MAILLOUX IS BACK !

Les faits 

Le 7 mai dernier, suite à mon passage en commission parlementaire sur le projet de loi n°21, le réseau CTV et le journal The Gazette ont publié chacun un article dans lesquels ils tronquent et déforment deux de mes écrits, datant de 2011 et de 2012, dans le but exprès de salir ma réputation et de me discréditer auprès de leur lectorat.

Voici textuellement ce qu’ils ont publié en date du 8 mai 2019 à mon sujet :

CTV :

« Mailloux has said that baptism is a form of rape and apologized after repeatedly stating the falsehood that kosher food is used to fund religious wars. »

https://montreal.ctvnews.ca/bill-21-hearings-mnas-say-ban-on-religious-symbols-is-needed-1.4412014

Et voici ce qu’a écrit le journaliste Martin Patriquin du journal The Gazette :

« Louise Mailloux, whose rather noxious pro-secular pensées include equating circumcision with rape and the professed belief that unnamed rabbis use the proceeds from the sale of kosher food to wage religious wars. »

https://montrealgazette.com/opinion/columnists/martin-patriquin-legault-seems-to-need-a-bill-21-echo-chamber

Voici maintenant deux extraits de ce que j’ai réellement écrit à cette époque concernant ces sujets :

Commençons par le premier sujet, le baptême et la circoncision comme étant un viol.

Quelques mots d’abord sur le contexte dans lequel mon article a été écrit :

Il y a quelques années, des représentants des cultes rendaient visite aux enfants dans les garderies publiques. C’est alors que la ministre libérale de la Famille de l’époque, Yolande James, a fait adopter un règlement pour interdire ces visites.

Suite à cela, j’ai écrit un article en juin 2011 dénonçant la présence de représentants des cultes dans les garderies publiques parce que je considère que cela va à l’encontre du respect de LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE des enfants. C’est en ce sens que j’ai parlé du baptême et de la circoncision comme un viol non pas physique mais un viol DE LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE des enfants.

Voici l’extrait, tiré de mon article Le Commerce des petites âmes, publié dans mon livre La laïcité, ça s’impose ( 2011 ) :

« Les croyants sont exemplaires lorsqu’il s’agit de liberté religieuse, mais ils font semblant d’oublier qu’il est une liberté encore plus fondamentale que la liberté religieuse, ET C’EST LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE. UNE LIBERTÉ QUI EST CELLE D’AVOIR OU NON UNE RELIGION, D’EN CHANGER OU D’Y RENONCER. C’EST LA LIBERTÉ PRÉALABLE, CELLE QUI REND POSSIBLE TOUTES LES AUTRES CAR, AVANT DE RÉCLAMER LA LIBERTÉ RELIGIEUSE, IL FAUT POUVOIR CHOISIR SI ON VEUT OU NON UNE RELIGION ET, SI OUI, LAQUELLE ?

Alors dites-moi ce que font les religions dans les garderies avec des enfants encore trop jeunes pour la maternelle ?…… Mais des petits catholiques, juifs et musulmans qui portent encore la couche, cela existe dans nos garderies. Baptisez-les tous ! Circoncisez-les tous ! Pour que Dieu les reconnaisse. On appelle cela du viol.

Les religions, sauf quelques exceptions chez certaines dénominations protestantes, ont toujours bafoué LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE, une stratégie trop risquée pour le marketing des âmes. Pie IX avait compris cela lorsqu’il promulgua en 1864 par un Syllabus des erreurs modernesl’anathème contre LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE …… »

https://louisemailloux.wordpress.com/2011/06/13/le-commerce-des-petites-ames/

Voilà ce que j’ai réellement écrit.

Vous aurez compris que je parle de LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE DES ENFANTS et donc, lorsque je parle du baptême et de la circoncision comme étant un viol, il s’agit bien évidemment d’un VIOL DE LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE DES ENFANTS ET NON D’UN VIOL PHYSIQUE, comme veulent le faire croire ces deux médias anglophones. Imposer une religion, que ce soit par le baptême ou la circoncision, SANS LE CONSENTEMENT DE L’INDIVIDU EST EFFECTIVEMENT UN VIOL DE LA CONSCIENCE.

Certains diront que l’emploi du mot « viol » est peut-être exagéré, trop fort, trop radical, voire inapproprié pour parler du baptême et de la circoncision chez les enfants.

