Allocution présentée à la remise du prix Condorcet-Dessaulles

Je suis très honorée de recevoir ce prix Condorcet-Dessaulles et je tiens à remercier bien sincèrement le Mouvement Laïque Québécois d’avoir pensé à moi pour cette distinction si prestigieuse.

Lorsqu’ils ont appris la nouvelle, plusieurs m’ont dit: «Louise, ce prix ne pouvait pas mieux tomber!». En effet, avec tout ce qui m’est tombé dessus depuis les dernières élections, je peux dire que cette reconnaissance par mes pairs est la seule chose qui tombe en montant et c’est avec une grande fierté que j’accepte ce prix qui est en quelque sorte la «coupe Stanley» des militants laïques québécois.

Cette exigence laïque, issue des Lumières, réside au coeur de notre histoire, depuis les Patriotes qui déjà réclamaient la séparation de l’Église et de l’État, en passant par les intellectuels libéraux de l’Institut canadien dont Louis-Antoine Dessaulles fut une figure de proue par sa résistance face au clergé et sa lutte contre la censure. Trois siècles plus tard, nous en sommes toujours à nous battre pour la laïcité comme quoi les religions n’acceptent pas et n’accepteront jamais d’être écartées du pouvoir politique pour lequel elles semblent avoir une attirance toute naturelle.

Malgré le fait que nous ayons complété, il y a à peine neuf ans, la laïcisation de nos écoles publiques, un des bastions les plus inébranlables de la présence du religieux dans l’État et que nous pensions alors que le plus difficile des combats étaient derrière nous, nous constatons aujourd’hui que le Québec subit des assauts et des reculs inquiétants en matière de laïcité alors que nous assistons à une offensive anti-laïque sans précédent, avec des acteurs nouveaux, provenant souvent de l’immigration, des acteurs pour lesquels ils se créent des solidarités inattendues qui redéfinissent les enjeux et posent de nouveaux défis pour la défense de la laïcité. Si on veut que notre combat ait un sens et un maximum d’efficacité, il importe de bien analyser le rôle de l’islam ici même au Québec pour comprendre comment celui-ci contribue à modifier le paysage politique.

Je vous propose donc de revenir sur un sujet que bien des gens préfèrent ne plus aborder; la fameuse Charte des valeurs du PQ. Bien que la laïcité ne peut se résumer à ce projet, il n’en demeure pas moins que ce dernier contenait politiquement deux éléments majeurs que je qualifierais de «dynamite» et qui en a fait d’ailleurs exploser plusieurs.

Le premier élément est que par ce projet de loi, le gouvernement affirmait sa légitimité politique en matière de laïcité au lieu de demeurer à la remorque des chartes et des juges et qu’il a osé défier ce que l’on appelle la judiciarisation du politique qui vise l’affaiblissement d’un gouvernement national. Premier péché mortel.

Deuxième élément; le voile islamique. À part le projet de loi 94 portant sur le niqab et mort au feuilleton, de toute notre histoire laïque, c’était la première fois qu’une proposition pour la laïcité s’adressait à une religion qui n’était pas la nôtre, une religion minoritaire et pas n’importe laquelle; l’islam pour qui la laïcité est une hérésie.

Bien sûr on dira que la proposition voulant interdire le port de signes religieux ostentatoires s’adressait à toutes les religions mais n’eût été que des crucifix pendus au cou, nous savons très bien que cette proposition n’aurait jamais vue le jour. Deuxième péché mortel.

L’importance du voile islamique a, dès le départ, occulté toutes les autres propositions de la Charte et c’est principalement autour de celui-ci que toute la controverse et tous les enjeux se sont cristallisés. Pourquoi?

Parce que le voile est un signe politique qui opère comme un procédé de marketing en rendant l’islam visible et présent dans tous les lieux publics et que porté par les employées de l’État, il sert aussi à contester la laïcité de nos institutions publiques et à remettre en question leur culture laïque.

La critique de l’islam n’est pas chose facile parce qu’il nous prive de la zone habituel de confort que nous avons lorsqu’il s’agit de critiquer les chrétiens par exemple et qu’il jouit d’une protection que ces derniers n’auront jamais au Québec. Celle d’incarner «l’Autre», l’altérité et de réclamer au nom de l’ouverture à l’autre, l’ouverture au voile et à l’islam.

Pourquoi croyez-vous que le combat laïque face aux catholiques faisait l’unanimité dans les syndicats, la gauche, les féministes et tous les progressistes alors que ce même combat, au nom des mêmes principes devient soudainement face à l’islam du racisme et de la xénophobie?

L’islam est porté par la puissante idéologie du multiculturalisme et il sert même de cheval de bataille à tous les fédéralistes du Québec qui instrumentalisent cette religion (c’est la seule qu’ils défendent d’ailleurs) pour nous imposer le multiculturalisme et son corollaire, la neutralisation d’une culture nationale.

Aujourd’hui au Québec, l’islam constitue le fer de lance de l’offensive anti-laïque. C’est pourquoi toutes les autres religions se rangent derrière elle parce que cet islam dispose d’un alibi d’une redoutable efficacité dont sont privées les autres religions et c’est celui de faire passer les militants laïques pour des racistes, des islamophobes ou des identitaires d’extrême-droite. Aucune autre religion au Québec n’a le pouvoir de produire un tel effet réfrigérant.

Ce qui donne à l’islam un statut privilégié et fait qu’il jouit d’une immunité à toute épreuve. Pour toutes les autres religions, l’islam représente le maillot jaune en tête de peloton du Tour de France parce qu’il incarne le plus grand espoir de pouvoir faire reculer la laïcité au Québec en ramenant le religieux dans nos institutions publiques.

C’est pourquoi les catholiques de gauche que nous retrouvons dans les départements de sciences religieuses de nos universités, à Québec Solidaire, à la Fédération des Femmes du Québec et à la Ligue des droits et libertés défendent tous l’islam et sa pub sexiste, le voile. C’est aussi pourquoi dans ce grand débat autour de la Charte des valeurs, toutes les religions ont mis de côté leur rivalité congénitale pour se liguer derrière le voile islamique et déferler dans les rues de Montréal pour manifester contre la Charte raciste des péquistes.

L’islam pose de nouveaux défis à la laïcité au Québec et le plus difficile est sans contredit celui d’empêcher les islamistes d’imposer la charia. Quand on voit comme on l’a vu cette semaine des musulmans, assis aux côtés du Premier Ministre, prétendant représenter la communauté musulmane, alors qu’ils ont tous milité activement contre la Charte des valeurs et que certains d’entre eux fréquentent des gens qui militent pour imposer la charia au Québec, il y a de quoi être inquiète pour l’avenir de la laïcité au Québec.

Un autre aspect inédit et inquiétant dans le combat pour la laïcité est la judiciarisation des débats publics où des musulmans bien appuyés par certains avocats fédéralistes amènent abusivement devant les tribunaux des militants laïques en les accusant de diffamation, dans le but de les faire taire, d’en faire des exemples et de faire taire tous les autres.

Je pense à Djemila Benhabib dont le combat contre l’intégrisme est connu de tous et qui est poursuivie par une école musulmane, je pense aussi à Philippe Magnan, le blogueur de Poste de veille qui cartographie les réseaux islamistes, également poursuivi. Permettez-moi de saluer leur courage, leur droiture et leur ténacité.

L’islam a redessiné le paysage politique et fait prendre au combat laïque une autre dimension. Il devient plus complexe, plus sensible et déconcerte par ses nouveaux opposants. Une certaine gauche, bon nombre de féministes, de syndicalistes et de progressistes s’opposent maintenant à la laïcité. Sans compter la rectitude politique qui empoisonne et étouffe la critique de la classe médiatique et rend frileux l’ensemble de nos politiciens. Tout ceci ne peut que profiter aux intégristes pour faire avancer leur agenda politique.

Si nous poursuivons ainsi, nous allons tout droit vers la catastrophe. Et ce sera d’abord les femmes qui écoperont et surtout les femmes musulmanes. Puis en regardant les choses à plus long terme, c’est carrément l’avenir du Québec qui est en jeu.

Contrairement à ce que certains politiciens prétendent, la laïcité est toujours d’actualité. Elle n’est pas derrière nous mais devant nous et sa défense est plus que nécessaire. Faire autrement serait faire preuve d’une grave inconscience.

Nous les laïques nous devons redoubler d’ardeur, nous consulter, nous solidariser et nous appuyer mutuellement. Nous devons également continuer d’éduquer la société civile.

Chers amis, je tiens à vous remercier bien chaleureusement d’être venus ici aujourd’hui pour me témoigner votre appui. Et soyez assurés que je ferai l’impossible pour être à la hauteur des idéaux de Condorcet et de Dessaulles qui ont consacré leur vie à la défense de la laïcité.

Montréal, 23 novembre 2014

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Le Mouvement laïque québécois décerne le prix Condorcet-Dessaulles 2014 à Louise Mailloux

Le Mouvement laïque québécois décerne
le prix Condorcet-Dessaulles 2014 à
Louise Mailloux.

Professeure de philosophie, auteure et polémiste, Louise Mailloux a contribué de façon importante à la promotion de la laïcité notamment par ses dernières publications, interventions et chroniques lors du débat qui a eu cours ces derniers mois.

La remise du prix aura lieu le dimanche 23 novembre 2014, à 13 heures
au Centre humaniste de Montréal
1225, boul. St-Joseph est, à Montréal (métro Laurier).
Tous les membres et amis du MLQ sont bienvenus.

