Une laïcité sans adjectif

Entrevue avec Henri Pena-Ruiz

 Henri Pena-Ruiz est professeur à l’Institut d’études politiques de Paris. Philosophe et écrivain, il est un spécialiste des questions de laïcité. Membre de la commission sur la laïcité présidée par Bernard Stasi, il a publié plusieurs ouvrages sur la laïcité dont le livre Qu’est-ce que la laïcité ? (Gallimard, 2003).

Il est venu récemment à Montréal pour participer à différents événements.

 

Louise Mailloux : Quelle définition donnez-vous de la laïcité ?

Henri Pena-Ruiz : La laïcité c’est un cadre juridique et politique permettant à des êtres différents du point de vue des options spirituelles ou des convictions personnelles de vivre ensemble. Les individus se distinguent selon trois grands types d’options spirituelles, les uns croyant à une puissance supérieure, d’autres sont athées et nient l’existence de Dieu et finalement ceux qui ne prennent ni de position religieuse ou antireligieuse et suspendent leur jugement. On les appelle agnostiques.

La laïcité propose à ces personnes de vivre ensemble sur la base de trois principes : le premier, c’est la liberté de conscience qui reconnaît à chacun le droit de croire ou non, le second, c’est l’égalité de droits, qui veut dire qu’il n’y a pas de raison de donner plus aux uns qu’aux autres, excluant d’accorder tout privilège public, soit à la religion, soit à l’athéisme. Et le troisième principe, c’est celui de l’universalisme. La puissance publique devant nous unir ne peut le faire que si elle promeut ce qui est commun à tous. La religion n’étant pas commune à tous, elle ne peut donc pas bénéficier d’un traitement de faveur et il en va de même de l’humanisme athée. C’est une égalité de droits. À partir de là, je ne vois pas à quoi devrait s’ouvrir la laïcité.

L.M. : Pourquoi dites-vous que les partisans de la laïcité ouverte sont des adversaires de la laïcité?

H.P.-R. : Parce qu’ils admettent la liberté de conscience, encore qu’ils la réduisent souvent à la liberté religieuse mais ils n’admettent pas l’égalité de traitement de l’humanisme athée, de l’humanisme agnostique et de la croyance religieuse. Enfin, ils considèrent comme liberté le fait de solliciter de l’État, dont la vocation vise l’universel, des droits particuliers à leur religion.

Ainsi les agents de l’État n’ont pas à arborer des signes religieux parce qu’ils représentent la puissance universelle et que les signes religieux sont particularistes. Ici, il n’y a pas de discrimination, dès lors que l’obligation de retenue s’applique à toutes les options spirituelles et je ne vois pas pourquoi les religions auraient davantage le droit de s’afficher dans la sphère publique que l’athéisme. Quelquefois, il faut savoir interdire pour libérer et je crois qu’une liberté sans conditions est absurde. Je récuse même l’idée que la liberté doit se faire sans normes.

L.M. : Mais les tenants de la laïcité ouverte disent que c’est l’institution qui doit être neutre, pas les individus. Que répondez-vous à cela?

 H.P.-R. : Je ne suis pas d’accord pour dire que seul compte la neutralité de l’institution parce que celle-ci n’est pas un cadre vide. Elle s’incarne à travers les individus. Et que la neutralité de l’institution ne peut pas demeurer si ceux qui l’incarnent ne l’observent pas. Par exemple, si un enseignant de l’école publique entre dans sa classe en portant un signe religieux ostensible, ceci n’est pas seulement une option personnelle mais il peut aussi être interprété comme un affichage prosélyte qui est irrecevable. Et cela le serait tout autant pour l’enseignant qui afficherait un signe politique.

Écoutez, cela dépend des lieux. Je peux aller dans la rue et afficher mon appartenance religieuse, je suis libre de le faire mais il y a des lieux qui en raison de leur fonctionnalité sont autorisés à énoncer des règles.

L’école n’est pas un lieu de manifestations, c’est un lieu d’étude et de mise à distance des données de la société civile. L’école n’est pas la rue ou le supermarché et si on n’admet pas qu’il y a une spécificité des lieux, alors évidemment on va être d’accord avec les partisans de la laïcité ouverte qui ne font pas cette distinction.

Un palais de justice, une mairie ou une école, ce sont des lieux qui sont porteurs d’une dimension universelle de l’État qui seraient battus en brèche s’il y avait des symboliques d’appartenance.

La laïcité, c’est le désir de vivre ensemble en dépassant les différences pour s’élever à une humanité commune et cet esprit-là, il est l’opposé de l’enfermement dans la différence parce que si je viens à l’école en disant : «moi, je sais déjà ce qu’il faut croire», cela veut dire que je suis en état de fermeture à l’égard de ce qui va s’apprendre. Je ne suis pas dans une bonne disposition pour apprendre. Ce qui montre bien que la laïcité n’est pas uniquement la neutralité d’un cadre ou d’une institution.

L.M. : En 2003, vous avez fait partie de la commission Stasi qui a recommandé l’interdiction du port de signes religieux ostentatoires pour les élèves des lycées. Or ces jeunes ne sont pas des représentants de l’État. Quelles étaient alors les raisons qui ont motivé cette prise de position?

H.P.-R. : Un élève n’est pas un usager de l’école publique comme on peut être un usager du service des postes. L’école est obligatoire, c’est un lieu pour apprendre, l’enfant y vient pour s’instruire et l’école doit s’efforcer de délivrer l’enfant des pesanteurs sociales.

Les enfants ne viennent pas à l’école en tant que musulmans, athées ou catholiques. Ils viennent en tant qu’être humain. Il y a en eux un potentiel d’universalité qu’il faut considérer par principe comme délié des appartenances. L’élève n’a pas a priori à être enfermé dans une origine historique, sociale et géographique.

Bien sûr, les enfants ont des appartenances réelles mais ils ont aussi le droit de transcender leurs origines pour partager ce qui leur est commun et l’école ne doit pas les enfermer dans leurs traditions.

La laïcité, c’est aussi une théorie de l’indépendance de l’école par rapport aux groupes qui dominent la société civile. La mosaïque des options spirituelles qui règnent dans la société ne doit pas entrer dans l’école. Il faut mettre en avant ce qui est commun à tous les enfants. Cela me paraît extrêmement important et l’on commet une grave erreur en faisant l’amalgame entre l’usager de la poste et l’enfant qui vient s’instruire.

 L.M. : L’argument majeur lorsqu’on aborde cette question des signes religieux à l’école, c’est celui de l’intégration. Parce que l’on présume que l’interdiction va faire en sorte que les élèves (particulièrement les jeunes filles musulmanes) vont devoir quitter l’école publique. Y a-t-il eu une telle hémorragie lorsque cette loi a été appliquée en France en 2004?

H.P.-R. : Non cela ne s’est pas produit. Suite à son application, le gouvernement a commandé un rapport sur le retentissement de cette loi et la déscolarisation des élèves, notamment des jeunes filles maghrébines. Et bien, c’est un tout petit nombre, à peine deux ou trois dizaines de cas qui ont été signalés. Beaucoup de jeunes filles étant manipulées par des chefs religieux ou le grand frère, on ne les a jamais exclues de but en blanc de l’école même si le dernier mot doit rester à la loi. Nous étions des enseignants, pas des juges et ces jeunes filles étaient des mineures. Nous avions donc un travail d’éducation à faire pour qu’elles cheminent vers une compréhension de la loi. Et les jeunes filles ont accepté d’ôter leur voile.

Dans tous les lieux, il y a des règles, y compris dans une mosquée où l’on doit se déchausser sous peine d’être apparemment exclu, et la règle dans l’école publique, c’est que l’on n’affirme pas son appartenance. L’école requiert des règles et on ne voit pas pourquoi celle-ci serait le dernier lieu de la société civile à en imposer. Donc la thèse disant que l’on doit accepter l’élève à n’importe laquelle condition parce que sinon on va le déscolariser, c’est un chantage et cela est inadmissible.

L.M. : On a dû vous accuser de stigmatiser les musulmans?

H.P.-R. : Après la commission Stasi, il y eu effectivement des citoyens de confession musulmane qui ont dit : «vous nous discriminez alors qu’il y a des clochers partout et que le christianisme est omniprésent dans la société.».

J’ai répondu non, en 1905, et même en 1884-86, lorsque Jules Ferry va promouvoir la séparation des écoles et des églises, sachez que la France républicaine a su ôter les crucifix de toutes les salles de classe pour les restituer aux religieux et leur dire : « faites-en ce que vous voulez, mettez-les dans les églises ou dans les maisons des chrétiens mais dans la maison commune qu’est l’école de la République, il n’y a pas de raison de privilégier le catholicisme même si celui-ci a été la religion majoritaire des Français jusqu’à présent.»