Permettez-moi de vous soumettre un extraitd’une Lettre pastorale sur la liberté de conscience et de religion, publiée en avril 2012, par le Conseil permanent de la conférence des évêques catholiques du Canada (Les majuscules sont de moi) :

http://www.cccb.ca/site/images/stories/pdf/Liberte_de_conscience_et_de_religion.pdf

Proposer, ne rien imposer
6. L’Église catholique revendique le droit à la liberté religieuse afin de remplir sa mission spécifique. Soucieuse d’obéir au commandement du Christ (cf. Mt 28, 19-20), elle pro- pose l’Évangile au monde entier, comme c’est son devoir de le faire étant donné que Jésus Christ est « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14,6). Toute évangélisation est une proposition pour amener la liberté religieuse de l’auditeur à désirer et à embrasser la vérité salvifique de l’Évangile (cf. Mc 16, 15-16).

Nous ne devons jamais imposer aux autres nos convictions religieuses, il faut respecter les personnes et les cultures en s’arrêtant devant l’autel de la conscience15. La dignité de la personne humaine exige le respect de la conscience, « le centre le plus secret de la per- sonne, le sanctuaire où elle est seule avec Dieu et où Sa voix se fait entendre. »

C’EST VIOLER LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE QUE D’ESSAYER D’IMPOSER À AUTRUI SA CONCEPTION DE LA VÉRITÉ. Il faut constamment défendre et revendiquer le droit de professer la vérité, mais jamais sans le moindre mépris pour ceux et celles qui pensent autrement. « NIER À UNE PERSONNE LA PLEINE LIBERTÉ DE CONSCIENCE, ET NOTAMMENT LA LIBERTÉ DE CHERCHER LA VÉRITÉ, OU TENTER DE LUI IMPOSER UNE FAÇON PARTICULIÈRE DE COMPRENDRE LA VÉRITÉ, CELA VA CONTRE SON DROIT LE PLUS INTIME. »

NUL INDIVIDU, NULLE COLLECTIVITÉ ET NUL ÉTAT NE SAURAIENT OUBLIER QUE LA VÉRITÉ NE S’IM- POSE JAMAIS PAR LA VIOLENCE, MAIS SEULEMENT « PAR LA FORCE DE LA VÉRITÉ ELLE-MÊME. » PAR CONSÉQUENT, AUCUNE RELIGION NE PEUT ÊTRE IMPOSÉE DE L’EXTÉRIEUR; ELLE DOIT ÊTRE ADOPTÉE PAR LA PERSONNE « UNIQUEMENT À TRAVERS LE PROCESSUS DE LA CONVICTION. »

Si le Conseil des évêques de la conférence catholique du Canada peut parler DE VIOL DE LA CONSCIENCE, en s’appuyant sur les écrits de certains papes, sans que cela n’attire la hargne et pas même l’attention de CTV et de Martin Patriquin de The Gazette, pourquoi Mailloux ne pourrait-elle pas reprendre la même expression ? Et surtout pourquoi Mailloux, quant elle en fait usage, devient-elle l’objet de pareilles calomnies ?

Vous en voulez une autre, chers médias anglophones ?

Allons voir maintenant ce qui est écrit à l’entrée du mot VIOL dans Le Petit Robert :

« 1. Acte de violence par lequel un homme (violeur) impose des relations sexuelles avec pénétration à une autre personne contre sa volonté…… 2. FIG. Viol de conscience : non-respect des opinions, convictions et croyances d’autrui. »

Alors si un dictionnaire français tout aussi respectable que Le Petit Robert parle de viol de consciencecomme étant la définition d’un viol au sens figuré sans que cela n’attire la hargne et pas même l’attention de CTV et de Martin Patriquin de The Gazette, pourquoi Mailloux ne pourrait-elle pas reprendre la même expression ? Et surtout pourquoi Mailloux, quand elle en fait usage, devient-elle pour ces médias anglophones l’objet des pires bassesses ?

Ou ces journalistes sont d’incroyables incultes qui ne savent pas distinguer un viol physique d’un viol de conscience ou ce sont des individus sans aucun scrupule, qui n’hésitent pas à tronquer et à déformer mes propos dans le but de salir ma réputation et de me disqualifier du débat public sur la laïcité. Dans un cas comme dans l’autre, ces pratiques douteuses et malhonnêtes sont déloyales et n’honorent sûrement pas leur profession journalistique.