 

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Indépendance et laïcité : même combat !

Une entrevue de Pierre Cloutier avec Louise Mailloux

Tribune libre de Vigile
lundi 22 septembre

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Louise Mailloux est professeure de philosophie au Cégep du Vieux-Montréal. Militante laïque, elle a publié « La Laïcité ça s’impose », Les Éditions du Renouveau Québécois, Montréal, 2012 et « Une Charte pour la nation », ERQ, Montréal, 2013. Elle a été candidate du Parti Québécois dans la circonscription électorale de Gouin lors de l’élection du 7 avril 2014. Elle répond ici à nos questions.

Q- Louise Mailloux, vous êtes professeure de philosophie au cégep du Vieux-Montréal et militante laïque. Qu’est-ce qui vous a motivée à quitter vos chers étudiantes et étudiants pour vous lancer dans ce sport extrême qu’est la politique partisane professionnelle en vous portant candidate pour le Parti Québécois lors des dernières élections ?

C’est le projet de Charte proposée par le PQ qui m’a décidée à entrer en politique. Au Québec, depuis plusieurs années, la laïcité subit régulièrement des assauts et connaît des reculs inquiétants et j’espérais qu’un parti politique ait le courage de légiférer sur cette question.

Le Parti Québécois a toujours été le parti de la laïcisation, celui qui a entamé les plus grands chantiers et Pauline Marois a été sans contredit l’une des politiciennes les plus résolues et les plus combatives sur cette question. C’était donc pour moi une chance et un honneur de me retrouver au sein d’un tel parti.

Et il y a aussi cet immense désir d’avoir un pays, d’être indépendant et maître chez nous qui m’habite depuis longtemps et pour lequel le Parti Québécois demeure la seule alternative.

Bref, je suis entrée en politique pour me donner les moyens de mes idées et de mes convictions les plus profondes, espérant faire avancer les choses sur ces questions si cruciales de laïcité et d’indépendance.

Q- Sur le plan émotif et personnel, comment en êtes vous sortie de cette « fosse aux lions » et quel bilan en faites-vous ?

J’en suis sortie moins naïve et plus combative que jamais.

Je savais que l’opposition à ce projet de Charte mobilisait les forces fédéralistes et les intellectuels multiculturalistes regroupés dans Québec inclusif, tous les groupes religieux, juifs, musulmans, sikhs, catholiques sans exception et aussi les islamistes, où on a vu la confrérie des Frères musulmans s’allier avec les khomeinistes pour faire barrage à cette Charte mais je n’avais jamais pensé qu’en me présentant comme candidate pour le PQ, je deviendrais la cible principale de tous ces anti-laïques. Une cible de choix dont on se servirait pour attaquer le PQ et le couper de ses assises francophones où il trouvait ses plus forts appuis à la Charte.

Il ne faut pas oublier qu’au moment de déclencher les élections le PQ était majoritaire dans les intentions de vote et que bien évidemment le projet de Charte y était pour quelque chose. Il fallait donc trouver une stratégie qui torpillerait ces appuis. Il fallait faire peur aux francophones, à tout le moins faire diversion afin d’empêcher le PQ d’imposer son agenda sur la charte. Les anti-chartes ont donc ciblé deux points sur lesquels les Québécois sont frileux ; la critique des religions et la tenue d’un prochain référendum.

Q- Lors de cette campagne, certains médias – la Presse entre autres – se sont acharnés sur vous en vous reprochant d’avoir écrit dans votre premier livre que le baptême et la circoncision peuvent être assimilés à un viol (psychologique pour l’un et physique pour l’autre). Vous attendiez-vous à ce genre d’attaques et comment avez-vous réagi émotivement ?

Quand on se présente en politique, vaut mieux n’avoir rien écrit ! Je savais que l’on scruterait mes écrits et tout le reste mais j’ai eu la naïveté de croire qu’on le ferait honnêtement ! Or, on a déformé mes propos intentionnellement voulant me créer une réputation de radicale, en espérant me rendre « toxique » au point où il deviendrait gênant pour le PQ de me compter parmi ses candidats.

J’ai effectivement dit que le baptême et la circoncision, c’est un viol mais un VIOL DE LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE. Allez sur mon blogue et lisez l’article d’où est tirée cette citation, « Le commerce des petites âmes », et vous comprendrez que je parle bien évidemment d’un viol de la liberté de conscience. Cet article, que personne n’a évidemment cité, a été écrit au moment où, en 2010, la ministre de la Famille, Yolande James, a émis une directive interdisant l’enseignement religieux dans les garderies privées. Parce que des curés, des rabbins et des imams visitaient les garderies, figurez-vous.

J’ai dénoncé cela comme étant une atteinte à la liberté de conscience des enfants parce que tout comme avec le baptême et la circoncision, on impose ici aux enfants une religion sans leur consentement alors que la liberté de conscience se définit comme le droit de pouvoir choisir ou non une religion, d’en changer ou de l’abandonner. Ce qu’un enfant ne peut faire à l’âge de 3 ou 4 ans. Peut-on dire cela au Québec en 2014 sans passer pour une radicale ? Je n’en suis pas certaine.

C’est Richard Dawkins lui-même qui disait dans son livre Pour en finir avec Dieu que de la même façon qu’il ne peut y avoir des enfants qui sont libéraux, péquistes, caquistes ou solidaires, il ne peut y avoir d’enfant qui soit catholiques, juifs ou musulmans parce qu’ils n’ont pas à 3 ou 4 ans suffisamment de maturité et d’autonomie pour faire un choix personnel et éclairé.

Vous savez si Dawkins venait au Québec, il serait invité sur toutes les tribunes et dans les médias les plus en vues, présenté comme une sommité internationale et une icône de l’athéisme. Mais une Québécoise qui dit cela, une femme, simple professeure de cégep de surcroît et là, c’est l’odieux, la honte, le blasphème et le salissage en règle de la part de nos universitaires et de nos journalistes. Nous sommes probablement plus colonisés que l’on pense.

Vous savez, la philosophie, la liberté de conscience que garantit la laïcité, cela n’intéresse pas ceux qui m’ont attaquée. Pour dire vrai, ils s’en balancent. Ce qui les intéresse, ce sont plutôt les ravages que peut faire un pareil « spin » dans l’opinion publique.

Des membres influents de Québec inclusif ont d’ailleurs joué un rôle de premier plan pour ternir ma réputation et miner ma candidature durant la campagne électorale.

Voici en preuve, un échange qui a eu lieu sur Facebook, le 16 mars dernier entre Daniel Weinstock, professeur à la faculté de droit de l’Université McGill, Mathieu Marion, professeur de philosophie à l’UQAM, Siegfried L. Mathelet, post-doctorant en philosophie à l’UQAM et porte-parole du Collectif québécois contre l’islamophobie dont le coordonnateur est Adil Charkaoui, Line Merrette Vincent, étudiante en sciences des religions à l’UQAM et quelques autres. On y discute de la meilleure stratégie à adopter pour torpiller ma candidature dans Gouin. Leur trouvaille ? Continuer d’enfoncer le clou sur Mailloux avec l’idée du « baptême comme viol » qui a été soulevée la première fois, le 7 mars, dans un article de la grande journaliste Lise Ravary.






Voilà, en plus de me nuire, ce que cherchaient ces grandes âmes, c’était d’éloigner le PQ de sa base nationaliste catholique et de miner leur appui à la Charte. Rien à voir avec le baptême et la liberté de conscience. De la politique, tout simplement, dans tout ce qu’elle a de plus vil et de plus sale.

Q- À la suite de cette attaque, vous avez senti le besoin de vous excuser partiellement en déclarant que votre intention n’était pas de blesser. Avez-vous subi des pressions de la part du Parti Québécois ou de votre garde rapprochée et amis pour le faire ou avez-vous jugé que c’était la chose qu’il fallait faire pour continuer à être dans la lutte électorale ? Avez-vous trouvé cela difficile à vivre et quelle leçon en tirez-vous ?

Je n’ai subi aucune pression. La direction du PQ m’a simplement proposé un communiqué que j’ai immédiatement accepté de signer parce que j’ai jugé qu’à ce moment-là c’était la meilleure chose à faire puisqu’ultimement ceux qui m’attaquaient, sur le baptême et aussi sur le cachère, souhaitaient que le PQ me largue. Et je ne voulais surtout pas leur offrir cette victoire !

Je suis une militante laïque connue et respectée par bon nombre de Québécois de toutes origines. J’ai une bonne connaissance du dossier de la laïcité au Québec, de celui de l’intégrisme et je me suis exprimée publiquement sur bien des sujets touchant cette question et mes positions républicaines ont toujours été claires, cohérentes et conséquentes. Alors vous vous doutez bien qu’avec une telle expertise, tout le front anti-charte ne souhaitait pas me voir députée à l’Assemblée nationale alors que j’aurais joui de l’immunité parlementaire.

Quelle leçon j’en tire ? Une mise au point rapide sur le fait que mes propos ont été déformés et cités hors contexte aurait été bien plus efficace que ces excuses mais la direction du PQ n’a pas compris que nous étions en guerre et qu’il fallait donc réagir avec davantage de fermeté et d’agressivité.

Q- Pensez-vous que cette prise de position concernant le baptême ou la circoncision a pu vous nuire pour le reste de la campagne électorale ?