La règle qui s’applique à vous aujourd’hui, elle s’est appliquée, il y a un siècle, aux catholiques, dont pourtant c’était la tradition. Donc ne me racontez pas qu’on fait de l’ethnocentrisme ou du colonialisme. Ce n’est pas vrai.

La laïcité a été conquise non pas contre le christianisme mais contre la prétention de l’Église à avoir des privilèges publics. Notre code civil ne privilégie plus la religion, alors vous pouvez dire qu’il y a encore plein de clochers dans tous les villages mais cela est un héritage, c’est un patrimoine. Vous ne voulez tout de même pas que l’on détruise les églises pour mettre tout le monde au même niveau? La volonté de mettre à égalité ne peut pas réécrire l’histoire. Le passé, c’est un legs et on n’y peut rien.

L.M. : Cette loi sur les signes religieux a été très controversée, même la gauche était divisée sur cette question. Comment expliquez que cette gauche ayant toujours porté le flambeau des Lumières dans le combat laïque contre les chrétiens soit si complaisante envers les musulmans au point d’appuyer les islamistes? Comment expliquez-vous ce revirement?

H.P.-R. : Il n’y a pas «LA» gauche en France. Désormais, il y a deux gauches. On a vu apparaître dans les années 50, une deuxième gauche, d’origine catholique, des chrétiens qui estimaient qu’il fallait rompre avec la tradition catholique qui faisait toujours une sanctification du pouvoir établi. Cette gauche est porteuse de bonnes intentions mais les bonnes intentions ne suffisent pas. Elle est donc entrée dans la première gauche mais avec son propre bagage religieux.

Or dans la sensibilité religieuse chrétienne, il y a une méfiance à l’égard de toutes institutions. Il y a également un côté compassionnel qui déteste tout ce qui peut ressembler à une exigence rationnelle de même qu’une méfiance à l’égard de la raison.

Cette deuxième gauche est très puissante au parti socialiste et elle a peut-être été à l’origine de cette notion de laïcité ouverte. Elle est aussi très ambigüe par rapport à la laïcité parce qu’elle a de bonnes intentions mais elle emprunte le chemin compassionnel, celui du refus d’une loi émancipatrice. Et ce chemin n’est pas le bon parce qu’il a pour effet de laisser en état les puissances dominantes.

Par exemple, quand on dit qu’il faut permettre à la jeune fille voilée d’entrer à l’école. Qui est-ce qui gagne? Ce sont les chefs politico-religieux auto-proclamés. Des salafistes dans les banlieues qui disaient aux filles qui ne voulaient pas se voiler : «si tu ne te voiles pas, tu trahis ta communauté et si tu montres tes cheveux, c’est dire que tu veux séduire les garçons, donc tu es une putain et si tu es une putain, nous te violerons, avec des tournantes. En revanche si tu te voiles, nous te respecterons. Mais tu dois d’abord te soumettre.»

Fadela Amara a donc créé un mouvement qui rejette cette affreuse alternative et qui s’appelle «Ni putes ni soumises» et lorsqu’elle s’est présentée devant la commission Stasi, elle nous a dit : «il ne faut surtout pas que l’école, sous prétexte de tolérance, accepte le port du voile parce qu’à ce moment-là, vous privez les jeunes filles de tout argument pour résister au port du voile devant les chefs politico-religieux ou le grand frère ou les plus réactionnaires d’entre eux.»

Les jeunes femmes ont le droit de s’émanciper par rapport à des sociétés patriarcales, et si sous prétexte de tolérance, le refus de toute règle, avec cette idée compassionnelle un peu sotte qui consiste à dire que la liberté, c’est l’absence de règles, on va leur enlever ce levier d’émancipation qu’est la laïcité, où les filles et les garçons sont assis sur les bancs d’une même école avec les mêmes droits.

L.M. : Il y a beaucoup de partisans de la laïcité ouverte qui sont des lecteurs de Marcel Gauchet dont l’une des thèses centrales est d’affirmer que nous sommes sortis de la religion, que celle-ci, comme le déclare Charles Taylor, n’est devenue qu’une simple croyance personnelle et qu’aujourd’hui, plus aucune religion n’est en mesure de s’imposer, faisant en sorte que la laïcité que vous défendez n’a plus vraiment de pertinence. Que répondez-vous à cela?

H.P.R. : Je trouve que les thèses de Marcel Gauchet sont fausses et sophistiques. Gauchet dit : «Le christianisme est la religion de la sortie de la religion.» C’est faux, parce que le christianisme n’a pas sorti spontanément la sortie de lui-même, et en plus, il y a une confusion parce que la laïcité, ce n’est pas la sortie de la religion, c’est la sortie de la religion imposée dans la sphère publique. Ce n’est pas la même chose. Donc il y a deux erreurs. Premièrement, il confond sortir de la religion et sortir de la religion cléricalisée, institutionnalisée comme pouvoir de domination publique. La laïcité ne signifie pas sortir de la religion mais assignation de la religion à la sphère privée.

Deuxièmement, cette émancipation laïque, elle s’est conquise dans le sang et les larmes. Ce n’est pas la tradition chrétienne qui l’a produite spontanément puisqu’en 1864 un Syllabus du pape condamnait la liberté de conscience voulant que chacun puisse embrasser la religion de son choix. Du IVième siècle, où Constantin et Théodose érigent le christianisme en religion officielle de l’empire et commencent les persécutions pour ceux qui ne sont pas dans l’orthodoxie, jusqu’au XIXième, il s’est passé quinze siècles pendant lesquels l’Église a banni la liberté de conscience et présenté l’apostasie comme une faute. Ces quinze siècles de domination politique du christianisme sont marqués par des rivières de sang.

Donc Gauchet a tort de prétendre que le christianisme a sécrété spontanément l’émancipation laïque. C’est d’une stupidité absolue. Le christianisme ne s’est civilisé que contraint et forcé.

Mais cela ne m’étonne pas que Marcel Gauchet soit  le grand théoricien des laïques ouverts parce qu’il réintroduit l’idée que l’on a besoin de religion, puisque sa thèse du désenchantement du monde repose sur l’idée que la laïcisation aurait induit le désenchantement.

Il donne de la laïcité une conception complètement scandaleuse. La laïcité n’est pas construite contre les religions, elle est construite pour la liberté de conscience et l’égalité des croyants et des athées.

Les laïques luttent contre les privilèges des religions et pour que les religions deviennent des démarches spirituelles libres. Victor Hugo, lui-même croyant, avait compris que la laïcité n’est pas antireligieuse mais qu’elle est une occasion pour la religion de se reconcentrer sur le message spirituel en bannissant toute demande de privilèges.

Cela me fait penser à une phrase de Spinoza qui disait : «N’écoutez pas les théologiens. Ils vous parlent toujours du ciel. En réalité, ils ne pensent qu’à la terre.» Eh bien les laïques ouverts, ils ne pensent qu’aux privilèges temporels et ils appellent laïcité fermée, le fait de récuser non pas la religion mais les privilèges temporels sur lesquels les religieux se cramponnent. Et je citerais Marx en terminant qui disait : «Le christianisme est sûr de sa victoire, mais il n’en est pas si sûr qu’il néglige l’appui de la police.» De la part des croyants, c’est quand même un aveu de faiblesse extraordinaire de dire que la religion ne pourra vivre que si elle a du fric public et des privilèges de reconnaissance publique.

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Quel modèle de laïcité pour le Québec?

Voici l’enregistrement intégral du panel organisé par la Coalition Laïcité Québec, le 26 avril 2012, au Centre St-Pierre à Montréal. Participants: Caroline Beauchamp, juriste, Prof. Henri Peña-Ruiz, philosophe, Institut d’étude politique de Paris, Prof. Daniel Weinstock, philosophe, Université de Montréal. Cet enregistrement est publié par l’Association Humaniste du Québec.

http://www.youtube.com/watch?v=eeT-xrJErR0&list=UU9y6fctk3uOsyWtk_1GJ8fQ&index=1&feature=plcp

Point fort de ce panel: est-ce qu’une société laïque “ouverte” aux accommodements religieux diffère d’une société laïque “sans adjectif” lorsqu’il faut faire face à la pratique de l’excision du clitoris chez les fillettes?