J’en arrive maintenant au second sujet, à savoir que j’aurais AFFIRMÉ que des rabbins utilisent l’argent de la vente des produits casher pour financer des guerres religieuses. CELA EST FAUX! Je n’ai pas dit cela !

Voici l’extrait, tiré de mon article Le poulet sacré,publié dans mon livre Une Charte pour la nation ( 2013 ) dans lequel j’aborde ce sujet :

« L’on se trompe en pensant que ce marché du casher et de l’halal n’est qu’une simple activité commerciale. Parce que contrairement aux autres produits, ceux-ci contiennent une « plus-value » à forte teneur politique, si bien que la question importante à se poser est : Où va l’argent remis aux imams et aux rabbins en échange de leur certification divine ? Et à quoi sert-il précisément ? Pour les Juifs à financer la colonisation d’Israël en territoires palestiniens ? Et pour les musulmans, à financer les Frères musulmans, ces islamistes qui veulent imposer l’Islam partout dans le monde ? »

https://louisemailloux.wordpress.com/2012/03/19/le-poulet-sacre/

Voilà ce que j’ai réellement écrit.

Que penser alors de journalistes qui ne savent pas distinguer entre une question et une affirmation ? Et que penser surtout de journalistes qui transforment les questions en affirmations afin de changer le sens de ce qui est écrit ? Est-ce cela la rigueur

intellectuelle à laquelle nous sommes en droit de nous attendre de la part de ces journalistes ?

Pourquoi de telles attaques aussi perfides et déloyales vis-à-vis mes écrits ? Serait-ce que ces questions autour du casher et du halal ( parce que je parlais aussi du halal ) ne seraient pas les bienvenues au Québec ? Serait-ce que de suggérer une quelconque piste de réflexion ou d’enquête sur ces sujets tabous serait interdit en démocratie ? Ah bon ? Ou veut-on envoyer le message que quiconque s’engage sur ce terrain risque l’exécution publique?

Des excuses ?

La première journalistem’ayant attaquée sur ces questions de baptême, de circoncision et de casher a été Lise Ravary, durant la campagne électorale d’avril 2014, alors que je me portais candidate pour le Parti québécois dans la circonscription de Gouin. Quatre articles en rafale de Ravary en trois semaines sur son blogue du Journal de Montréal et de Québec, dont le premier paraissait comme par hasard au lendemain de l’annonce de ma candidature. Un matraquage en règle alors qu’elle avait une tribune de choix pour faire la sale job.

Personne au Parti québécois ne s’est porté à ma défense pour rétablir les faits, préciser que l’on avait déformé mes écrits en les décontextualisant. Personne. Pauline Marois se contentant de dire que maintenant, j’étais au Parti québécois et que je suis d’accord avec la charte des valeurs. Personne également dans le milieu journalistique. Aucun journaliste, ni aucun chroniqueur ne s’est porté à ma défense. Silence radio.

J’ai alors voulu rétablir les faits moi-même pour défendre ma réputation et expliquer que l’on avait déformé mes propos mais le Parti québécois a refusé que je m’adresse aux médias, préférant plutôt m’éloigner de ceux-ci et me confiner à une campagne, dorénavant «locale». La direction du Parti m’a alors proposé de présenter des excuses publiques pour calmer le jeu. Ce que j’ai accepté, bien à contre-cœur.

Lors de mon passage en commission parlementaire le 7 mai dernier, j’ai défendu l’adoption du projet de loi n° 21 en insistant sur l’importance de la laïcité scolaire et celle d’interdire aux enseignants le port de signes religieux. Et ces journalistes des médias anglophones, au lieu de faire leur travail et d’informer leurs lecteurs sur les idées et les arguments que j’ai avancés sur cette question en commission parlementaire, ont délibérément choisi de ramener les vieilles calomnies pour me discréditer une fois de plus, Martin Patriquin allant même jusqu’à dire que je suis une militante laïque aux idées «infectes». Une perle d’objectivité journalistique ! Une honte pour la profession.

En terminant, j’aimerais dire à ces journalistes des médias anglophones qui se servent sans vergogne de leur tribune pour détruire ma réputation, que ça suffit le salissage à mon endroit et que vous n’avez pas fini de me lire et de m’entendre à propos de la laïcité, because MAILLOUX IS BACK !

Mai 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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