Bien sûr, à travers moi, on a attaqué le PQ, espérant ainsi le couper de sa base nationaliste catholique favorable à la Charte mais on a aussi épargné à Françoise David d’avoir à débattre avec moi de ces questions sensibles puisque d’autres « s’occupaient » de moi. Je pense notamment à Lise Ravary du journal de Mtl, des membres de Québec inclusif, le Centre des relations juives et israéliennes, sans oublier le Collectif québécois contre l’islamophobie. Ça fait pas mal de monde à la messe !

Ainsi on a libéré la voie à Françoise David, ce qui lui a permis de pouvoir amener le débat sur PKP et la souveraineté.

Q – Comment expliquez-vous le comportement hostile voire hystérique d’une certaine gauche québécoise, notamment Québec solidaire, à l’endroit de l’interdiction du port des signes religieux ostentatoires dans les institutions publiques contenue dans le projet de charte déposé par le Parti Québécois ?

Québec solidaire ne défend pas la laïcité puisqu’il partage comme ses amis libéraux et néo-démocrates l’idéologie multiculturaliste voulant que les normes et les valeurs de la majorité ne soient pas neutres mais bien plutôt discriminatoires à l’égard des minorités.

Pour eux, cette majorité, pourtant au fondement de toute démocratie, est considérée comme dominante et illégitime. Dès lors, il faut donc s’en remettre aux chartes plutôt qu’aux représentants de la nation pour défendre ce qu’ils appellent les droits fondamentaux.

C’est exactement ce que souhaitait Pierre-Elliot Trudeau lorsqu’en 1971 le Canada a adopté une politique officielle sur le multiculturalisme ; ce qui a eu pour effet de nier la nation québécoise en tant que peuple fondateur et majorité francophone au Canada et de nous placer sur le même pied que toutes les autres minorités.

Ainsi toutes les cultures doivent être valorisées et aucune ne doit être privilégiée et encore moins s’affirmer comme culture nationale. Interdire le port de signe religieux ostentatoire est donc pour Québec solidaire faire preuve de racisme, de xénophobie et d’islamophobie à l’égard des musulmans. Ne perdons jamais de vue que le multiculturalisme a été inventé non pas pour reconnaître la diversité mais pour neutraliser l’affirmation nationale.

Ce relativisme issu de l’idéologie multiculturaliste est largement partagé par la gauche et les bien-pensants qui se disent progressistes que ce soit au Québec ou ailleurs. Ainsi, le voile islamique, je parle du voile parce que c’est ce signe et non la croix, la kippa ou le turban que défend Québec solidaire, puisqu’il est pour eux une façon de valoriser toutes les cultures.

Et puis il y a aussi des visées électoralistes qui motivent une telle prise de position. On l’a vu par exemple en France où le vote musulman a été important dans l’élection de François Hollande et on le voit également au Québec où, à chaque élection, les lobbys musulmans invitent les gens de leur communauté à voter pour le Parti libéral ou Québec solidaire.

Q- Qu’est-ce qui a fait défaut, selon vous, dans la gestion de ce projet de loi déposé par le ministre Drainville ? Est-on allé « trop loin » comme l’a mentionné Jacques Parizeau ou, au contraire, pas assez, en n’interdisant pas le port du voile par les élèves dans les institutions d’enseignement, ni le port du voile intégral dans l’espace public et en mettant fin au financement des écoles privées, notamment celles qui dispensent de l’enseignement religieux ?

Nous ne sommes pas allés assez loin. Lorsque je me suis présentée devant la commission parlementaire sur le projet de loi 60 accompagnée de Marc Laviolette et de Pierre Dubuc, respectivement président et secrétaire du SPQ Libre, c’est justement ce que nous avons souligné. Nous avons appuyé le projet de Charte mais en faisant valoir qu’il était nécessaire d’y inclure d’autres recommandations qui sont celles que vous venez d’énumérer.

Évidemment ceux qui m’accusent de défendre une catho-laïcité, d’être raciste et islamophobe se gardent bien de parler de ceci.

Q- L’avenir de la laïcité est-il menacé au Québec et quelle stratégie doivent utiliser ses défenseurs ?

Oui assurément. Menacé parce que ceux qui l’ont défendue semblent maintenant vouloir éviter le sujet et aussi parce qu’on ne peut sûrement pas compter sur le Parti libéral pour défendre la laïcité. Bien au contraire, ils font tout pour s’y opposer, espérant ainsi conserver le vote de la communauté juive et gagner celui de la communauté musulmane.

La stratégie à adopter dans le contexte actuel ? L’éducation. Il faut éduquer les gens sur ce qu’est la laïcité. Vous savez au Québec nous n’avons jamais eu d’éducation laïque alors il n’est pas étonnant que bien des gens ne comprennent pas ce que c’est et qu’ils associent à tort la laïcité à de l’athéisme. Certains pensent même que les laïques veulent supprimer les religions.

Devant pareille ignorance, ceux qui sont contre la laïcité en profitent pour alimenter la confusion et faire peur au monde. Je vais vous donner un exemple. L’automne dernier, j’étais invitée au Cégep de St-Jérôme pour débattre de la charte avec Jean Dorion. Il a été le premier à s’adresser aux étudiants et il a commencé en leur disant qu’avec la charte, le Cégep s’appellerait Cégep Jérôme au lieu de St-Jérôme. Cette affirmation est d’une mauvaise foi sans bornes ; elle fait aux laïques une réputation de talibans et n’aide en rien à éduquer les gens sur ce qu’est la laïcité. Nommez-moi un pays laïque où l’on a changé la toponymie des lieux ? Affirmer cela, c’est vraiment manquer d’honnêteté vis-à-vis les jeunes et profiter de leur ignorance au lieu de mieux les éduquer.

Il faut aussi dénoncer la laïcité dite inclusive qui se présente comme un nouveau modèle de laïcité alors que ce n’est qu’une ruse pour permettre l’intrusion du religieux dans nos institutions publiques sur la base des droits individuels.

Q- Quelle crédibilité accordez-vous au gouvernement Couillard lorsqu’il prétend vouloir faire la lutte à l’intégrisme religieux ?

Aucune. Il y avait une personne au Parti Libéral qui avait une solide expertise sur le sujet, c’est Fatima Houda-Pepin et ils l’ont virée. Parce qu’elle était sur ce sujet la bonne conscience des libéraux, celle qui refusait toute concession devant le lobby des intégristes et qui faisait passer ses convictions avant ses ambitions politiques. On ne peut malheureusement pas en dire autant de certains députés libéraux dont les circonscriptions englobent une bonne proportion de musulmans et qui prônent l’inclusion à n’importe quoi pour courtiser sa clientèle électorale.

Q- Avez-vous été surprise de voir l’étendue de l’hostilité virulente des médias québécois au projet de charte sur la laïcité du Parti Québécois et comment expliquez-vous cette hostilité alors que le projet de loi faisait l’objet d’un consensus de la part des parlementaires sur 90% de son contenu ?

Absolument pas. En septembre dernier, alors que les hostilités allaient bon train et que l’on tirait à boulets rouges sur le PQ et le ministre Drainville, j’ai prononcé une conférence au colloque de Génération nationale, s’intitulant Une Charte pour la nation, dans laquelle j’expliquais pourquoi ce projet de charte suscite autant d’insultes et de haine. Je me permets de citer un extrait de cette conférence : 
« En voulant légiférer sur la laïcité, le PQ a réveillé d’autres démons et doit maintenant faire face à un feu nourri, digne d’une période référendaire. Parce que ce que l’on craint le plus à Ottawa et chez les fédéralistes du Québec, ce n’est pas la laïcité, ce n’est pas non plus l’interdiction des signes religieux. Ce que l’on craint le plus, c’est qu’un peuple se redécouvre une identité, qu’un peuple se redécouvre une fierté, que la nation se réveille, qu’elle se lève et qu’elle se remette à vouloir un pays.
Voilà de quoi ils ont peur. Voilà pourquoi ils paniquent et s’excitent, nous menacent et nous insultent. Dans la population francophone, l’appui au projet de loi est majoritaire, c’est pourquoi l’industrie du multiculturalisme s’est mise en mode « action »………. Ne perdons pas de vue que cette charge politique est menée à l’endroit d’un parti souverainiste qui, avec ce projet de loi, ravive la flamme identitaire au point où cette Charte des valeurs québécoises est en train de devenir, bien malgré elle, le projet d’une Charte pour la nation ». Voilà pourquoi la charge a été si virulente.

Q- Comme vous n’étiez pas membre du conseil des ministres, vous n’avez pas participé aux discussions concernant la gestion de ce projet de loi. Mais vous-a-t-on consultée ? Et aurait-il été possible, selon vous, de faire adopter en priorité les modifications à la charte québécoise des droits et libertés quitte à reporter à plus tard, dans une simple loi, comme celle sur la fonction publique, ou par décret, l’interdiction du port des signes religieux ostentatoires ?

Le ministre Drainville a consulté plusieurs groupes et rencontré bien des personnes qui ont pris part au débat sur la laïcité. À ce titre, j’ai effectivement rencontré le ministre.

Bien sûr qu’il aurait été possible de reporter à plus tard l’interdiction du port de signes religieux qui était la proposition controversée de ce projet de loi mais la question à poser ici est plutôt : est-ce que cela aurait été souhaitable ?