Ceci a donné lieu à un échange assez vif à la période de questions entre Louise Mailloux (à 1h50 mn) et Henri-Peña-Ruiz (à 2h02 mn18s.), d’une part et Daniel Weinstock d’autre part (à1h56 mn 29s). Comme la question de Louise Mailloux référait à des paroles prononcées par Daniel Weinstock lors d’une conférence aux États-Unis, nous avons crû bon de fournir ci-dessous les liens sur les documents de référence.

Voici les principaux extraits de la conférence que Daniel Weinstock a prononcé à l’Université de Berkeley (Californie) le 8 mai 2009. Il y plaide en faveur des tribunaux de la charia et donne comme exemple d’accommodement l’excision symbolique. ‪http://www.youtube.com/watch?v=oeFSAQ8no6g&feature=youtu.be

Pour voir la conférence de Daniel Weinstock à Berkeley dans son intégralité, voici le lien: ‪http://www.youtube.com/watch?v=-Xl72fwbHt0&feature=player_embedded#
   (De la 4e minute à la 31e minute). L’extrait sur l’excision se trouve à la 26e minute. Celui sur le rapport Boyd et la charia se trouve aux minutes 30-31.

En consultant ces extraits vous pourrez constater que les propos de Daniel Weinstock corroborent ce qui a été rapporté lors du débat organisé par la Coalition Laïcité Québec le 26 avril 2012 au Centre St-Pierre à Montréal.

Concernant la question des mutilations génitales féminines dans l’islam, le lecteur peut consulter l’excellent dossier de Point de Bascule.

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Pétition pour inscrire la laïcité dans la Charte

Une pétition vient d’être mise en ligne sur le site sur le site de l’Assemblée nationale pour réclamer  l’inscription du principe de la laïcité de l’État et de ses institutions dans la Charte québécoise des droits et libertés de la personne. Elle sera en ligne pendant trois mois, soit jusqu’au 26 juillet 2012. Vous êtes invités à la signer à l’adresse suivante:

https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-2955/index.html

Cette pétition est parrainée par la députée péquiste d’Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier, sur proposition du Mouvement laïque québécois.

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Le poulet sacré

«Tout ce qui se meut et qui vit vous servira de nourriture; de même que la verdure des plantes, je vous donne tout. Seulement vous ne mangerez pas la chair avec son âme – le sang.» Genèse 9,3-4, premier livre de la Torah.

«Voici ce qui vous est interdit : la bête morte, le sang, la viande de porc; ce qui a été immolé à un autre que Dieu….. Les bonnes choses vous sont permises. Vous pourrez manger après avoir invoqué sur elles le Nom de Dieu.» Coran, V : 3-4.

«Rien d’extérieur qui pénètre dans l’homme ne peut le souiller, parce que cela ne pénètre pas dans son coeur, mais dans son ventre, pour s’en aller aux lieux d’aisance.» Évangile selon Marc 7, 18-19.

À lire ces passages, on constate qu’en renonçant à l’interdiction de certains aliments, les chrétiens ont raté une belle occasion de faire beaucoup d’argent, abandonnant ainsi aux juifs et aux musulmans le lucratif marché de l’alimentation.

Le miracle de la transsubstantiation

Comme à la messe, alors que la bénédiction du prêtre change le pain et le vin en corps et en sang du Christ, celle du rabbin change les poulets égorgés, le Nestlé Quick et le ketchup, en milliards de dollars. Dieu n’abandonne pas ses créatures et les accompagne même chez Loblaws et chez Métro. Dans les simagrées du rabbin bénissant le Coke, les frites, le sel et la mayonnaise, Dieu est partout et Il «cash» sur tout. Ding, ding, ding! Vous imaginez la supercherie, se faire payer pour bénir des bouteilles de Coke! Il y a même des rabbins qui font un camion d’une seule traite. C’est plus payant, et ça permet de bénir le camion en même temps. Les produits certifiés casher ont envahi l’alimentation industrielle et ils sont devenus incontournables dans nos grandes chaînes d’alimentation. Rien qu’aux États-Unis, le marché casher vaut 13 milliards de dollars. God is rich.

À la page 74 du rapport Bouchard-Taylor, concernant la nourriture certifiée casher, il est écrit que «les frais additionnels que doivent assumer les consommateurs sont très minimes et que les rabbins ne tirent pas profit de la certification». La commission a mandaté deux chercheurs pour nous dire cela.

Les poulets d’Allah

Du côté musulman, on retire le porc du Québec du menu des garderies pour le remplacer par les poulets d’Allah, égorgés en direction de La Mecque. On achète même des yogourts halal, c’est-à-dire «sans gélatine», celle-ci pouvant contenir des traces de porc, yogourts brassés dans la même direction que les poulets. Les enfants grandissant, les écoles publiques suivront d’ici quelques années ce menu islamique. D’ailleurs, au dîner de Noël du cegep où j’enseigne, cette année, on a retiré la tourtière pour la remplacer par de la quiche, champignons tranchés vers La Mecque!

À la page 54 du rapport Bouchard-Taylor, concernant le menu halal dans un Centre de la petite enfance (CPE) : «Le 7 novembre 2006, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) examinait une plainte déposée contre le CPE Gros Bec par un père de confession musulmane qui exigeait que ses deux fils ne mangent aucun mets contenant de la viande non halal.

Le 20 mars 2007, la Commission diffusait un avis demandant au CPE «d’appliquer la mesure d’accommodement proposée par le plaignant qui consiste à ne pas servir de viande non halal à ses enfants». Elle enjoignait également au CPE de verser au plaignant 4000 $ à titre de dommages moraux pour l’atteinte à ses droits.

Le conseil d’administration du CPE a décidé de ne pas donner suite à ces mesures. La Commission a donc engagé une poursuite contre le CPE devant le Tribunal des droits de la personne

J’ignore ce qu’il est advenu de cette poursuite qui nous enfonce la viande halal dans la gorge mais si on suit les avis de la CDPDJ, tous les CPE et les écoles publiques, les établissements de détention et ceux du réseaux de la santé de même que les Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) sont en voie de se faire imposer le retrait de la viande de porc en même temps que l’exigence d’une nourriture halal.

Les entreprises ont compris que l’avenir est au halal et qu’Allah est le plus grand. Ainsi le marché halal canadien se chiffre présentement à 1 milliard de dollars, 12 milliards en Amérique du Nord et plus de 300 milliards dans le monde. Rien qu’en France, c’est un chiffre d’affaires de plusieurs milliards d’euros par an, un marché que s’efforcent de contrôler les Frères musulmans. L’islamisation progresse lentement. D’abord les poulets…

Sirop d’érable béni AA, agneau de Dieu et du Québec, pétro-poulet de chez Olymel. Jamais la superstition n’aura été si payante et le vol aussi parfait.

La cité de Dieu

Il y en a qui prie cinq fois par jour alors que d’autres ne prient jamais mais tous ces gens mangent, et au Québec trois fois plutôt qu’une. La bouffe religieusement modifiée (BRM), c’est l’assiette au beurre pour les entreprises et pour les intégristes religieux. Et l’on se trompe en pensant que ce marché du casher et de l’halal n’est qu’une simple activité commerciale.

Parce que contrairement aux autres produits, la BRM contient une «plus-value» à forte teneur politique, si bien que la question importante à se poser est: Où va l’argent remis aux imams et aux rabbins en échange de leur certification divine? Et à quoi sert-il précisément? Pour les Juifs, à financer la colonisation d’Israël en territoires palestiniens? Et pour les musulmans, à financer les Frères musulmans, ces islamistes qui veulent imposer l’islam partout dans le monde?

Et dire que Charles Taylor et tous les tenants de la laïcité ouverte essaient de nous faire croire que la religion est devenue une affaire personnelle et que nous n’avons plus rien à craindre des religions.

 La cité des hommes

Exiger davantage de transparence et un meilleur encadrement dans l’étiquetage des produits commercialisés comme le réclame le PQ n’est pas la solution.

Si l’on souhaite écarter le religieux de notre assiette, alors il faut adopter une perspective laïque et se donner des règles nous permettant de laïciser l’alimentation. Bien sûr, on ne pourra pas débaptiser la mayonnaise mais il faut que l’État québécois assume sa laïcité et arrête de se plier à des exigences religieuses en matière d’alimentation.

En clair cela veut dire, ne pas retirer le porc des menus de nos institutions publiques et de tous les organismes qui relèvent de l’État et le réintroduire, là où il est banni.

Ordonner à la CDPDJ qu’elle cesse de donner des avis ou d’entreprendre des poursuites favorisant l’accommodement religieux en matière d’alimentation.

