Procès de Djemila Benhabib : Jour 2

« Le GIA aurait dû te liquider avant que tu mettes les pieds ici, connasse! »

Une polémique a éclaté hier au procès en diffamation intenté par les Écoles musulmanes de Montréal contre l’écrivaine Djemila Benhabib entre l’avocat de la partie demanderesse et les journalistes chargés de couvrir les audiences.

L’avocat des Écoles musulmanes de Montréal, Me Julius Grey, a refusé que la presse ait accès à des documents, pourtant déposés en preuve – donc publics – qui faisaient état de commentaires, présumément rédigés par une ancienne élève de l’école, sur un site de soutien à Mme Benhabib. L’un des commentaires adressé à Djemila Benhabib affirmait : « Le GIA aurait dû te liquider avant que tu mettes les pieds ici, connasse! »

Le Groupe islamique armé (GIA) était une organisation paramilitaire dont le but était de renverser le gouvernement algérien, lors de la décennie noire des années 90, pour faire de l’Algérie un pays islamique.

La présumée auteure de ces lignes, appelée à témoigner hier, a catégoriquement nié, malgré son nom au-dessus de la citation, qu’elle était l’auteur de ces lignes à caractère haineux. Elle a de plus, à plusieurs reprises, affirmé que les pages Facebook qui portaient son nom (et dont l’une avait pour entête le drapeau de l’État islamique) ainsi que sa photo, n’étaient pas d’elle. Elle a affirmé à la cour qu’elle avait été piratée à plusieurs reprises à cette époque et que l’on avait usurpé son identité. Elle n’a pu cependant expliquer à l’avocat de Mme Benhabib, Me Marc-André Nadon, pourquoi elle n’avait pas porté plainte pour ces piratages.

À la fin de ces audiences, Me Grey s’est opposé avec virulence à ce que ces éléments du procès soient rendus public, estimant au grand dam des journalistes, qu’ils n’étaient pas pertinents à la cause, puisque son témoin avait nié en être l’auteur.

Par ailleurs, l’avant-midi avait débuté avec la suite du témoignage de M. Ahmed Khébir, président du conseil d’administration des Écoles musulmanes de Montréal. Ensuite les témoins convoqués par l’institution privée d’enseignement ont défilé à la barre pour affirmer, à tour de rôle, l’excellence de l’école et pour exprimer leur désaccord avec les propos tenus par Djemila Benhabib, lors de son entrevue à l’émission de Benoît Dutrizac au 98,5 FM, en février 2012.

D’autre part, un témoin demandé à la dernière minute par l’avocat des Écoles musulmanes, Me Julius Grey, a fait l’objet d’une objection de Me Marc-André Nadon, l’avocat de Djemila Benhabib. La juge qui entend la cause, l’honorable Carole Hallée, a donné raison à Me Nadon en refusant que témoigne une sociologue, Stéphanie Tremblay, et que soit déposé en preuve un chapitre de son ouvrage consacré aux écoles musulmanes.

La juge Hallée a estimé que la partie demanderesse n’avait pas respecté la procédure et que le témoignage annoncé de Mme Tremblay n’était pas pertinent à la cause.

Le dernier témoin entendu, Kathy Malas, orthophoniste à l’Hôpital Sainte-Justine, vice-présidente du Forum musulman de Montréal et ancienne élève des Écoles musulmanes, connue pour sa défense du port du voile islamique et de la laïcité ouverte, a d’abord nié avoir qualifié Djemila Benhabib d’islamophobe mais elle a dû, par la suite, se rétracter lorsque Me Nadon lui a présenté un article de la revue Châtelaine dans lequel elle affirmait que Djemila Benhabib tenait des propos islamophobes.

Les audiences reprendront mercredi matin au Palais de Justice de Montréal avec le témoignage très attendu de la militante laïque et féministe Djemila Benhabib.

 

 

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Procès de Djemila Benhabib : Jour 1

Une première journée à l’avantage de la défenderesse.

Les Écoles musulmanes de Montréal poursuivent Mme Benhabib pour avoir émis des propos supposément diffamatoires et anti-islamiques et avoir critiqué des versets du Coran étalés sur le site web de la partie demanderesse. L’un de ces versets demande aux musulmans d’éliminer les mécréants en les ébouillantant alors que l’autre promet 72 vierges aux musulmans mâles une fois rendus au paradis. Mme Benhabib a estimé que ce dernier verset avait un contenu éminemment sexiste et qu’il était déplacé de l’enseigner à des enfants, tout comme pour la sourate précédente. Elle s’est déclarée en désaccord à l’époque également avec le voilement des fillettes.

Le procès a démarré en grande hier au Palais de Justice de Montréal avec un témoignage étoffé de l’animateur vedette du 98,5 FM, Benoît Dutrizac. M. Dutrisac a notamment affirmé que l’entrevue accordée à Mme Benhabib en février 2012 était parfaitement justifiée en raison du débat sur les accommodements raisonnables qui faisait rage à l’époque au Québec.

“On n’arrêtait pas d’en parler”, a lancé M. Dutrizac qui a ajouté qu’il avait invité Djemila Benhabib à son émission parce qu’il avait lu l’ensemble de ses livres et qu’il trouvait pertinente l’analyse faite par Mme Benhabib sur la vaste question de l’islam politique et des accommodements raisonnables.