Je ne le crois pas. Le voile islamique est de plus en plus présent dans nos institutions publiques. Par exemple, il y a de plus en plus d’éducatrices en garderies qui le portent, défiant ainsi la laïcité de nos institutions publiques. Et on peut supposer qu’avec l’immigration en provenance du Maghreb, ce voile sera de plus en plus présent au Québec. Vous croyez vraiment qu’il sera plus facile de légiférer dans quelques années ?

Quand on veut préserver l’égalité entre les femmes et les hommes, la question du port du voile islamique dans nos institutions publiques se pose avec acuité. Ce voile est sexiste et que des femmes musulmanes disent le porter par choix n’y change rien. L’État québécois n’a pas à cautionner un pareil sexisme, encore moins s’il se présente avec le label religieux. Nous avons une histoire qui témoigne des batailles que nous avons menées pour faire avancer les droits des femmes et la laïcité. Et il n’est pas question de retourner en arrière.

En politique, il faut savoir prendre des décisions et ce n’est pas toujours facile. Rappelez-vous lorsqu’on a légiféré sur la langue, les péquistes se sont aussi fait traiter de xénophobes. N’empêche qu’aujourd’hui, nous sommes contents de l’avoir fait.

Q- Vous connaissez sans doute l’oeuvre et l’engagement social du philosophe français Michel Onfray, particulièrement son université populaire de Caen. Que pensez-vous de cette initiative et croyez-vous qu’elle pourrait être reprise avec succès au Québec ?

Je pense que c’est une excellente initiative. Éduquer les gens sera toujours quelque chose de noble et démocratiser cette éducation, comme le fait Onfray, pour que davantage de gens aient accès au savoir et à la culture ne peut que contribuer à améliorer une société à bien des égards.

Il existe déjà au Québec, du moins à Montréal, une université populaire qui offre gratuitement aux gens de tous âges des cours ou des conférences sur une grande variété de sujets. D’ailleurs, ceux qui y enseignent sont souvent d’anciens professeurs maintenant à la retraite. Cette initiative s’inspire probablement de celle d’Onfray et mériterait bien évidemment d’être appuyée financièrement et reproduite un peu partout au Québec.

Comme lui, croyez-vous que « Dieu n’est pas mort » mais qu’il revient en force et que la seule réponse est non seulement la laïcité républicaine mais également l’athéisme « argumenté, construit, solide et militant » ? Est-il difficile d’être athée au Québec et de l’affirmer publiquement et y-a-t-il un prix à payer pour le faire ?

Effectivement Dieu n’est pas mort, même qu’il se porte assez bien. Il est partout. Ce début de 21ième siècle marque un regain de ferveur religieuse. On le voit dans l’offensive qui est menée contre la laïcité en Occident mais aussi dans les conflits religieux qui font rage partout dans le monde. L’État Islamique (l’EI) en est l’exemple le plus horrible. Est-ce que la laïcité et l’athéisme sont la seule réponse à tout cela ? Je dirais que c’est la réponse que nous avons toujours donné parce que jusqu’à maintenant nous n’en connaissons pas de meilleure.

Oui c’est toujours difficile d’être athée au Québec et si beaucoup de gens ont délaissé la pratique religieuse, cela ne fait pas d’eux des athées pour autant. L’athée est encore vu comme un radical, un être immoral alors que beaucoup de gens ont un grand respect pour tout ce qui est religieux.

Dans le fond, les gens sont encore profondément religieux parce qu’ils sont incapables d’assumer leur propre mort. N’importe quoi plutôt que d’avoir à mourir comme son chien. Et c’est sur cette incapacité à assumer le tragique de la vie que repose le fait religieux parce que les religions nous disent exactement ce que l’on veut entendre « Tu ne mourras pas », alors que l’athéisme nous rappelle que si. Quoi de plus détestable !

Q- Michel Onfray affirme aussi qu’il faut se débarrasser de la laïcité « à l’eau bénite » imprégnée de 2000 ans de judéo-christanisme, que mettre sur un même pied d’égalité la fiction et la raison, le rabbin, le prêtre, l’imam et le philosophe est une aberration et il prône une laïcité post-chrétienne, militante, athée et radicalement opposée à tout choix de société entre le judéo-christianisme occidentale et l’islam qui le combat. Partagez-vous son point de vue ?

Je ne vois pas comment une laïcité pourrait être post-chrétienne puisque la laïcité c’est la tolérance à l’égard de toutes les options, qu’elles soient religieuses ou philosophiques. C’est une position d’ouverture maximale qui garantit la liberté de conscience et permet donc d’être chrétien comme n’importe quoi d’autre.

La laïcité place l’athéisme sur le même pied que les religions, faisant de celui-ci une croyance parmi d’autres alors que l’athéisme est une attitude rationnelle face à la vie qui n’a rien à voir avec les croyances. C’est effectivement une aberration qui affaiblit l’athéisme en mettant à égalité la foi et la raison. J’ai d’ailleurs développé cette idée lors d’une conférence que j’ai donnée au Congrès nord-américain de l’Alliance athée internationale et Humaniste athée à Montréal en 2010 et qui s’intitulait « La laïcité a-t-elle tué l’athéisme ? »

Comme Onfray, je crois qu’il faut faire la promotion de l’athéisme, une promotion énergique dans le but de valoriser le savoir rationnel et les sciences, d’écarter la superstition et de limiter le plus possible la soumission des esprits aux dogmes religieux mais le phénomène religieux n’est pas que superstition.

Il répond aussi à un besoin de sécurité et de grégarité, celui d’être rassuré, d’avoir un père qui est aux cieux et sur la terre d’appartenir à une communauté qui partage les mêmes règles et pratique les mêmes rites. La religion, en proposant des prescriptions et des interdits, renforce le conformisme, cimente la vie sociale et dispense l’individu d’avoir à prendre par lui-même des décisions sur des choses aussi banales que « devrais-je ou non manger du jambon ou boire une bière ? » Il y a des gens qui ont besoin de l’encadrement que leur fournit la religion au quotidien. Ils ont besoin du ciel et de l’enfer à chaque instant de leur vie. Cela les rassure, donne un sens à leur vie et les persuade qu’ils sont dans le droit chemin. Contre cela, l’athéisme ne peut pas grand-chose.

Et c’est sans compter tous ceux qui ne veulent pas mourir et aller au ciel !

Il y aura toujours des croyants et du point de vue de l’athéisme la laïcité sera toujours une solution de compromis.

Q- En France, la laïcité républicaine existe depuis 1905 et jamais l’islamisme n’a été aussi menaçant. Sans tomber dans la xénophobie du Front national et du frisson identitaire, comment contrer cette menace sans penser resserrer nos critères d’immigration et comment le faire sans l’indépendance ? N’a-t-on pas alors l’obligation de lier laïcité et indépendance comme un seul projet ?

L’indépendance d’un peuple, c’est le commencement de tout le reste. À nous de se tenir debout !

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MLQ : La bataille du jugement dernier

Allocution présentée à la soirée de financement du Mouvement Laïque Québécois (MLQ)

Nous sommes rassemblés ici ce soir parce que nous avons en commun une chose qui nous tient à coeur; la laïcité. Certains d’entre nous sont croyants, d’autres agnostiques ou athées mais tous, nous tenons à vivre dans une société laïque, une société qui en séparant le religieux du politique, garantit la neutralité de l’État, protégeant ainsi la liberté de conscience qui est l’une des libertés les plus fondamentales de toute démocratie.

La récitation de la prière du très catholique maire Tremblay n’a pas sa place en début de séance d’un conseil municipal puisqu’elle viole la neutralité de l’État. Je tiens à préciser ici, au cas où il y aurait des journalistes dans la salle, que le mot «viol» ne vient pas de moi mais qu’il est tiré du mémoire du Mouvement Laïque Québécois!

Ce choix de la laïcité, d’autres l’ont fait avant nous, depuis les Patriotes de 1837 qui déjà réclamaient la séparation de l’Église et de l’État, en passant par les intellectuels libéraux de l’Institut canadien jusqu’aux signataires du Refus Global, ces artistes et ces intellectuels qui rêvaient d’un Québec libéré des craintes de l’enfer, un Québec moderne où l’éducation et la culture s’ouvriraient sur le monde plutôt que de se limiter au petit catéchisme.

Tous ces laïques par leur audace, leur courage et leur entêtement nous ont ouvert le chemin, celui de la liberté, celui d’une vie publique exempte des contraintes religieuses, d’une vie publique à l’abri des dogmes catholiques et de l’autoritarisme de son clergé qui pesaient alors sur nos vies et nos institutions publiques.

Nous n’avons pas à rougir d’être laïques. Bien au contraire, nous devons en être fiers, conscients que nous poursuivons à notre tour les mêmes objectifs et le même idéal que ceux qui nous ont précédés.

Au Québec, les années 60 et 70 ont été celles de la grande déconfessionnalisation. Celle des coopératives, celle des ordres professionnels et des grands syndicats comme la Confédération des travailleurs catholiques du Canada qui deviendra la CSN et la Corporation générales des institutrices et instituteurs catholiques qui deviendra la CEQ, aujourd’hui la CSQ. Mais l’église catholique perdra surtout son influence dans des secteurs où elle était bien implantée comme ceux de la santé et de l’éducation.

1961 sera l’année de la mise sur pied du Ministère de la Culture, 1969 celle de l’instauration de la Régie de l’assurance-maladie qui nous mènera l’année suivante à l’établissement du Ministère des Affaires sociales qui gèrera les services de soins de santé et les services sociaux, un secteur autrefois contrôlé par l’Église. Puis en 1964, aura lieu la création d’un Ministère de l’Éducation, un secteur névralgique que l’Église dominait totalement, qui va permettre la laïcisation des universités alors redevable à Rome, celle des savoirs et d’abolir les collèges classiques pour les remplacer par des cégeps laïques.

