Une semaine sainte !

Dimanche 16 octobre

Djemila Benhabib, auteure du récent essai Les soldats d’Allah à l’assaut de l’Occident, fait une prestation remarquée à l’émission «Tout le monde en parle». Devant des milliers de téléspectateurs, cette Québécoise d’origine algérienne aborde avec beaucoup de tact, d’intelligence, de courage et d’aplomb, un sujet dont peu de personnes osent discuter publiquement ; celui de la présence de l’islam politique au Québec.

Dès son premier essai, Ma vie à contre-Coran, publié en 2009, Djemila Benhabib nous met en garde contre cet islam politique des Frères musulmans, une idéologie fasciste, anti-laïque et totalitaire, prônant la fusion de l’État et de l’islam, qui est née en Égypte, en 1928, sous la direction d’Hassan al-Banna, le grand-père de Tariq Ramadan. Cette doctrine, qui s’est d’abord étendue aux pays arabo-musulmans, a maintenant gagné l’Occident, avec pour objectif ultime, l’établissement d’un État islamique planétaire. Une théocratie islamique mondiale. L’Iran multiplié à la puissance mille. La loi d’Allah pour tous, que cela vous plaise ou non.

Soutenus par les pétrodollars de l’Arabie saoudite, les Frères musulmans diffusent leurs idées, financent la construction de mosquées et d’écoles religieuses, tout en exportant leurs militants politiques à travers l’Europe et l’Amérique dans le but exprès de conquérir cet Occident impie. Le Québec, affirme Benhabib, n’échappe pas à cette islamisation rampante qui gangrène progressivement notre démocratie, conteste notre laïcité et voile les femmes.

À tous ceux qui en doutent, telle Françoise David «qui n’y voit pas un danger réel et immédiat», comme ces journalistes de La Presse, Patrick Lagacé et Marc Cassivi, qui ont quasiment affublé Benhabib de paranoïa aiguë, les récents événements devraient les faire réfléchir.

Mardi 18 octobre

Une motion est votée à l’Assemblée nationale exigeant que le gouvernement Harper refuse l’entrée au Canada de deux islamistes notoires, Abdur Raheem Green et Hamza Tzortzis en raison des propos misogynes et homophobes qu’ils ont déjà tenus. Ces militants politiques appartiennent à l’Islamic Education and Research Academy (IREA), un organisme britannique faisant dans le prosélytisme, qui encourage les musulmans en pays d’immigration à recruter des non-musulmans pour qu’ils se convertissent à l’islam. Ils ont été invités par l’Association musulmane de l’Université Concordia pour donner une conférence s’intitulant Calling the world back to Allah.

Que prêchent ces apôtres de l’islam ? Tel que prescrit dans le Coran, qu’il est légitime de recourir à la violence physique envers les femmes qui n’obéissent pas à leur mari et qu’il faut lapider les femmes adultères et les homosexuels, même si ce n’est pas écrit dans le Coran. Alors Coran, pas Coran, on s’en fout. Les islamistes ont des largesses et souhaitent nous faire partager leurs traditions en proposant la lapidation des femmes adultères et celle des homosexuels. Le «Village» au grand complet à lapider, vous imaginez? Des affaires pour manquer de roches! Décidément, il y a des associations étudiantes qui ont de bien étranges fréquentations…

Suite aux pressions, l’Université Concordia a décidé de ne pas recevoir ces islamistes. Le collège Vanier ayant fait de même, les conférenciers ont finalement été accueillis à la mosquée al Rawdah du centre culturel Laurentien à Montréal, qui est affilié à  la Muslim Association of Canada (MAC), l’organisation représentant les Frères musulmans au Canada. Pas en Égypte, ni au Pakistan, non, au Ca-na-da.