Dutrizac estimait donc qu’il s’agissait d’une question d’intérêt public et que dans le contexte de la Commission Bouchard-Taylor la question du voilement des petites filles et des versets coraniques violents enseignés aux enfants étaient des questions sur lesquelles nous devions nous pencher en tant que société.

“J’ai mes convictions, a ajouté Benoît Dutrizac. J’ai mes principes. Et comme père de famille – j’ai quatre enfants – j’ai de la misère à accepter que l’on instruise des enfants de façon dirigée.” Pour l’animateur de radio, il s’agit là d’un “débat fondamental” dans notre société.

Dutrizac a ajouté qu’il avait reçu à l’époque une mise en demeure des Écoles musulmanes l’enjoignant de se rétracter faute de quoi il serait traîné en justice. Par la suite, les Écoles musulmanes de Montréal n’ont pas mis leur menace à exécution, préférant s’en prendre à Djemila Benhabib, pourvue de peu de moyens financiers pour se défendre. La tournure du procès hier a suggéré que le but de la poursuite était visiblement de faire taire la militante féministe et auteure du best-seller “Ma vie à contre-coran”.

Par ailleurs, le président des Écoles musulmanes de Montréal, M. Ahmed Khébir, a témoigné par la suite en affirmant que les déclarations de Mme Benhabib avaient eu des conséquences “catastrophiques” sur l’institution – financée à hauteur de 400 000$ par le gouvernement du Québec -, créant la panique dans l’école. Les enfants pleuraient, a affirmé M.Khébir, défendu par l’avocat Julius Grey, et les professeurs étaient en colère.

Il a tenté de démontrer, sans succès, que l’école avait perdu des élèves et qu’elle était menacée d’actes de violence, là encore sans pouvoir faire de liens directs entre l’intervention de février 2012 de l’écrivaine Djemila Benhabib et les affirmations avancées par le représentant des Écoles musulmanes de Montréal. M. Khébir a même dû admettre que le port du foulard islamique était obligatoire pour les élèves à partir de la 5e année et pour toutes les petites filles lorsqu’elles se rendaient à la mosquée adjacente à l’école.

Khébir a également été incapable d’expliquer pourquoi le reportage du journaliste Hugo Joncas du Journal de Montréal en février 2015 – qui faisait état de la présence de littérature djihadiste dans la mosquée de l’école – n’a pas fait, lui, l’objet de poursuites en diffamation de la part de son école.

Le procès se poursuit toute la semaine au Palais de Justice de Montréal avec le témoignage attendu de Mme Benhabib, jeudi. La salle d’audience était pleine à craquer hier en raison de nombreux partisans de Mme Benhabib. La cause est entendue par la juge Carole Hallée.

 

 

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C’est une invitation à toutes et à tous

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Soutenons Djemila

Voici ma présentation lors de la soirée de soutien pour Djemila Benhabib qui a eu lieu hier soir au Lion d’Or

 Au Québec, il semble déjà bien loin le temps où l’appui à la laïcité faisait l’unanimité dans la gauche, dans les syndicats, chez les féministes et les militants laïques. Bien loin aussi le temps où les féministes étaient solidaires et se réclamaient d’un seul féminisme. Loin aussi le temps, où le sens critique était présent quand nous discutions de religion.

Aurait-on imaginé, il y a à peine vingt ans, qu’après avoir déconfessionnaliser nos commissions scolaires et mis fin à l’enseignement religieux dans nos écoles publiques, qu’après avoir retiré des manuels scolaires les stéréotypes sexistes dans le but de promouvoir l’égalité des sexes, l’on se retrouverait aujourd’hui avec des petites filles voilées dans ces mêmes cours d’école et des enseignantes voilées dans les classes et les garderies?

Aurait-on imaginé un État qui subventionne, les yeux fermés, des écoles privées confessionnelles où l’on soumet les élèves à des versets haineux, violents et sexistes tirés du Coran et qui oblige les élèves à porter le voile islamique?

Et de voir aujourd’hui, les militants laïques subir les pires insultes et être accusés de racisme et d’islamophobie? Et le comble, de voir certains d’entre eux, comme Djemila Benhabib, amenés devant les tribunaux pour avoir dénoncé ces pratiques condamnables dans une émission de radio ?

Le Québec change sous l’effet d’une immigration à dominance musulmane qui nous amène une nouvelle religion, l’islam, pour qui la séparation du religieux et du politique demeure une hérésie. Au Québec comme partout en Occident, l’islam pose de nouveaux défis à la laïcité et n’est pas non plus sans conséquence sur le mouvement féministe. Mais le plus inquiétant demeure encore son instrumentalisation politique; l’islamisme, dont bien des musulmans, vivant à nos côtés, nous mettent en garde, pour l’avoir vécu dans leur pays d’origine. Djemila en est un exemple éloquent.

La partie la plus visible de cette idéologie fasciste et totalitaire est le voile et toutes ses autres versions que l’on impose aux femmes et aux fillettes musulmanes. Ce voile n’est pas une question futile. Si c’était le cas, les islamistes ne s’entêteraient pas à vouloir l’imposer. Il n’est pas non plus un simple vêtement comme on s’obstine à nous le présenter.