Et surtout, demander au gouvernement fédéral dont nous dépendons ici, qu’il modifie la loi actuelle sur l’abattage des animaux qui impose l’étourdissement des animaux avant l’abattage mais prévoit une exception pour l’abattage rituel. Que Québec demande à Ottawa que l’on mette fin à cette dérogation et que soit dorénavant interdit l’abattage rituel.

D’autres pays tels la Suisse, la Norvège, la Suède, l’Islande, la Nouvelle-Zélande ont eu ce courage de l’interdire. Le Québec doit se faire tout aussi exigeant et suivre leur exemple. Ainsi, les droits des animaux seront mieux respectés mais plus encore, celui des Québécois à vouloir vivre dans un Québec laïque.

Le poulet sacré

Une collègue de travail quittant son bureau pour rentrer chez elle, me dit en partant : «Ce soir, je leur fais un poulet sacré.» Un poulet sacré? C’est quoi ça? «Oh, c’est simple. Je prends un poulet et le «sacre» au four pendant une heure et demie, et l’affaire est ketchup…

Mars 2012

 

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C’est toute une musique!

Juste avant Noël, deux cas d’accommodement ont provoqué le mécontentement dans la population. D’abord une entente à l’amiable qui est intervenue entre le Ministère de la Sécurité publique et la Commission des droits de la personne et de la jeunesse (CDPDJ) autorisant le port du hidjab pour les agentes correctionnelles et l’autre cas, celui concédé par une direction d’école publique, à des parents talibans, exigeant la privation auditive pour leur fillette en classe de maternelle, à chaque fois que ses petits amis entonnent la chanson de «Mimi la fourmi» ou la très populaire «Danse des canards, couac! couac! couac! couac!».

La chose semble complètement loufoque mais nous devons néanmoins la considérer avec beaucoup de sérieux en ce qu’elle révèle des avancées indéniables d’un islam fort sympathique…, l’affaiblissement de notre culture, en même temps que l’érosion progressive de notre laïcité.

Suite à ces événements, nombreux furent les gens qui reprochèrent au gouvernement son laxisme, son incurie et son manque de courage, le blâmant une fois de plus pour son habituelle inaction dans cet épineux dossier. C’est d‘ailleurs la perception générale de l’ensemble de la population que de penser que ce gouvernement ne fait absolument rien pour régler la question des accommodements raisonnables et que la commission Bouchard-Taylor fut en définitive une perte de temps et d’argent puisque le gouvernement n’a jamais suivi ses recommandations.

Et si c’était le contraire qui se passe, là sous nos yeux, et que ce que nous percevons comme de la négligence ne soit en fait qu’une habile stratégie pour appliquer les recommandations les plus décisives et nous imposer en catimini la laïcité ouverte? A-t-on oublié que le premier ministre et certains de ses ministres ont affirmé à plus d’une reprise avoir choisi la laïcité ouverte? N’était-ce pas aussi ce que recommandaient les commissaires?

La méthode du disque brisé 

Protestez tant que vous voulez, présentez des mémoires, écrivez des livres, des articles, signez des pétitions, bloguez, twittez, re-bloguez et re-twittez. Rien n’y fait. On se heurte à un mur de Lamentations. Comme pour la demande d’enquête sur la construction, ce gouvernement fait la sourde oreille et demeure insensible à nos requêtes, n’affichant qu’arrogance et mépris vis-à-vis la population qui l’a élu.

Nous sommes pourtant nombreux au Québec à demander une Charte de la laïcité, nombreux à vouloir un débat sur la laïcité, mais la réponse est invariablement la même. Que ce soit la Ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, Kathleen Weil ou Christine Saint-Pierre de la Condition féminine ou encore Lyne Beauchamp de l’Éducation, c’est toujours le même refrain que l’on nous sert: «Nous n’avons pas le choix, on ne peut aller à l’encontre de la Charte. Nous devons respecter l’article10 de la Charte québécoise des droits de la personne qui garantit la liberté de religion». Voilà tout est dit. Ce n’est pas nous qui décidons, c’est Dieu la Charte. La nôtre en plus!

De leur côté, les représentants de la CDPDJ qui donnent leur avis urbi et orbi tiennent exactement le même discours que nos ministres lorsqu’ils affirment que dans une situation de discrimination, l’obligation d’accommodement raisonnable découle du droit à l’égalité reconnu à l’article 10 de la Charte des droits et libertés de la personne. Ainsi, la gardienne de prison portant un hidjab serait privée de son droit au travail à cause de sa religion, ce qui constitue une discrimination selon l’article 10, d’où l’obligation de l’accommoder si cela ne comporte pas de contrainte excessive.

Cette dernière pose des limites à l’accommodement et constitue la ligne rouge au-delà de laquelle les demandes sont considérées comme déraisonnables. Et pour l’évaluer, nous dit la CDPDJ, on tient compte des coûts, de l’impact de la mesure dans l’organisation, de l’atteinte aux droits d’autrui et du niveau de sécurité à préserver. Si une demande contrevient à l’un de ces critères, alors la CDPJ fera tout son possible pour trouver un accommodement qui la rendra raisonnable.

Dans le cas du hidjab, par exemple, le gouvernement l’interdisait dans les prisons pour des raisons de sécurité. Il aura suffi d’ajouter deux pouces de velcro pour que la «chose» passe de déraisonnable à raisonnable. Deux pouces de velcro garantissant dorénavant la sécurité des agentes et l’affaire est bingo! Fallait y penser! Moins coûteuse que les services des avocats, une couturière aurait pu trouver la solution.

Maintenant, amusez-vous à tester la «contrainte excessive» avec les nombreux cas d’accommodements connus et vous verrez que la plupart d’entre eux passe le test du raisonnable, sauf le refus de transfusion sanguine pour l’enfant dont les parents sont Témoins de Jéhovah, la lapidation pour adultère et l’amputation des mains pour les voleurs chez les musulmans de même que la prière dans les conseils municipaux qui sont considérés comme une atteinte aux droits d’autrui.

En 2006, la Cour suprême a même jugé que le kirpan des sikhs placé dans un fourreau cousu dans une bandoulière était… raisonnable. Deux pouces de velcro et l’affaire est bingo!

Des critères pour évaluer le coût d’une rampe d’accès pour fauteuils roulants dans le cas d’une personne handicapée ou encore l’impact de la grossesse d’une employée dans l’organisation du travail que l’on applique pareillement au foulard islamique. Le summum de la bêtise qui se prend pour le nombril du monde. Une véritable farce qui se drape dans la toge des juges et qui permet au religieux de s’immiscer allègrement dans nos institutions publiques.

Ces critères relatifs à la contrainte excessive serviront également de balises à tous les intervenants en interculturalisme dans le milieu de l’éducation, de la santé et ailleurs, disant appuyer leur réflexion et leur intervention sur le travail de la CDPDJ qui, vous le devinez, nous enjoint de respecter les Chartes.

Et c’est ainsi que des déclarations de nos ministres jusqu’aux premières lignes d’intervention de ces médiateurs du religieux, tout est orchestré dans la plus grande cohérence pour converger vers la CDPDJ qui protège avec des critères bons pour les handicapés, la liberté de religion. Étonnamment, de tout ce beau monde, personne ne parle de la nécessité de corriger ces aberrations pas plus que d’inscrire dans notre Charte une affirmation officielle de laïcité. Comme c’est curieux, comme c’est étrange, dirait Ionesco.

Le rapport Bouchard-Taylor souhaitait que l’on privilégie la voie citoyenne plutôt que la voie judiciaire qui doit en être une de dernier recours. Mais c’était sans dire qu’il suffit à nos experts en interculturalisme de travailler en amont et de brandir les Chartes pour que les gens deviennent très accommodants. Car quel directeur veut emmener son école, son collège ou son hôpital en cour? Et quel chef d’entreprise souhaite une telle publicité pour sa compagnie? Fallait y penser, mon cher Watson!

Et c’est ainsi que la religion se faufile et fait tranquillement son lit dans nos institutions publiques pendant que nous assistons impuissants à ses manifestations les plus délirantes du genre l’amputation… des oreilles par l’usage d’un casque d’écoute anti-bruit pour la fillette musulmane. J’espère au moins que les intervenants en interculturalisme ont pris soin de bien vérifier l’étanchéité du casque!

Sans nous demander notre avis, ce gouvernement a fait le choix de la laïcité ouverte. Et contrairement à ce que plusieurs pensent, il n’est ni laxiste, ni frileux mais bien déterminé à nous imposer coûte que coûte et d’une manière sournoise, une ouverture maximale aux religions; celles des minorités ethniques, qui bien que minorités savent tout de même voter majoritairement pour le Parti libéral. Quand un gouvernement fait entrer mille immigrants par semaine au Québec, il serait bien naïf de croire que celui-ci ne songe pas à les courtiser. C’est aussi évident que le nez dans le milieu du visage.