Ces Frères musulmans, dont parle Djemila Benhabib, sont actifs ici même à Montréal. Ils ont bel et bien pignon sur rue, avec mosquée et centre culturel et ils recrutent dans la communauté musulmane. Grâce à eux, les conférenciers étrangers peuvent diffuser leur propagande haineuse contre les femmes et les homosexuels. Ils ont d’ailleurs invité à plusieurs reprises le prédicateur islamiste, Tariq Ramadan. Plus subtil, celui-ci propose plutôt un moratoire sur la lapidation. Le temps de se refaire en roches…

Alors, paranoïaque la Jeanne d’Arc? Allez donc jeter un coup d’œil sur le site de la mosquée al Rawdah du boulevard Laurentien à Montréal. Vous y verrez qu’on y organise des concours de récitation du saint Coran pour les enfants de moins de huit ans. Les Olympiques célestes, une façon comme une autre d’endoctriner les enfants. Il faut voir ces petits soldats d’Allah réciter bien sagement et ces petites filles de quatre ans, voilées comme des poupées. Par respect pour le lieu, nous dit-on, parce qu’évidemment, les filles sont impures et la source des pires tentations. Faut vraiment être obsédé par le sexe pour cacher ainsi le corps des petites filles.

Jeudi 20 octobre

S’ouvraient deux procès.

Au Palais de Justice de Montréal, celui de Mounia Diab, accusée d’avoir tenté le 19 mai dernier, d’exporter des pièces d’armes d’assaut vers le Liban. Elle a plaidé non coupable. Elle doit comparaître à nouveau le 10 novembre prochain. Elle faisait partie de la délégation de femmes musulmanes voilées qui s’étaient rendues à Hérouxville, le 11 février 2007, avec des tonnes de baklavas et des allures de sainte-nitouche. Qui, pensez-vous, s’est tordu le plus de rire? André Drouin ou Mounia Diab?

Au Palais de Justice de Kingston, celui de la famille Shafia habitant à Brossard, accusée de crime d’honneur, ayant été commis le 30 juin 2009, vis-à-vis sa première femme et trois jeunes filles de leur famille. Trois jeunes filles tombées sous la loi du père et dont la faute fut de vouloir vivre comme ces «putains» d’occidentales, «des filles en soutien-gorge et en petites culottes».

Vendredi 21 octobre

À l’émission Franchement Martineau, une téléspectatrice du nom d’Aïcha appelle en ondes pour dire qu’il est normal de lapider les hommes et les femmes pour adultère, de voiler les petites filles de quatre ans et que pour l’homosexualité, même les insectes sont hétéro. Ahurissant, surréel. La lapidation à Montréal. Et pourquoi pas au stade olympique, tant qu’à y être.

À tous ces journalistes qui ont pris un malin plaisir à ridiculiser les gens d’Hérouxville parce que leur code de vie interdisait la lapidation, faites un petit effort. Retrouvez Aïcha. Elle vit au Québec.

Dans le collectif Le Québec en quête de laïcité, Daniel Weinstock défend la laïcité ouverte et conclut son texte en disant : «À ce jour, les tenants de la laïcité stricte n’ont pas fourni un argument convaincant démontrant que le fonctionnement neutre de nos institutions publiques exige que les individus s’abstiennent du port de symboles religieux».

Voici l’argument : l’intégrisme, monsieur Weinstock. L’intégrisme dont vous ne parlez jamais.

Dimanche 23 octobre 

Les Tunisiens vont aux urnes et vivent leurs premières élections libres et démocratiques depuis 1956. Ils donneront une majorité des suffrages à un parti islamiste (Ennahda) qui dirigera l’Assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle Constitution.

Le même jour, en Libye, la libération du pays est proclamée par le président du Conseil national de transition qui déclare, que dorénavant, la législation du pays sera fondée sur la charia.

Calling the world back to Allah

Dans une vidéo sur You Tube, nous pouvons entendre Abdur Raheem Green déclarer : «Nous verrons que lorsque nous aurons établi l’État islamique dans nos cœurs, Allah établira l’État islamique sur la terre». Et dire que Charles Taylor continue d’affirmer qu’aujourd’hui, plus aucune religion n’est en mesure de s’imposer.

Octobre 2011

 

 

 

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