Ce voile est lié au contrôle de la sexualité des femmes et au désir des hommes. Il fait de la femme un objet sexuel et il a pour fonction de soustraire les femmes musulmanes au regard des hommes qu’elles pourraient épouser, minimisant ainsi les occasions de séduction. C’est la raison pour laquelle les femmes voilées ne se dévoilent qu’en présence des hommes de leur famille et cachent leurs cheveux, leur cou, leurs oreilles, leurs bras et leurs jambes aussitôt qu’elles se retrouvent en public.

C’est la pudeur islamique qui prend sa source dans un patriarcat enrobé de religieux et de sacré et qui fait croire aux fillettes et aux femmes que leur corps est impur et source de tentation pour les hommes. Voilà ce que l’on enseigne aux jeunes filles dans ces écoles musulmanes; la honte et la détestation de leur propre corps.

Présenter ce voile comme un simple vêtement, nous empêche de comprendre sa fonction réelle et contribue à le banaliser, à neutraliser toute la charge politique qui est contenue dans ce bout de tissu de même que de passer sous silence la résistance et le combat de milliers de femmes qui ont connu et connaissent toujours l’humiliation, la prison, la violence et même la mort pour avoir refuser de le porter.

Le voile, un simple vêtement? Vous avez entendu Shiva. Allons donc! Nommez-moi un seul vêtement, un seul qui a causé et cause toujours autant de souffrance dans le monde ? Et s.v.p. Mme Massé, fichez-nous la paix avec votre string!

Présenter ce voile comme un simple vêtement arrange bien les islamistes mais cela fait aussi l’affaire des politiciens comme Philippe Couillard, Stéphanie Vallée et Justin Trudeau qui s’empressent de nous dire qu’il n’est pas question que l’État dise aux femmes comment s’habiller. C’est l’excuse facile des politiciens pour se débarrasser d’une question sensible et ne pas avoir à légiférer sur celle-ci. De la lâcheté bien davantage que de la naïveté.

L’État n’a jamais dit aux femmes comment s’habiller. L’Église oui, mais pas l’État. Et quand l’État interdit le port de signes religieux dans ses institutions publiques, il n’est pas en train de dire aux femmes comment s’habiller mais il défend la séparation du politique et du religieux et assume ses responsabilités en protégeant la laïcité de ses institutions.

Ce voile est tout, sauf futile. Symbole éclatant de l’islamisme, il est la tête de pont de leurs visées théocratiques et de leur volonté d’imposer la charia. Vous savez, il y a deux choses que les islamistes détestent plus que tout le reste, c’est la laïcité et la liberté des femmes. C’est pourquoi ils mènent une offensive sur ces deux fronts, avec le voile comme cheval de bataille.

Partout en Occident, ce voile marque le point de rupture qui divise en deux l’histoire du féminisme. Le vieux féminisme, le dépassé et le nouveau féminisme, ouvert et évolué qui défend le port de signe religieux et sexiste pour les femmes musulmanes. Voilà, pour l’évolution. Avancez en arrière. On ne naît pas burkini mais on le devient, ça c’est fini! De Beauvoir, fini! Et toutes celles qui suivent en marchette, ça achève de toutes façons.

Notre féminisme démodé et dépassé a obtenu pour toutes les femmes, quel que soit leur origine, leur couleur ou leur religion, le droit de vote, l’égalité dans le mariage, la contraception, l’avortement, des cliniques de planning familial qui ont permis aux femmes de poursuivre leurs études post-secondaires et d’entrer sur le marché du travail, l’équité salariale, l’autonomie financière, les garderies, les congés de maternité, l’ouverture à des professions masculines, des politiques contre le harcèlement sexuel au travail, la criminalisation du viol. Dépassé ça? On n’a même pas terminé!

Parait qu’il faut maintenant s’ouvrir au féminisme islamique. Mais il a fait quoi jusqu’à maintenant le féminisme islamique? A-t-il abrogé les versets sexistes du Coran, où il est dit que les femmes doivent obéir aux hommes et que ces derniers ont le droit de les battre si elles désobéissent? Où l’on compare les femmes à un champ de labour que les hommes peuvent cultiver à leur guise? Et l’impureté des menstruations? Et l’inégalité dans l’héritage? Et la répudiation et la polygamie qui sont le privilège des hommes? Et le voilement des fillettes dans les écoles? On aimerait cela les entendre les féministes islamiques. Ça nous changerait de Benhabib!

Je vais vous dire à quoi il sert le féminisme islamique; il sert à défendre le voile et l’islam, à diviser les féministes alors que nous étions solidaires, à nous culpabiliser en nous traitant de blanches, de racistes, de colonialistes et d’islamophobes et à berner les jeunes féministes en leur faisant faire croire qu’elles sont cool parce qu’elles pensent que le voile est un vêtement et que l’État n’a pas à dire aux femmes comment s’habiller.

Depuis quelques années, l’offensive anti-laïque et anti-féministe a franchi une nouvelle étape; celle de la judiciarisation du débat public sur la laïcité. Des musulmans recourent aux tribunaux pour intimider et bâillonner certains militants laïques, les ostraciser, les écarter du débat public, en faire des exemples et décourager les vocations.