À la page 21 du rapport Bouchard-Taylor, il est écrit : «Au nom de la finalité du système d’éducation, des élèves ne doivent pas être exemptés de cours obligatoires. Cependant, un élève peut être autorisé à abandonner un cours de musique pour suivre un cours équivalent s’il s’agit d’une activité optionnelle.»

Le temps presse pour qu’un débat se fasse à travers tout le Québec sur la place de la religion dans nos institutions publiques avant que nous ne puissions plus revenir en arrière et que ce que l’on trouve déraisonnable aujourd’hui devienne une norme raisonnable dans le futur.

Les petits anges que l’on collait dans nos cahiers d’école peuvent bien continuer à jouer de la harpe, si nous ne mettons pas un frein à ces idioties, bientôt il n’y aura plus personne pour les entendre…

Janvier 2012

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Louise Mailloux, vous connaissez?

Extrait de l’article de Lise Payette,
Le Devoir, 02 décembre 2011
J’ai choisi de vous parler plutôt de Louise Mailloux et de son livre La laïcité ça s’impose publié aux éditions du Renouveau québécois. Madame Mailloux est professeure de philosophie au cégep du Vieux-Montréal et son livre est une réponse courageuse et éclairée à la commission Bouchard-Taylor et au malaise qu’il a engendré.
Ce livre est essentiel au moment où se déroule le procès de la famille Shafia, accusée d’avoir assassiné quatre femmes de la famille sous prétexte d’honneur bafoué. Il permet de comprendre mieux les risques que comporte le flou artistique entretenu par nos gouvernements qui encouragent une laïcité ouverte qui leur évite d’avoir à prendre position, permettant ainsi à tous les intégristes de se frayer un chemin dans nos vies quotidiennes. Nous pensions avoir mis la religion à sa place avec la Révolution tranquille? La voilà qui se refaufile partout où les règles ne sont pas claires et où le «mou» est fortement encouragé.
Parce que nos règles sont molles, «la caravane du pluralisme religieux prospère parmi nous, dans nos garderies, nos écoles, nos universités, nos hôpitaux, nos cafétérias, nos piscines, nos services publics, nos rues, dans les fenêtres givrées ou, mieux, les femmes de noir givrées. Elle a pour noms la tolérance, le pluralisme, la différence, le vivre-ensemble, le respect de l’autre, l’ouverture à l’autre, l’identité de l’autre, la communauté de l’autre, la culture de l’autre, les traditions de l’autre et bien évidemment la religion de l’autre. Les Québécois ne veulent pas que la religion, la leur ni celles des autres, ne revienne à l’avant-plan… parce que nous n’avons pas oublié de quel prix se paie l’emprise politique d’une religion sur un peuple…»
Louise Mailloux houspille les féministes québécoises qui n’ont pas eu le courage de se prononcer contre le port du voile en public et dans les institutions d’État et rappelle aux femmes québécoises le poids que les exigences de la religion ont fait peser sur elles pendant des siècles.
Elle rappelle que depuis toujours le patriarcat est fondé sur la domination et le contrôle du corps des femmes et de leur sexualité. Que les religions sont basées sur le patriarcat, ce qui explique la présence pratiquement exclusive d’hommes dans leurs structures. Les femmes étant considérées comme des occasions de péché, elles doivent être couvertes, voilées, enfermées à la maison et absentes des lieux fréquentés par les hommes qui, seuls, ont le droit de jouir de la liberté.
Il y a quelques jours, une nouvelle annonçait justement qu’en Arabie saoudite, après des autobus de couleur rose, réservés exclusivement aux femmes, il y aurait dorénavant des taxis de couleur rose pour les femmes et conduits par des femmes. La raison invoquée par les autorités est qu’il faut protéger les femmes contre le harcèlement et le viol par les hommes qui pourraient les approcher. Ce qui en dit long sur les hommes musulmans de ce pays et sur leur façon de percevoir les femmes.
La laïcité ça s’impose, un livre qui doit être lu avant que les accommodements raisonnables ou déraisonnables n’aient fait leur nid pour toujours. Un livre qui permet de comprendre ce qui est en jeu et pourquoi toutes les femmes ont raison d’être méfiantes.
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Invitation à un lancement

 

Invitation au lancement

 

Au Québec, on croyait que la révolution tranquille nous avait immunisés contre la religion. Or, depuis quelques années, le vent tourne. De plus en plus de croyants contestent la laïcité de nos institutions, au nom du droit à la liberté religieuse inscrit dans nos chartes.

Dieu est partout, de la garderie jusqu’au Parlement. La religion est à la conquête d’une nouvelle légitimité, cherchant à tirer profit du débat sur les accommodements raisonnables. C’est la pire de nos misères, la plus dangereuse, et la plus périlleuse, surtout pour les femmes.

Ce recueil regroupe des articles et des interventions publiques qui affichent un net parti pris en faveur d’une laïcité républicaine, la seule en mesure de garantir le droit à l’égalité des femmes et de préserver les valeurs communes de notre identité nationale.

Ce livre met en garde contre l’intégrisme politico-religieux qui menace nos démocraties, et contre l’aveuglement d’une certaine gauche qui banalise le fameux voile islamique, symbole manifeste de l’islam radical.

Cet ouvrage dénonce les pièges d’une prétendue laïcité ouverte, prônée par la Commission Bouchard-Taylor; il fustige les élites politiques et intellectuelles qui, sous prétexte d’interculturalisme, cautionnent les traditions les plus archaïques. Il invite les athées à retrouver une parole forte.

Le lecteur y trouvera également des textes consacrés à la critique de la pensée de Charles Taylor, de Lévi-Strauss et du créationnisme.

Dans un Québec en voie de devenir une société multireligieuse, La laïcité, ça s’impose!

Louise Mailloux est professeure de philosophie au cégep du Vieux Montréal et cofondatrice du collectif citoyen pour l’égalité et la laïcité (CCIEL). Elle signe régulièrement une chronique dans les pages de l’aut’journal. Elle a collaboré au Dictionnaire de la laïcité, Armand Colin (2011), de même qu’à l’ouvrage Le Québec en quête de laïcité, Écosociété (2011).

 

 

 

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Tunisie : l’histoire est en marche

Entrevue avec  Wassyla Tamzali

Avocate, auteure et militante féministe algérienne, Wassyla Tamzali a dirigé pendant 20 ans le programme sur la condition des femmes à l’UNESCO. Elle est également membre fondatrice de l’Organisation Maghreb-Égalité. Elle a publié plusieurs ouvrages dont Une femme en colère : Lettre d’Alger aux européens désabusés et Burqa? Elle coordonne un collectif de 40 auteurs sur les révolutions arabes ayant pour titre Les histoires minuscules des révolutions arabes.

Wassyla Tamzali est présentement à Montréal pour participer à différents événements, à l’invitation de la Coalition Laïcité Québec.


Louise Mailloux : On attendait beaucoup du printemps arabe. On y avait mis beaucoup d’espoir, particulièrement du côté de la Tunisie. Or, aux élections du 23 octobre, les Tunisiens ont accordé 41% des suffrages au parti islamiste Ennahda, donnant ainsi la victoire à l’extrême-droite. A-t-on raison de s’inquiéter pour la suite des choses?

Wassyla Tamzali : On avait de l’espoir parce qu’on pensait qu’il allait y avoir une élection massivement démocratique, mais sur quelle base pouvait-on penser que ce serait démocratique? Voilà un pays qui sort de 50 ans de dictature avec une interdiction de liberté politique, une interdiction de liberté d’opinion, une interdiction de s’exprimer, de circulation même. Tout était interdit. Et on peut penser que ces pays-là vont voter démocrates du premier coup? 

Historiquement et jusqu’à preuve du contraire, on voit que c’est la démocratie qui produit de la démocratie. On n’a jamais vu un régime non démocratique produire de la démocratie. Tous les pays de l’Est nous ont montré cela. Que ce soit à travers la Pologne, la Tchécoslovaquie ou la Russie,  ceux qui ont repris le pouvoir à travers le processus démocratique, ce sont les anciens soviétiques, les anciens apparatchiks.

