutôt que de se limiter au petit catéchisme.

Tous ces laïques par leur audace, leur courage et leur entêtement nous ont ouvert le chemin, celui de la liberté, celui d’une vie publique exempte des contraintes religieuses, d’une vie publique à l’abri des dogmes catholiques et de l’autoritarisme de son clergé qui pesaient alors sur nos vies et nos institutions publiques.

Nous n’avons pas à rougir d’être laïques. Bien au contraire, nous devons en être fiers, conscients que nous poursuivons à notre tour les mêmes objectifs et le même idéal que ceux qui nous ont précédés.

Au Québec, les années 60 et 70 ont été celles de la grande déconfessionnalisation. Celle des coopératives, celle des ordres professionnels et des grands syndicats comme la Confédération des travailleurs catholiques du Canada qui deviendra la CSN et la Corporation générales des institutrices et instituteurs catholiques qui deviendra la CEQ, aujourd’hui la CSQ. Mais l’église catholique perdra surtout son influence dans des secteurs où elle était bien implantée comme ceux de la santé et de l’éducation.

1961 sera l’année de la mise sur pied du Ministère de la Culture, 1969 celle de l’instauration de la Régie de l’assurance-maladie qui nous mènera l’année suivante à l’établissement du Ministère des Affaires sociales qui gèrera les services de soins de santé et les services sociaux, un secteur autrefois contrôlé par l’Église. Puis en 1964, aura lieu la création d’un Ministère de l’Éducation, un secteur névralgique que l’Église dominait totalement, qui va permettre la laïcisation des universités alors redevable à Rome, celle des savoirs et d’abolir les collèges classiques pour les remplacer par des cégeps laïques.

Toutefois d’importants compromis seront faits avec l’Église dans le domaine de l’éducation ; les écoles publiques demeurent confessionnelles et continuent à dispenser un enseignement religieux catholique et protestant, une biconfessionnalité protégée par la Constitution canadienne depuis 1867.

Les militants laïques vont donc concentrer leurs efforts sur la déconfessionnalisation des écoles publiques, en exigeant parallèlement aux écoles confessionnelles, des écoles non-confessionnelles afin de respecter la liberté de conscience des athées. C’était une première étape. En 1997, on laïcisa les commissions scolaires, restructurées sur une base linguistique mais il faudra attendre jusqu’en 2005 pour que soit complétée la déconfessionnalisation des écoles publiques et que l’on mette fin à l’enseignement religieux.

Créé en 1981, le MLQ jouera un rôle important dans ce combat pour une éducation laïque. Nous le retrouvons aujourd’hui à livrer une bataille jusqu’en Cour suprême pour que soit établi un cadre juridique clair concernant la récitation de la prière et la présence de symboles religieux dans l’enceinte de l’hôtel de ville de Saguenay et que la Cour suprême statue sur le fait de savoir si cela viole ou non la neutralité de l’État.

Cette bataille est décisive et le jugement ira bien au-delà de ce qui se passe au Saguenay puisqu’il fera jurisprudence partout au Canada concernant la compétence des municipalités en matière religieuse. Le MLQ porte ici un dossier qui aura un retentissement dans toutes les provinces canadiennes, un dossier dont l’enjeu fondamental est celui de la séparation stricte de la religion d’avec la politique.

Depuis plusieurs années, au Québec comme dans bien d’autres pays, on assiste à un détournement du sens de la laïcité, si bien que les opposants à la laïcité s’affichent eux aussi comme des défenseurs de celle-ci, jetant ainsi de la confusion dans l’esprit de bien des gens. Ces anti-laïques disent défendre un nouveau modèle de laïcité qu’ils appellent «ouverte» ou «inclusive».