Dans une société dite libre et démocratique, il est scandaleux d’utiliser le système judicaire pour réduire au silence ses adversaires politiques. Le Québec est une démocratie, pas une dictature et il n’est pas question d’y limiter la liberté d’expression qui est au coeur de notre culture et de nos institutions.

On connaît tous l’engagement profond, indéfectible et exemplaire de Djemila Benhabib pour la laïcité et la liberté d’expression et son infatigable et courageux combat contre l’islamisme qu’elle a connu de près dans le pays de son enfance; l’Algérie.

La cause qu’elle défend dépasse bien largement sa personne. Cette cause est aussi la nôtre, celle de tous les québécois parce qu’elle engage l’avenir et les fondements même de notre démocratie.

La bataille juridique qui va s’enclencher, lors de son procès au Palais de justice de Montréal le 26 septembre prochain, sera d’une importance politique décisive en ce qu’elle va tracer la voie de l’avenir pour le Québec; soit de protéger la liberté d’expression ou soit d’empêcher toute critique de l’islam et de l’islamisme.

À nous d’être à ses côtés, pour lui témoigner notre appui et notre estime.

Montréal, 12 septembre 2016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le burkini, version aquatique du hidjab

Vous souvenez-vous du sketch dans le film de Woody Allen, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander, dans lequel Allen lui-même, fourré dans un burkini tout blanc, incarnait un spermatozoïde? C’était en 1972, l’époque d’après Mai 68, celle de la révolution sexuelle où l’on se libérait des tabous et du carcan moral de la religion catholique face au sexe. L’époque où l’on enseignait Wilhelm Reich, Freud avec son Malaise dans la culture et Marcuse avec son fabuleux Éros et civilisation. C’était aussi l’époque de la révolution féministe avec La femme eunuque de Germaine Greer, La politique du mâle de Kate Millett et le percutant Ainsi soit-elle de Benoîte Groulx.

Au Québec, les années 70 furent celles du premier écrit féministe avec l’audacieux L’Euguélionne de Louky Bersianik, livre-culte qui connut un succès immédiat auprès des femmes. Ce fut aussi, en 1978, la présentation au TNM de la très irrévérencieuse pièce Les fées ont soif de Denise Boucher qui avait provoqué la colère des catholiques, ceux-ci ayant même demandé une injonction pour la faire interdire. Des manifestations eurent lieu et des appuis de partout se firent entendre pour dénoncer la censure des catholiques.

Dans les années 70, ça discutait fort et on avait l’impression que le Québec prenait enfin le virage féministe et que tous les espoirs étaient permis. Les femmes prenaient conscience de leur aliénation, conscience de l’existence du patriarcat à qui la morale catholique servait d’idéologie. Elles luttèrent alors pour l’obtention de droits reproductifs parce qu’elles ne voulaient plus laisser l’époux, le curé ou le médecin définir leur vie et contrôler leur propre corps. Dites, vous souvenez-vous de cela?

Mais à quoi auront servi tous ces efforts si ce n’est aujourd’hui pour se prosterner devant le burkini de ces femmes déguisées en spermatozoïde et qui, dans les années 70, auraient passé pour des saintes nitouches? Sommes-nous tombés sur la tête? Est-ce cela, l’émancipation des femmes ? Que sert d’avoir la liberté d’aller à la plage seulement si nous cachons tout notre corps ? Sommes-nous assez naïves pour penser que celles qui «choisissent» le burkini, auraient pu tout aussi bien choisir le bikini? Et comment se fait-il qu’aucun homme ne fasse jamais ce choix? Ils sont libres, eux aussi, non?

Même morale étriquée

Le burkini participe de la même idéologie, de la même morale étriquée que celle du hidjab. Une morale patriarcale et sexiste qui définit les femmes comme des objets sexuels appartenant aux hommes. Faut-il rappeler que le Coran interdit aux femmes musulmanes d’épouser un non-musulman, sauf si l’époux se convertit à l’islam.

Le burkini tout comme le hidjab ont la même fonction sociale : soustraire les femmes musulmanes aux regards des hommes qu’elles pourraient épouser, minimisant ainsi les occasions de séduction. C’est la raison pour laquelle les femmes voilées ne se dévoilent qu’en présence des hommes de leur famille et cachent leurs cheveux, leur cou, leurs oreilles, leurs bras et leurs jambes aussitôt qu’elles se retrouvent dans l’espace public. Le burkini n’est que la version aquatique du hidjab, symbolisant l’un comme l’autre, l’absence de liberté sexuelle des femmes musulmanes de même que l’instrumentalisation de leur corps au profit de la communauté. Cela rappelle l’époux, le curé et le médecin, vous ne trouvez-pas?

Le burkini comme indice de la pénétration de l’islamisme

L’immense controverse qui fait rage en France à propos du burkini est révélatrice du succès des islamistes à imposer leur idéologie patriarcale et à contrôler le corps des femmes musulmanes jusque sur les plages. La stratégie des islamistes est fort simple. Dans un premier temps, faire accepter le burkini sur les plages en nous le présentant comme un maillot de bain qui va permettre aux femmes burkinisées de profiter de la plage comme tout le monde. Bref nous culpabiliser de vouloir interdire cet accoutrement sexiste et faire pleurer dans les chaumières.