En Tunisie, on a eu un moment d’espoir quand on a vu comment la révolution s’est déroulée. Et c’est cela qu’il est important de considérer. Les islamistes n’étaient pas dans les mouvements révolutionnaires. Ni en Tunisie, ni en Égypte. C’est par la suite qu’ils ont été appelés par les pouvoirs institués provisoirement, sur la base d’une doctrine qui a été largement diffusée par l’Occident, à savoir, qu’on ne peut pas faire de démocratie, sans les islamistes.

Que font les Égyptiens, pour dire au monde entier qu’ils sont démocrates? Ils rappellent les Frères musulmans. Et c’est pour répondre aux Nations-Unies, pour répondre à l’Union européenne, parce que cela fait une dizaine d’années que nous nous heurtons aux occidentaux qui nous disent : «Que l’on ne peut pas faire de démocratie, sans les islamistes». Bien voilà, ils sont là maintenant!

L.M. : Mais un islam démocratique, est-ce possible?

W.T. : Cela n’existe pas! Même chez les démocrates chrétiens. On ne peut pas être religieux et démocrate. Par contre, on peut être démocrate et religieux, c’est-à-dire être quelqu’un qui met la croyance à une place bien précise et qui ne prétend pas faire de cette croyance un élément politique. C’est cela un démocrate religieux.

Or, dans le domaine de l’islamisme, que ce soit l’islamisme modéré de Tariq Ramadan, ou encore celui des salafistes, chez qui c’est très clair, il s’agit de faire de la religion un instrument politique et même d’en faire un but.

L.M. : L’article premier de la Constitution tunisienne stipule que «La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain ; sa religion est l’islam, sa langue l’arabe et son régime la république». Or tous les partis de gauche, sauf un, ont refusé de discuter cet article. Diriez-vous que c’est une erreur?

W.T. : L’article premier de la Constitution tunisienne dit que l’islam est la religion du peuple. Ce n’est pas la religion de l’État comme en Algérie ou au Maroc, où dans ce cas, c’est la religion qui organise la politique. C’est une nuance importante, parce que la Tunisie est un pays laïque. Et ces gens de la gauche ont cru bien faire en ne remettant pas en question la formulation de cet article, afin de le garder intact, plutôt que de risquer de le transformer en «l’islam est la religion de l’État».

Ils n’ont pas voulu aller à la bataille, de peur de perdre davantage que de gagner. À mon avis, c’est une erreur, et je pense qu’à cause de cela, les islamistes vont inscrire que l’islam est la religion de l’État.

J’ai un dicton qui m’a beaucoup servi dans la vie et c’est le titre d’un film allemand qui s’appelle «En cas de grand danger, le chemin du milieu mène directement à la mort». Il fallait mener la bataille, mais en haut, et eux, ils sont restés au milieu du chemin, et là, ils risquent de voir le pire.

L.M. : Advenant le cas d’une majorité islamiste aux prochaines élections, pouvons-nous craindre un scénario algérien?

W.T. : Les Tunisiens n’avaient pas pensé à ce scénario et ils ont été surpris du résultat des élections. Mais là, devant le fait, je ne suis pas sûre qu’ils n’y pensent pas. Déjà on voit que le ton monte, et il y a quelques jours, le président de la commission politique Yadh Ben Achour a dit : «De toutes façons, les islamistes trouveront devant eux une société civile prête à se battre».

La Tunisie est sans doute le pays le mieux préparé pour résister parce que c’est un pays qui a su transformer un mouvement de révolte en une vraie révolution. Les Égyptiens n’ont pas pu le faire. Les Tunisiens, eux, l’ont fait grâce à une société civile organisée qui a su résister à Ben Ali.

S’ils ont pu transformer leur société à partir d’un événement tragique comme celui du jeune Mohamed Bouazizi qui s’est immolé par le feu, c’est parce qu’à tous les niveaux de la société, existait déjà une volonté de changement. Et c’est l’existence d’une telle société civile qui laisse entrevoir une résistance. Les Tunisiens ne souhaitent pas une résistance armée et ils pensent qu’ils ont assez d’atouts en main. Et un de leur atout est le fait que le parti Ennahda a évolué. C’est le pari qu’ils font. Parce que sur la condition des femmes, Ennahda n’a jamais remis en question les acquis de leur condition.

L.M. : Est-ce qu’on doit leur faire confiance?

W.T. : Non. En politique, il n’y a pas de confiance. Il n’y a que des rapports de force. Sans doute que devant ce raz de marée islamiste, la société civile va rester mobilisée. Ils se sont battus contre Ben Ali alors que celui-ci régissait tout. Or, les islamistes, qui vont prendre le pouvoir à l’Assemblée constituante, n’ont pas tout un système entre les mains. On ne peut pas dire qu’ils aient la police avec eux, ni les magistrats, ni les avocats. Or Ben Ali contrôlait absolument tout, même la radio et la télévision. Mais depuis janvier dernier, la télévision et les journaux ont pris leur envol. La liberté a pris son envol.

Les islamistes, s’ils veulent vraiment être islamistes, vont être obligés d’instaurer une dictature. Et comme ils n’en ont pas les moyens, ils devront faire appel au peuple. Bien sûr, ils peuvent faire appel au fanatisme du peuple. Mais vous savez, la vertu d’une révolution, c’est l’incertitude. Il s’ouvre devant nous une page d’histoire pleine d’incertitudes, et c’est très important, parce que de toutes manières, c’est l’histoire qui se remet en marche.  

L.M. : Les femmes ont joué un rôle important dans les révolutions arabes?

W.T. : Oui partout, et même jusqu’au Yémen et au Bahreïn, mais toujours en tant que femmes, jamais en temps que féministes. Ces femmes sont descendues dans la rue contre le régime en place mais pas pour défendre leurs droits.

En général, dans les grands moments historiques, les femmes ne descendent pas dans la rue pour défendre leurs droits. Quand les femmes algériennes prennent le maquis ou vont déposer des bombes, elles ne le font pas en tant que femmes, elles le font en tant que membres d’une communauté, même si on leur refuse des droits à l’intérieur de celle-ci. D’ailleurs sur la place Tahrir, on a entendu des gens dire aux femmes: «Maintenant, c’est fini. Rentrez chez vous».

Dans les femmes, il y a toujours un peu de transgression. Et sur la place Tahrir, cela a été un miracle. Des femmes et des hommes, couchés sous les mêmes couvertures, sans qu’il y ait eu des gestes déplacés, alors qu’aujourd’hui, elles sont violées dans la rue, même lorsqu’elles sont voilées.

L.M. : Que peut-on espérer maintenant pour les femmes tunisiennes?

W.T. : La femme est le lieu dans lequel s’exprime le plus les conflits de société, mais avec les islamistes, c’est toute la société qui est mise en danger. Et je pense que la question qu’il faut poser aujourd’hui, ce n’est pas tellement de savoir que vont devenir les femmes mais plutôt, que va devenir la société tunisienne?

J’ai travaillé suffisamment longtemps sur les femmes pour savoir qu’il n’y a pas de féminisme sans liberté. Il n’y a pas d’avenir pour le féminisme dans une société qui n’est pas entièrement libérée. Notre souci actuel n’est pas de demander l’égalité des hommes et des femmes mais celui de demander la libération de la société.

Ce dont nous avons le plus besoin, ce n’est pas d’égalité mais de liberté. Comment voulez-vous que l’on puisse savoir et connaître qui on est, avoir le désir de changer les choses et savoir ce que l’on va faire, si nous n’avons pas cette liberté.

C’est pour cela que ces révolutions arabes m’intéressent parce que l’on va enfin tourner la page de cette période post-coloniale qui a été marquée par un endoctrinement et par un fort dogmatisme. D’abord le nationalisme, l’anti-occidentalisme, puis le soviétisme et ensuite l’islamisme. Tous ces «ismes» qui ont pris la femme et l’homme en otage.

Cette révolution a été possible parce que la génération qui a mis le feu aux poudres est une génération qui est complètement en dehors de tout dogmatisme alors que nous, on n’arrête pas de parler, de dialoguer, d’écrire, de faire des colloques et des congrès. À la fin, on ne faisait plus peur à personne et chacun discutait dans son coin.

À un moment donné, les jeunes ont dit : «Non, on ne veut plus discuter. Non, c’est non!» Et comme le disait Michel Foucault : «La révolution, c’est d’abord, dire non au souverain. Sans explication.» Et c’est exactement ce qui s’est passé dans la rue à Tunis et au Caire.

Il y a chez ces jeunes, un goût de liberté qui n’existait pas dans ma génération. On est en train de prendre le chemin de l’histoire, une histoire aux mille dangers certes, parce que dans le post-colonialisme, il y a aussi le rejet de la France et de l’Occident, mais en même temps, je ne pense pas qu’on puisse vivre un scénario à l’iranienne parce que les jeunes veulent rester dans la modernité. Ils veulent rester avec l’Europe.

