Procès 2.0

Hier soir dans le cadre de l’émission Doc-humanité, a été présenté, à la télé de Radio-Canada, un film de Nadia Zouaoui s’intitulant Le Procès 2.0. Ce film présentait Dalila Awada dans le rôle principal (!), comme étant une victime de l’islamophobie qui sévit au Québec avec pour postulat que le voile islamique n’est qu’une façon comme une autre de s’habiller et que de s’opposer à celui-ci (on ne dit pas où!) relève du racisme et de la xénophobie la plus élémentaire. L’ouverture à la diversité étant représentée par la récurrence d’images de gens qui dansent et participent aux Tam-Tam sur le Mont-Royal. On cherche le lien avec la laïcité!

Par ailleurs l’animateur radio-canadien et anthropologue Serge Bouchard, que Zouaoui présente dans son film comme un grand sage, comparera la plume sur la tête d’un autochtone au voile islamique des musulmanes pour dire que «pas plus qu’on n’enlèverait la plume sur sa tête, on ne devrait enlever le voile islamique». C’est selon lui une question de respect de la différence. Quand on sait à quel point les signes et les symboles font l’objet d’un questionnement et d’une analyse conceptuelle rigoureuse et approfondie chez les anthropologues, on peut se questionner sur le sérieux d’une telle affirmation de la part de Serge Bouchard.

La nullité conceptuelle quant au contenu de ce film culmine dans les larmes d’Anne-France Goldwater plaidant en faveur de la liberté tout court et donc de celle de s’habiller comme on veut. Ce film mentionne bien évidemment la poursuite en diffamation intentée par Dalila Awada contre Philippe Magnan et moi-même (sans mentionner que le site Vigile était aussi visé par cette poursuite). Zouaoui omet également de mentionner qu’à mon tour, j’ai intenté une poursuite contre Dalila Awada (une demande reconventionnelle en diffamation) pour atteinte à ma réputation. Le film se termine finalement sur cette phrase écrite à l’écran disant que Dalila Awada a gagné son procès pour diffamation, sans préciser contre qui était ce procès(Philippe Magnan et lui seul), laissant ainsi croire qu’il y a eu un procès contre moi et que j’ai été condamnée pour diffamation alors qu’en octobre 2017, Dalila Awada a retiré sa plainte contre moi et qu’en contrepartie, j’ai retiré la mienne et qu’une entente a été signée hors-cour pour convenir d’un désistement sans frais de part et d’autre.

Cette absence de rigueur et de déformation des faits par la rétention de certains éléments, est une petite «vacherie» signée Nadia Zouaoui! Un film d’une rare insignifiance, pour quatorze ans et moins, et qui m’a rappelé mes cours de catéchèse alors que j’étais adolescente et dans lesquels on nous répétait constamment qu’il faut s’aimer même si on est différent.

Dites, vous vous souvenez de cette chanson Le Blues D’la Métropole de Beau Dommage ? «En soixante-sept tout était beau. C’était l’année d’l’amour, c’était l’année de l’Expo. Chacun son beau passeport avec une belle photo. J’avais des fleurs d’in cheveux, fallait-tu être niaiseux !»

https://louisemailloux.wordpress.com/2018/04/10/quelques-mots-au-sujet-de-la-poursuite-en-diffamation-que-ma-intentee-dalila-awada/

 

 

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