Si nous ne résistons pas fermement à ce chantage émotif, cela aura pour effet d’augmenter la pression sur les femmes musulmanes qui refusent de porter le burkini, les incitant à rester chez elles plutôt que de s’exposer au harcèlement des burkinisées. Une fois les femmes musulmanes mises au pas, les islamistes s’attaqueront aux femmes non-musulmanes, avec cette fois-ci la rhétorique de la femme qui, en choisissant le burkini, refuse d’être un objet sexuel. Et au nom de l’émancipation des femmes, les plages deviendront bondées de saintes nitouches. Ainsi soient-elles…

Au Québec, la morale islamiste n’est pas que sur les plages

La morale islamiste a pénétré depuis plusieurs années nos écoles publiques, là où sont socialisés la plupart des jeunes québécois. Elle s’affiche dans le hidjab des fillettes et des jeunes filles, dans celui des enseignantes et dans celui des éducatrices en garderie.

Suite aux recommandations faites par le Conseil du statut de la femme en 1978, le gouvernement modifia sa politique en matière d’édition de manuels scolaires afin d’en retirer toute référence à des stéréotypes sexistes dans le but exprès de promouvoir l’égalité des sexes. Alors qu’aujourd’hui nous exposons les jeunes au sexisme outrageant du hidjab des enseignantes et des éducatrices voilées au nom de l’ouverture à la différence. Le sexisme n’est devenu qu’une simple différence. Voilà où nous en sommes après quarante ans de luttes féministes.

Interdire le burkini au Québec?

Oui, il faudrait interdire le burkini au Québec, mais avant de penser à légiférer sur les plages, il faudrait avoir le courage de légiférer sur le port de signes religieux à l’école et dans les garderies. Car si tout le monde ne va pas à la plage, tous en revanche doivent fréquenter l’école, qui est une institution publique.

J’ai souvenir d’un gouvernement qui, il y a à peine trois ans, a voulu, au nom de la laïcité, légiférer sur le port de signes religieux dans les institutions publiques. Les appuis furent nombreux dans la population et les attaques des multiculturalistes, des islamistes et des groupes religieux furent virulentes. Nous savons comment tout cela s’est terminé.

Les péquistes se sont retrouvés dans le confessionnal des curés du multiculturalisme, à se repentir d’avoir été trop loin. Tellement qu’aujourd’hui, bon nombre de politiciens, péquistes comme caquistes, se cramponnent au rapport Bouchard-Taylor, devenu soudainement La Mecque de la laïcité, le meilleur rempart contre les accusations de racisme et d’islamophobie.

Mais savez-vous que ce rapport autorise le port de signes religieux chez les enseignantes et les éducatrices en garderie? À trop vouloir ne pas faire de vagues, on risque bien de se noyer. L’été tire à sa fin et bientôt les plages seront désertes. Il serait peut-être temps d’envisager le retour en classe…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Projet de loi n°59 : De la grande séduction

Le projet de loi n°59 concernant la prévention et la lutte contre les discours haineux a été l’objet de vives critiques l’automne dernier en commission parlementaire. Jugé liberticide par la plupart des intervenants, la ministre Vallée continue malgré tout de faire la sourde oreille face aux critiques qui lui ont été adressées.

Comment expliquer cet entêtement à vouloir limiter ainsi la liberté d’expression si ce n’est que parce que ce projet de loi s’inscrit dans une stratégie plus large concernant la nouvelle politique d’immigration du gouvernement libéral.

Le secteur privé et les accommodements religieux

Cette nouvelle politique d’immigration a comme axe principal le recrutement des immigrants en fonction des besoins du marché du travail à partir d’une déclaration d’intérêt des entreprises privées.

La stratégie proposée entend corriger d’importants obstacles à l’insertion professionnelle par une meilleure francisation, une reconnaissance des acquis et des compétences et une réduction du délai pour le traitement des demandes. Il manque toutefois un élément important que la ministre Weil n’a pas abordé, c’est celui des accommodements raisonnables en milieu de travail.

Dans le mémoire que la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) a présenté lors des auditions sur la Charte des valeurs en janvier 2014, elle souligne que ce projet de loi va nuire à l’image du Québec à l’international et que ceci va rendre difficile les efforts pour attirer des talents provenant de l’immigration alors que l’augmentation de la main-d’oeuvre se fait essentiellement par l’immigration. De plus, y lit-on que, pour la période 2008-2012, 36,9 % des immigrants de la catégorie immigration économique proviennent d’Afrique. Près de 25 % d’Afrique du Nord. Et la FCCQ d’ajouter : «On sait tous qu’une forte proportion de ressortissants d’Afrique, en particulier du Maghreb, est de confession musulmane. Quel message reçoivent-ils du Québec depuis quelques mois?» La FCCQ conclut qu’elle ne réclame aucune intervention du gouvernement.

De son côté, la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) qui regroupe majoritairement des travailleurs et travailleuses du secteur privé, dans son mémoire présenté en 2007 à la Commission Bouchard-Taylor, bien qu’elle reconnaisse que le service public diffère d’un emploi au privé, elle insiste sur l’obligation d’accommodement raisonnable pour rendre les milieux de travail plus inclusifs dans le secteur privé.