Toutefois d’importants compromis seront faits avec l’Église dans le domaine de l’éducation ; les écoles publiques demeurent confessionnelles et continuent à dispenser un enseignement religieux catholique et protestant, une biconfessionnalité protégée par la Constitution canadienne depuis 1867.

Les militants laïques vont donc concentrer leurs efforts sur la déconfessionnalisation des écoles publiques, en exigeant parallèlement aux écoles confessionnelles, des écoles non-confessionnelles afin de respecter la liberté de conscience des athées. C’était une première étape. En 1997, on laïcisa les commissions scolaires, restructurées sur une base linguistique mais il faudra attendre jusqu’en 2005 pour que soit complétée la déconfessionnalisation des écoles publiques et que l’on mette fin à l’enseignement religieux.

Créé en 1981, le MLQ jouera un rôle important dans ce combat pour une éducation laïque. Nous le retrouvons aujourd’hui à livrer une bataille jusqu’en Cour suprême pour que soit établi un cadre juridique clair concernant la récitation de la prière et la présence de symboles religieux dans l’enceinte de l’hôtel de ville de Saguenay et que la Cour suprême statue sur le fait de savoir si cela viole ou non la neutralité de l’État.

Cette bataille est décisive et le jugement ira bien au-delà de ce qui se passe au Saguenay puisqu’il fera jurisprudence partout au Canada concernant la compétence des municipalités en matière religieuse. Le MLQ porte ici un dossier qui aura un retentissement dans toutes les provinces canadiennes, un dossier dont l’enjeu fondamental est celui de la séparation stricte de la religion d’avec la politique.

Depuis plusieurs années, au Québec comme dans bien d’autres pays, on assiste à un détournement du sens de la laïcité, si bien que les opposants à la laïcité s’affichent eux aussi comme des défenseurs de celle-ci, jetant ainsi de la confusion dans l’esprit de bien des gens. Ces anti-laïques disent défendre un nouveau modèle de laïcité qu’ils appellent «ouverte» ou «inclusive».

Cette fausse laïcité s’oppose à la séparation du religieux d’avec le politique et considère que seule la neutralité de l’État doit être préservée. Par exemple, selon cette conception libérale anglo-saxonne, un cégep laïque pourrait avoir des employés portant des signes religieux ostentatoires, le voile, la kippa, le turban, le kirpan, un local de prière, une cafétéria offrant un menu sans porc avec des repas halal, un calendrier multireligieux servant de guide aux professeurs pour planifier leurs évaluations, des dispenses accordées à des étudiantes musulmanes les exemptant d’un cours de natation ou encore de ne pas disséquer un coeur de porc en biologie, ou d’assister à un cours de dessin avec modèle nu, un report d’examen le jour du sabbat ou pendant le ramadan, sans oublier les évangélistes qui pourraient contester l’enseignement du darwinisme et que sais-je encore? Mais, disent ces inclusifs, le cégep demeurerait tout de même neutre puisqu’il n’imposerait ou ne privilégierait aucune religion.

Voilà le véritable visage de cette laïcité inclusive qui n’est qu’une ruse visant à redonner aux religions une visibilité, une importance et une légitimité dans nos institutions publiques.

Et c’est justement en s’appuyant sur ce concept de «neutralité bienveillante» à l’égard de toutes les religions que la Cour d’appel du Québec a renversé le jugement du Tribunal des droits de la personne concernant la prière à Saguenay. La prière du maire étant, selon la Cour d’appel, oecuménique ou multiconfessionnelle, elle ne se rattache pas à une confession particulière et n’enfreint donc pas la neutralité de l’État. Il suffit d’être bienveillant envers tous et de prier Dieu, Allah, Yahvé, Shiva, petit Pois, Vishnou, petit Boubou, le grand Papout et le petit Papout pour être neutre!

Voilà comment les religions s’y prennent aujourd’hui pour contourner l’exigence républicaine de séparation stricte entre le religieux et le politique. Voilà la ligne idéologique de tous les anti-chartes et des intégristes dont il sont les alliés. Ces bien-pensants qui ont pris la place des monseigneurs d’hier qui excommuniaient à coup d’eau bénite les militants laïques pour les disqualifier du débat public, alors qu’aujourd’hui, laïcité oblige, on les traîne injustement devant les tribunaux en les accusant de diffamation.

Cette offensive anti-laïque doit absolument être contrée par une forte mobilisation citoyenne et nous avons tous à cet égard une grande responsabilité. Une responsabilité envers ceux qui nous ont précédé mais surtout envers ceux qui feront le Québec de demain. C’est pourquoi, il est important de soutenir le Mouvement Laïque Québécois, important de soutenir les militants laïques qui sont poursuivis en justice parce que seule la séparation stricte entre le religieux et le politique peut garantir la neutralité de l’État, préserver la liberté de conscience, les droits des femmes et ceux de la diversité sexuelle.

Montréal, 4 septembre 2014

 

 

 

 

 

 

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Communiqué de Me Jean Bernier, procureur de Louise Mailloux

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

DATE : 4 juin 2014

POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

LA DIFFAMATION ET LA POURSUITE-BÂILLON 

Le droit et la diffamation

Dans la présente affaire, personne ne contestera le droit de la demanderesse de prendre un recours en dommages contre quiconque qui aurait pu porter atteinte à sa réputation. Encore faut-il s’assurer que ce genre de poursuite en soit bien une de cette nature et non pas une poursuite stratégique ayant pour but de limiter la liberté d’expression dans un débat public.

Le droit de la diffamation appelle un combat entre la liberté d’expression et le droit à la réputation, deux droits fondamentaux entre lesquels la justice doit tracer un juste équilibre. Médias, politiciens, personnages publics, et mêmes humoristes ou simples citoyens peuvent être poursuivis dans ce genre de cause. Une telle poursuite peut  donc soulever des questions d’intérêt public.

C’est le cas avec la présente poursuite qui est la plus récente d’une série de poursuites stratégiques ayant pour cible des personnes qui ont pris part au récent débat public sur la laïcité et l’intégrisme religieux, notamment avec le projet de Charte des valeurs québécoises.

Voici maintenant qu’on veut déplacer un débat essentiellement politique devant les tribunaux.

La poursuite bâillon dans la législation récente

La poursuite-bâillon est essentiellement un recours judiciaire visant à entraver la participation de citoyens à un débat public et politique.  Elle vise essentiellement à décourager le militantisme.

Il s’agit le plus souvent d’une action civile en dommages-intérêts intentée contre certaines personnes avec pour prétexte celui de l’atteinte à la réputation, c.a.d. une poursuite en diffamation, intentée contre un individu ou un organisme ayant pris position dans le cadre d’un débat public. Le concept de poursuite-bâillon inclut également les menaces de poursuite, car la réussite d’une telle opération ne découle pas nécessairement d’une victoire devant les tribunaux que du processus judiciaire lui-même, visant à intimider la partie défenderesse ou à l’épuiser financièrement dans le but de la réduire au silence.

Dans le cas présent la plaignante s’est attaquée à des individus isolément, bien connus pour leurs prises de position dans ce débat public, ou des organismes de petite taille aux moyens financiers limités, comme celui d’un BLOG sur le réseau internet, et leur réclame des dommages-intérêts démesurés par rapport au tort qui lui est prétendument causé. Ceci a l’effet de transformer un enjeu public en litige privé. Toutes les ressources financières et humaines du défendeur, et principalement ses économies personnelles, seront alors monopolisées par sa défense, au détriment de la promotion de la cause qui lui tient à cœur.

En Amérique du Nord, on désigne ce genre de poursuite sous l’acronyme SLAPP (Strategic Lawsuit Against Public Participation) une expression bien connue dans les pays anglophones (en anglais, « slap » signifie « gifle »). La « participation publique » dont il est fait mention doit s’entendre par « participation du public à la vie démocratique ». Au Québec, l’acronyme BIPP (pour « bâillon imposé à la parole publique ») a été utilisé pour décrire ce genre de cause avant l’apparition, à l’été 2007, du terme « poursuite-bâillon » à la suite de son emploi dans le rapport officiel sur un projet de loi en ce sens déposé au ministre de la Justice le 15 mars 2007.

Le concept de poursuite-bâillon est donc intimement lié à la liberté d’expression. Elle peut affecter aussi plusieurs droits et libertés fondamentales, incluant les droits civils et politiques. Outre la liberté d’expression elle affecte en effet celui du principe de l’égalité devant les tribunaux laquelle  est directement en cause, puisque la disproportion de moyens financiers entre les parties – toujours en faveur des plaignants – est une composante essentielle du phénomène, généralement en raison des procès disproportionnés qu’ils engendrent (guérilla judiciaire, multiplication des procédures, procès de très longue durée, nombre de parties et de témoins impliqués,  des tonnes d’exhibits, ect., ect.).

On se doit donc de réagir rapidement pour éviter ce genre de causes. Notre législateur l’a fait.