Cette fausse laïcité s’oppose à la séparation du religieux d’avec le politique et considère que seule la neutralité de l’État doit être préservée. Par exemple, selon cette conception libérale anglo-saxonne, un cégep laïque pourrait avoir des employés portant des signes religieux ostentatoires, le voile, la kippa, le turban, le kirpan, un local de prière, une cafétéria offrant un menu sans porc avec des repas halal, un calendrier multireligieux servant de guide aux professeurs pour planifier leurs évaluations, des dispenses accordées à des étudiantes musulmanes les exemptant d’un cours de natation ou encore de ne pas disséquer un coeur de porc en biologie, ou d’assister à un cours de dessin avec modèle nu, un report d’examen le jour du sabbat ou pendant le ramadan, sans oublier les évangélistes qui pourraient contester l’enseignement du darwinisme et que sais-je encore? Mais, disent ces inclusifs, le cégep demeurerait tout de même neutre puisqu’il n’imposerait ou ne privilégierait aucune religion.

Voilà le véritable visage de cette laïcité inclusive qui n’est qu’une ruse visant à redonner aux religions une visibilité, une importance et une légitimité dans nos institutions publiques.

Et c’est justement en s’appuyant sur ce concept de «neutralité bienveillante» à l’égard de toutes les religions que la Cour d’appel du Québec a renversé le jugement du Tribunal des droits de la personne concernant la prière à Saguenay. La prière du maire étant, selon la Cour d’appel, oecuménique ou multiconfessionnelle, elle ne se rattache pas à une confession particulière et n’enfreint donc pas la neutralité de l’État. Il suffit d’être bienveillant envers tous et de prier Dieu, Allah, Yahvé, Shiva, petit Pois, Vishnou, petit Boubou, le grand Papout et le petit Papout pour être neutre!

Voilà comment les religions s’y prennent aujourd’hui pour contourner l’exigence républicaine de séparation stricte entre le religieux et le politique. Voilà la ligne idéologique de tous les anti-chartes et des intégristes dont il sont les alliés. Ces bien-pensants qui ont pris la place des monseigneurs d’hier qui excommuniaient à coup d’eau bénite les militants laïques pour les disqualifier du débat public, alors qu’aujourd’hui, laïcité oblige, on les traîne injustement devant les tribunaux en les accusant de diffamation.

Cette offensive anti-laïque doit absolument être contrée par une forte mobilisation citoyenne et nous avons tous à cet égard une grande responsabilité. Une responsabilité envers ceux qui nous ont précédé mais surtout envers ceux qui feront le Québec de demain. C’est pourquoi, il est important de soutenir le Mouvement Laïque Québécois, important de soutenir les militants laïques qui sont poursuivis en justice parce que seule la séparation stricte entre le religieux et le politique peut garantir la neutralité de l’État, préserver la liberté de conscience, les droits des femmes et ceux de la diversité sexuelle.

Montréal, 4 septembre 2014

 

 

 

 

 

 

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Soutenons Louise Mailloux

Voici le site en soutien à ma cause où vous pouvez dès maintenant contribuer au financement de ma défense.

À diffuser sans modération dans vos réseaux.

Merci de votre appui et de votre générosité

http://soutenonslouisemailloux.org

 

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Djihad juridique

Allocution présentée à la soirée-bénéfice du journal Les Immigrants de la Capitale

Je suis très heureuse d’être parmi vous ce soir pour assister à cette soirée-bénéfice en soutien au journal les Immigrants de la Capitale qui fait face à une poursuite en diffamation de 150 000 $ de la part d’un couple de musulmans.

Cette poursuite est la première en date d’une série d’autres attaques judiciaires ciblant d’honnêtes citoyens exerçant leur liberté de parole. En 2012, il y a eu celle intentée contre l’écrivaine et militante Djemila Benhabib, poursuivie en diffamation par une école musulmane de Montréal, suite à une entrevue qu’elle a accordée à l’émission de Benoît Dutrizac. Djemila est poursuivie pour 100 000 $. La plus récente est la poursuite en libelle diffamatoire intentée par Dalila Awada contre Philippe Magnan du site Poste de veille, la société des amis de Vigile et moi-même au montant de 120 000 $. Et nous apprenions lundi que même le gouvernement fédéral est poursuivi en diffamation par le Conseil national des musulmans canadiens pour le montant de 100 000 $.

Je pense qu’à ce stade, on peut parler de djihad juridique et parce que les accusations de racisme, de xénophobie et d’islamophobie à notre égard ne suffisent plus, certains choisissent de recourir aux tribunaux pour nous intimider, nous bâillonner, terroriser tous ceux qui prennent ou qui souhaiteraient prendre la parole sur des questions de laïcité et d’intégrisme religieux. Nous ne nous tairons pas!