Plus soucieux d’engranger les profits que de défendre des valeurs collectives, vous aurez compris que le secteur privé, n’étant pas tenu à l’exigence de laïcité puisqu’il ne relève pas de l’État, sera très conciliant face aux demandes d’accommodements religieux.

Jacques Frémont et l’Open Society Foundations

Un article du journal Forum du 20 février 2012, nous apprend qu’à cette époque, Jacques Frémont, l’actuel président de la Commission des droits de la personne et de la Jeunesse (CDPDJ), était directeur de l’International Higher Education Support Program à l’Open Society Foundations – un organisme financé par le milliardaire Georges Soros.

Dans une conférence qu’il a prononcé à l’Université de Montréal en février 2012, M. Frémont affirme que : «L’enseignement supérieur est devenu un important objet de préoccupation des États, en Afrique comme en Asie centrale, partout! C’est un enjeu de développement, de diplomatie, de positionnement international qui est incontournable actuellement». On en déduit que la concurrence à l’échelle mondiale entre les universités pour recruter des étudiants étrangers soit devenue un enjeu majeur. Rappelez-vous la ministre Weil en conférence de presse disant vouloir «les amener à rester».

De la grande séduction pour le vivre-ensemble

Et pour charmer ces étudiants étrangers ainsi qu’établir des partenariats avec d’autres universités, pour attirer ces travailleurs immigrants, le milieu éducatif et celui du travail devront être très accueillants et donc peu scrupuleux sur des accommodements religieux tel la prière, le port du voile, le ramadan, les congés, le halal, les horaires de travail. Ce qui rendra le Québec plus attrayant et facilitera le libre marché de la main-d’oeuvre et des cerveaux conformément aux intérêts du capitalisme mondial néolibéral.

Mais voilà que ceci risque de créer bien du mécontentement dans la population, dans un Québec qui a connu deux épisodes de contestation d’ouverture au religieux; celui des accommodements raisonnables en 2007 et celui de la Charte des valeurs qui, en 2013, a obtenu un fort appui chez les francophones. C’est la raison pour laquelle le gouvernement Couillard a conclu qu’une telle entreprise de séduction des immigrants doit être assortie d’un volet répressif dans le but d’empêcher une nouvelle montée de lait des Québécois et que le peuple devienne un acteur politique important.

De la grande répression pour mieux vivre ensemble

Dénonciation, plaintes anonymes, accusations devant un tribunal civil, interdiction de publication, amendes etc… Une procédure simple, efficace et sans frais pour quiconque se sentira lésé. Un projet de loi orwellien qui va museler toute critique des religions, particulièrement de l’islam, et offrir aux intégristes et à tous ceux et celles qui mènent une bataille politique contre les laïques un outil répressif digne des pires fascismes.

Ce gouvernement a compris que les insultes et les accusations habituelles de xénophobie et d’islamophobie ne suffisent plus pour faire taire les gens. Il faut dorénavant les amener devant un tribunal. Ainsi le privé pourra tranquillement accommoder le religieux comme bon lui semble et, pourquoi pas, devenir dans le futur le modèle qui servira à la gouverne des nos institutions publiques.

Ce projet de loi n°59 n’est pas tombé du ciel et l’obstination de la ministre Vallée à vouloir aller de l’avant malgré une forte opposition révèle à quel point il est lié à un d’autres enjeux comme celui de la laïcité, de l’immigration et du libre marché. Et pour parvenir à leurs fins, les libéraux n’hésitent pas à bafouer la liberté d’expression qui est l’un des droits les plus fondamentaux de toute démocratie.

Les planètes libérales sont bien alignées; augmentation des réfugiés du côté fédéral et augmentation des immigrants économiques au provincial. On ouvre les vannes de l’immigration tout en soumettant le Québec à une répression sans précédent qui en plus de river définitivement le clou à la fameuse Charte des valeurs, servira d’exemple pour le reste du pays.

 

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Cologne, et après ?

Les crimes sexuels de masse dont des femmes européennes ont été victimes au Nouvel An soulèvent une question essentielle; si ces femmes avaient été voilées, auraient-elles été agressées par ces hommes arabes? Je pense que non.

Ces évènements scandaleux illustrent à quel point le voile islamique est bien plus qu’un simple vêtement religieux ou culturel comme le prétendent les militantes pro-voile, en ce qu’il participe d’une idéologie patriarcale et comporte une fonction sociale et politique que nous aurions tort d’ignorer.

Le voile fait de la femme un objet sexuel

Cacher ses cheveux, son cou, ses oreilles, ses bras et ses jambes, c’est reconnaître que la femme est un objet sexuel. C’est s’afficher ostensiblement comme une proie sexuelle au regard des hommes. C’est se définir comme objet du désir des hommes, tout en transformant ceux-ci en de vulgaires prédateurs.

Cacher ses cheveux, son cou, ses oreilles, ses bras et ses jambes, c’est reconnaître que le sexe n’appartient qu’aux hommes et que le désir sexuel ne se conjugue qu’au masculin. C’est témoigner publiquement de la négation de son propre désir dans ce qu’il a de plus sauvage et de plus intime. C’est consentir à son refoulement le plus violent, dont la version sublimée se drape dans la vertu, la respectabilité et la pudeur.