Le 3 juin 2009, le Québec est devenu la première juridiction canadienne à se doter d’une loi anti-SLAPP. L’Assemblée nationale du Québec a  en effet sanctionné la Loi modifiant le Code de procédure civile pour prévenir l’utilisation abusive des tribunaux et favoriser le respect de liberté d’expression et la participation des citoyens au débat public. Cette loi demeure donc, pour l’instant, le seul mécanisme anti-SLAPP en vigueur au Canada. Ces nouvelles règles de procédure prévoient:

  1. une procédure déclaratoire pour ‘identifier ce genre de poursuites stratégiques ;
  2. un mécanisme rapide et efficace permettant de soumettre au tribunal une fin de non-recevoir  à ce genre de poursuite sur requête sommaire présentée par la défense;
  3. L’obligation imposée au demandeur de verser un cautionnement ou une avance pour frais à être versée par la partie demanderesse, et ultérieurement toute autre forme de compensation financière que pourrait imposer le trbunal à la demanderesse en faveur de l’un ou l’autre des défendeurs, incluant dommages moraux et dommages-punitifs ;
  4. La reconnaissance effective et l’établissement automatique d’une immunité relative lorsque le défendeur soulève une question d’intérêt public pour faire échec à toute réclamation basée sur la diffamation.

La défenderesse Louise Mailloux vous annonce aujourd’hui-même son intention de se prévaloir de cette nouvelle loi dans le cadre de sa défense. Son procureur, Me Jean Bernier, vous confirme qu’il présentera des requêtes en ce sens dans la présente affaire, en plus des autres moyens de défense à sa disposition pour faire déclarer irrecevable la présente poursuite et des arguments et moyens de preuve que la défenderesse pourrait faire valoir au procès, s’il y en a un, pour contester les prétentions de la demande.

Nous incluons sous pli  copie ces dispositions pertinentes du Code de procédure civile qui permettent de soumettre ces moyens de défense.

Nous vous informerons ultérieurement des développements dans ce litige.                                                                                                                                                                                 

                                                                                              Jean Bernier, avocat

                                                                                              Procureur de Louise Mailloux

 

ANNEXE : Les dispositions du CPC du Québec

SECTION III :DU POUVOIR DE SANCTIONNER LES ABUS DE LA PROCÉDURE

La présente section a été insérée par l’article 2 du chapitre 12 des lois de 2009 (Loi modifiant le Code de procédure civile pour prévenir l’utilisation abusive des tribunaux et favoriser le respect de la liberté d’expression et la participation des citoyens aux débats publics). Le préambule de cette loi se lit ainsi:

 «CONSIDÉRANT l’importance de favoriser le respect de la liberté d’expression consacrée dans la Charte des droits et libertés de la personne; 

«CONSIDÉRANT l’importance de prévenir l’utilisation abusive des tribunaux, notamment pour empêcher qu’ils ne soient utilisés pour limiter le droit des citoyens de participer à des débats publics; 

«CONSIDÉRANT l’importance de favoriser l’accès à la justice pour tous les citoyens et de veiller à favoriser un meilleur équilibre dans les forces économiques des parties à une action en justice;».

54.1. Les tribunaux peuvent à tout moment, sur demande et même d’office après avoir entendu les parties sur le point, déclarer qu’une demande en justice ou un autre acte de procédure est abusif et prononcer une sanction contre la partie qui agit de manière abusive.

L’abus peut résulter d’une demande en justice ou d’un acte de procédure manifestement mal fondé, frivole ou dilatoire, ou d’un comportement vexatoire ou quérulent. Il peut aussi résulter de la mauvaise foi, de l’utilisation de la procédure de manière excessive ou déraisonnable ou de manière à nuire à autrui ou encore du détournement des fins de la justice, notamment si cela a pour effet de limiter la liberté d’expression d’autrui dans le contexte de débats publics.

2009, c. 12, a. 2.

54.2. Si une partie établit sommairement que la demande en justice ou l’acte de procédure peut constituer un abus, il revient à la partie qui l’introduit de démontrer que son geste n’est pas exercé de manière excessive ou déraisonnable et se justifie en droit.

La requête visant à faire rejeter la demande en justice en raison de son caractère abusif est, en première instance, présentée à titre de moyen préliminaire.

2009, c. 12, a. 2.

54.3. Le tribunal peut, dans un cas d’abus, rejeter la demande en justice ou l’acte de procédure, supprimer une conclusion ou en exiger la modification, refuser un interrogatoire ou y mettre fin ou annuler le bref d’assignation d’un témoin.

Dans un tel cas ou lorsqu’il paraît y avoir un abus, le tribunal peut, s’il l’estime approprié:

1° assujettir la poursuite de la demande en justice ou l’acte de procédure à certaines conditions;

2° requérir des engagements de la partie concernée quant à la bonne marche de l’instance;

3° suspendre l’instance pour la période qu’il fixe;

4° recommander au juge en chef d’ordonner une gestion particulière de l’instance;

5° ordonner à la partie qui a introduit la demande en justice ou l’acte de procédure de verser à l’autre partie, sous peine de rejet de la demande ou de l’acte, une provision pour les frais de l’instance, si les circonstances le justifient et s’il constate que sans cette aide cette partie risque de se retrouver dans une situation économique telle qu’elle ne pourrait faire valoir son point de vue valablement.

2009, c. 12, a. 2.

54.4. Le tribunal peut, en se prononçant sur le caractère abusif d’une demande en justice ou d’un acte de procédure, ordonner, le cas échéant, le remboursement de la provision versée pour les frais de l’instance, condamner une partie à payer, outre les dépens, des dommages-intérêts en réparation du préjudice subi par une autre partie, notamment pour compenser les honoraires et débours extrajudiciaires que celle-ci a engagés ou, si les circonstances le justifient, attribuer des dommages-intérêts punitifs.

Si le montant des dommages-intérêts n’est pas admis ou ne peut être établi aisément au moment de la déclaration d’abus, il peut en décider sommairement dans le délai et sous les conditions qu’il détermine.

2009, c. 12, a. 2.

54.5. Lorsque l’abus résulte de la quérulence d’une partie, le tribunal peut, en outre, interdire à cette partie d’introduire une demande en justice à moins d’obtenir l’autorisation du juge en chef et de respecter les conditions que celui-ci détermine.

2009, c. 12, a. 2.

54.6. Lorsque l’abus est le fait d’une personne morale ou d’une personne qui agit en qualité d’administrateur du bien d’autrui, les administrateurs et les dirigeants de la personne morale qui ont participé à la décision ou l’administrateur du bien d’autrui peuvent être condamnés personnellement au paiement des dommages-intérêts.

2009, c. 12, a. 2.

 

 

 

 

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Communiqué de presse

Soutenons Louise Mailloux

MONTRÉAL, le 3 juin 2014 /CNW Telbec/ – Le 4 juin à 9h00 se tiendra au Palais de Justice de Montréal la première comparution concernant la poursuite en dommages au montant de 120 000$, intentée par Dalila Awada contre Louise Mailloux, Philippe Magnan et la société des amis de Vigile. Une conférence de presse suivra cette procédure d’introduction. Prenez avis que La conférence de presse se tient le 4 juin 2014 à  10h30 au Centre St-Pierre à la Salle 304 au 1212, rue Panet Montréal, QC H2L 2Y7 Tél : 514 524-3561Fax: 514 524-5663csp@centrestpierre.org.

Cette poursuite judiciaire est la plus récente à ce jour d’une série d’autres attaques judiciaires ciblant des citoyens qui ont pris part au débat public et qui défendent la laïcité au Québec. Ce djihad juridique vise à recourir aux tribunaux dont le but est d’intimider et de nous faire taire. Instrumentaliser les tribunaux pour museler ses adversaires politiques est tout simplement odieux. Cela constitue un abus de justice. Dans une société libre et démocratique, on ne peut tenter d’empêcher toute expression libre qui s’inscrit dans le cadre de la loi.

Louise Mailloux va donc poursuivre à son tour Dalila Awada pour atteinte délibérée à ses droits fondamentaux dans le but de causer un tort irréparable à sa réputation et à sa dignité.

Un des aspects importants de ce genre de poursuite est d’épuiser financièrement les poursuivis. Une campagne de soutien à Louise Mailloux est donc annoncée dans le cadre de cette conférence de presse. Un site web www.soutenonslouisemailloux.org est en ligne à cet effet.

Ces batailles juridiques sont d’une importance politique décisive en ce qu’elles vont tracer la voie de l’avenir pour le Québec; soit de protéger la liberté d’expression ou soit d’empêcher toute critique des religions, particulièrement celle de l’islam et de l’islamisme.

Prendront la parole : Me Jean Bernier et Louise Mailloux, Philippe Magnan, Djemila Benhabib, Sybel Köse, Pierre Lacerte, André Gagnon Tous unis dans un front commun pour dénoncer l’intimidation et défendre la liberté d’expression.

Un document d’information supplémentaire sera disponible lors de la conférence

SOURCE SOUTENONS LOUISE MAILLOUX

Renseignements :  Monsieur André La Boissonnière, tél. : 514-846-0004

 

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Soutenons Louise Mailloux

Voici le site en soutien à ma cause où vous pouvez dès maintenant contribuer au financement de ma défense.

À diffuser sans modération dans vos réseaux.

Merci de votre appui et de votre générosité

http://soutenonslouisemailloux.org

 

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Djihad juridique

Allocution présentée à la soirée-bénéfice du journal Les Immigrants de la Capitale

Je suis très heureuse d’être parmi vous ce soir pour assister à cette soirée-bénéfice en soutien au journal les Immigrants de la Capitale qui fait face à une poursuite en diffamation de 150 000 $ de la part d’un couple de musulmans.