Aujourd’hui, nous sommes sur la voie de s’en sortir. Et pour le monde arabe, c’est un progrès formidable. Parce qu’avant, personne ne disait la vérité. Tout le monde mentait ; les gouvernements, les dirigeants et les européens dans ce fameux dialogue culturel. Il y a à peine un an, quand on faisait une conférence, il fallait encore expliquer le danger de l’islam. Maintenant, tous ces gens en Europe et en Amérique qui ont défendu l’islam commencent à avoir peur de l’islam. Maintenant, on est entré dans l’heure de vérité et on ne pourra plus inventer.

Novembre 2011

 

 

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Une semaine sainte !

Dimanche 16 octobre

Djemila Benhabib, auteure du récent essai Les soldats d’Allah à l’assaut de l’Occident, fait une prestation remarquée à l’émission «Tout le monde en parle». Devant des milliers de téléspectateurs, cette Québécoise d’origine algérienne aborde avec beaucoup de tact, d’intelligence, de courage et d’aplomb, un sujet dont peu de personnes osent discuter publiquement ; celui de la présence de l’islam politique au Québec.

Dès son premier essai, Ma vie à contre-Coran, publié en 2009, Djemila Benhabib nous met en garde contre cet islam politique des Frères musulmans, une idéologie fasciste, anti-laïque et totalitaire, prônant la fusion de l’État et de l’islam, qui est née en Égypte, en 1928, sous la direction d’Hassan al-Banna, le grand-père de Tariq Ramadan. Cette doctrine, qui s’est d’abord étendue aux pays arabo-musulmans, a maintenant gagné l’Occident, avec pour objectif ultime, l’établissement d’un État islamique planétaire. Une théocratie islamique mondiale. L’Iran multiplié à la puissance mille. La loi d’Allah pour tous, que cela vous plaise ou non.

Soutenus par les pétrodollars de l’Arabie saoudite, les Frères musulmans diffusent leurs idées, financent la construction de mosquées et d’écoles religieuses, tout en exportant leurs militants politiques à travers l’Europe et l’Amérique dans le but exprès de conquérir cet Occident impie. Le Québec, affirme Benhabib, n’échappe pas à cette islamisation rampante qui gangrène progressivement notre démocratie, conteste notre laïcité et voile les femmes.

À tous ceux qui en doutent, telle Françoise David «qui n’y voit pas un danger réel et immédiat», comme ces journalistes de La Presse, Patrick Lagacé et Marc Cassivi, qui ont quasiment affublé Benhabib de paranoïa aiguë, les récents événements devraient les faire réfléchir.

Mardi 18 octobre

Une motion est votée à l’Assemblée nationale exigeant que le gouvernement Harper refuse l’entrée au Canada de deux islamistes notoires, Abdur Raheem Green et Hamza Tzortzis en raison des propos misogynes et homophobes qu’ils ont déjà tenus. Ces militants politiques appartiennent à l’Islamic Education and Research Academy (IREA), un organisme britannique faisant dans le prosélytisme, qui encourage les musulmans en pays d’immigration à recruter des non-musulmans pour qu’ils se convertissent à l’islam. Ils ont été invités par l’Association musulmane de l’Université Concordia pour donner une conférence s’intitulant Calling the world back to Allah.

Que prêchent ces apôtres de l’islam ? Tel que prescrit dans le Coran, qu’il est légitime de recourir à la violence physique envers les femmes qui n’obéissent pas à leur mari et qu’il faut lapider les femmes adultères et les homosexuels, même si ce n’est pas écrit dans le Coran. Alors Coran, pas Coran, on s’en fout. Les islamistes ont des largesses et souhaitent nous faire partager leurs traditions en proposant la lapidation des femmes adultères et celle des homosexuels. Le «Village» au grand complet à lapider, vous imaginez? Des affaires pour manquer de roches! Décidément, il y a des associations étudiantes qui ont de bien étranges fréquentations…

Suite aux pressions, l’Université Concordia a décidé de ne pas recevoir ces islamistes. Le collège Vanier ayant fait de même, les conférenciers ont finalement été accueillis à la mosquée al Rawdah du centre culturel Laurentien à Montréal, qui est affilié à  la Muslim Association of Canada (MAC), l’organisation représentant les Frères musulmans au Canada. Pas en Égypte, ni au Pakistan, non, au Ca-na-da.

Ces Frères musulmans, dont parle Djemila Benhabib, sont actifs ici même à Montréal. Ils ont bel et bien pignon sur rue, avec mosquée et centre culturel et ils recrutent dans la communauté musulmane. Grâce à eux, les conférenciers étrangers peuvent diffuser leur propagande haineuse contre les femmes et les homosexuels. Ils ont d’ailleurs invité à plusieurs reprises le prédicateur islamiste, Tariq Ramadan. Plus subtil, celui-ci propose plutôt un moratoire sur la lapidation. Le temps de se refaire en roches…

Alors, paranoïaque la Jeanne d’Arc? Allez donc jeter un coup d’œil sur le site de la mosquée al Rawdah du boulevard Laurentien à Montréal. Vous y verrez qu’on y organise des concours de récitation du saint Coran pour les enfants de moins de huit ans. Les Olympiques célestes, une façon comme une autre d’endoctriner les enfants. Il faut voir ces petits soldats d’Allah réciter bien sagement et ces petites filles de quatre ans, voilées comme des poupées. Par respect pour le lieu, nous dit-on, parce qu’évidemment, les filles sont impures et la source des pires tentations. Faut vraiment être obsédé par le sexe pour cacher ainsi le corps des petites filles.

Jeudi 20 octobre

S’ouvraient deux procès.

Au Palais de Justice de Montréal, celui de Mounia Diab, accusée d’avoir tenté le 19 mai dernier, d’exporter des pièces d’armes d’assaut vers le Liban. Elle a plaidé non coupable. Elle doit comparaître à nouveau le 10 novembre prochain. Elle faisait partie de la délégation de femmes musulmanes voilées qui s’étaient rendues à Hérouxville, le 11 février 2007, avec des tonnes de baklavas et des allures de sainte-nitouche. Qui, pensez-vous, s’est tordu le plus de rire? André Drouin ou Mounia Diab?

Au Palais de Justice de Kingston, celui de la famille Shafia habitant à Brossard, accusée de crime d’honneur, ayant été commis le 30 juin 2009, vis-à-vis sa première femme et trois jeunes filles de leur famille. Trois jeunes filles tombées sous la loi du père et dont la faute fut de vouloir vivre comme ces «putains» d’occidentales, «des filles en soutien-gorge et en petites culottes».

Vendredi 21 octobre

À l’émission Franchement Martineau, une téléspectatrice du nom d’Aïcha appelle en ondes pour dire qu’il est normal de lapider les hommes et les femmes pour adultère, de voiler les petites filles de quatre ans et que pour l’homosexualité, même les insectes sont hétéro. Ahurissant, surréel. La lapidation à Montréal. Et pourquoi pas au stade olympique, tant qu’à y être.

À tous ces journalistes qui ont pris un malin plaisir à ridiculiser les gens d’Hérouxville parce que leur code de vie interdisait la lapidation, faites un petit effort. Retrouvez Aïcha. Elle vit au Québec.

Dans le collectif Le Québec en quête de laïcité, Daniel Weinstock défend la laïcité ouverte et conclut son texte en disant : «À ce jour, les tenants de la laïcité stricte n’ont pas fourni un argument convaincant démontrant que le fonctionnement neutre de nos institutions publiques exige que les individus s’abstiennent du port de symboles religieux».

Voici l’argument : l’intégrisme, monsieur Weinstock. L’intégrisme dont vous ne parlez jamais.

Dimanche 23 octobre 

Les Tunisiens vont aux urnes et vivent leurs premières élections libres et démocratiques depuis 1956. Ils donneront une majorité des suffrages à un parti islamiste (Ennahda) qui dirigera l’Assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle Constitution.

Le même jour, en Libye, la libération du pays est proclamée par le président du Conseil national de transition qui déclare, que dorénavant, la législation du pays sera fondée sur la charia.

Calling the world back to Allah

Dans une vidéo sur You Tube, nous pouvons entendre Abdur Raheem Green déclarer : «Nous verrons que lorsque nous aurons établi l’État islamique dans nos cœurs, Allah établira l’État islamique sur la terre». Et dire que Charles Taylor continue d’affirmer qu’aujourd’hui, plus aucune religion n’est en mesure de s’imposer.