Depuis l’annonce de cette poursuite, mon silence a pu être interprété par certains comme une acceptation de ces accusations. Il n’en est rien. Je récuse ces accusations. Je n’ai tenu aucun propos de caractère diffamatoire à l’égard de Dalila Awada. Ses allégations sont fausses, tendancieuses et mensongères et sa requête est sans fondement.

Participer au débat public, au choc des opinions et des idées ne s’apparente en rien à de la diffamation. C’est bien plutôt le signe d’une société libre et démocratique, respectueuse de la diversité des opinions, une société où la liberté d’expression est ce droit fondamental qui permet la critique des religions et la divulgation des courants intégristes et ses ramifications.

Par cette poursuite abusive, inappropriée, injuste et déraisonnable à mon égard, Dalila Awada a transporté le débat politique sur le terrain juridique dans le but exprès de me bâillonner et de me faire taire. Je ne me tairai pas!

Instrumentaliser les tribunaux comme elle le fait pour judiciariser le débat public et museler des citoyens qui défendent la laïcité est tout simplement odieux. Le Québec est une démocratie, pas une dictature et il n’est pas question d’y limiter la liberté d’expression qui est au coeur de notre culture et de nos institutions.

Dans une société démocratique, on ne peut tenter directement ou indirectement d’empêcher toute expression libre qui s’inscrit dans le cadre de la loi. Dans une société dite libre et démocratique, il est interdit d’utiliser le système judiciaire pour réduire au silence ses adversaires politiques.

Nous allons donc, mon avocat et moi, répliquer par tous les moyens jugés appropriés en justice et nous allons poursuivre Dalila Awada pour atteinte à mes droits fondamentaux.

On ne porte pas atteinte à la dignité et à la réputation d’une personne impunément. Dalila Awada m’a amené à tort devant les tribunaux, elle devra répondre de ses actes et en assumer les graves conséquences qui découlent d’un abus de justice.

Vous aurez compris que cette cause dépasse largement ma personne tout comme celle de l’éditeur des Immigrants de la Capitale, Mihai Claudiu Cristea, celle de Djemila Benhabib, de Philippe Magnan et des amis de Vigile. Cette cause est celle de tous les Québécois parce qu’elle concerne le respect inaliénable de la liberté d’expression sans laquelle le terrorisme intellectuel s’installe.

Cette cause est aussi la vôtre parce qu’elle engage l’avenir et les fondements même de notre démocratie. Cet avenir qui se joue maintenant au Québec, c’est l’avenir de la liberté de presse, celle des citoyens participant au débat public sur des questions d’intérêt public comme celles de laïcité, de religion et d’intégrisme. Cet avenir, aujourd’hui devant vous, je m’engage à le défendre et à le préserver.

Mais pour gagner ce combat, nous avons besoin de vous, de votre appui moral mais aussi de votre soutien financier. N’oubliez pas qu’un des aspects importants de ce genre de poursuite est de vouloir nous épuiser financièrement. Et comme l’argent ne pousse pas dans les arbres, je compte sur votre générosité.

Le 4 juin prochain aura lieu notre première comparution en cour au Palais de justice de Montréal. Elle sera suivie d’une conférence de presse dont le but est de faire connaître à la population les enjeux de cette poursuite et la façon dont mon avocat et moi entendons y répliquer. Nous annoncerons en même temps la création d’un fonds de soutien à ma cause. Le lendemain 5 juin s’ouvrira à Québec le procès concernant le journal Les Immigrants de la Capitale. C’est le début du Festival des poursuites!

Ces batailles juridiques sont d’une importance politique décisive en ce qu’elles vont tracer la voie de l’avenir; soit de protéger la liberté d’expression ou soit d’empêcher toute critique de l’islam et de l’islamisme. Voilà l’enjeu véritable qui se cache derrière ces attaques vicieuses.

Nous devons mobiliser toutes nos énergies, nos compétences et nos ressources, se solidariser, s’organiser et travailler ensemble. Et c’est ensemble que nous gagnerons!

Québec

28 mai 2014

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