Cette poursuite est la première en date d’une série d’autres attaques judiciaires ciblant d’honnêtes citoyens exerçant leur liberté de parole. En 2012, il y a eu celle intentée contre l’écrivaine et militante Djemila Benhabib, poursuivie en diffamation par une école musulmane de Montréal, suite à une entrevue qu’elle a accordée à l’émission de Benoît Dutrizac. Djemila est poursuivie pour 100 000 $. La plus récente est la poursuite en libelle diffamatoire intentée par Dalila Awada contre Philippe Magnan du site Poste de veille, la société des amis de Vigile et moi-même au montant de 120 000 $. Et nous apprenions lundi que même le gouvernement fédéral est poursuivi en diffamation par le Conseil national des musulmans canadiens pour le montant de 100 000 $.

Je pense qu’à ce stade, on peut parler de djihad juridique et parce que les accusations de racisme, de xénophobie et d’islamophobie à notre égard ne suffisent plus, certains choisissent de recourir aux tribunaux pour nous intimider, nous bâillonner, terroriser tous ceux qui prennent ou qui souhaiteraient prendre la parole sur des questions de laïcité et d’intégrisme religieux. Nous ne nous tairons pas!

Depuis l’annonce de cette poursuite, mon silence a pu être interprété par certains comme une acceptation de ces accusations. Il n’en est rien. Je récuse ces accusations. Je n’ai tenu aucun propos de caractère diffamatoire à l’égard de Dalila Awada. Ses allégations sont fausses, tendancieuses et mensongères et sa requête est sans fondement.

Participer au débat public, au choc des opinions et des idées ne s’apparente en rien à de la diffamation. C’est bien plutôt le signe d’une société libre et démocratique, respectueuse de la diversité des opinions, une société où la liberté d’expression est ce droit fondamental qui permet la critique des religions et la divulgation des courants intégristes et ses ramifications.

Par cette poursuite abusive, inappropriée, injuste et déraisonnable à mon égard, Dalila Awada a transporté le débat politique sur le terrain juridique dans le but exprès de me bâillonner et de me faire taire. Je ne me tairai pas!

Instrumentaliser les tribunaux comme elle le fait pour judiciariser le débat public et museler des citoyens qui défendent la laïcité est tout simplement odieux. Le Québec est une démocratie, pas une dictature et il n’est pas question d’y limiter la liberté d’expression qui est au coeur de notre culture et de nos institutions.

Dans une société démocratique, on ne peut tenter directement ou indirectement d’empêcher toute expression libre qui s’inscrit dans le cadre de la loi. Dans une société dite libre et démocratique, il est interdit d’utiliser le système judiciaire pour réduire au silence ses adversaires politiques.

Nous allons donc, mon avocat et moi, répliquer par tous les moyens jugés appropriés en justice et nous allons poursuivre Dalila Awada pour atteinte à mes droits fondamentaux.

On ne porte pas atteinte à la dignité et à la réputation d’une personne impunément. Dalila Awada m’a amené à tort devant les tribunaux, elle devra répondre de ses actes et en assumer les graves conséquences qui découlent d’un abus de justice.

Vous aurez compris que cette cause dépasse largement ma personne tout comme celle de l’éditeur des Immigrants de la Capitale, Mihai Claudiu Cristea, celle de Djemila Benhabib, de Philippe Magnan et des amis de Vigile. Cette cause est celle de tous les Québécois parce qu’elle concerne le respect inaliénable de la liberté d’expression sans laquelle le terrorisme intellectuel s’installe.

Cette cause est aussi la vôtre parce qu’elle engage l’avenir et les fondements même de notre démocratie. Cet avenir qui se joue maintenant au Québec, c’est l’avenir de la liberté de presse, celle des citoyens participant au débat public sur des questions d’intérêt public comme celles de laïcité, de religion et d’intégrisme. Cet avenir, aujourd’hui devant vous, je m’engage à le défendre et à le préserver.

Mais pour gagner ce combat, nous avons besoin de vous, de votre appui moral mais aussi de votre soutien financier. N’oubliez pas qu’un des aspects importants de ce genre de poursuite est de vouloir nous épuiser financièrement. Et comme l’argent ne pousse pas dans les arbres, je compte sur votre générosité.

Le 4 juin prochain aura lieu notre première comparution en cour au Palais de justice de Montréal. Elle sera suivie d’une conférence de presse dont le but est de faire connaître à la population les enjeux de cette poursuite et la façon dont mon avocat et moi entendons y répliquer. Nous annoncerons en même temps la création d’un fonds de soutien à ma cause. Le lendemain 5 juin s’ouvrira à Québec le procès concernant le journal Les Immigrants de la Capitale. C’est le début du Festival des poursuites!

Ces batailles juridiques sont d’une importance politique décisive en ce qu’elles vont tracer la voie de l’avenir; soit de protéger la liberté d’expression ou soit d’empêcher toute critique de l’islam et de l’islamisme. Voilà l’enjeu véritable qui se cache derrière ces attaques vicieuses.

Nous devons mobiliser toutes nos énergies, nos compétences et nos ressources, se solidariser, s’organiser et travailler ensemble. Et c’est ensemble que nous gagnerons!

Québec

28 mai 2014

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Protégeons la liberté d’expression au Québec!

Signez et partagez cette pétition en soutien à Sibel Kose, une montréalaise d’origine turque menacée de mort par des islamistes suite à une entrevue télévisée.

Soutien à Sibel Kose, citoyenne canadienne menacée de mort par des islamistes à Montréal

Soutien à Sibel Kose, citoyenne canadienne menacée de mort par des islamistes à Montréal
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Pourquoi c’est important

Mme Sibel Kose est une citoyenne canadienne vivant à Montréal, menacée, harcelée, insultée par des propos racistes et sexistes par des islamistes d’origine turcs de Montréal suite à une entrevue télévisuelle avec François Bugingo à l’émission « 30 sur le radar ». Elle est dénoncée par des Montréalais islamistes au Ministère des Affaires Étrangères de la Turquie comme traître, ennemi de l’État turc et de l’islam. Elle risque la prison si elle voyage sur la terre qui l’a vue naître. Cette situation est intolérable! C’est une gifle cinglante à la démocratie et la liberté de la parole au Québec.Nous demandons à Mme Stéphanie Vallée, Ministre de la Justice et de la Condition féminine et à Mme Lise Thériault, Ministre de la sécurité publique d’agir tout de suite: de s’engager publiquement à soutenir Mme Kose et de la défendre dans son intégrité. Que les intégristes impliqués soient interpellés et jugés rapidement.

C’est là, la base de toute société de Droit : Un État de Droit ne peut tolérer l’intolérance. Laisser faire les intolérants (extrémistes), c’est se constituer en complice. Sartre disait « Le silence est terroriste ». Le silence, c’est la complicité à toute forme d’intolérance sociale : sexuelle, politique, de classe…

« Dans toute société, “La tolérance illimitée doit mener à la disparition de la tolérance. Si nous étendons la tolérance illimitée même à ceux qui sont intolérants, si nous ne sommes pas disposés à défendre une société tolérante contre l’impact de l’ intolérant, alors le tolérant sera détruit, et la tolérance avec lui.” — Karl Popper

Émission en date du 8 octobre 2013, utilisée par les islamistes de Montréal pour leur campagne de diffamation, menaces, harcèlements, intimidations, incitations à la haine racistes et sexistes commencée le 30 mars 2014: 30 sur le radar sur LCN avec François Bugingo

Entrevue à l’émission Dutrizac, 29 avril 2014

 

 

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Réplique à Lise Ravary et compagnie

Un article magistral de Pierre Lacerte en réponse à l’attaque vicieuse de Lise Ravary à mon égard, le 7 mars dernier, à propos de la «taxe cachère». Attaque qui a été relayée par la suite par le vice-président du Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CERJI) et le directeur national de la ligue anti-diffamation.

Une question demeure entière: Pourquoi cette attaque est-elle survenue alors que je me présentais dans Gouin sous la bannière du Parti Québécois?

LE SILENCE DES AGNEAUX par Pierre Lacerte

Le 29 mars 2012, sur les ondes de Télé-Québec, Marie-France Bazzo a animé une table ronde sur la place de la religion dans nos assiettes. On y retrouvait les journalistes Antoine Robitaille et Josée Boileau, le chroniqueur Joseph Facal, les profs de philo Daniel Weinstock et Louise Mailloux, ainsi que l’acteur et chanteur Stéphane Archambault.

Sur le site de Bazzo.TV, on avait mis la table en rappelant que la religion effectuait un retour en passant par les cantines scolaires, les tablettes des épiceries, les casse-croûte et le comptoir des boucheries. Après le voile, le kirpan et les cours de musique à la maternelle, pouvait-on lire, certains hôpitaux et CPE préfèrent ne servir que de la viande halal ou cachère plutôt que de cuisiner deux repas distincts. Dans sa narration d’introduction, Mme Bazzo disait même que les «aliments religieusement modifiés sont une belle occasion d’affaires».

Les Daniel Weinstock et Louise Mailloux avaient alors débattu de la question. Invité à commenter la controverse sur le poulet halal, Weinstock y était allé d’une analogie aussi loufoque que réductrice. « Si j’apprenais, demain, que dans mon Provigo local, un prêtre s’amusait à faire des signes de la croix autour des aliments que je mangeais, ça me ferait plus rire qu’autre chose. » Quand on sait ce qu’implique la certification religieuse des aliments et autres produits, la parabole de Weinstock est une véritable insulte à l’intelligence.