Cacher ainsi son corps, c’est accepter de n’être définie que par le regard des hommes. C’est se constituer en objet au lieu de se comporter en sujet libre et autonome. C’est se poser comme l’inessentiel, l’accessoire, le factice en face de l’essentiel masculin. Tout le contraire de la liberté. C’est d’ailleurs l’une des grandes leçons du Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. C’était en 1949 …

Le voile islamique est un formidable pied de nez à toutes ces femmes qui se sont battues pour la reconnaissance de leur désir et de leur sexualité. Il représente la triste et silencieuse liquidation de plusieurs décennies de luttes féministes qui ont permis aux femmes d’aujourd’hui d’avoir droit au sexe.

Le voile comme prolongement de l’espace domestique
La femme, c’est le sexe et le sexe c’est le désordre. Très tôt, l’on apprend aux femmes que leur corps est une menace pour les hommes. Lorsque Khomeiny a pris le pouvoir en 1979 en Iran, il a d’abord exigé que les femmes soient voilées sur les lieux de travail, puis quelques mois plus tard, il a étendu l’obligation du port du voile à tout l’espace public.

Par le voile des femmes, Khomeiny a chassé le sexe de l’espace public et aseptisé le regard, minimisant ainsi les occasions de séduction. Ce voile islamique avait pour fonction principale de prolonger l’espace domestique dans l’espace public et de confiner le sexe au mariage et à la famille. Il devenait ainsi le rempart contre la dislocation de la famille et la dépravation des moeurs, le socle sur lequel se fondera la morale islamique.

Encore aujourd’hui dans nos démocraties occidentales, ce voile réfère au sexe et à cette morale étriquée avec pour ambition de purifier l’espace public de tout ce qui n’est pas conforme à celle-ci. Pour ces femmes voilées que nous croisons sur la rue, liberté d’étudier, oui, liberté de travailler, oui, mais liberté sexuelle, non.

Le voile est lié à la liberté sexuelle des femmes
Le sujet est tabou, même dans islam; le Coran interdit aux femmes musulmanes d’épouser un non-musulman sauf si l’époux se convertit à l’islam. Les codes de la famille marocain et algérien reprennent d’ailleurs cet interdit. Sachant que l’enfant aura la religion du père, on comprend mieux pourquoi les femmes ne doivent épouser que des musulmans.

Cette limitation à leur liberté sexuelle et affective montre bien à quel point la sexualité des femmes demeure soumise aux exigences de la communauté pour être mise au service de la Oumma. Le voile islamique n’est qu’un puissant révélateur de cette instrumentalisation de leur sexualité et d’une morale patriarcale et antiféministe qui refuse aux femmes le droit individuel à disposer de leur propre corps. Contrairement à ce que prétendent les pro-voile, celui-ci n’est pas un symbole d’émancipation mais bien un prodigieux symbole d’aliénation.

Exit le féminisme : On naît femme
Par choix ou non, il n’y a que les femmes qui portent le voile. Naturaliser les différences entre les sexes et essentialiser les identités sexuées; voilà une des principales fonctions du voile islamique qui contribue à renforcer la thèse voulant que ce soit la nature qui détermine le destin des femmes. Parce que dans l’islam comme dans toutes les autres religions, on naît femme.

Du dix-huitième siècle jusqu’à aujourd’hui, tout le féminisme s’est bâti sur une contestation radicale de cette thèse voulant que la vie des femmes soit basée sur leur anatomie. C’était d’ailleurs la thèse centrale du Deuxième Sexe; on ne naît pas femme, on le devient. Le féminin est bien davantage une construction sociale qu’un donné de la nature. Tout le contraire de ce qu’affirme les religions qui n’ont jamais été un facteur d’émancipation pour les femmes. Et le voile islamique nous fait reculer de quelques siècles.

Cologne, et après?
Quel rapport avec les évènements de Cologne, me direz-vous? Ces agressions nous donnent une indication sur la vision islamique de la sexualité et sur le sens du port du voile. Porter et défendre le voile, c’est partager la même vision, la même idéologie que ces hommes arabes qui ont agressé des milliers de femmes non voilées. Le voile islamique n’est que l’autre face d’une même médaille.

Dans le but de mettre un terme à ces agressions, plusieurs pays européens ont mis sur pied des cours de relations hommes-femmes pour les migrants. Mais on ne peut pas éduquer ces hommes arabes d’un côté et laisser des éducatrices musulmanes en garderie et des enseignantes musulmanes dans nos écoles publiques porter un symbole sexiste. Est-ce ainsi que l’État québécois entend éduquer nos jeunes et protéger les droits des femmes? On devrait également interdire le port du voile pour les filles fréquentant l’école publique. Protéger les mineures et envoyer un message clair sur l’égalité des sexes.

25 janvier 2016

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Entrevue sur la laïcité à l’émission de Nathalie Di Palma

http://archives.ckut.ca/128/20150216.19.00-20.00.mp3

 

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Défense et demande reconventionnelle de Louise Mailloux

Faisant suite à la poursuite intentée contre moi par Dalila Awada, voici le document relatif à ma défense que mon avocat,  Me Patrick Ouellet du cabinet Woods, a signifié aujourd’hui à ses procureurs.