Octobre 2011

 

 

 

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Au nom du Père et du Fils…

En juillet dernier, quatre montréalaises d’origine afghane dont trois soeurs Zainab (19 ans), Sahar (17 ans) et Geeti Shafia (13 ans) ainsi que Roma Amir Mohammed (50 ans) ont été retrouvées mortes dans le canal Rideau à Kingston en Ontario. On a d’abord retenu la thèse de l’accident puis le père, la mère et le fils de 18 ans ont été arrêtés et accusés de meurtre prémédité et de conspiration.  Selon les autorités policières, même si la chose n’a pas été confirmée publiquement, il pourrait s’agir d’un crime d’honneur.

LE PRIX DE LA MARIÉE

Bien sûr il n’est pas rare que des cas de violence conjugale à l’égard des femmes se terminent par un meurtre dont l’auteur est souvent l’ex-conjoint de la victime qui n’accepte tout simplement pas que celle-ci le quitte ou veuille divorcer. Blessés dans leur orgueil de mâle qui va perdre sa « chose » qui lui faisait des tartes depuis 30 ans, ces hommes frustrés tuent leur conjointe et parfois même leurs enfants, mais en agissant seul, sans pouvoir compter sur l’aide ou l’approbation de leur famille. Ce qui n’est pas le cas pour les crimes d’honneur dont la spécificité est d’impliquer les proches de la victime comme complices du meurtrier par leur participation, leur accord tacite et leur silence hypocrite.

Ainsi chaque année, des milliers de femmes, 5000 selon les chiffres de l’ONU, sont victimes de crimes d’honneur dans le monde. Des meurtres souvent maquillés en accidents ou en suicides et dont la famille se fait complice. Des crimes souvent impunis perpétrés par le père, le fils, le mari, le beau-frère, l’oncle ou le cousin du beau-frère de l’oncle sur une femme dont le comportement sexuel salit et déshonore la famille. C’est dire que de la puberté jusqu’à la ménopause, les ovules de Poupoule demeurent sous haute surveillance. Une tâche titanesque qui a occupé les hommes tout au long de l’Histoire. Plus que la guerre, la bière ou le foot, les ovules de Poupoule font toujours courir les foules.

Femmes infidèles ou tout simplement soupçonnées de l’être, coupables de s’être « laissées violer », d’avoir eu des relations sexuelles avant son permis de conduire, d’être filles-mères, d’avoir refusé un mariage arrangé avec le plus vieux des cousins du beau-frère de son oncle, de vouloir divorcer, d’avoir flirter avec un garçon, de lui avoir téléphoné, d’avoir mangé une poutine avec lui, de l’avoir séduit, lui, l’étranger boutonneux derrière son 7Up, devant tout le monde, en plein resto de La Belle Province. Décidément, la Juliette, elle en a dedans pour vouloir vivre comme les Québécoises!

La faute? Vouloir être libre et vivre à l’occidentale. La punition? Une exécution extrajudiciaire commise par les hommes du clan à qui appartient le corps, la sexualité et la virginité des femmes qui incarnent la pureté ou la souillure de leur famille. Ces femmes considérées comme de vulgaires marchandises que les hommes contrôlent et s’échangent entre eux, pour asseoir leur pouvoir, assurer leur lignée, exhiber leurs richesses, montrer des dents comme les gorilles et imposer le respect auprès des autres gorilles du quartier.

Femmes-objets dont le droit à la vie est intimement lié au respect des traditions plutôt qu’à la Déclaration des Droits de l’Homme, et dont la transgression signe inexorablement leur arrêt de mort. Une mort annoncée dans le regard endurci de l’entourage, une mise à mort rituelle dans la froide approbation générale. Une sorte de lapidation en règle. Seule contre tous. Sans même pouvoir s’accrocher aux jupes de sa mère qui obéit au mari, pas plus qu’à la DPJ qui se défend d’avoir les mêmes formulaires pour tout le monde. Pas de racisme, évidemment! Mais toujours seule comme sur un parking de centre d’achats à 9h10 le vendredi soir. Une honte publique qui appelle une réparation publique. Voilà pourquoi les hommes de la tribu s’en débarrassent comme on jette à la poubelle une viande faisandée.

 

 

 

LE VOYAGE DE NOCES

Partout à travers le monde, en Inde, au Brésil, au Pérou, en Israël mais surtout dans la grande majorité des pays musulmans qui sont les premiers concernés par ces pratiques odieuses et rétrogrades (Maroc, Turquie, Égypte, Palestine, Liban, Syrie, Jordanie, Yémen, Irak, Afghanistan, Pakistan, Bangladesh, Iran, Soudan, Nigeria) ou dans les communautés musulmanes immigrées d’Europe (Royaume-Uni, Suède, Norvège, Danemark) ou d’Amérique (États-Unis, Canada) encore aujourd’hui, pour l’honneur des mâles, les femmes paient de leur vie. Dans le plus strict respect des traditions, de la culture et de la religion et ce, au mépris de maintes Conventions.

En novembre 2000, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution sur « des mesures à prendre en vue de prévenir et d’éliminer les crimes d’honneur contre les femmes en recourant à des mesures législatives, éducatives et sociales ». La résolution fut votée par 120 pays, alors que 25 autres se sont abstenus, pour la plupart musulmans. Ce qui n’étonne nullement puisque la majorité des crimes d’honneur se produisent dans ces pays.

LA DANSE DE LA MARIÉE

Comment expliquer cela? L’islam est demeuré collectiviste dans sa mentalité comme au temps de Mahomet. C’est dire que la communauté prime sur l’individu, que l’on favorise le groupe et que la liberté individuelle si chère à nos sociétés démocratiques apparaît comme la pire des pestes. Et encore plus détestable et menaçante, la libération des femmes qu’a connu l’Occident, particulièrement la libération de leur corps qui les a libérées de la maternité obligée, libérées de la famille et leur a permis du même coup d’autres libérations qu’elles soient sexuelle, intellectuelle, économique ou politique. « Qui libère la femme, libère tout le reste » nous dit Malek Chebel. La formule est belle et terriblement vraie!

Voilà pourquoi le féminisme et la libération des femmes constitue pour l’islam le pire des dangers, le mal absolu, l’hérésie suprême qui ferait s’écrouler toutes les hiérarchies puisqu’elle est l’expression la plus forte et la plus criante de la liberté individuelle, ruinant du même coup l’autorité et les prérogatives des hommes sur les femmes telles que proclamées dans le Coran.

Voilà aussi pourquoi les ovules de Poupoule sont la propriété du clan et doivent être étroitement surveillées par tous les hommes du clan. Parce que la femme est essentiellement une fabrique de musulmans, la matrice de toute la communauté et que son « lieu naturel » demeure le foyer. Ici, on naît femme, n’en déplaise à Beauvoir et toutes les autres folles. C’est pourquoi lorsqu’elle sort du foyer pour aller à l’Université ou faire des courses sur la rue Bélanger, elle doit cacher son corps et se déguiser en « Femme invisible » pour se dérober au regard des autres hommes parce qu’elle n’est pas libre de son corps, pas plus que de son désir sexuel et amoureux. En revanche, ces femmes pourront toujours être libres d’étudier et de travailler, et nous le répéter à satiété, mais jamais on ne leur accordera la liberté sexuelle dont jouissent les femmes occidentales. Et dites-vous bien que celles qui s’y risquent le font parfois au péril de leur vie.

MOURIR À TUE-TÊTE

Les meurtres de Kingston ne sont pas les premiers crimes d’honneur à se produire au Canada. Rappelons-nous en décembre 2007, le cas de la jeune ontarienne Aqsa Parvez assassinée par son père parce qu’elle refusait de porter le voile. Mais au Québec, la frilosité des médias et le silence embarrassé de la gauche et des groupes de femmes lorsqu’il s’agit de dénoncer ces crimes d’honneur ont pour effet d’étouffer le scandale et de donner un appui aux assassins plutôt qu’aux victimes.

On ne peut pas, sous couvert de lutter contre la mondialisation ou le racisme, encourager par notre silence, ces pratiques ignobles à l’égard des femmes et des jeunes filles, et abandonner à leur sort toutes celles qui aspirent à l’autonomie et souhaitent vivre comme nous.

Il faut, bien au contraire, donner à ces pratiques le plus de visibilité possible parce que la loi seule ne suffit pas pour changer les mentalités, apporter un support et protéger ces femmes. Et s’il s’agissait de NOS FILLES, ne serions-nous pas plus nombreuses à CRIER?…

Août 2009

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