Louise Mailloux – qui venait de publier son livre La Laïcité, ça s’impose - avait expliqué que ces certifications sont loin d’être banales, ne serait-ce que sur le plan économique. Elle soutenait que pour accorder leurs certifications, les imams et les rabbins faisaient payer plusieurs milliers de dollars aux entreprises. Des frais qui, en fin de compte, étaient refilés aux consommateurs.

À la suite de cette émission, est-ce que Bazzo, Télé-Québec, Mailloux ou les panélistes ont été vilipendés, blâmés ou poursuivis pour avoir tenu (ou ne pas avoir dénoncé) des propos racistes, diffamatoires, antireligieux ? Pensez donc. Daniel Weinstock a même opiné du bonnet (visionner le court extrait vidéo) lorsque Louise Mailloux a raconté aux téléspectateurs qu’il y avait beaucoup de sous en jeu derrière la cachérisation et la «halalisation».

Alors dites-moi ce qui s’est passé de nouveau depuis lors pour que Lise Ravary pète une coche le 7 mars dernier, entraînant une réaction en chaîne du vice-président duCentre consultatif des relations juives et israéliennes-Québec (cerji) et du directeur national de la ligue anti-diffamation?

En parlant quasi exclusivement de la nourriture halal, Mme Mailloux aurait-elle fait de l’ombre à la certification cachère? Peut-être que Mme Ravary n’aime pas la prose de la prof de philo? À moins que cela ait été perçu comme trop radical pour l’ex-rédactrice en chef de magazines féminins qui s’était convertie à l’intégrisme hassidique.

Mailloux ne fait peut-être pas dans la dentelle, mais ce n’est certainement pas faire preuve de nuance que de soutenir qu’elle fait écho à une théorie du complot propagée par le Ku Klux Klan et diffusée par plusieurs autres groupes racistes et néonazis.

On respire par le nez, s’il vous plaît. Le 9 avril 2013, Yves Boisvert nous rappelait sur les ondes de Radio-Canada qu’aux États-Unis, c’est le KKK qui a fait jurisprudence pour le port de masques durant les manifestations. A-t-on,pour autant, accusé Projet Montréal d’être le suppôt du KKK parce qu’il était favorable au port du masque dans les manifestations? Bien sûr que non.

Vous souvenez-vous des hauts cris lancés par une organisation juive lorsque le salut nazi avait été brandi par certains étudiants lors d’une des manifestations de 2012? Selon les dires de cette organisation, le geste, destiné à dénoncer la brutalité des interventions du Service de police de la Ville de Montréal, avait «souillé la mémoire de l’holocauste». 

En revanche, je ne me rappelle pas avoir entendu Lise Ravary (ni personne d’autre, d’ailleurs) s’insurger contre l’amalgame haineux fait contre le PQ durant la récente campagne électorale. Associer Pauline Marois à Adolph Hitler serait-il considéré de bon aloi? Ça ne souille pas la mémoire de l’holocauste, peut-être? À mon sens, c’est une insulte pour les victimes des camps d’extermination et pour l’ensemble des démocrates québécois!

Certains, comme ce lecteur du site ultraorthodoxe Bill 613, voient des néonazis partout et des svastikas jusque dans le logo de JPMorganChase!


Est-ce de la propagande antijuive ou antimusulmane que de soutenir que les certifications cachère et halal bénéficient financièrement à des groupes de ces confessions?

Dans un document intitulé Mythes et réalités sur la certification cachère, le Centre consultatif des relations juives et israéliennes-Québec (Cerji) dément catégoriquement le «mythe» voulant que les revenus du marché de l’alimentation cachère financent les activités religieuses de la communauté juive. Il prétend plutôt que les frais exigés par les organismes de certification ne servent qu’à assurer leurs inspections et leurs opérations.

Pourtant, en 2006, un an avant de rallier les rangs du journal La Presse, la journaliste Catherine Handfield signait un reportage sur la certification cachère dansMontréal Campus. Elle y écrivait ceci : «Après avoir dûment payé les inspecteurs, les cinq grands bureaux de certification casher en Amérique du Nord donnent une partie de leurs profits à des organismes de charité juifs.» Une partie des profits, hein. Il serait  intéressant de savoir où va le reste des surplus qu’engendre la certification cachère. L’histoire ne le dit pas, mais la question ne manque pas d’intérêt. 

Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes-Québec réfute aussi la prétention à l’effet que la certification cachère soit une sorte de taxe religieuse. Il soutient même que la certification n’a aucune incidence sur le prix de vente des produits.

On ne demanderait pas mieux que de le croire. On pourrait même baptiser autrement ce coût de la certification si ça lui chante. Mais, ça ne changerait rien au fait que d’autres reportages réalisés au fil des ans vont tout à fait dans le sens contraire des dires du Cerji. Même M. Kevin Hart, le propriétaire de la boulangerieHomemade Kosher de l’avenue Bernard a affirmé publiquement que la routine de la certification faisait augmenter ses coûts de 5 à 7 %. Quelqu’un a-t-il songé à l’accuser d’antisémitisme?

Le 11 mai 2007, JE, l’émission de journalisme d’enquête  présentait un reportage sur la nourriture cachère. À Victoriaville, le président de Miel Labonté a soutenu devant caméra qu’en plus des frais annuels de certification, son entreprise devait débourser plus de 25 000 $ par an pour se conformer à cette norme religieuse. Il ajoute même que sans cette certification, vous pouvez oublier de voir vos produits trôner sur les étagères des épiceries grandes surfaces. 

On va nous dire que c’est de la diffamation? Vraiment? Pourtant, dans le magazine Canadian Grocer, le rabbin Saul Emanuel, directeur général de Vaad Ha’ir de Montréal a confirmé le phénomène. «Sans la certification cachère, dit-il, il est presque impossible de voir ses produits acceptés dans les épiceries américaines».

En août 2002, le magazine Protégez-vous avait, lui aussi, publié un reportage sur la nourriture cachère. Sous la plume de Fabien Deglise (aujourd’hui journaliste au Devoir), nous y apprenions qu’il était nécessaire de verser une «taxe rabbinique» pour «remercier» le rabbin de ses services et pour utiliser l’un des nombreux symboles de certification cachère. Le coût, à l’époque? De 2500 à 3000 $ par année pour une simple fromagerie artisanale. Pour sa part, un représentant des yogourts Liberté révélait que la cachérisation augmente de 0,01 ¢ le prix de vente d’un produit. Le Cerji va-t-il prétendre que le magazineProtégez-vous est un repère de chemises brunes?

Pas besoin d’être comptable agréé pour comprendre qu’un centième de cent appliqué sur plus de 110 000 produits différents vendus par centaines de milliers d’unités à des millions de consommateurs, ça fait un sacré jackpot. À côté de ça, un gagnant de la 6/49 fait figure de Ti-Coune. 

Le rabbin Yosef Wikler

Dans le très sérieux hebdomadaire américain BloombergBusinessweek du 19 décembre 2010, le rabbin Yosef Wikler,le rédacteur en chef de Kashrus Magazine, estimait qu’uniquement aux États-Unis, la certification cachère représenterait une industrie de 200 millions de dollars par année. Même si cette estimation apparaît extrêmement conservatrice, on ne peut quand même plus parler de peanuts! 

Quand des rabbins eux-mêmes admettent que les certifications religieuses sont payantes, comment peut-on accuser des citoyens qui s’informent à plusieurs sources dignes de foi d’être des adeptes du KKK? S’ils ne sont pas satisfaits de l’information qui circule, Lise Ravary et les organisations concernées devraient peut-être commencer par «briefer» les chefs spirituels qui jouent avec la nourriture terrestre qu’on nous force à avaler. Dictez-leur la bonne parole que vous aimeriez qu’ils propagent ou bâillonnez-les. En attendant, on se passera très bien des insultes.

Il y a quand même des limites à taxer (s’cusez!) de racistes, de xénophobes, d’antisémites et de néonazis tous ceux qui ne prennent pas pour du cash la doctrine des bien-pensants.

C’est d’autant plus insupportable d’être accusés d’étroitesse d’esprit et de repli sur soi quand une Ravary nous révèle, à la page 33 de son dernier bouquin Pourquoi moi? Ma vie chez les Juifs hassidiques, que «Les règles complexes [de la cacheroute] empêchent aussi la fraternisation entre juifs et non-juifs qui pourraient mener à des mariages mixtes». Ouash! Des mariages interreligieux? Avec d’autres races? Quelle horreur, n’est-ce pas? Je me demande qui cultive des relents de racisme et d’intolérance, ici.

Je ne sais pas pourquoi, mais me refait penser à cet entretien que Rima Elkouri avait eu avec le propriétaire de la célèbre boulangerie Cheskie, de l’avenue Bernard.Cheskie Weiss avait raconté que pour que le pain soit cachère, il devait nécessairement avoir été cuit par un juif. Ah! bon. Parce que si la pâte était pétrie ou mise au four par des mains noires, asiatiques ou gaspésiennes, ça serait impur? Impropres à la consommation? Toxique? Péché mortel?

Et il faudrait que l’on se taise? Ma parole! Ce n’est plus la loi du bâillon que l’on cherche à nous imposer, mais bien le silence des agneaux! Les agneaux de Saint-Jean Baptiste que l’on zigouille selon le rite halal ou cachère, s’il vous plaît.

Le blogue de Pierre Lacerte

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