Defense et demande reconventionnelle de Louise Mailloux

Considérant que Dalila Awada a choisi d’intenter une poursuite abusive contre moi, afin de me discréditer dans l’opinion publique dans le but de me bâillonner

Je demande à la Cour :

– De rejeter la poursuite intentée par Dalila Awada

– Et de condamner celle-ci à me payer au total $68,000.00 pour atteinte à ma réputation

Pour ceux et celles qui souhaitent m’aider à financer ma défense, vous pouvez faire une contribution en cliquant ici

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Charlie Hebdo, on continue!

Nous avons assisté ce soir à une grande démonstration de solidarité envers l’équipe de Charlie Hebdo parce que nous sommes tous révoltés par l’assassinat sauvage de leurs collègues et que nous avons choisi nous aussi de nous lever pour défendre la liberté d’expression et la laïcité.

Depuis ces évènements tragiques, on a l’impression que les démocraties occidentales prennent soudainement conscience de leur vulnérabilité et de leur difficulté à défendre la liberté et la laïcité lorsqu’il s’agit de l’islam.

C’est Michel Houellebecq qui disait que les gens de Charlie Hebdo étaient des soixante-huitards qui avaient l’habitude de bouffer du curé mais qu’ils n’avaient pas compris que le combat pour la laïcité avait changé de nature.

L’islam pose aujourd’hui de nouveaux défis au combat pour la laïcité et constitue le fer de lance de l’offensive anti laïque en Occident.

D’abord parce qu’il est soutenu par la puissante idéologie du multiculturalisme où il incarne l’exemple-type de l’Autre et réclame au nom de l’ouverture à cet autre, l’ouverture au voile et à l’islam et qu’il rallie partout en Occident une bonne partie de l’élite intellectuelle qui se porte à sa défense.

Ainsi l’islam jouit d’une protection dont aucune autre religion ne peut se réclamer et fait que sa critique nous prive de la zone de confort habituel parce qu’il bénéficie d’un statut privilégié; celui de faire passer les militants laïques pour des racistes, des islamophobes ou des identitaires d’extrême-droite. Aucune autre religion n’a le pouvoir de produire un tel effet réfrigérant.

Pourquoi croyez-vous que le combat laïque face aux catholiques faisait l’unanimité dans les syndicats, la gauche, les féministes et tous les progressistes alors qu’aujourd’hui ce même combat, au nom des mêmes principes nous divise et devient face à l’islam, du racisme et de l’islamophobie?

L’islam renforce aussi la solidarité entre toutes les religions parce qu’il incarne pour celles-ci le plus grand espoir de faire reculer la laïcité en ramenant le religieux dans nos institutions publiques.

Mais plus encore, il pose de nouveaux défis à la défense de la liberté d’expression, imposant la rectitude politique qui rend frileux les politiciens et les journalistes. Frileux dans le débat et la critique comme dans le travail d’enquête sur les réseaux islamistes. Frileux aussi dans le soutien nécessaire aux militants laïques et aux musulmans laïques.

En 2015, au coeur de l’Europe, on a utilisé des kalachnikovs pour éliminer des journalistes et des dessinateurs qui ont osé caricaturer le prophète de l’islam. Pour des raisons de sécurité, des spectacles sont annulés, des écrivains et des blogueurs se censurent, des journalistes et des militants laïques sont sous protection policière. En France et ailleurs en Europe, les mosquées et les synagogues sont surveillées. Est-ce normal qu’on assassine des gens parce qu’ils ont caricaturé un prophète? Sommes-nous toujours dans un pays laïque ou dans un pays qui de plus en plus se soumet à la charia?

Le message des terroristes est clair. On ne critique pas l’islam et son prophète. Ce message est le même quant l’Organisation de la coopération islamique, regroupant 57 pays musulmans, fait pression sur les pays membres de l’ONU pour qu’ils rétablissent le blasphème afin d’empêcher toute critique de l’islam.

Au Québec nous sommes en train de judiciariser le débat public sur la laïcité en intentant des poursuites pour diffamation à des journalistes et des militants laïques afin d’en faire des exemples et de les écarter de l’arène publique. Récemment la Commission des droits de la personne a demandé au gouvernement l’ajout d’une disposition à la Charte québécoise des droits et libertés interdisant l’incitation publique à la haine pour un motif interdit de discrimination, telle la religion.

On veut ici limiter la liberté d’expression et s’en prendre à ceux qui critiquent des idées, une religion, en particulier l’islam.

Avec courage et lucidité, il est important de regarder ce à quoi nous faisons face alors que les politiciens sont toujours dans le déni et le calcul politique. Il est grand temps de se ressaisir, et rapidement, si nous souhaitons préserver les valeurs qui nous sont chères, arrêter de tourner autour du pot, de tergiverser et légiférer sur la laïcité.

Pour envoyer un message clair aux islamistes que la religion doit être séparée de la politique, qu’elle doit être privée et s’en tenir au ciel, que nous avons le droit de la critiquer, le droit de blasphémer et que la charia n’a pas sa place au Québec.

C’est le plus bel hommage que nous puissions rendre à ceux qui, pour avoir défendus ces valeurs, sont morts debout.

Soirée Charlie Hebdo

Montréal 26 janvier 2015

 

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